François Pinault, né le aux Champs-Géraux (Côtes-d'Armor), est un homme d'affaires milliardaire français, fondateur des sociétés Artémis et Kering.
Actif depuis 1962 dans le négoce de bois, il diversifie ses activités dans les années 1980 en entrant dans le secteur de la distribution (FNAC, La Redoute). Il s'oriente à la fin des années 1990 vers le secteur du luxe.
Son groupe Kering contrôle des marques de luxe comme Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Bottega Veneta, Boucheron, Alexander McQueen, Brioni et Ulysse Nardin.
Via sa holding Artémis, il est propriétaire du magazine Le Point, des Éditions Tallandier, du Stade Rennais FC, des croisières Ponant, du château Latour, et de la maison d’enchères Christie's.
En 2003, il passe le relais à son fils François-Henri Pinault, et se consacre à sa passion pour l'art contemporain, au travers de la Collection Pinault.
François Pinault est classé mondiale le par Forbes., entre et fortune française, et figure parmi les 10 plus grands collectionneurs d'art contemporain au monde.
Biographie Enfance et débuts François Pinault est né le aux Champs-Géraux, une commune rurale au sud-est de Dinan dans les Côtes-d'Armor, à la limite de l'Ille-et-Vilaine. Son père est un marchand de bois d'origine paysanne. La famille parle le gallo à la maison. où sa mère et sa grand-mère font régner une solide foi catholique..
En 1947, il devient pensionnaire au lycée Saint-Martin de Rennes. Il quitte l'école à seize ans et rejoint son père dans la scierie familiale. Il étudie au lycée des métiers du bois à Luchon où il est le voisin de chambre de Bernard Magrez. Il quitte ensuite la scierie pour combattre dans les troupes françaises en Algérie de 1956 à 1958.. Il est artilleur sur les hauteurs de Blida.. De retour en France, il travaille dans l'entreprise familiale. En 1959, à la mort de son père, il vend l'affaire familiale et devient chef d'exploitation chez Gautier Frères, entreprise de bois basée à Rennes..
En 1960, François Pinault se marie avec Louisette Gautier, avec qui il a trois enfants et dont il se sépare cinq ans plus tard.
Création d'un empire du bois En 1962, François Pinault reprend avec l'aide du Crédit lyonnais et l'appui de son beau-père l'entreprise de vente de bois de son beau-père, qu'il rebaptise Établissements Pinault.. Il développe son chiffre d’affaires et parvient à s’émanciper des intermédiaires du bois pour traiter directement avec les scieries nord-européennes.. En 1969, les Établissements Pinault importent de sapins du Nord..
En 1970, François Pinault épouse Maryvonne Campbell, antiquaire à Rennes qui l'introduit au monde de l'art.. De par cette union, il est le beau-père de Florence Rogers-Pinault (1963-2021)..
En 1973, sous la pression du Crédit lyonnais., il vend son entreprise à Venesta International, une holding britannique, pour 25 millions de francs. Il investit 300 000 francs dans le sucre à la bourse du commerce. Avec l'envolée des cours du sucre en 1974., il empoche une plus-value de 100 millions de francs.. Doté d’une nouvelle fortune, il reprend Pinault SA à Venesta, alors au bord du dépôt de bilan, pour 10 millions de francs..
Lors du premier choc pétrolier, sentant que la crise menace le secteur du bois, François Pinault se rend chez tous ses fournisseurs étrangers pour rapidement mettre fin à ses contrats d'importation. Les cours du bois s'effondrent quelques mois plus tard et la guerre des prix qui en découle permet à François Pinault de racheter la plupart de ses concurrents en faillite.
Reprise d'entreprises en difficulté À partir de 1978, François Pinault constitue une équipe spécialisée dans les rachats d'entreprises en difficulté et reprend plus de 60 sociétés... Il récupère des affaires de négoce, des menuiseries industrielles et des fabricants d'huisseries, de lambris et de toitures. En 1981, il déménage à Paris.. En 1983, il devient membre de l'Association française des entreprises privées (AFEP).
