L’économie du Mali reste dominée par le secteur primaire et notamment agricole. Les secteurs secondaire (industrie) et tertiaire sont peu développés. L’agriculture est en butte à des difficultés récurrentes : sécheresses répétitives depuis les années 1970, baisse du prix des matières premières produites, comme le coton, hausse des coûts de production (intrants et carburants). La production aurifère est importante au Mali. Le secteur industriel étant peu développé, le Mali importe une grande partie des biens de consommation.
Au début des années 1980, le Mali faisant face aux problèmes de la dette s'est tourné vers le FMI et la Banque mondiale. Au cours des échanges, deux mots d'ordre ont été retenus: La restructuration des entreprises publiques et la libéralisation de l’économie Malienne.. Les organisations internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international) ont poussé l’État malien à adopter des politiques d’ajustement structurel avec la privatisation de certains secteurs de l’économie (transport ferroviaire, distribution de l’eau et de l’électricité et récemment la Compagnie malienne pour le développement du textile).
Agriculture, élevage et pêche +Productions des principales cultures en 2001Source : Direction nationale des statistiques et de l’informatique Culture Production (en tonnes) Mil Sorgo Riz paddy Coton-graine Maïs Fonio Patate Igname Manioc Haricot Arachide Tabac 691 200px|thumb|Paysans maliens cultivant le riz L’économie du Mali est avant tout agricole. 80 % de la population active travaille dans ce secteur qui représentait 41 % du PIB en 2017 (19 % pour le secteur secondaire et 40 % pour le secteur tertiaire). Mais la production agricole est faible, souffrant à la fois d’un manque d’infrastructure en milieu rural, de rendements faibles trop liés aux variations climatiques. En dehors de la région de Sikasso, l’autosuffisance alimentaire n’est pas assurée.
La superficie des terres effectivement cultivées est estimée à d’hectares soit 4 % du territoire. Le potentiel des terres irriguées est estimé à environ 2.2 million d’hectares. Seuls ha sont actuellement complètement exploités.. Les productions agricoles du pays restent tributaires du niveau des pluies,les régions arides (Kidal, Gao , Tombouctou) .) connaissant des pénuries en période de soudure.
L’agriculture est pratiquée par petites exploitations familiales. La superficie moyenne est de mais 40 % des exploitations ont une superficie inférieure à 3 Ha. L’écrasante majorité des exploitations agricoles du pays, soit près de 95 % de la superficie cultivée, sont sous culture pluviale.
Céréales Les céréales constituent la base de l’alimentation des maliens, notamment en milieu rural (/an/habitant contre /an/habitant en ville). La production céréalière est principalement destinée à l'auto-consommation et n'est commercialisée qu'à hauteur de 20%.
Face à la pénurie alimentaire observée en 2005 à la suite de l’invasion acridienne et de la sécheresse, le Mali a connu une flambée des prix de denrées agricoles. Entre et , le kilogramme de mil, base de l'alimentation est passé de 105 à , celui du maïs de et celui du riz de . Pour maîtriser cette inflation des prix des denrées de base, le gouvernement a décidé d’exonérer de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) tonnes de riz et tonnes de maïs importées, ainsi que la distribution gratuite de tonnes de céréales dans les zones menacées de famine du SahelSystème d’information du marché céréalier cité par Xinhuanet le 18 juin 2005.
Pour la campagne 2005/2006, grâce à une bonne pluviométrie lors de la saison des pluies, la production céréalière est estimée à tonnes, en hausse de 10,3 % par rapport à la campagne précédenteAltervision 7 mars 2006.
La culture du riz contribue à hauteur de de francs CFA au PIB, soit 5 %. La principale zone de production est celle de l’Office du Niger qui représente 40 % de la production totale malienne estimée entre selon les années.
La productivité de la filière riz au Mali, l’une des plus importantes en Afrique, ne permet pas d’assurer la protection des producteurs locaux face aux importations. L’application des politiques d’ajustements structurels rend la production nationale vulnérable face aux importations de riz subventionné par les pays développés.
Coton right|200px|thumb|Récolte du coton La filière coton, avec une production de tonnes en 2004, représente 15 % du Produit intérieur brut (PIB). Environ trois millions de maliens vivent directement ou indirectement de la culture du cotonSory Ibrahim Guindo, Privatisation de la CMDT à l’horizon 2008: Pas de vente des actifs, mais plutôt création de sociétés filiales. L’Indépendant, 30 décembre 2005.
Le coton est, après l’or, la deuxième source d’exportation avec de francs CFA en 2004Direction nationale de la statistique et de l’informatique, cité par Malikounda 23 janvier 2006.
Pour la campagne 2005/2006, la production de coton graine est estimée à tonnes contre pour la campagne précédente.
Premier pays africain producteur de coton, le Mali est vulnérable aux fluctuations des cours de l’« or blanc » et est menacé par les subventions européenne mais surtout américaine accordées aux producteurs occidentaux qui rend le coton africain non compétitif.. Le Mali, avec d’autres pays comme le Burkina Faso ou le Tchad demandent la suppression de ces subventions.
La production et la transformation du Coton sont organisées par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). Cette entreprise d’État créée en 1974 connaît des difficultés importantes dues aux fluctuations du cours du coton sur le marché mondial mais aussi à une mauvaise gestion. Son déficit pour l’année 2004/2005 est évalué à de francs CFA. Sa privatisation, exigée par le Fonds monétaire international, est prévue pour 2008. Le gouvernement malien a décidé de créer des filières couvrant l’ensemble des régions productrices. Ces filières seront vendues avec la possibilité pour les producteurs d’entrer dans leur capital social.
