(né Georg August ; Hanovre, – , Londres) fut roi de Grande-Bretagne, duc de Brunswick-Lunebourg (Hanovre) et prince-électeur du Saint-Empire romain germanique du à sa mort.

fut le dernier monarque britannique né hors de Grande-Bretagne puisqu'il était né et avait grandi à Hanovre. En 1701, sa grand-mère, Sophie de Hanovre, devint la seconde dans l'ordre de succession au trône britannique après l'exclusion d'environ cinquante héritiers catholiques du fait de l'acte d'Établissement de 1701 qui réservait la succession aux protestants. Après les morts de Sophie et d'Anne de Grande-Bretagne, son père , électeur de Hanovre, accéda au trône. Dans les premières années du règne de son père, George était associé aux politiciens de l'opposition jusqu'à ce que ces derniers rejoignent le parti au pouvoir en 1720.

Devenu roi en 1727, influa peu sur la politique intérieure du pays qui était largement contrôlée par le Parlement de Grande-Bretagne. En tant qu'électeur, il passa douze étés au Hanovre où il disposait d'un plus grand contrôle sur la politique gouvernementale. Durant la guerre de Succession d'Autriche, George participa à la bataille de Dettingen en 1743, devenant ainsi le dernier monarque britannique à mener une armée au combat. En 1745, les partisans du prétendant catholique au trône, Jacques François Stuart, tentèrent de le renverser lors de la dernière révolte jacobite. avait des relations difficiles avec son fils aîné, Frédéric, qui soutenait l'opposition parlementaire. Frédéric mourut soudainement en 1751 et c'est le fils de ce dernier qui devint l'héritier au trône, puis finalement roi en 1760 sous le nom de .

Jusqu'au milieu du , les études historiques considéraient avec dédain du fait de ses maîtresses, de son impatience et de sa muflerie. Depuis lors, certains historiens ont réévalué son héritage et concluent qu'il avait eu une certaine influence dans la politique étrangère et les nominations militaires.

Jeunesse vignette|gauche|Le jeune George représenté avec sa mère, Sophie-Dorothée de Brunswick-Lunebourg et sa sœur Sophie-Dorothée de Hanovre, vers 1691. George est né en 1683 dans la ville de Hanovre en actuelle Allemagne .. Il est le fils de George Louis, prince héréditaire de Brunswick-Lüneburg (par la suite ) et de son épouse Sophie-Dorothée de Brunswick-Lunebourg. Les deux parents de George commirent l'adultère et en 1694 leur mariage fut dissous sous prétexte que Sophie avait abandonné son mari. Elle fut confinée au château d'Ahlden et se vit refuser l'accès à ses deux enfants, George et sa sœur Sophie-Dorothée de Hanovre, qu'elle ne revit probablement jamais ; ; .

Jusqu'à l'âge de quatre ans, George parlait uniquement en français, la langue de la diplomatie à la Cour, mais il apprit également l'allemand avec l'un de ses tuteurs, Johann Hilmar Holstein. Il reçut des cours d'anglais et d'italien et il étudia la généalogie, l'histoire et les tactiques militaires avec un intérêt particulier ; .

En 1702, Anne Stuart monta sur les trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Aucun de ses enfants ne survécut et d'après l'Acte d'établissement, le Parlement d'Angleterre désigna la protestante la plus proche dans sa famille, la grand-mère de George, Sophie et ses descendants, comme héritiers d'Anne dans les royaumes d'Angleterre et d'Irlande. Jacques François Stuart, à qui sa sœur aurait proposé le trône à condition d'accepter la confession anglicane, refusa. Par conséquent, après sa grand-mère et son père, George était le troisième dans l'ordre de succession pour succéder à Anne dans l'un des deux royaumes. Il fut naturalisé anglais en 1705 et devint chevalier de la Jarretière en 1706, ainsi que duc et marquis de Cambridge, comte de Milford Haven, vicomte de Northallerton et baron de Tewkesbury dans la pairie d'Angleterre. L'Angleterre et l'Écosse unirent leurs parlements en 1707 pour former le royaume de Grande-Bretagne, et acceptèrent conjointement la succession établie par l'Acte d'établissementUnion with Scotland Act 1706 et Union with England Act 1707, Archives nationales.

