La wilaya de Laghouat ( ), ( ), est une wilaya algérienne ayant pour chef-lieu la ville du même nom.

Située au centre du pays à au sud de la capitale Alger, la wilaya s'étend sur km². Région pastorale de l'Algérie, elle possède également le plus grand gisement de gaz naturel d'Afrique avec une réserve estimée à plusieurs milliards de mètres cubes.

Géographie

Située à plus de d'altitude sur les Hauts Plateaux, la wilaya de Laghouat est traversée par la chaîne de l'Atlas saharien avec des sommets qui dépassent les 2 000 mètres ("Djebel Amour" 2 200 mètres).

Elle est délimitée :

Dans le cadre du Schéma régional d'aménagement du territoire, la wilaya fait partie du groupe Hauts Plateaux Centre, composé des trois wilayas de Djelfa, M'Sila et Laghouat.

Le relief La wilaya se distingue par deux zones distinctes:

1- La zone de l'Atlas saharien est caractérisée par des altitudes allant de à et des pentes de 12,5 à 25 %. Cette zone au nord-ouest de la wilaya (régions d'Aflou et Brida). Elle est constituée de vieux massifs forestiers d'une superficie de 47 095 ha, de nappes alfatières couvrant une superficie de 315 125 ha ainsi que de pacages et parcours d'une superficie de 1 531 766 ha.

La population ayant un âge inférieur à 15 ans représente 34 % du total de la population.

2- La zone des Hauts Plateaux et de Plateaux sahariens, caractérisée par des altitudes allant de 700 à 1 000 m et des pentes de 0 à 3 %.

Cette zone est constituée de vastes étendues steppiques d'une superficie de dont une grande partie a été dégradée sous l'effet des sécheresses prolongées.

Climat Découlant du relief, le climat est de type continental au Nord-Ouest avec une pluviométrie variant de 300 à , des chutes de neige et des gelées blanches.

Dans la région des Hauts Plateaux, le climat est de type saharien et aride. La pluviométrie varie entre au Centre et au Sud. Les hivers sont caractérisés par des gelées blanches et les étés par une forte chaleur accompagnée de vents de sable.

Histoire

Préhistoire Le peuplement primitif de la région était constitué de Gétules (Berbères du sud).

Beaucoup de vestiges et de sites historiques témoignent de la présence d’une population de sédentaires autochtones qu’on appellera, plus tard "Berbères", qui s’étaient concentrés au niveau des deux rives du plus important oued de la région, l’Oued M’zi.

La communauté locale alors composée dans sa majorité de tribus berbères appartenant au groupe Maghraouas. Les gravures rupestres et tumuli attestent de foyers d’une vie préhistorique qui s’étendait sur presque l’ensemble de la wilaya.

Époque médiévale

Avec l’arrivée des Arabes dans la région par vagues successives, à partir de 653 jusqu’à celle des Banu Hilal, au qui ont marqué leur présence à travers des lieux en leur donnant des noms de leurs Chefs, tels : Ain Madhi, Maghrane, Messaad, Morra ainsi qu’à des tribus, telles Ouled Ghanem, Oulad Dhiab, Ouled Yakoub. Ceci, entraîna l'arabisation de la région.

La première personnalité qui s’est illustrée dans l’histoire de la région est El Kheir Mohamed, dit ben Khasar Ezzenati, sorte d’émir de la région qui vivant à Laghouat, dont le père Mohammed, était l’un des rois de Maghraoua. Celui-ci a participé d’une manière effective à l’émergence de la dynastie des Fatimides.

À l’époque des Zianides et au moment où ceux–ci étaient en difficulté face à leurs ennemis, les Mérinides, la région de Laghouat leur servait de refuge.

Époque ottomane En 1548 Laghouat était comprise dans le Beylik du Titteri organisé par Hassan, fils de Khair-Eddine. En 1785, elle fut comprise dans le Beylik de l’Ouest à l’époque du Bey Mohamed El –Kebir. En 1789 ; elle fut organisée au sein du Beylik de d’Est avec Salah- Bey.

