Les Verts (parfois abrégé en LV), fondés sous le nom Les Verts, Confédération écologiste – Parti écologiste, sont un parti politique écologiste français ayant existé entre 1984 et 2010. Le parti conclut des accords à partir de 1994 avec le Parti socialiste. Il disparaît pour donner naissance à Europe Écologie Les Verts.
Historique Origines
La participation des écologistes à la vie politique française remonte aux années 1970. Si de premières candidatures écologistes isolées ont lieu lors d'élections cantonales en Alsace, puis lors des élections législatives de 1973, la date symbolique est la candidature de l'agronome René Dumont, choisi et poussé par les militants de base, à l'élection présidentielle de 1974. En novembre de la même année, le Mouvement écologique est fondé. Par la suite, les écologistes participent à tous les scrutins : élections municipales de 1977, élections législatives de 1978 (sous l'intitulé « Écologie 78 »), élections européennes de 1979 (« Europe Écologie »), élection présidentielle de 1981 (Brice Lalonde est le candidat de « Aujourd'hui l'écologie »).
L'émergence d'un parti vert en France est considérée comme difficile pour plusieurs raisons. Le système majoritaire à deux tours en vigueur aux élections législatives rend difficile l'élection de députés de petits partis. De plus, et de manière plus spécifique pour les écologistes, trois autres facteurs peuvent être relevés : l'existence d'un large consensus national favorable à l'énergie nucléaire, le fait que l'environnement a moins souffert lors de l'industrialisation que dans d'autres pays et .
Le mouvement Les Verts trouve son origine à l'automne 1982, à l'assemblée générale de Saint-Prix (Val-d'Oise) : le Mouvement d'écologie politique (MEP) devient Les Verts, Parti écologiste.. Le , d'autres écologistes issus du Réseau des amis de la Terre (RAT) fondent à Besançon la Confédération Ecologiste, qui est renommé Les Verts - Confédération Ecologiste le . Les 28 et , à l'assemblée générale de Clichy (Hauts-de-Seine), les deux mouvements fusionnent, prenant le nom Les Verts-Confédération écologiste-Parti écologiste ; Les Amis de la Terre de Brice Lalonde ne s'y joignent pas, se recentrant sur le domaine associatif.... L'aile gauche des Verts participe alors à la réflexion engagée au sein de la Fédération pour une gauche alternative (FGA).
Débuts En 1986, Antoine Waechter est élu comme le principal porte-parole du nouveau parti et de sa ligne politique majoritaire : « l'écologie politique n'est pas à marier » (dont on a retenu la formule : « ni droite, ni gauche ») — les Verts considèrent que l'écologie est un nouveau courant de pensée politique différent de la droite et de la gauche. Antoine Waechter et ses proches en déduisent, ce qui n'est pas le cas de tous les Verts attachés à l'indépendance du paradigme de l'Écologie politique, que les écologistes peuvent aussi bien s'allier avec la droite que la gauche selon les circonstances. En pratique, les Verts ont surtout conclu des alliances locales et régionales avec la gauche, .
Les élections législatives de 1986 sont le premier scrutin auquel participe le parti, alors que celles-ci se tiennent pour la première fois au scrutin proportionnel. Les Verts n’obtiennent cependant aucun député..
Lors de l’assemblée générale du parti en , la motion déposée par Yves Cochet, intitulée « Entrons en politique », a pour principale proposition d’instaurer « une relation contractuelle avec le Parti socialiste » ; elle n'obtient que 14 % des voix des adhérents.
Le , Antoine Waechter, candidat des Verts à l'élection présidentielle française, recueille 3,8 % des suffrages exprimés () : peu, certes, mais plus que la candidature du communiste dissident Pierre Juquin et d'autres mouvements d'extrême gauche (LO et PT)...