Mariage Le père de George ne voulait pas que son fils soit impliqué dans un mariage arrangé sans amour comme cela avait été son cas et il voulait que son fils ait l'opportunité de rencontrer sa fiancée avant que les arrangements ne soient faits. Les négociations à partir de 1702 pour la main de la princesse Edwige-Sophie de Suède, duchesse douairière et régente d'Holstein-Gottorp n'aboutirent pas. En , sous le faux nom de « Monsieur de Busch », George visita la cour d'Ansbach dans sa résidence d'été à Triesdorf pour étudier incognito une possibilité de mariage : Caroline d'Ansbach, adoptée par sa tante Sophie-Charlotte de Hanovre. L'émissaire anglais au Hanovre, Edmund Poley, rapporta que George était tellement pris par . Un contrat de mariage fut conclu à la fin du mois de juillet ; et le , Caroline arriva à Hanovre pour son mariage qui eut lieu le soir même à la chapelle de Herrenhausen.

George souhaitait participer à la guerre contre la France dans les Flandres mais son père refusa son entrée dans l'armée à un poste actif jusqu'à ce qu'il ait un fils et un héritier ; . Au début de l'année 1707, les espoirs de George furent comblés lorsque Caroline donna naissance à un fils, Frédéric. En juillet, Caroline contracta la variole et tomba gravement malade. George fut également atteint car il était resté constamment à ses côtés; ils se rétablirent tous deux. En 1708, George participa à la bataille d'Audenarde à l'avant-garde de la cavalerie hanovrienne ; son cheval et un colonel juste derrière lui furent tués mais George ne fut pas blessé ; ; . Le commandant britannique, le duc de Marlborough, écrivit que George . Entre 1709 et 1713, George et Caroline eurent trois autres enfants, toutes des filles : Anne, Amélie et Caroline.

En 1714, la santé de la reine Anne commença à décliner et les politiciens whigs, qui soutenaient la succession du Hanovre, considérèrent qu'il serait plus prudent que l'un des héritiers vive en Angleterre pour assurer la succession protestante à la mort d'Anne. Comme George était un pair du royaume (en tant que duc de Cambridge), il fut suggéré qu'il soit convoqué au Parlement pour qu'il siège à la Chambre des lords. Anne et le père de George refusèrent de soutenir ce plan bien que George, Caroline et Sophie y soient favorables. George ne se rendit pas en Angleterre et moins d'un an plus tard, Sophie et Anne étaient mortes et le père de George était devenu roi sous le nom de .

Prince de Galles vignette|Londres dans les années 1710.

Héritier du trône George et son père se rendirent en Angleterre depuis La Haye le et arrivèrent à Greenwich deux jours plus tard. Le jour suivant, ils entrèrent formellement dans Londres lors d'une cérémonie ; . George reçut le titre de prince de Galles. Caroline suivit son époux en Angleterre en octobre avec leurs filles tandis que Frédéric restait dans le Hanovre pour être élevé par des tuteurs privés ; . Londres était un environnement complètement nouveau pour George car la ville était cinquante fois plus grande que HanovreHanovre avait environ tandis que Londres en comptait . et la population était estimée à environ 1,5 million de personnes. George courtisa la population avec des expressions louant les Anglais et déclara qu'il n'avait pas une goutte de sang qui n'était pas anglaise ; .