En 1986, il rachète le fabricant de panneaux de bois Isoroy pour symbolique. Il y investit , dont provenant de subventions publiques, supprime 1/4 des postes et revend l'entreprise en 1992.. En 1987, il rachète le producteur de papier journal Chapelle Darblay (dans laquelle l'État français a injecté de francs en six ans) avec un prêt de du Crédit lyonnais et en partenariat avec le Canadien Cascades.. Chapelle Darblay consomme un million de stères de bois par an, un débouché juteux pour la société Pinault. En 1990, Pinault SA revend Chapelle Darblay aux groupes suédois Stora et finlandais Kymmene pour de francs..
Virage vers la distribution spécialisée et le luxe
Le , Pinault SA fait son entrée à la bourse de Paris.. En , Pinault SA rachète la CFAO, puis les deux entités fusionnent l'année suivante. Parmi les perles de la CFAO, la CDME (distribution de matériel électrique) qui devient Rexel.. En 1991, lorsque Bernard Arnault restructure son groupe autour de ses activités luxe, il cède Conforama à François Pinault.. En 1992, Pinault rachète la holding détenant le Printemps pour 5,3 milliards de francs. Il utilise un montage pour éviter une OPA en faisant perdre les droits de vote doubles de certains actionnairesMaus Frères : une dynastie suisse discrète, Le Figaro, 7 novembre 2012. Le , Pinault SA devient Pinault Printemps..
En 1992, François Pinault crée également Artémis, société qui contrôle Pinault SA à 54,6 % et qui est contrôlée par Financière Pinault à 75,5 %, elle-même détenue à 55 % par la famille Pinault.. Le Crédit lyonnais (via Clinvest) entre à hauteur de 20 % au capital de Financière Pinault., et 24,6 % dans Artémis.. La même année, Artémis rachète les junk bonds de la compagnie d’assurance-vie californienne Executive Life alors en dépôt de bilan avec l'appui financier d'Altus (filiale du Crédit lyonnais). Les titres reprennent de la valeur à la faveur d’un retournement de conjoncture économique..
En 1994, François Pinault fusionne Pinault-Printemps avec La Redoute pour créer le groupe Pinault-Printemps-Redoute.. Il reprend 64,6 % de la Fnac. et entre au conseil d’administration du Crédit lyonnais.. Sa société Artémis rachète le magazine Le Point en 1997., la maison de ventes aux enchères Christie's en 1998D'après L'Express du 13 avril 2000 cité par Aymeric Mantoux dans Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion Capital, 2010 , ., puis le magazine financier L'Agefi en 2000.. En 1998, Artémis rachète le Stade rennais FC. En , Vincent Bolloré cède à Artémis les 12,61 % de parts qu'il détient dans Bouygues, ce qui fait monter à 16 % la participation du holding de François Pinault dans Bouygues.. Le , interrogé par Le Canard enchaîné, François Pinault avoue s'être exonéré de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en ayant souscrit à un emprunt de de francs pour acquérir de nouvelles actions de ses propres sociétés, une « astuce fiscale » qui mène le gouvernement à réviser certaines lois...
En , l'homme d’affaires réussit un coup d'éclat en reprenant, dans la même journée, 40 % de la marque de luxe Gucci, et 100 % de la marqueYves Saint Laurent (prêt-à-porter acquis par Gucci, haute-couture par Artémis). Ces acquisitions signent le virage de son groupe vers le secteur du luxe.. Les autres activités financières sont cédées progressivement.. Cette acquisition le place en conflit ouvert avec Bernard Arnault qui contemplait l'acquisition de Gucci depuis plusieurs années...
Passation de pouvoir À partir du milieu de l'année 2000, François Pinault partage la gestion de Financière Pinault avec son fils François-Henri., structure qu’il cède en donation-partage à chacun de ses 3 enfants le ..
