L’Observatoire linguistique ( ; ) est un organisme transnational de recherche linguistique, responsable du Registre de la Linguasphère et du site d'information linguasphere.info (voir ci-dessous). Ses premiers objectifs sont élaborés au Québec en 1983, à l'Université Lavalpendant le séjour à Québec de David Dalby, chercheur invité au Centre international de Recherches sur le bilinguisme à l'Université Laval en 1983, et à la suite de discussions au Centre impliquant et inspirées par les professeurs William Mackey, Jean-Denis Gendron et Lorne Laforge, et par Grant McConnell, directeur de recherche et des publications au Centre international de recherche en aménagement linguistique à Laval (voir les séries bilingues du Centre : Composition linguistiques des nations du monde et Les langues écrites du monde). , et l'Observatoire s’est par la suite établi et déclaré en Normandie en tant qu’association loi de 1901 à but non lucratifLa première cellule de recherche de l’Observatoire linguistique s’est établie à Cressenville en Haute-Normandie en décembre 1983. L’Association normande de l’Observatoire linguistique (« institut bilingue d’observation, de recherche et de publication au carrefour des langues, de l’éducation et des médias ») est créée le 5 février 1988, et ses statuts déposés le 8 février à la sous-préfecture des Andelys : voir le Journal officiel de la république française du 29 avril 1988, p.886., sous la présidence d’honneur de feu Léopold Sédar Senghor, poète de langue française et premier président du Sénégal.
L’Observatoire a pour fondateur et directeur actuel David Dalby, ancien directeur franco-britannique de l’International African Institute/Institut Africain International, émérite de l'université de Londres (School of Oriental and African Studies), et eut pour premier secrétaire de recherches Philippe Blanchet, poète de langue provençale et actuel professeur de sociolinguistique à l’Université Rennes-II. Entre 2010 et 2015, le directeur-adjoint de l’Observatoire et développeur de son site internet « linguasphere.info » est Pierrick le Feuvre, webmestre du site « ouiaubreton.com » de 2006 à 2010voir https://ouiaubreton.com pour la promotion de la langue bretonne, ainsi que http://daktu.plefeuvre.net, site d'information bilingue français-breton dont le Feuvre est cofondateur et développeur et du site « pacte des langues » en 2007voir http://pactedeslangues.plefeuvre.net. Le président du conseil de recherche de l'Observatoire linguistique est le géolinguiste Roland Breton, professeur émérite à Paris-VIII et l'auteur de l’Atlas des langues du monde et de l’Atlas des minorités linguistiques dans le mondeRoland Breton, Atlas des langues du monde, avec préface de Joshua A. Fishman, Éditions Autrement, Collection Atlas/Monde : Paris, 2003 ; suivi de Roland Breton, Atlas des minorités linguistiques dans le monde, Éditions Autrement, Collection Atlas/Monde : Paris, 2008 .
Les cellules de recherches de l’Observatoire se situent actuellement dans l’Union européenne, depuis 1996 dans le Carmarthenshire au Pays de Galles (précédemment à Cressenville dans le Vexin normand), et depuis à Paris (précédemment à Marseille). Leurs travaux de recherche sont bénévoles et aux buts scientifiques et éducatifs, sans intérêt commercial, sectaire ou politique.
