Gosselies (en wallon Gochliye) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière et une ville avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie L'étymologie de Gosselies prête encore à controverse.

Selon certains, elle viendrait d'un nom de personne romanisé lié à l'existence d'une villa gallo-romaine. Gossilius serait dans ce cas à l'origine de Gosselies.

Selon d'autres sources, le nom de Gosselies proviendrait de Gossiniacas constitué de Gossin (ou Goswin) nom d'origine germanique et du suffixe -acus d'origine celtique.

Géographie

Situation Gosselies est situé dans la province de Hainaut en Wallonie, la commune est située dans le Pays de Charleroi et elle fait partie de l'arrondissement de Charleroi.

Communes limitrophes

Géographie physique Gosselies se situe dans la partie nord de Charleroi, au sein du sillon sambro‑mosan, dans une zone de bas‑plateaux limoneux caractéristique de la Wallonie centrale. Son relief est globalement peu accidenté : le territoire repose sur une surface ondulée dont l’altitude tourne autour de , avec de légères variations liées aux vallons secondaires. Cette topographie apparaît nettement sur les cartes topographiques de l’Institut géographique national, qui montrent une alternance de replats et de pentes douces typiques des formations loessiques du Hainaut.

Le sous‑sol appartient aux formations géologiques du Crétacé et du Quaternaire, dominées par des dépôts limoneux éoliens. Les cartes géographiques fédérales indiquent que ces couches homogènes expliquent la régularité du relief et la facilité d’aménagement du territoire, ce qui a contribué à l’urbanisation progressive de Gosselies, notamment autour de l’axe menant vers Bruxelles.

Quartiers

Principaux quartiers

Gosselies-centre Gosselies-centre. C'est le centre-ville de Gosselies où se situe l'église Saint-Jean-Baptiste, la tour du vieux château et le centre civique.

Le Faubourg de Bruxelles vignette|La Faubourg de Bruxelles lors du chantier du métro léger en septembre 2012.|gaucheLe Faubourg de Bruxelles, décrit par l’historien Ursmer Berlière, correspond à l’axe routier reliant le quartier du Calvaire aux villages de Pont‑à‑Migneloux et Mellet, tout en s’inscrivant dans le couloir de circulation menant vers Bruxelles.

Une affiche du confirme l’usage de l’appellation grand’rue du Faubourg, alors que, jusqu’au , la voie est surtout connue sous le nom de Chaussée de Bruxelles à Charleroi, reflet de son rôle d’itinéraire majeur entre les deux pôles urbains. Selon Ursmer Berlière, cet axe accueille dès la seconde moitié du une verrerie fondée par la famille de Dorlodot, témoignant de l’implantation d’activités artisanales et préindustrielles le long de cette route structurante.

Le Faubourg de Charleroi Le Faubourg de Charleroi apparaît dans les sources en 1719, où il semble correspondre à l’extension progressive de l’ancien pige de Hutry. Dès 1727, un acte mentionne une voie « allant à Bruxelles », signe de l’importance croissante de cet axe dans l’organisation urbaine régionale . Au fil du , la dénomination varie selon les documents : en 1751, les archives situent l’ensemble « au faubourg sur la chaussée de Bruxelles » ; en 1782, il est qualifié de « faubourg de Gosselies à Bruxelles » ; à partir de 1773, les textes utilisent plus simplement le terme de « rue », ce qui traduit une intégration plus nette dans le tissu urbain.

La grande réorganisation des voies publiques menée en 1874 fixe officiellement le nom de Faubourg de Charleroi pour le tronçon compris entre l’intersection des rues du Ravin (dite Excavée, aujourd’hui rue des Tchots), de l’Observatoire (dite Charnues) et du Marais, jusqu’au lieu‑dit du Carosse. À cette occasion, l’ancienne « rue du Faubourg » reçoit le nom de Faubourg de Bruxelles, afin de clarifier la nomenclature et de distinguer les deux axes. Dans l’usage courant, le terme Faubourg en est venu à désigner principalement ce dernier segment, devenu l’un des axes structurants reliant Gosselies à Charleroi et à la route de Bruxelles. Cette évolution, que l’on retrouve également dans les analyses d’auteurs comme Ursmer Berlière, illustre la transformation progressive d’un chemin rural en voie urbaine majeure.