En 1989, les élections européennes marquent une forte poussée verte avec Antoine Waechter comme tête de liste. Les Verts, alliés à des partis régionaux, dont le leader autonomiste corse Max Siméoni qui fut élu, obtiennent le meilleur résultat de leur histoire pour ce type de scrutin avec 10,6 % des voix.. Au premier tour des élections municipales, le score national des Verts est peu élevé (1,47 %), mais la barre des 10 % est dépassée dans plusieurs grandes villes : 12,76 % à Strasbourg, 14,11 % à Colmar, 13,98 % à Quimper, 12,9 % à Besançon, etc.. À Paris, les élections sont marquées par l'élection de Jean-Louis Vidal, premier conseiller municipal Vert de l'histoire (remplacé en 1992, dans le cadre de l'application du tourniquet, par Jean-François Ségard« M. Jean-François Segard, nouveau conseiller Vert de Paris », Le Monde, 12 juin 1992) avec 17,05 % des suffrages au second tour dans le arrondissement.
Lors des élections régionales de 1992, la région Nord-Pas-de-Calais voit élue à la Présidence de son conseil régional une femme – la première en France – adhérente des Verts - Marie-Christine Blandin ., après un accord avec le P.S qui avait une majorité relative en nombre de conseillers régionaux.
Pour le référendum sur le traité de Maastricht, qui se tient la même année, le parti est divisé en deux camps et n’officialise pas de positionnement en faveur du « oui » ou du « non ». Tandis que le dirigeant Antoine Waechter prend part à des meetings du « oui », Dominique Voynet, future dirigeante et première responsables des Verts à occuper un poste de ministre en 1997, fait campagne pour le « non » et participe à des événements avec Jean-Pierre Chevènement. Selon les chercheurs Rémi Lauwerier et Théo Verdier, , et ..
En 1993, Les Verts passent un accord avec Génération écologie de Brice Lalonde pour présenter des candidats uniques aux législatives sous la bannière « Entente des écologistes » .. Sur la profession de foi des candidats, la photo regroupe : Antoine Waechter, Dominique Voynet, Yves Cochet, Brice Lalonde, Andrée Buchmann, Noël Mamère. Selon l'universitaire Sébastien Repaire, .
1994 : basculement à gauche Cette ligne politique est abandonnée en 1994 à l'Assemblée générale de Lille : les Verts décident alors d'accepter de passer des alliances dès le premier tour pour les élections législatives et les élections à scrutin majoritaire. C'est la fin du « ni, ni » (« ni droite, ni gauche »)Bruno Villalba, « 1989-1995 : le clair-obscur électoral des Verts », Écologie et Politique , 1996 .. Mais il n'est pas pourtant question officiellement d'ancrage à gauche : Dominique Voynet, favorable aux alliances avec la gauche, notamment le Parti socialiste, déclare pendant sa campagne présidentielle de 1995 qu'elle n'est « ni catho ni de gauche » mais écologiste.. En novembre 1995 au Mans, l'assemblée générale des Verts voit gagner avec 75 % des voix la motion de synthèse portée par Dominique Voynet, « Rassembler pour agir » : il y est notamment question d' en vue des échéances de 1998 ; des alliances ne seront donc possibles qu'avec la gauche...
En raison de sa mise en minorité et des conflits internes assez durs qui suivent, Antoine Waechter quitte les Verts pour fonder le Mouvement écologiste indépendant en 1994.. Auparavant, des écologistes opposés à un positionnement à gauche ont quitté les Verts en 1993 et fondé la Confédération des écologistes indépendants..
Le , Dominique Voynet, candidate des Verts à l'élection présidentielle française, recueille 3,32 % des suffrages exprimés ().
En 1998, le mouvement Convergences écologie solidarité de Noël Mamère (créé en 1994 et auparavant passé chez Génération écologie) ainsi qu'une partie des adhérents de l'Alternative rouge et verte (Arev) et de la Convention pour une alternative progressiste (CAP) s'intègrent aux Verts..