En , le roi retourna au Hanovre pour six mois et George reçut des pouvoirs limités, en tant que « Gardien et Lieutenant du Royaume », pour gouverner pendant l'absence de son père ; . Il réalisa une entrée royale à Chichester, Havant, Portsmouth et Guildford dans le sud de l'Angleterre. Des spectateurs furent autorisés à le voir dîner en public au château de Hampton Court ; et une tentative d'assassinat ratée au théâtre royal de Drury Lane accrut sa popularité.

Son père se méfiait ou était jaloux de la popularité de George, ce qui contribua aux mauvaises relations entre les deux hommes ; . La naissance du second fils de George, George William, en 1717 fut le catalyseur d'une querelle familiale ; le roi, suivant la coutume, choisit le lord-chambellan, le duc de Newcastle Thomas Pelham-Holles, comme l'un des parrains de l'enfant mais fut ulcéré quand son fils, qui n'appréciait pas Pelham-Holles, insulta le duc au baptême, ce que ce dernier interpréta comme une demande de duelGeorge agita son poing à Newcastle et dit () mais le duc comprit ().. George et Caroline furent temporairement confinés dans leurs appartements sur ordre du roi, avant d'être bannis de la résidence royale du palais St. James. Le prince et la princesse de Galles quittèrent la cour mais leurs enfants restaient sous la garde du roi ; ; .

Leurs enfants manquaient à George et Caroline et ils cherchèrent désespérément à les revoir. À une occasion ils se rendirent au palais sans l'accord du roi et furent repoussés ; Caroline s'évanouit et George . Le roi revint partiellement sur sa décision et autorisa une visite hebdomadaire même si par la suite Caroline eut un accès illimité. En février, George William mourut avec son père à ses côtés.

Banni du palais et évité par son propre père, le prince de Galles se rapprocha de l'opposition aux politiques du roi qui incluaient des mesures visant à accroître les libertés religieuses en Grande-Bretagne et à étendre les territoires allemands du Hanovre aux dépens de la Suède. Sa nouvelle résidence londonienne de Leicester House devint un lieu de réunion des opposants à son père, dont Robert Walpole et Charles Townshend qui avaient quitté le gouvernement en 1717.

Le roi se rendit au Hanovre de mai à . Au lieu de nommer George gardien du royaume, il établit un conseil de régence. En 1720, Walpole encouragea le roi et son fils à se réconcilier pour le bien de l'unité publique, ce qu'ils firent à contrecœur ; ; . Walpole et Townshend reprirent leurs postes officiels et rejoignirent leurs ministères ; ; . George fut rapidement déçu par les termes de la réconciliation ; ses trois filles qui étaient sous la garde du roi ne lui furent pas rendues et il était toujours privé de la régence lors des absences du roi. Il en vint à croire que Walpole l'avait trompé afin de revenir au pouvoir. Au cours des années suivantes, lui et Caroline vécurent tranquillement et évitèrent toute activité politique. Ils avaient eu trois autres enfants : William, Marie et Louise qui furent élevés à la Leicester House et à la Richmond Lodge, la résidence d'été de George ; .

En 1721, le désastre économique de la Compagnie des mers du Sud permit à Walpole d'atteindre le sommet du gouvernement. Walpole et son parti whig dominaient la politique car le roi craignait que les tories ne soutiennent pas l'ordre de succession établit par l'Acte d'établissement. Le pouvoir des whigs était si grand qu'ils évincèrent les tories du pouvoir durant un demi-siècle ; .

Roi de Grande-Bretagne

Avènement au trône vignette|Une guinée en or à l'effigie de , 1747. Description revers : Écu festonné et couronné écartelé au 1 parti d'Angleterre et d'Écosse, au 2 de France, au 3 d'Irlande, au 4 tranché de Brunswick et de Lunebourg. Traduction revers : (Roi de Grande-Bretagne, de France et d'Irlande, défenseur de la Foi, duc de Brunswick et Lunebourg, archi-trésorier et électeur du Saint-Empire) .

vignette|gauche|Portrait réalisé par Charles Jervas vers 1727