La caraque ou nef est un grand navire de la fin du Moyen Âge. Mise au point à l'époque des Croisades en mer Méditerranée à partir du modèle de la cogue, elle-même issue du bateau viking (dit « drakkar »), elle est utilisée en mer du Nord et en mer Baltique. Un des premiers types de navires européens à pouvoir s'aventurer en haute mer, elle est utilisée, aux côtés de la caravelle, par les navigateurs à l'époque des grandes découvertes.
Description La caraque est caractérisée par une coque arrondie et deux châteaux, à l'avant et à l'arrière, permettant un gros emport de charge. C’est un vaisseau à trois ou quatre mâts, le mât d'artimon (à l’arrière) portant une voile latine et les autres des voiles carrées ; le quatrième mât, lorsqu’il existe, peut porter une voile latine ; le beaupré portait en outre une civadière et parfois une contre-civadière.
Étymologie En français, ce mot est attesté pour la première fois vers 1245 (Philippe de Novare, Mémoires) sous la forme karaque, avec le sens de « petit bateau sarrazin » ; en 1391 (Laborde, Comptes du roy), le mot carraque signifie « grand bateau à voiles »Site du CNRTL : étymologie de caraque (lire en ligne) .
Le mot caraque vient de l'italien carraca, en usage en particulier dans la marine génoiseFEW, t. 19. - 67., lui-même issu de l'arabe harrāqa « brulôt, barque », de haraq (حرق) « brûler ».
À la fin du Moyen Âge, nef est synonyme de caraque. Le mot nef est attesté dès le au sens de « navire » (cf. la Blanche-Nef) et est issu du latin navis « embarcation, bateau, vaisseau »Site du CNRTL : étymologie de nef (lire en ligne) « embarcation, bateau, vaisseau ». Du radical navi- dérivent aussi navigare, à l'origine des termes nager, naviguer ; navigatio > navigation ; navigator > navigateur, etc.
Origine et évolution thumb|upright|La caraque Sainte-Anne armée en 1522 à Villefranche, utilisée par les Chevaliers de Rhodes
Origine : la cogue La caraque dérive des cogues qui servaient au commerce et à la guerre en mer du Nord et dans la mer Baltique, en particulier dans les flottes des villes de la Hanse, depuis le .
Les cogues mesurent alors de longueur et de largeur, et portent deux mâts avec un total de six voiles carrées très efficaces par vent arrière. Ce sont des navires de construction robuste comme leurs ancêtres les bateaux vikings : une coque arrondie, dont le bordage est à clin, c’est-à-dire que les planches se recouvrent partiellement pour se renforcer.
Lors des croisades (), les cogues, devant traverser la Méditerranée, sont adaptées à un nouvel environnement. La construction navale, notamment italienne (Venise, Gênes), transforme l'architecture de la cogue, donnant naissance à la caraque.
Innovations de la caraque thumb|gauche|Gréement d'une caraque à trois mâts.
En ce qui concerne la voilure, le mât arrière (mât d'artimon) de la caraque est gréé avec une voile latine, adaptée à la navigation dans cette mer resserrée, où l'on est souvent obligé de remonter au vent. Mais, comme sur la cogue, les autres voiles sont carrées.
Un des changements les plus importants est l'apparition de mâts supplémentaires : les caraques sont dotées de trois, voire quatre mâts.
L'augmentation du nombre de mâts et de la surface de voilure permet une augmentation de la taille des navires, et à la fin du , on en arrive à des bateaux jaugeant parfois mille tonneaux.
thumb|240px|Chapelle Saint-Colomban de Carnac : vue intérieure, graffitis de la seconde moitié du représentant des caraques.
Usages militaires de la caraque
Comme la cogue, la caraque sert de façon indifférenciée au commerce ou à la guerre ; pour l'usage militaire, elle est pourvue de deux tours construites en bois directement sur le pont, qui permettent, comme leur équivalent terrestre, de surplomber l'adversaire, donnant l'avantage de la hauteur en particulier aux archers.
C'est sur ces navires qu'ont lieu les innovations qui révolutionnent la guerre sur mer, notamment l'usage de l'artillerie navale avec le sabord qui lui est associé. Les caraques représentent une bonne partie des flottes de guerre du .
Le déclin de la caraque () Les tours devinrent progressivement de plus en plus hautes, nuisant grandement à la stabilité du navire en l'alourdissant dans les hauts : c'est la cause notamment du naufrage du Vasa.
À la suite de l'apparition au , du galion, caractérisé par sa poupe carrée, beaucoup plus maniable, la caraque est abandonnée progressivement pour l'usage militaire.
Les dernières caraques construites sont dotées du bordage dit « à franc-bord », avec des planches jointives, renforcées de l'intérieur par les membrures.
Néanmoins, la flûte, plus adaptée pour le port de charge, finit par la supplanter pour le commerce au .
Caraques célèbres
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes
Caravelle Houlque (bateau)
Liens externes
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