Goult est une commune française située dans le département de Vaucluse, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie Goult est une commune située au cœur du parc naturel régional du Luberon
Au nord du territoire de la commune se trouvent les Monts de Vaucluse avec les villages de Gordes et Saint-Pantaléon. À l'est, se trouvent les villages de Roussillon et Gargas, et au sud, en direction de la montagne du Luberon, les villages de Bonnieux, Lacoste et Ménerbes.
Le village est perché sur une colline au cœur de la vallée nord du petit Luberon, un château et un moulin reconstitué peuvent être aperçus au sommet.
Plusieurs hameaux peuvent être distingués sur le territoire de Goult : le hameau de Lumières, à proximité de la départementale 900 et le hameau de Saint Véran, au sud, en direction de Lacoste, sont les deux principaux.
Accès et transports La gare TGV la plus proche est la gare d'Avignon TGV tandis que la gare TER la plus proche est celle de l'Isle-sur-la-Sorgue. La commune est desservie par les sorties de l'autoroute A7 à Avignon sud ou Cavaillon. On accède au village par route départementale D900 (ancienne nationale route nationale 100), route qui se dirige vers Apt, à l'est, quand on arrive en provenance d'Avignon, à l'ouest.
Hameaux et lieux-dits vignette|Cave coopérative de Lumières. Hameau de Lumières : construit autour du sanctuaire de Notre-Dame des Lumières et de la cave coopérative viticole, il compte également quelques commerces.
Sismicité À l'exception des cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis classés en zone Ib (risque faible), tous les cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.
Hydrographie vignette|L'Imergue à Lumières. La commune est arrosée par plusieurs rivièresL'eau dans la commune : le Calavon (ou Coulon)., l'Imergue. (affluent du Calavon) et un de ses affluents, la Roubine. ainsi que la Riaille. (affluent du Calavon).
Jusqu'en 1863, la traversée du Calavon, au niveau du hameau de Lumières, se faisait par le biais d'un passage à gué. Celui-ci, malaisé à basses eaux, devenait difficile, voire impossible à hautes eaux. Un pont est alors construit, après souscription des habitants de la commune. Les travaux auront lieu de 1864 à 1866. Détruit lors d'une crue, le , il sera reconstruit trois ans plus tard. Plusieurs crues continueront à frapper le pont, jusqu'en 1909, date à laquelle une reconstruction, plus solide avec une travée métallique et non en bois, est décidéeÉdition Archives départementales de Vaucluse, « Passage d'une rive à l'autre », ..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Cabrières d'Avignon », sur la commune de Cabrières-d'Avignon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Goult est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'AvignonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-régionale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Avignon comprend une ville-centre et ... La commune est en outre hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (69,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (28,8 %), forêts (26,6 %), zones agricoles hétérogènes (22,3 %), terres arables (18,5 %), zones urbanisées (2,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie D'après Albert Dauzat et Charles Rostaing, ce toponyme provient du nom d'homme germanique Agoald, *Agiowald (Castrum Agoldi 1031-1032)Albert Dauzat, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,1979 , p. 326 ;.
L'origine est la même que pour le mont Aigoual.
Histoire vignette|gauche|Rue du Château. Préhistoire et antiquité Les pointes de flèches, les haches polies et les maillets à rainures retrouvés autour du Coulet Rouge attestent que les hommes du Néolithique parcourent le territoire de l'actuelle commune. Durant cette période, une importante agriculture se développe sur les rives du Calavon. La découverte d’un grand fragment de stèle anthropomorphe représentant une face à deux nez et trois yeux, sans doute la représentation d’une divinité, amènent les spécialistes rattachent ces occupations à la civilisation lagozienne. Le dolmen de l’Ubac,sur la rive gauche du Calavon, atteste de l'occupation du territoire dès le Néolithique.
