Gaspard de Heu, né vers 1517Roger Mazauric, Le tragique destin d'un praticien messin : Gaspard de Heu, Académie nationale de Metz, 1978 en ligne et mort en au château de Vincennes, est un notable protestant de Metz, maître-échevin en 1542, puis en 1548Mémoires de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, La maison de Heu, Metz, 1860., seigneur de Buy, Ennery et Flévy.
Il est particulièrement connu pour avoir permis la prise de Metz par l'armée française en 1552, ce qui lui a valu un emprisonnement par l'empereur Charles Quint.
Par la suite, sans aucun lien avec l'affaire de Metz, il est emprisonné au château de Vincennes en raison de liens avec un projet de conjuration protestante, François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, 1775. et assassiné (exécuté sans procès) quelques mois plus tard.
Biographie Origines familiales Il est le fils de Nicolas de Heu et de Marguerite de Brandebourg. Le , il épouse Jeanne de Rognac, fille d'Antoine de Louvain, seigneur de Rognac en Tardenois et protestant de la première heure.
Il a deux fils Gaspard, Moyse et une fille Marguerite.
Le réformé La famille de Heu est majoritairement protestante et Gaspard invite Guillaume Farel a prêcher les idées de la Réforme. L'opposition des Treize, le conseil suprême de la République messine, lui interdisant l'accès de la ville, le prêche se déroule à Montigny-lès-Metz, le . Ce premier prêche se déroule sans incident. Le second, les 3 et voit l'opposition croitre entre le parti catholique, qui ferme les portes de la ville et empêche bourgeois et maitre-échevin de revenir coucher chez eux, et Gaspard de Heu, ceux-là arguant du fait que Metz appartient à l'évêque, celui-ci qu'elle est ville d'Empire.
Quelque temps plus tard, Gaspard de Heu s'absentant de la ville pour assister à une réunion de la ligue de Smalkalde fut « mis hors de paraige » (déposé de sa charge de maitre-échevin). On ne sait s'il fut rétabli dans sa position, toujours est-il que son échevinage se conclut, le , par une « trêve religieuse » où les protestants obtiennent que leur religion soit librement prêchée et que la chapelle de Saint-Nicolas leur soit attribuée. Lui succède Richard de Raigecourt.
La trêve religieuse est de courte durée : Michel de Gournay et Claude Baudoche recevant l'appui de l'empereur, le pasteur protestant, Watrin Dubois est expulsé en . Il est réélu maitre-échevin en 1548.
La trahison de 1552 C'est Gaspard de Heu qui, en 1552, lors du siège de la ville de Metz par les armées françaises, a ouvert — ou favorisé l’ouverture — des portes de la ville « impossible à défendre » aux Français.
Gaspard de Saulx, dans ses mémoires, relate ainsiL’orthographe a été modernisée. Op. cit. : Les Chroniques de la ville de Metz: 900-1552. la prise de la ville
Le roi Henri II étant notoirement antiprotestant, on ne peut que s’étonner de cette attitude de la part d’un magistrat très actif dans l’avancement de la Réforme.
C'est au cours du siège de Metz que Gaspard de Heu fait la connaissance de Jean du Barry. Ce dernier est depuis la mort de son grand-père, en 1548 ou 1549, seigneur de La Renaudie dans la paroisse de Saint-Front-la-Rivière, de Champagnac-de-Belair et Bois Ruffier en Bretagne. Il se convertit alors à la foi réformée. Gaspard de Heu le fait entrer dans sa famille en lui faisant épouser la sœur de sa femme, Marie-Guillemette de Louvain.
De fait, après le siège de Metz par les armées de Charles Quint, qui tentent en vain de reprendre la ville, il est arrêté au début de 1553 à Ennery par une patrouille qui l’emmène à Thionville, alors dans le duché de Luxembourg, possession de l'empereur, puis à Bruxelles où il est enfermé au château de Vilvorde.
En février, il est interrogé sur sa trahison de la cause impériale. Il se justifie ainsi :
Après trois années en prison, il est libéré, probablement à l’occasion de l’abdication de Charles Quint en tant que souverain des Pays-Bas, en 1556.
Arrestation et mort à Paris (1558) Il vient à Paris négocier avec Jacques de Savoie-Nemours un échange de seigneuries, Gaspard cédant les propriétés françaises de son épouse, Jeanne de Rognac, contre une terre dans le canton protestant de Neuchâtel, en Suisse.
Il est, depuis 1553, le beau-frère de Jean du Barry, qui a épousé Guillemette, la sœur de Jeanne de Louvain. Avec lui, Gaspard est actif pour défendre la cause de la Réforme et s'appuie sur la famille de Bourbon, à l'époque Antoine et surtout son épouse Jeanne d'Albret, reine de NavarreLa Navarre admettant la succession cognatique, Jeanne est la reine en titre et Antoine est roi consort. Leur fils Henri, futur roi de Navarre et roi de France, naît en 1553., très proche du calvinisme.
Martin Luther, informé des événements parisiens écrit à un correspondant :
Gaspard de Heu est arrêté en mars 1558 sur ordre du cardinal Charles de Lorraine (1524-1574), frère du duc François de Guise, et transféré au château de Vincennes.
Il y est assassiné le Une exécution secrète (1558).
Selon Jacques Auguste de Thou (1553-1617), c'est pour venger la mort de son beau-frère que Jean du Barry se place en 1560 à la tête de la conjuration d'Amboise, cause de sa propre mortin Montoy, L'Austrasie: revue du Nord-Est de la France, Volume 4.Esprit de Pays : J. F. Tronel, Jean du Barry, seigneur de La Renaudie,un conspirateur périgourdin, 2017.
Notes et références
Annexes Bibliographie
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Pierre-Marie Mercier, Les Heu, une famille patricienne de Metz (XIV-XVI siècle), thèse de l’université Paul-Verlaine de Metz, 2001, 689 p. .
Articles connexes Maison de Heu Hôtel de Heu
Liens externes
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