Cet article présente les grandes étapes de la Préhistoire de la Provence.
Préhistoire Paléolithique inférieur : dans la grotte du Vallonnet, à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), quelques galets taillés et des ossements de grands animaux découverts lors de fouilles dirigées par Henry de Lumley témoignent d'une présence humaine précoce. : sur les rives de la Durance, à Saint-Estève-Janson, dans la grotte de l’Escale, des indices de combustion ont été découverts en six endroits différents sur les couches B et G. Selon Eugène Bonifay, ils témoignent de la domestication du feu, mais le caractère anthropique de ces indices n'est pas unanimement reconnu. : à Saint-Estève-Janson, la grotte de l’Escale a livré des restes d’ours, de singes, de lynx, de renards, de loups, de hyènes, de blaireaux, de belettes, de gloutons, de rhinocéros, de cerfs, de sangliers, de lièvres, d’écureuils, de lérots, de campagnols, de mulots, de taupes, de musaraignes, d’oiseaux, de reptiles et de batraciens.
vignette|redresse=1.2|Reconstitution d'une hutte de Terra Amata telle qu'elle avait été proposée originellement par Henri de Lumley
: à Nice, au pied du Mont Boron, le site de Terra Amata contenait des restes d’ours, de sangliers, de chèvres, de bœufs sauvages, des cerfs, de rhinocéros, d’éléphants, de lapins, de rongeurs, de tortues et d’oiseaux. Après sa découverte en 1966, les fouilles ont mis en évidence que les chasseurs paléolithiques l’ont utilisé pendant des millénaires comme campement d’été (industrie lithique acheuléenne). Le Musée de paléontologie humaine de Terra-Amata expose les découvertes et reconstitue l’environnement et les différents niveaux successifs de l’occupation. : dans la dernière période d’occupation du site acheuléen de Terra Amata, les humains aménagent un foyer dans une fosse creusée dans le sable. Il est situé au centre même de la hutte. C'est l'un des foyers attestés les plus vieux d'Europe avec ceux de Menez Dregan. Un chasseur-pêcheur nomade laisse l’empreinte de son pied droit sur le sol. Cette trace fossilisée suggère qu’il a dérapé et que son gros orteil a ripé sur un caillou (Musée de paléontologie humaine de Terra Amata). : sites acheuléens à Saignon (site de plein air de « La Barre »), et à Cheval-Blanc (abri de la Baùmo doù Luce).
Paléolithique moyen : à Nice, au pied du mont Boron, la grotte du Lazaret, découverte en 1880, a été caractérisée comme un habitat d’hiver de longue durée. Les archéologues ont trouvé des poinçons en os, des poignards, des pics, des couteaux, des burins et mis en évidence des foyers. Les campagnes de fouilles de 1950 et de 1962 ont mis au jour des restes de faune continentale : loup, renard, lynx, panthère, ours brun, sanglier, bœuf sauvage, cerf élaphe, bouquetin, chamois, cheval, éléphant, lapin, marmotte, lérot, campagnol et mulot.
: à Murs, début de l’occupation du site de Bérigoule. Cette station moustérienne a fourni du matériel lithique en silex ( recensées, dont 800 outils). : à Bédoin, Caromb, Malaucène et Mormoiron, silex taillés en bifaces. : dans le Luberon, à Bonnieux, occupation moustérienne de l’abri du Pont de la Combette. : à Buoux, dans la vallée de l’Aiguebrun, industrie lithique de type moustérien dans la baume des Peyrards.