Sart-les-Moines Le hameau de Sart‑les‑Moines trouve son origine dans un prieuré bénédictin fondé vers 1110 par la comtesse Pétronille de Gosselies sur son domaine d’Avelinsart. L’ancienne fortification, probablement la firmitas à l’origine du nom du moulin de la Ferté, fut démolie pour laisser place à une chapelle et aux bâtiments conventuels. Le toponyme Avelinsart fut progressivement remplacé par Sart‑Saint‑Michel, puis par Sart‑les‑Moines, appellation attestée en 1241. Peu peuplé au , le hameau ne rassemblait alors que quelques masuiers autour de l’église.

Le prieuré possédait une ferme et plusieurs bois, dont ceux de Bruille, de Saint‑Michel et de Blanchetête. Au , Sart‑les‑Moines comptait environ vingt habitations, tandis que la maison de la Trompette est mentionnée dès 1600. Comme le rappellent certains auteurs, dont Ursmer Berlière, l’essor industriel des transforma profondément le hameau, qui devint un espace densément peuplé. La chapelle Notre‑Dame de Consolation, située dans le bois du Sart, porte la date de 1711 et témoigne de la continuité du culte dans ce secteur.

Autres quartiers et lieux-dits

La Ferté Le moulin de la Ferté, établi sur le cours du Piéton entre la chaussée de Courcelles et Sart‑les‑Moines, tire son appellation d’un ancien château‑fort médiéval (firmitas) autrefois lié à la dame de Gosselies. Selon Ursmer Berlière, cette fortification disparut vers 1110 lors de la création du prieuré bénédictin de Liessies à Avelinsart. Le moulin apparaît déjà dans l’acte de dotation du prieuré, confirmé en 1125, où Pétronille et son fils Eble cèdent l’édifice ainsi que les droits de pêche. Eble tenta ensuite d’en transférer la propriété à l’abbaye de Floreffe, ce qui provoqua un conflit réglé en 1154 par un légat pontifical : Liessies conserva le moulin en le rachetant, tandis que Floreffe obtint l’autorisation d’en établir un nouveau sur le Piéton.

Durant les , les seigneurs de Gosselies contestèrent à plusieurs reprises la banalité du moulin, avant de reconnaître les droits du prieuré, notamment en 1221 et 1324. Malgré ces confirmations, le moulin passa finalement sous contrôle seigneurial, comme l’indique un dénombrement de 1496. Ursmer Berlière signale qu’au , de nouveaux litiges opposèrent la ville de Gosselies au seigneur, aboutissant en 1610 à un accord réaffirmant le caractère banal du moulin et précisant les obligations du meunier envers les habitants, dont la vérification annuelle des mesures, la collecte des grains et l’entretien de l’installation.

Le pont de la Ferté, mentionné dès 1612, relevait de l’entretien de la ville et fut reconstruit après sa destruction en 1709‑1710. Les sources du évoquent également la présence d’un petit marais jouxtant le moulin, élément du paysage local souvent rappelé dans les travaux d’Ursmer Berlière.

Le Calvaire vignette|La place Albert dans le quartier du Calvaire lors du chantier du métro léger en septembre 2012.Le Calvaire constitue un ancien carrefour de Gosselies, dont la présence est attestée dès le début du xixe siècle. En 1820, ce toponyme désigne l’intersection de plusieurs axes majeurs : la chaussée de Charleroi à Bruxelles, la chaussée de Nivelles, la rue de Namur et l’actuelle rue Émile Vandervelde. Selon Ursmer Berlière, l’appellation provient d’une chapelle du Calvaire construite en 1808 par l’abbé Delobel à l’extrémité de l’ancienne propriété de Liessies, édifice qui devint rapidement le repère principal du secteur et transmit son nom à l’ensemble du carrefour.