Depuis sa créationÀ partir de cette création de « l’Observatoire linguistique » (Linguasphere Observatory) dans les années 1980, au moins onze « observatoires linguistiques » sont créées avec titres en français, en Europe, au Canada ou mondialement, dont (suivant l’ordre de création) : 2. « l’Observatoire linguistique de l’Office de la Langue et la Culture d’Alsace » (1994, Elsassisches Sprochàmt); 3. « l’Observatoire linguistique, observatoire des politiques linguistiques en Europe » (1996, Association de l’Observatoire linguistique, Besançon); 4. « l'Observatoire des pratiques linguistiques de la DGLFLF » (1999, Direction générale de la langue française et des langues de France); 5. « l’Observatoire des indicateurs stratégiques sur les langues et les cultures dans la société de l'information » (2003, Organisation internationale de la Francophonie dans le cadre des “trois espaces linguistiques” espagnole, portugaise et française); 6. « l’Observatoire “économie, langues, formation” » (2003, Université de Genève); 7. « l’Observatoire de linguistique Sens-texte, OLST » (2004, Université de Montréal); 8. « l’Observatoire européen du plurilinguisme » (2005, Assises européennes du plurilinguisme); 9. « l’Observatoire des pratiques linguistiques de l’Office de la langue bretonne » (2010, Ofis ar Brezhoneg); 10. « l’Observatoire international des droits linguistiques » (2010, Université de Moncton); 11. « l’Observatoire sur le multilinguisme » (ouvert en 2012, Réseau européen des instituts culturels nationaux), l'Observatoire linguistique est un organisme bilingue qui utilise ou le français ou l'anglais pour la présentation de ses travaux sur la « linguasphère » (voir ci-dessous) et sur les langues individuelles du monde. , il cherche le soutien matériel nécessaire pour la préparation et la publication de toutes ses informations en ligne dans un format bilingue (français et anglais), voire multilingue.
Le concept de la linguasphère
Depuis les années 1990, l’Observatoire linguistique explore le concept de la linguasphère « perçue comme une réalité fondamentale dans l’évolution de l’humanité et de la planète ». Selon l'Observatoire, « la linguasphère constitue le continuum planétaire des voix de l’humanité, englobant toutes les langues et tous les systèmes d’enregistrement et de communication parlée et écrite. En préservant et en transmettant l’héritage collectif du savoir humain, la linguasphère a permis à notre espèce de construire à travers les siècles un foyer de connaissances autour d'une planète plurilingue, sous le toit des langues entrelacées, des arts et des sciences sans frontières, des sports et du droit internationaux. L’achèvement d’une linguasphère orbitale au début du offre enfin à l’humanité tout entière les clefs de ce foyer commun.. »
Le « Registre de la Linguasphère »
Parmi les programmes de recherche de l'Observatoire, le plus important est son « Registre de la Linguasphère » (répertoire des langues et communautés linguistiques du monde), y compris le cadre et le codage de référence géolinguistique élaborés pour ce registre.
L’Observatoire linguistique a mis au point un système innovant de classification philologique, où toute langue naturelle, parlée ou écrite, trouve sa place à l’intérieur d’une table de référence globale, à l’aide d’un système de codage géolinguistique. Cette échelle de codage ou « linguascale » est composée d'un préfixe décimal de deux chiffres, suivi d'une série d'une jusqu'à six lettres (voir plus bas), afin d’enregistrer les strates de relations linguistiques ou le manque de relations évidentes parmi les langues individuelles.
Une première introduction aux travaux du Registre et de son échelle de codage, est présentée en Normandie en 1990 et publiée en Wallonie en 1992. Les principes de classification décrits dans cette étude restent constants, même si des raffinements terminologiques sont intervenus depuisDavid Dalby, Le répertoire des langues : théorie et pratique dans Philippe Blanchet (éd.), Diversité linguistique, idéologie et pluralisme démocratique, Cahiers de l'Institut linguistique de Louvain (CILL) 18, 1-2, 1992, pp.141-182 .
Le premier fascicule de l'éventuel Registre est également publiée en français, à Cressenville en 1993, consacrée aux langues de France et des pays et régions limitrophesDavid Dalby, Les Langues de France et des pays et régions limitrophes au (essai de classification des langues et parlers endogènes de France, des Iles anglo-normandes, de Belgique et du Luxembourg, ainsi que des régions limitrophes en Espagne, Italie, Suisse, Allemagne et aux Pays-Bas, précédé d'une introduction théorique et pratique), l'Observatoire linguistique en association avec le Centre international des industries de la langue et du développement (université Paris-X) avec l'appui de l'Agence de coopération culturelle et technique: Cressenville, 1993 .