Paléolithique supérieur : à Lacoste, occupation du Paléolithique supérieur dans la grotte de la Combe Buisson, ainsi qu’à Ménerbes, dans l’Abri Soubeyras. Silex taillés en burins, grattoirs, lamelles et pointes à dos, etc. avec outillage d’os, sagaies, baguettes demi-rondes, etc. : près de Menton, dans les grottes des Balzi Rossi ou Baoussé Roussé (roches rouges), inhumations gravettiennes d'hommes modernes (Homo sapiens), dont une femme et un enfant. Le « Vieillard » est le plus grand avec ses ; tous les autres squelettes n’excédaient pas . Les corps étaient tous recouverts au niveau du bassin de coquillages percés. À côté de l’un d’eux fut trouvée la « Vénus de Grimaldi », dite « le Polichinelle », statuette en stéatite verte haute de et représentant une femme enceinte aux fesses et au ventre hypertrophiés. : en Provence, tremblement de terre consécutif au volcanisme auvergnat. / : dans les calanques entre Marseille et Cassis, première phase d'occupation de la grotte Cosquer aujourd’hui située à – au-dessous du niveau de la Méditerranée. Elle est ornée de peintures pariétales du type gravettien (présence de mains négatives et tracés digitaux). : à Lacoste, site solutréen de plein air de la Font Pourquière. Son utilisation sera effective durant quatre millénaires. : dernier maximum glaciaire de la glaciation de Würm. Les mers et les océans sont à sous leur niveau actuel. En mer Méditerranée, les îles côtières sont rattachées au continent. : effondrement de la Méditerranée à – , en relation avec le volcanisme d’Auvergne. / : deuxième phase d'occupation de la grotte Cosquer : figurations animales, bisons, chevaux, animaux marins. La Méditerranée est à la côte – . : nouvelle phase d’activité volcanique du Massif central et grands éboulements sismiques en Provence. La Méditerranée se situe entre – 120 et – du niveau actuel. Climat doux et humide (forêts de pins et de chênes). : en Provence, le climat reste sec et froid. Vent de direction N-N-O (Mistral). La Méditerranée remonte à – . : en Provence, utilisation du harpon en bois de renne. Végétation rabougrie avec quelques pins sylvestres. Chasse du renne, du bouquetin, du cheval et du bœuf sauvage. La Méditerranée redescend à – . : en Auvergne, intense activité volcanique qui influence la climatologie provençale. Sur les côtes méditerranéennes, climat plus chaud et humide. Vestiges alimentaires de lièvre, lapin, cerf, bouquetin et grand bœuf. Violente érosion qui ne laisse pousser que les chênes et les pins. : remontée des eaux de la Méditerranée et de l’Atlantique de – 145 à –5 m. : reprise du volcanisme dans le Massif Central. En Limagne, les volcans de la chaîne des Puys entrent en activité (datation des bois carbonisés par C). La Méditerranée descend à – . : en Provence, à la suite de nouveaux séismes, effondrements de falaises et remontée de la Méditerranée à – . L'isthme méditerranéen qui joignait l'Italie à la Tunisie par Malte s'affaisse.
Mésolithique : début de l'Holocène. Le site épipaléolithique d’Istres-la-Valduc où ont vécu des chasseurs-pêcheurs. : la Méditerranée est remontée à – . En Provence, on chasse le cerf, le cheval, le bison, le sanglier et surtout le lapin (36 % de la masse du gibier). Vaste forêt littorale. : à Apt, le site des Agnels, près du ruisseau de la Mauragne, est fréquenté par les chasseurs cueilleurs (aurochs, cerfs, sangliers, lapins, etc.). Cette station de dépeçage qui sera utilisée pendant a livré de silex taillés de 8 types différents. : à Lacoste, la grotte de la Combe Buisson a livré des restes importants de microlithes. : la Méditerranée est à . Les forêts de bouleaux se développent. Les premières coquilles d’escargots sont signe d’un profond changement dans l’alimentation. Reprise de l’activité volcanique dans le Massif Central. : petit âge glaciaire en Provence accentué par le mistral. Les chasseurs édifient des cabanes le long des à pics, sur des centaines de mètres. Gibiers : cheval, âne sauvage, sanglier et surtout lapin. Disparition de la forêt littorale. : la Durance qui se jetait directement dans la Méditerranée par la Crau est capturée par le Rhône. : Climat plus chaud et peu humide en Provence. Réapparition des chênes (blancs et verts) dans les vallons. : climat sec en Provence. Énorme présence de coquilles d’escargots (X. cespitum, typique de ce climat) dans les foyers préhistoriques et reliquats de faune marine le long des côtes : la Méditerranée est remontée de – 50 à – . Grande activité volcanique dans le Massif Central.