Lors de la réorganisation du réseau viaire en 1874, la dénomination « rue du Calvaire » fut attribuée à une portion de la chaussée de Charleroi à Bruxelles, entre la rue du Maka correspondant aujourd’hui aux rues Astrid et Franklin Roosevelt et la ruelle Montcour. La place du Calvaire fut définie comme l’espace situé entre les débouchés de la rue Émile Vandervelde, du Point‑du‑Jour, du Faubourg et de la rue de Namur. Ursmer Berlière rappelle toutefois que des mentions plus anciennes existent : un compte de tailles de 1761 signale des pâturages situés « près du Calvaire au ban la ville », indication qui renvoie probablement au Calvaire du Sart, en direction de Sart‑les‑Moines, toponyme à l’origine de l’actuelle rue du Grand Bon Dieu.

Hautebise La cense d’Hautebise, située à l’extrémité orientale de Gosselies en direction de Piersoulx et Ransart, formait un fief dépendant de la seigneurie locale. Les sources anciennes présentent une grande variété de formes du toponyme entre le  : Hodebize, Hotebise, Haultebise, Huthbise, Huttebize, Haultbize, Authebise ou encore Audebise. Ursmer Berlière souligne que l’une des premières mentions liées à ses habitants apparaît en 1484, lorsqu’un obit est fondé par Jean Godin, alors domicilié à Haultbize. Les documents du décrivent la « coulterelle de Hottebize » et les terres attenantes, exploitées par divers tenanciers.

Les dénombrements de 1612 et 1753 indiquent une exploitation comprenant bâtiments, grange et environ 28 bonniers de terres et prairies, dont certaines étaient exemptes des dîmes de Liessies en 1726. La cense changea plusieurs fois de propriétaires : Jean Gilo en 1570, Jean Poreau en 1595, Jean Cousin en 1612, Charles Mienson en 1642, puis la douairière d’Acuna et Catherine‑Ferdinand Vanderborght en 1734, avant d’être acquise par Englebert Maghe en 1775. Ursmer Berlière rappelle que de nombreux fermiers y sont attestés du au début du , témoignant d’une exploitation continue. L’origine du nom demeure discutée. Les formes anciennes, telles que Hodebize ou Huttebise, rapprochent le toponyme d’autres appellations similaires du Brabant wallon ou de la Marne. La finale ‑bise a parfois été interprétée comme un dérivé de baccus, évoquant un ruisseau présent sur le site, tandis que le radical (Hote‑, Hode‑) reste incertain.

Pont-à-Migneloup Pont‑à‑Migneloup est un hameau situé à l’extrémité nord de Gosselies, en direction de Mellet, le long de la chaussée Charleroi‑Bruxelles. Les sources médiévales mentionnent le lieu dès 1203 sous la forme Melingiolum, puis sous de nombreuses variantes au fil des siècles : Melhignoul, Melingnuel, Mellignoul, Meingloux, Pont‑à‑Meigneloux, Pont‑à‑Mignelou ou encore Migloux. La prononciation populaire actuelle, Meign’lou, perpétue cette évolution phonétique. Ursmer Berlière rappelle que, durant le Moyen Âge, l’abbaye de Floreffe y possédait des terres relevant du chapitre de Saint‑Ursmer de Lobbes, notamment dans la zone de Thiméon. Le hameau dépendait de plusieurs juridictions, dont Gosselies, Mellet et Wayaux.

En 1819, l’autorité ecclésiastique rattacha Pont‑à‑Migneloup à la paroisse de Mellet, jusque‑là dépendante de Thiméon pour le spirituel. L’étymologie du toponyme ne doit pas être associée à Meneilut (La Louvière) ni à des interprétations populaires liées au « loup ». Ursmer Berlière souligne que le nom dérive du toponyme Mellet : Melengiolum en constitue le diminutif latin, formation comparable à d’autres couples régionaux tels que Fleurus/Fleurjoux, Glabais/Glabjoux, Ways/Wésoul ou Marbais/Marbisoux.

Le Colombier