Les paysans producteurs de coton sont majoritairement opposés à cette privatisation. Réuni à Fana en , le Forum des peuples a, à travers une pétition, réclamé l’abandon de la privatisation de la CMDT.
La production de coton « biologique et équitable », cultivé depuis 1998 dans les cercles de Kolondiéba, Yanfolila et Bougouni, a atteint en 2005 et concerne 1700 producteurs de cotonBe Coulibaly, Coton biologique : Le Mali donne le ton, L’Essor du 11 décembre 2006.
Élevage + Composition du cheptel malien en 2003Sources DNAMR, cité dans «L’élevage au Mali » réalisé par la Mission économique de Bamako, octobre 2004 Animal Nombre de têtes Bovins Moutons Chèvres Chevaux Ânes Chameau Porcs Volailles
L’élevage est la principale ressource de 30 % de la population, et représente 10 % du PIB« L’élevage au Mali » réalisé par la Mission économique de Bamako, octobre 2004.
75 % du bétail malien est constitué de troupeaux transhumants. L’élevage est l’activité principale des Peuls et des Touaregs.
Le bétail est le troisième produit exporté par le Mali, après l’or et le coton. Cependant, ce secteur a pâti de la crise ivoirienne. La Côte d'Ivoire était le premier importateur de bétail malien, devant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, le Ghana, le Burkina Faso et le Niger.
Pêche et pisciculture right|200px|thumb|Pêcheurs sur le Lac Sélingué
La pêche représente de francs CFA, soit 4,2 % du Produit intérieur brutL’Essor du 18 avril 2006.
La production halieutique se situe autour de tonnes par an dans les années de pluviométrie normale. La pêche est pratiquée par environ pêcheurs (essentiellement des bozos) permettant de faire vivre de . La filière pêche dans son ensemble emploie environ 8 % de la population active..
Les principales zones de pêches sont situées dans le delta central du Niger (80 % de la production totale) et les lacs des barrages de Sélingué et Manantali.
La baisse des niveaux de cours d’eau due au déficit de pluviométrie, entraînant une stagnation des captures halieutiques depuis 3 décennies, ainsi que l’augmentation de la population fait que la demande croissante en poissons, une des principales sources de protéines pour la population a du mal à être satisfaite. Le Mali entend développer la pisciculture qui est encore à l’état embryonnaire.
Concertations paysannes sur la Loi d'Orientation Agricole du Mali
En 2005, d'importantes concertations paysannes ont eu lieu dans le cadre du processus d'élaboration de la Loi d'orientation agricole (LOA) du Mali afin que les préoccupations, points de vue et propositions des paysans constituent le cœur des orientations politiques maliennesLes contributions collectées lors de ces concertations « paroles de paysans » sont disponibles sur un site internet destiné aux concertations paysannes et peuvent être consultées en référence au thème de LOA, à la zone d'origine ou au type de contribution. On y trouve aussi d'autres contributions au débat, des guides d'animation et des références sur l'agriculture. Ces informations sont des références utiles pour tout acteur intervenant en développement rural au Mali..
Vous pouvez également consulter le mémorandum paysan remis au gouvernement du Mali accordant une place méritée à tous les acteurs des concertations paysannes ainsi qu'aux méthodes mises en œuvre pour que le point de vue des paysans et paysannes soit respecté dans la transparence et la démocratie (www.maliagriculture.org) et (loa-mali.info).
La Loi d'Orientation Agricole a été adoptée le . De nombreuses réformes doivent suivre son adoption. Plusieurs actions de communication auront lieu pour faire connaître la LOA aux populations et aux partenaires du Mali.
Matières premières et énergies Or droite|vignette|alt=Mine d'or à ciel ouvert parcourue par de nombreux engins de chantier.|La mine de Yatela.
La première société de production d’or de Kalana a été mise en service en 1984. L’exploitation de nouveaux gisements à Loulo, Faboula, Misséni, Morila et Yatela a permis à l’industrie aurifère de prendre son essor dans les années 1990Site des Nations unies au Mali.
Le Mali est devenu le troisième producteur d’or en Afrique (derrière l’Afrique du Sud et le Ghana) avec une production de en 2002, production qui a doublé entre 2000 et 2002. En 2006, la production était de Rapport sur la situation économique et sociale du Mali en 2006 et les perspectives pour 2007, examiné en Conseil des ministres le 4 juillet 2007, Communiqué du Conseil des ministres. Entre 1997 et 2005, la production d’or a rapporté au Mali plus de de francs CFADirection nationale de la géologie et des mines (DNGM) cité par Malikounda 18/05/2005. L’or est la première exportation avec de francs CFA en 2006Comité de validation des statistiques du commerce extérieur cité dans, Commerce - de déficit en 2006, Les Échos, 31 juillet 2007. L’or représente 15 % du PIB et 70 % des recettes d’exportationDéclarations de Mamadou Diarra, ministre malien des Mines, de l'Énergie et de l'Eau à l’ouverture de la du Conseil économique social et culturel du Mali (CESC), cité dans L'or a rapporté de FCFA ces années au Mali, Pana, 3 février 2009.
Selon le ministère malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, les réserves d’or estimées à seraient épuisées en 2014. En 2007, il ne resterait que . Le gouvernement cherche à diversifier la production minière, notamment en mettant en valeur des ressources en pierres précieuses et semi-précieuses dans différentes régions maliennes, notamment à Daikon dans le cercle de Bafoulabé, Bougouni, Falémé, cercle de Kéniéba et dans le massif de l’Adrar des IfoghasLes réserves d'or pourraient s'épuiser dans 7 ans, panapress, 16 septembre 2007.