Au Pays de Galles en 1999/2000, l’Observatoire Linguistique publie en anglais l'édition fondatrice du Linguasphere Register of the world's languages and speech communities (en français : le Registre Linguasphère des langues et communautés linguistiques du Monde) conçu et compilé par David Dalby, avec la participation de David Barrett et Michael MannDavid Dalby, The Linguasphere Register of the World's Languages and Speech Communities (foundation edition), avec préfaces de Colin Williams de l'Université de Cardiff (tome 1) et de Roland Breton (tome 2), Gwasg y Byd Iaith pour l'Observatoire linguistique : Hebron, Wales, 1999-2000 (tome 1, 300 pp.) & (tome 2, 743 p.) .
Des critiques de cet ouvrage ont été publiées en anglais par Edward J. Vajda dans la revue LanguageEdward J. Vajda dans Language (Linguistic Society of America), Vol.77, 3 (septembre 2001) pp.606-608 et par Anthony P. Grant dans le Journal of the Royal Anthropological SocietyAnthony P.Grant dans Journal of Royal Anthropological Society (juin 2003).
L’Observatoire présente actuellement en ligne une édition révisée du Registre de la Linguasphère, la première d’une série de mises à jour prévues tous les dix ans. L’édition actuelle (LSR1), qui comprend les textes de l’édition fondatrice de 2000, est publiée en ligne depuis 2011 à titre de ressource publique librement accessible, et de base de données en ligne, constituée et coordonnée par David Dalby et Pierrick le Feuvre. Les dispositions nécessaires sont prises pour permettre l’engagement par la même plateforme internet d’informations supplémentaires et enrichies, et une discussion ouverte, à l’aide de propositions et de critiques de la part des utilisateurs du site.
Le Cadre de référence du « Registre »
L'encadrement du « Registre de la Linguasphère » est fourni par un système de référence géolinguistique qui vise à recouvrir toutes les langues vivantes ou enregistrées du monde, tel que publié dans le « Linguasphere Register » en 1999/2000 et par la suite affiné. Ce système est construit autour de sa propre échelle de codage alphanumérique, la « linguascale », qui sert à situer chaque langue et chaque variété linguistique au sein de la totalité des langues écrites ou parlées du monde.
La Clef « Linguasphère » des secteurs et zones
La première composante de cette linguascale est la classification décimale évoquée plus haut, basée sur un préfixe de deux chiffres qui se rapporte à une des cent zones géolinguistiques appropriées, chiffrées de 00. jusqu'à 99.
Le premier des deux chiffres désigne l’un des dix secteurs référentiels entre lesquels les langues du monde sont classées d'abord. Le système de référence choisit parmi ces dix « secteurs », un total de cinq grandes familles ou phyla linguistiques. Ces cinq « phylosecteurs » ou aires d’affinité transcontinentale ou intercontinentale réunissent ensemble les langues maternelles de 85 % de l’humanité, suivant l'estimation de l’Observatoire dans sa publication de 1992.
Les langues isolées ou groupes de langues indépendants qui ne sont pas inclus dans les limites généralement reconnues de l’une des cinq grandes familles – y compris les langues dont l’appartenance est incertaine ou inconnue – sont renvoyées selon des critères géographiques à l’une de cinq « géosecteurs » ou aires de référence continentale.
Le « Registre Linguasphère » divise ainsi le monde en dix tiroirs conventionnels, ou secteurs de référence, à l’intérieur desquels chaque langue trouve sa place : dans l’une des cinq catégories linguistiques ou phylozones, ou dans l’une des cinq catégories géographiques pour les autres. Le premier chiffre de son code Linguasphère représente donc le secteur de référence de toute langue, de tout groupement de langues ou de toute variété linguistique.