Époque coloniale française Laghouat, autour de laquelle gravitaient de nombreux ksour, était une ville fortifiée avant le colonialisme français. Au début de la colonisation en 1834, les citoyens de la région s'insurgent sous la direction de Moussa Ben Hassan, avec l’objectif de libérer l’Algérie du joug colonial. Moussa Ben Hassan meurt lors de la bataille de Zaatcha, avec d’autres compagnons de Laghouat en novembre 1849. Sous les ordres du général Guillaume Stanislas Marey-Monge, les troupes de l'armée d'Afrique envahirent la région en 1852. Après un siège, les Français occupent la ville.

La première bataille pour Laghouat a eu lieu à Ras-El-Ayoune (entrée nord de la ville), au cours de laquelle l’armée française subit de lourdes pertes, amenant le Général Youssouf à demander des renforts. De 1500, le nombre de soldats français passe à 6000 sous le commandement du général Aimable Pélissier. L’assaut final est lancé contre la ville, le .

La population de la ville, sous les ordres de Benaceur Ben Chohra et Cherif Ben Abdellah, livre une résistance farouche. La ville de Laghouat tombe le . Les chefs de l'insurrection: Benaceur Benchohra, Yahia Ben Maamar et Telli Ben Lakehel s’échappèrent à la faveur de la nuit, poursuivant leur lutte avec d’autres chefs de la résistance comme Bouchoucha, originaire de la région.

La chute de Laghouat, après la mort de 2500 combattants et habitants provoque un grand retentissement et fit dire au général Mangin que les français venaient de conquérir un autre Alger au Sud.

thumb|Laghouat au Sahara Algérien (1879)

Pour autant, les insurrections persistent, ce qui a fait dire au Colonel Jean-Auguste Margueritte en 1864, gouverneur et reconstructeur de Laghouat, « un certain malaise pèse sur le peuple arabe depuis deux ou trois ans. L’autorité, divisée, a démontré dans ces luttes nos faiblesses au peuple arabe et s’est dépouillée ainsi de son prestige. »

Guerre d'Algérie Avec le début de et l’émergence du mouvement national et de la lutte politique, les habitants de la région de Laghouat ont continué à faire preuve de militantisme contre l’occupant à travers leur structuration dans différents partis politiques nationaux.

Dès le déclenchement de la Guerre d'Algérie, le , beaucoup d'habitants avaient rejoint les premiers maquis tels : Mebtout Atallah, qui avait rejoint les Aurès, le Commandant Telidji Omar qui avait formé un grand nombre de techniciens en transmissions à Oujda au Maroc. En 1956, l’insurrection a embrasé toute la région de Laghouat qui a vécu, durant toute cette guerre, plusieurs grandes batailles, des accrochages et des opérations militaires. Les plus célèbres batailles sont : Khoutaifa, Chouabires –Samma, Kabeg.

Les faits d'armes les plus marquants ont eu pour théâtre les monts d’El Gaada, l’une des plus importantes citadelles de la Guerre d'Algérie appelée aussi le deuxième Aurès. La région a connu également le passage de plusieurs grandes figures historique de l'indépendance algérienne, telles que Houari Boumédiène, Benali Boudghène alias le colonel Lotfi, ou Abdelghani.

Parmi les morts les plus célèbres de la région, il y a les frères Regue au nombre de sept dont le lieutenant Regue el Hadj, morts au combat en 1958 à El Gaada. on peut citer d'autres combattants de la région tels que: Si Ameur, Si Mounir, Si Lahcene Bouakkae Abdelatif, Toufik, Sadek Talbi, M’hamed Bensalem. La région compte des centaines de combattants morts au combat. D'autres ont pris des commandements dans les structures de l'ALN comme Taouti Ahmed dit Si Chaabane, l’un des chefs de la Wilaya V, mort au combat en 1956, comme les officiers Gourine Mohamed et Mahboubi El Hadj, ralliés à la Wilaya III. En France, les citoyens de Laghouat étaient représentés par Chenaf Ahmed, l’un des dirigeants de la Fédération du F.L.N en France.

Le , Jacques Soustelle, ministre français délégué auprès du Premier ministre (Michel Debré), chargé du Sahara, des TOM, DOM et de l'Énergie atomique, annonce l'installation à Ouargla de la préfecture du département des Oasis, en représailles de l'accueil froid qui lui avait été réservé par les Laghouatis lors de sa visite le précédent en 1959.

Administration et territoire

En 1974, lors du découpage administratif, Laghouat retrouve son statut de chef-lieu de wilayaSite officiel de la wilaya de Laghouat. Depuis le découpage administratif de 1984, elle compte dix Daïras et 24 communes.