2002 est une année noire pour Pinault : l'acquisition de Gucci coûte plus cher que prévu à son groupe, la cession des activités de distribution spécialisée divise en interne, la presse outre-Atlantique s'affiche peu amicale à son égard, l'homme d'affaires se sent attaqué par un Bernard Arnault amer des suites de l'affaire Gucci, et la justice américaine le prend en étau dans l'affaire Executive Life. Fin 2003, au moment de l'acquisition définitive de Gucci, ces problèmes ont tous été réglés.
En , il cède la présidence d'Artémis à son fils François-Henri, ainsi que son poste de vice-président du conseil de surveillance de Pinault-Printemps-Redoute..
En 2005, Pinault-Printemps-Redoute devient PPR. Le , son fils François-Henri devient président du directoire de PPR... Il poursuit alors la stratégie de recentrage du groupe autour des activités luxe engagée sous la gouvernance de son père et renomme le nouvel ensemble Kering en 2013., groupe de luxe français propriétaire de marques telles que Gucci, Yves Saint-Laurent, Bottega Veneta, Boucheron et Alexander McQueen.
Art contemporain
Collection La collection de François Pinault compte d'art d'au moins 587 artistes différents. Il figure parmi les dix plus grands collectionneurs d'art contemporain au monde.. Dans les années 1970, François Pinault achète son premier tableau, Cour de ferme par Paul Sérusier, puis enchaîne les acquisitions de tableaux de peintres du début du , prenant goût à l'art moderne et contemporain vers la fin des années 1980. En 1990, il achète le tableau Losangique II de Piet Mondrian pour $8,8 millions.. À son biographe Pierre Daix, il dit : « Ce jour-là, j'ai compris que je pouvais accéder aux sommets de l'art de mon temps ». Il constitue dans les années 1990 une importante collection privée d'art contemporain. À la fin des années 1990, il détient la plus importante collection française de l'après-guerre américaine, et collectionne également les œuvres monumentales comme une installation de Richard Serra de 190 tonnes et le Spleet Rocker de Jeff Koons de 250 tonnes.
Pinault entretient un lien étroit avec le monde de l'art, réputé proche des artistes Jeff Koons, Cy Twombly, Richard Serra, Damien Hirst et Cindy Sherman. L'artiste italien Maurizio Cattelan aurait déjà dessiné sa pierre tombale. L'artiste polonais Piotr Uklański a créé un crâne radiographié, colorisé et bombé de François Pinault..
Musées En 2000, François Pinault annonce son intention de bâtir un musée sur l'île Seguin pour y héberger sa vaste collection.. Le projet implique de vastes remaniements d'urbanisme pour la ville de Boulogne-Billancourt, ce qui ralentit le plan initial. La complexité du projet couplée aux contentieux avec les riverains retardent le lancement des travaux.. En 2001, il sélectionne l'architecte Tadao Andō pour concevoir le musée. Selon Philippe Ségalot, alors courtier de Pinault, le choix de l'architecte a redéfini la chronologie de la collection d'art de Pinault dont le début est fixé à 1945. Ce choix est suivi en 2003 avec la mise en vente par Pinault de nombreuses pièces majeures de sa collection. Un article du Journal des Arts s'inquiète alors de l'absence de structure juridique de la « Fondation Pinault » et de la vente de 2 œuvres d'art censées figurer à son inventaire (un Klein et un Rothko) alors que son projet sur l'île Seguin a déjà donné lieu à de nombreuses subventions publiques, et qu'un organisme lié à l'art ne peut pas vendre son inventaire s'il bénéficie d'aides publiques.. Selon Libération, le projet est en fait porté par la société privée Luba, filiale d'Artémis, et non par une fondation, qui n'aurait été créée qu'en cas de concrétisation du projet. En 2005, il renonce à son projet sur l'île Seguin.