La Chapelle-en-Juger (également graphié La Chapelle-Enjuger), est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Thèreval.
Elle est peuplée de habitantsPopulation municipale ..
Géographie Couvrant , le territoire de La Chapelle-en-Juger était le plus étendu du canton de Marigny.
Toponymie La graphie officielle actuelle en-Juger est contredite par les formes anciennes : Capella Engelgeri en 1250, la Chapelle Enjugier dans le cartulaire de Saint-Lô, La Chapelle Enjuger sur la carte de Cassini, etc. ainsi que par les différents actes notariés du début du des familles locales. L'usage local généralise la graphie EnjugerNotamment la signalisation routière () et les administrations territoriales ()..
Le second terme de ce nom de lieu est emprunté à Engelger de Bohon, mentionné à l'époque médiévale (1172) : ecclesia de Capella quam idem Engelgerus de Bohum prioratu suo..de Bohun dederatFrançois de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986., membre d'une puissante famille normande qui a fait également souche en Grande-Bretagne. Son prénom Engelger est d'origine germanique Ingelgerus.
Le gentilé est Chapelais..
Histoire Au , Engelger de Bohon épouse Adelise et s'installe à La Chapelle et lui donne son nom.
En 1670, Colbert encourage les savants à découvrir les richesses du sol du royaume. Un chimiste réputé de Rouen, Jean Charles de Marsigny, entreprend d'étudier les terrains de la généralité de Caen. Il examine à La Chapelle-Enjuger, au lieu-dit le Mesnildot, un gisement de cinabre, minerai d'où s'extrait le vif-argent, c'est-à-dire du mercure. Il en informe Colbert qui donne le instruction à l'intendant de la généralité de Caen, Guy Chamillart, de se rendre sur place, d'enquêter et de lui présenter ses conclusions. Il reçoit quinze jours plus tard une boîte de vif-argent et un morceau de cinabre qu'il fait distiller devant lui et qui donne les deux tiers de son poids en mercure. Le ministre consulte des savants qui examinent le mémoire de Chamillart et concluent à l'intérêt du gisement. Colbert ordonne que des travaux soient aussitôt menés pour connaître l'importance du filon et s'assurer « si cette recherche pourra être utile au service du roiCorrespondance administrative de Colbert, tome III, p. 845 et suivantes ». François GiresLa Chapelle-Enjuger, 1615-1689, sieur de Launey, se présentant comme seigneur de ces terres, vient réclamer ses droits. Colbert hésite à se lancer dans un procès qui pourrait être long et préfère indemniser ledit sieur. Marsigny achète les terres. Par la suite, l'intendant voudra dépouiller ce dernier mais Colbert, toujours soucieux d'encourager les entrepreneurs, intervint pour que le chimiste resta maître de l'affaire. Le gisement, le seul de France à l'époque pour ce minerai, ne sera véritablement exploité que plus tard au et pour une courte période, de 1730 à 1749Revue de la Société des études historiques, , tome IX, L'Administration française au , p. 27-28, Ernest Thorin, Paris, 1891..
L'opération Cobra En juillet 1944, pendant la bataille de Normandie, la commune se trouva au centre du corridor de bombardement de l'opération Cobra. Depuis plusieurs semaines, les Alliés piétinaient face aux Allemands dans le bocage normand. Décidée pour le , puis repoussée de cinq jours pour cause de mauvais temps, le commandement allié décida de créer une brèche dans la ligne de front allemand au sud de la route Périers-Saint-Lô en appliquant la technique du tapis de bombes (). Le , à , lourds et moyens et chasseurs-bombardiers larguent de bombes sur un étroit quadrilatère de moins de de long, pulvérisant la Panzer Lehr du général Fritz Bayerlein dont 70 % des hommes seront tués, blessés ou fortement commotionnés et la plupart des chars détruits et rendant le paysage lunaire. Le village de La Chapelle-Enjuger est presque entièrement détruit. L'après-midi, les et américaines attaquent la zone et se heurtent malgré tout à une forte résistance de groupes allemands isolés. Mais dès le lendemain, les troupes américaines percent le front allemand avec l'engagement par le général Collins de ses blindés entre Marigny et Saint-Gilles et les jours suivants les Américains s'engouffrent dans la brèche, libérant Coutances le , Granville et Avranches le .
Fusion Le , La Chapelle-en-Juger intègre avec Hébécrevon la commune de Thèreval. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de La Chapelle-en-Juger et Hébécrevon deviennent des communes déléguées et Hébécrevon est le chef-lieu de la commune nouvelle.
Politique et administration
Le conseil municipal était composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Thèreval le jusqu'en 2020 et Nelly Villedieu devient maire délégué.
Démographie
La Chapelle-en-Juger a compté jusqu'à en 1841.
Économie La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'IsignyAOP Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny..
Aux , on y exploita des mines de mercure.
Lieux et monuments Église Saint-Pierre (), détruite pendant l'opération Cobra et reconstruite de 1957 à 1959 par l'architecte Jacques Prioleau avec son clocher et portail d'origine. Elle est labellisé patrimoine du en 2003. Elle abrite un christ en croix () de Philippe Kaeppelin classé au titre objet aux monuments historiques., une verrière () de Jacques Le Chevallier. Château du Bas Marais, du . Château de la Mietterie (). Le Mesnildot (début , fin ), avec une tourelle . Le Manoir (), avec cheminée Renaissance. Cimetière militaire allemand de Marigny avec ses . Monument commémoratif de la percée américaine du , l'opération Cobra.
Activité et manifestations
Personnalités liées à la commune Luc Dagobert de Fontenille (1736, château de la Grande Communière, La Chapelle-en-Juger - 1794, Puy-Cerda), général en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales lors de la Révolution française. Honorine Aimée Doublet, mère de l'artiste peintre Marie Lucas-Robiquet, est née à La Chapelle-en-Juger. André Feuillet (1909 à La Chapelle-en-Juger-1998), prêtre catholique.
Voir aussi
Bibliographie . .
Articles connexes Liste des communes de la Manche
Liens externes
La Chapelle-en-Juger sur le site de la communauté de communes La Chapelle-en-Juger sur le site Wikimanche
Notes et références Notes
Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)
Catégorie:Ancienne commune dans la Manche Catégorie:Commune déléguée dans la Manche Catégorie:Ville titulaire de la croix de guerre 1939-1945