1997-2010 Participation au gouvernement Jospin Après la victoire de la gauche et des Verts aux législatives de 1997, Dominique Voynet entre au gouvernement de Lionel Jospin comme ministre de l'Environnement et de l'aménagement du territoire (remplacée par Yves Cochet en 2001). Un deuxième élu Vert rejoint le gouvernement en 2000 : Guy Hascoët comme secrétaire d'État à l'Économie solidaire (voir Ministres du gouvernement de Lionel Jospin). À l'Assemblée nationale, les Verts constituent avec le Parti radical-socialiste et le Mouvement des citoyens un groupe parlementaire commun, le Groupe radical, citoyen et vert (qui n'est pas reconduit en 2002 faute de pouvoir réunir les nécessaires).
En , la liste des Verts aux élections européennes, conduite par Daniel Cohn-Bendit, obtient 9,72 % des voix, les Verts envoient neuf députés européens à Strasbourg.
En , la gauche perd les élections municipales, mais cette défaite est compensée par la conquête de grandes villes comme Lyon et Paris obtenue grâce à l'appui des Verts qui apparaissent comme les grands gagnants des élections. À Paris, le nouveau maire Bertrand Delanoë doit donner à ceux-ci, après de dures négociations dans l'entre deux tours, un nombre d'adjoints proportionnel à leurs résultats dans les urnes. C'est ainsi que six Verts deviennent adjoints au maire de Paris, dont certains sur les plus importantes délégations (Danielle Aufray, Denis Baupin, Yves Contassot, Christophe Girard, Pénélope Komitès, Mylène Stambouli). À Lyon, quatre adjoints sont membres des Verts (Gilles Buna, Étienne Tête).
Présidentielle et législatives de 2002 Le , Noël Mamère, candidat des Verts à l'élection présidentielle française, recueille 5,25 % des suffrages exprimés (). Il s'agit là du score le plus important réalisé par un candidat Vert au premier tour d'une élection présidentielle. En revanche, les élections législatives sont une catastrophe, les Verts payent leur participation trop docile à la majorité du Gouvernement de Lionel Jospin et sont entraînés dans la chute de la gauche (4,51 % des voix au premier tour sur le plan national). La victoire de la droite ainsi que le mode de scrutin ne leur laissent que trois élus à l'Assemblée nationale (contre six pour le précédent mandat).
La leçon est tirée lors de leur Assemblée fédérale de Nantes qui a lieu fin 2002 et où les Verts font leur autocritique. Ils estiment qu'ils auraient dû sortir du gouvernement dès 2000 quand le contrat qu'ils avaient passé avec le Parti socialiste avait cessé d'être respecté, et réaffirmer leur radicalité politique. Le courant incarné par Dominique Voynet, qui avait en juin précédent évoqué la possibilité d'un grand parti unique de la gauche dans lequel se fondrait les Verts, est mis en minorité. En , Gilles Lemaire devient secrétaire national, succédant à Dominique Voynet.
Les régionales de 2004 Les années 2003 et 2004 sont parmi les plus difficiles pour le mouvement. En raison de leurs faibles scores aux élections législatives, peu de candidats sont remboursés de leurs frais de campagne par l'État. Les Verts doivent donc régler eux-mêmes la plupart des factures, grevant ainsi lourdement leur budget. Par ailleurs, la direction peine à se faire entendre par les militants et ne peut s'opposer au jeu des tendances. La frange du mouvement qui réclame une alliance institutionnalisée avec le Parti socialiste accepte mal sa défaite de 2002, et mène une véritable guérilla contre les orientations votées à Nantes. Certaines personnalités comme Marie-Hélène Aubert n'interviennent dans les médias quasiment que pour critiquer la direction et Dominique Voynet s'attaque même publiquement à la légitimité de certaines listes autonomes des Verts lors des régionales de 2004.
Celles-ci, grâce aux bons résultats réalisés par les listes autonomes et la victoire des listes de la gauche et des Verts dans toutes les régions de France, sauf l'Alsace, au soir du second tour, semblent stopper la série noire. Les Verts font leur entrée dans la majorité d'une vingtaine de régions.