Néolithique : présence de la culture de la céramique cardiale dans l’île de Riou, en face de Marseille. : en Provence, climat de plus en plus humide. Apparition de nombreux marécages et reprise de l’expansion de la forêt. : sur les côtes provençales, la culture cardiale a atteint le Cap Ragon. : sur le site de Châteauneuf-les-Martigues, la pratique de l’élevage cohabite avec l’activité traditionnelle de la chasse et de la pêche. : dans la moyenne vallée du Rhône, pour la période du Néolithique ancien, les fouilles de l'INRAP sur le tracé du futur TGV ont mis en évidence une implantation sur le site des Petites Bâties, à Lamotte-du-Rhône. Les mêmes fouilles ont mis au jour des vestiges isolés sur les sites de Juilléras et de Pont-de-Pierre 2 nord à Bollène. : pépins de lambrusques à Salernes. : à Courthézon, premier village chasséen, en France. Ses habitants pratiquent l’élevage et l’agriculture. Le Chasséen correspond à une culture apparue dans le Midi de la France. Les chasséens sont de vrais paysans, maîtrisant totalement les techniques agro-pastorales. Leur industrie lithique est très reconnaissable. Les haches en pierre polie y sont nombreuses. Ils adoptent le mode de sépulture collective qui justifie l’édification de monuments mégalithiques. : près de Salernes, dans la baume de Fontbrégoua, des restes humains dépecés et des os brisés pour en extraire la moelle témoignent de la pratique du cannibalisme. : dans la moyenne vallée du Rhône, sur le site de Julliéras, à Mondragon, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis au jour deux monuments mégalithiques du Néolithique récent. : dans les Alpes de Haute-Provence, importants ateliers de taille de silex dans la vallée du Largue. L’exploitation de ce matériau va s’étendre sur douze siècles. : dans la vallée du Calavon, à Bonnieux, village du Néolithique final aux Fabrys (20 hect). : dans la basse et moyenne vallée du Rhône, début de la culture de Ferrières. : Climat plus sec en Provence, mais sources abondantes grâce à une nappe phréatique de haut niveau. : dans la moyenne vallée du Rhône, près de Bollène, sur le site de Pont-de-Pierre 2 sud, les fouilles sur le tracé du TGV ont permis de caractériser sur des du chantier une occupation du Néolithique moyen avec sépulture, tessons de poteries, fragments lithiques et deux structures de pierres chauffantes similaires à des fours polynésiens et attribuables au Chasséen récent. Le corps d’un adulte avait été déposé sur une cuvette de de profondeur et inhumé dans un espace vide, mais non rigide (mauvais état de conservation). Il était en position fléchie plus ou moins contractée, les mains jointes ramenées près de la tête ou à la base du cou (inhumation en décubitus). Aux abords de la sépulture 20 vestiges en silex dont 4 pièces typiques du Chasséen récent : 2 fragments de lame à talon lisse et 2 lamelles à encoche transversale. : à Goult, sur les bords du Calavon, est édifié un tertre funéraire de de diamètre. Il contient un dolmen dont la salle est constituée par une dalle reposant sur deux murets de pierres sèches. Il sert de lieu d’inhumation à 30 défunts dont une majorité d’enfants.
vignette|redresse=1.5|L'Europe néolithique au
/ : en Provence, stèles anthropomorphes (Lauris, Orgon, Senas, Trets, Goult, L'Isle-sur-la-Sorgue, Avignon) rattachées à la civilisation de Lagoza. L’agriculture est devenue prédominante dans les basses vallées du Rhône et de la Durance. : stabilisation de la Méditerranée à son niveau actuel et formation des deltas du Rhône, du Pô et du Nil. : dans la basse et moyenne vallée du Rhône, fin de la culture de Ferrières. : dans la basse vallée du Rhône et en Languedoc, début de la culture de Fontbouisse. C’est une civilisation pastorale. Les bergers installent leurs villages sur des oppida, leurs habitations et les lieux de pacage de leur bétail, construits en pierres sèches, sont protégés par de grandes enceintes basses. Ils s’opposent violemment aux agriculteurs de la plaine (vestiges de cannibalisme).