Walis

Le poste de wali de la wilaya de Laghouat a été occupé par plusieurs personnalités politiques nationales depuis sa création le par l'ordonnance qui réorganise le territoire algérien en portant le nombre de wilayas de quinze à trente et une.

+Walis dans la wilaya de Laghouat.N°WaliDébutFin1Mustapha Benzazajournal officiel du 10 avril 1979, site gazettes.africa, consulté le 14 octobre 2022.2Mohamed Semmache3Abdelwahab Guedmanihttp://www.joradp.dz/FTP/Jo-Francais/1983/F1983042.pdf4Salah BrahimiJournal officiel du 19 juin 1984, site joradp.dz, consulté le 16 octobre 2022.5Abdellatif Bessaïh6Abdelkader Benayada7Abdelmalek Sellal8El-Hachemi DjiarDécret présidentiel du 21 août 1991 portant nomination de walis (journal officiel du 4 septembre 1991), site joradp.dz, consulté le 26 février 2023.9Youcef Benoudjit10Djamel Djaghroud11Mostéfa Kouadri Mostéfaïhttp://www.joradp.dz/FTP/Jo-Francais/1995/F1995049.pdf12Hassan Hamadache13Abdelkader Farsihttp://www.joradp.dz/JO2000/2001/052/FP11.pdf14Azzedine Mecherihttp://www.joradp.dz/jo2000/2006/019/FP6.pdf15Ahmed Adli16Youcef Cherfa17Mohamed Ferdi18َAhmed Meguellati19Abdelkader Baradai20Fodhil DouifiLe Président Tebboune opère un vaste mouvement dans le corps des walis et walis délégués, site aps.dz, 14 septembre 2022.21Mohamed BenmalekLe président de la République opère un mouvement partiel dans le corps des walis et walis délégués , site aps.dz, 27 octobre 2025. en cours

Daïras La wilaya de Laghouat comprend 12 communes, réparties sur cinq daïras (circonscriptions administratives).

Communes La wilaya compte 12 communes :

Codes postaux

Démographie En 2010, le dénombrement de la population de la wilaya était de habitants, ce qui représentait une densité de 20 habitants par km².

La population ayant un âge inférieur à 15 ans représentant 34 % du total de la population, constitue dans les années à venir une importante ressource humaine.

Éducation et formation

La wilaya compte 210 établissements primaires exploitant 1 439 salles de classe pour un effectif de 47 505 élèves.

Elle dispose de 72 établissements moyens utilisant 969 salles de classe. Les élèves sont au nombre de 39742.

La wilaya dispose de 30 établissements d’enseignement secondaire et une annexe utilisant 435 salles de classe reparties entre 16 communes. L'effectif des élèves est de 15 998.

La wilaya de Laghouat est dotée d'une Université pluridisciplinaire depuis le en vertu du décret , qui regroupe à cette date trois facultés : Sciences et sciences de ingénierie, Droit et sciences sociales, Sciences économiques et sciences de gestion. L'université rassemble : étudiants en graduation et 376 étudiants en post-graduation ; 617 enseignants permanents ; 34 enseignants associés ; 267 enseignants vacataires ; possédant une infrastructure pédagogique de base de places réparties pour les trois facultés.

Le secteur de la formation professionnelle dispose d'un institut national de formation professionnelle (INSFP) localisé à Laghouat et 7 CFPA et cinq annexes sont localisées à travers les communes : Laghouat, Aflou, G.Sidi Saad, Ksar El Hirane.

Ressources hydriques

La wilaya est arrosée par une dizaine d'oueds: Oued Morra, Oued Touil, Oued M'zi, Oued Messaad, Oued nessaa, Oued Zargoune, Oued M'haigane, Oued Zegrir.

Elle comprend les barrages suivants: Barrage de Seklafa. Barrage de Tadjmout.

Santé La wilaya de Laghouat compte deux hôpitaux totalisant 565 lits situés au niveau des deux centres urbains Laghouat et Aflou ; soit une moyenne de 1,08 lits pour , et sept EPSP situés à travers les communes de Laghouat, Ksar Hirane, Hassi Delaa, Ain Madhi, Aflou, G.Sidi Saad, et Brida).

Les différents secteurs sanitaires (établissements hospitaliers) se composent de : 29 polycliniques ; 52 salles de soins ; 1 hôpital pour habitants ;