Si l’on en juge par les vestiges gallo-romains mis au jour (autel aux Nymphes et à Sylvain, urnes, poteries, lampes et objet de verre), une villa romaine occupe probablement le site. La Via Domitiana traverse le village et la borne milliaire déterrée par la crue du Calavon entre Maricamp et Lumières en 1994 en est un jalon. Elle est dressée en l'an 144 sur ordre de l'empereur Antonin-le-Pieux, à la limite entre les civitates romaines de Cavaillon et d’Apt. Réf. CIL 17-02, 00084 ; CIL 12, 05498 ; ILN-04, 00151 ; IR-03, 00084. Une seconde borne milliaire a également été trouvée à Goult. Réf: ILN-04, 00152
Haut Moyen Âge Le premier seigneur de Goult est Guillaume, qui s’installe sur un domaine ayant appartenu à Fouquier/Foucher de Valensole. Ce fils de Humbert de Caseneuve prend comme patronyme le nom de son fief Agoldi (castrum Agoldi, 1031)La toponymie suggère que ce nom soit à l’origine celui d’un homme germain appelé Agold ou Agoald.. Le nouveau seigneur fait édifier un sanctuaire à Saint-Michel puisqu’en 1084, le pontife Grégoire VII désigne dans une de ses bulles « in Episcopalu Cavalicensis, cellam S. Michaelis in balma Agoldi ». Cette chapelle (trop et mal restaurée) se situe dans les hauts du parc de Notre-Dame de Lumières. À peu de distance, sous la falaise, se trouve une borie effondrée où l’on peut voir une cuve vinaire rupestre et son fouloir.
Bas Moyen Âge Au , le fief de Goult est revendiqué par Guillaume de Sabran, le nouveau comte de Forcalquier, auprès de son cousin Alphonse d’Aragon, comte de Provence. Cette exigence fait suite au mariage, en 1193, de Gersande de Sabran et d’Alphonse II d’Aragon qui prévoit l’union des comtés de Provence et de Forcalquier.
A cette période sont construits Saint-Pierre, l’église du village, dont le mur pignon est orné d’une tête de bovidé, et Saint-Véran, dédié à l’évêque de Cavaillon.
Le voit d’abord la confirmation de cette seigneurie aux d'Agoult par un acte pris en 1224 par Raymond Béranger V, comte de Provence, avant de passer par alliance, en 1284, à Bertrand des Baux. En 1301, celui-ci accorde à ses villageois le droit de nommer quatre syndics. Trois quarts de siècle plus tard, son descendant François des Baux, en rébellion contre la reine Jeanne, se fait confisquer ce fief avec toutes ses possessions provençales. Durant cette période le nom du village évolue d’Agoldo (1277) vers Agouto qui est utilisé de 1311 à 1526.
Pierre de Sault (?-av.1356), baile de Sisteron (1355), un chevalier originaire d'Aix est jurisconsulte et seigneur de Goult. Il apparait à Aix à la suite de son mariage avec Jacobée, fille du riche drapier Aixois, François MensureCoulet, Répertoire, . Mariage contracté avant 1350. Une deuxième fille, Philippa, est mariée au chevalier Blacas de Beaudinard et une troisième au maitre rational Raymond de Crota.
Au , s'installe une importante industrie de verrerie. La qualité du résultat de cette industrie lui vaut la protection du Roi René.
Renaissance Les sont marqués par une valse des seigneurs. Reviennent d’abord les d'Agoult-Simiane, puis le fief passe aux Sade et enfin aux Donis d'origine florentine.
Ces deux dernières familles se heurtent aux hérétiques et réformés de la vallée du Calavon.
Entre 1528 et 1533, Paul de Sade devient le bras armé du sinistre inquisiteur Jean de Roma, nommé par Clément VII pour extirper l'hérésie vaudoise de la vallée du Calavon et du Luberon. Les deux hommes y gagnent une réputation de bouchers.
En 1563, les Donis doivent défendre leur seigneurie contre une incursion des huguenots venus de la Valmasque, entre Bonnieux et Ménerbes. C’est à cette époque – vers 1538 – que l’on prend l’habitude d’élider le A de Agoult et que le village est désormais appelé Goult.
Période moderne Louis XIV, en 1659, sur la sollicitation de Jean-Baptiste Donis, érige sa terre de Beauchamp en marquisat.
Le territoire de la commune est sous la gouverne de plusieurs châteaux. Le plus ancien et le plus élevé est celui de Babilony, en dessus de Bon Repos. Construit au , il est restauré de fond en comble par les Donis en 1805Ce fut en cette année 1805 que les Donis mirent un terme à la faïencerie du village.. Le château de Maricamp, utilisé comme résidence seigneuriale au , jouxte la voie Domitienne (R.N. 100).
Période contemporaine