Le louis (consulté le 5 juin 2016). (consulté le 5 juin 2016).. est la dénomination courante de la monnaie d'or française frappée de 1640 à 1792. Par la suite, la pièce de vingt francs fut appelée « louis » ou « napoléon ».

Le louis est désigné du nom de Louis (-), le roi de France et de Navarre qui, le premier, fit frapper cette monnaie.

Création 500px|droite

C'est en 1640 que , par l'entremise de Claude de Bullion, décide de réformer le système monétaire français, pour stabiliser la monnaie, restaurer la confiance en celle-ciDéclaration… portant que toutes les espèces d'or et d'argent de poids qui ont à présent cours, seront exposées en la manière accoustumée, comme aussi l'or et l'argent au marc ; le tout, suivant le dernier règlement du mois de septembre 1641, avec défenses d'y apporter aucune difficulté, sur les peines y mentionnées, imprimé à Paris, par Sébastien Cramoisy, le , sur Gallica., rivaliser avec les monnaies espagnoles comme le doublon ou la pistole, fournir du numéraire pour faciliter les paiements alors largement réglés en billets à ordre ou cessions de créances et enfin encourager les premiers placements refugesGeorges Valance, Histoire du franc, 1360-2002, Flammarion, 1998, .

Avant cette date, la France possédait comme monnaie d'or l'écu d'or. L'écu d'or frappé sous pèse et équivaut à cette époque à (LT) et , soit , selon le système de comptabilité monétaire livre/sol/denier ( = = ), qui va rester en vigueur jusqu'en 1795. La livre équivaut à un peu plus de d'or pur. Des écus d'argent sont aussi frappés et sont appelés « écus de ».

La création du louis d'or est décidée par la déclaration donnée à Saint-Germain-en-Laye le , .. : il pèse , soit la valeur de deux écus d'or, donc et .

Sur le plan comptable, on exprime de grosses sommes désormais en louis et en livres. Par exemple, un tableau acheté en 1645 équivaut à environ . Le louis ne remplace pas l'ancien système ; il le complète et surtout le détache des aléas du cours de la livre par rapport aux autres monnaies européennes : par une série de réformations, le roi peut décider qu'un louis vaut plus ou moins tant de livres et c'est tout l'intérêt de cette réforme. Par conséquent, le louis d'or institue une forme de placement refuge qui tiendra jusqu'à la Révolution françaiseGeorges Valance, Histoire du franc, 1360-2002, Paris, Champs Flammarion, 1998, ..

Fabrication Depuis Henri II, la « frappe au balancier » concurrence peu à peu celle « au marteau », elle permet de fabriquer des monnaies avec une grande précision et à meilleur rythme ; c'est le cardinal de Richelieu qui initie et fait, grâce à Jean Warin puis, par le biais du fils de ce dernier, François, avec le « balancier à vis Delaunay », que cette technique s'imposera dans tous les ateliers du royaumeBéatrice Coullaré, « Aux sources des collections patrimoniales de la Monnaie de Paris », dans Artefact, 8 2018, mis en ligne le 21 juin 2019 (consulté le 18 avril 2020)..

Cinq pièces courantes sortent des ateliers : le demi-louis, le louis, le double louis, le quadruple louis et le dix louis. À côté de ces pièces courantes est fabriquée, à un petit nombre d'exemplaires, une série de monnaies de grand module, respectivement de huit, seize et vingt louis. La pièce de "vingt louis", au poids de dix louis tels qu'on les définit depuis 1689, reste la plus grande et la plus lourde monnaie d'or française jamais frappée en France et pesait 67,52 gBnF, Département des monnaies, médailles et antiques, Beistegui 304 RC-A-57802/RC-A-57803.. Ces pièces de plaisir et de prestige, destinées à servir de cadeaux et à prouver le savoir-faire de la Monnaie de Paris, n'ont pas circulé. Elles sont également l'œuvre du graveur général des monnaies originaire de Liège, Jean Warin..

Modules courants Les valeurs en livres ont été ici arrondies, en réalité elles n'étaient en rien décimales : le demi-louis, valant 5 livres tournois (LT) ou 100 sols, avec un diamètre de et un poids de 2 deniers et , soit Louis XIII le juste Demi-Louis d'or à la mèche mi-longue 1640. ; le louis d’or, valant 10 LT, avec un diamètre de et un poids de et , soit ; le double louis d’or, valant 20 LT, avec un diamètre de et un poids de 10 deniers et 12 grains, soit Louis XIII le juste double Louis d'or à la mèche longue, à deux rubans. ; le quadruple louis d’or, soit 40 LT, avec un diamètre de et un poids de 26,88 g ; le 10 louis d'or, soit 100 LT, avec un diamètre de et un poids de L'une de ces pièces a été vendue en 2012 pour , ce qui en fait la pièce française la plus chère du marché, « La plus grosse pièce d'or française », sur sacra-moneta.com..

Évolution de la valeur légale du louis (1640-1785) Le tableau ci-dessous montre combien de louis d'or sont produits — taillés — dans une masse de métal d'or fin appelée « marc de Paris », lequel équivaut à 244,80 g. Ce nombre évolue en fonction des édits royaux. Les variations, sensibles, sont fonction des pénuries de métal et donc de la situation économique et politique du royaume.

Année Taille au marc Poids (en g) Cours légal(en livres tournois) 36 ¼ 6,752 11 ½ 30 8,16 19 (guerre) 40 6,12 29 (système de Law) 25 9,79 52 (dévaluation) 37 ½ 6,53 26 (réformation) 30 8,16 23 32 7,65 24 (réforme)

Exemple de coût de fabrication (1783) En 1783, le coût de la fabrication d'une pièce est estimé à 2,1 % d'or :

Les différents types (1610-1643)

Frappé en 1641, ce louis présente les caractéristiques suivantes :

avers : la tête laurée du roi tournée à droite, avec la légende suivante en latin : LVD XIII DG - FR ET NAV REX, (LVDOVICVS XIII DEI GRATIA FRANCIAE ET NAVARRAE REX), c'est-à-dire « Louis XIII, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu » ; revers : le monogramme : croix formée de 4 doubles L surmontés de couronnes et séparés par des fleurs de lys, la lettre de l'atelier dans un cercle en cœur. La légende latine CHRS REGN VINC IMP, (CHRISTVS REGNAT VINCIT IMPERAT), c'est-à-dire « Le Christ règne, vainc et commande » ; maître graveur : Jean Warin.

(1643-1715)

Frappé en 1669, et communément appelé louis « aux huit L », il présente les caractéristiques suivantes :

avers : la tête laurée du roi tournée à droite, avec la légende suivante en latin : LVD XIIII DG - FR ET NAV REX, c'est-à-dire « Louis XIV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu » ; revers : le monogramme à la croix formée de quatre doubles L surmontés de couronnes et séparés par des fleurs de lys, la lettre de l'atelier dans un cercle en cœur. La légende CHRS REGN VINC IMP, c'est-à-dire « Le Christ règne, vainc et commande ».

Il existe d'autres types : « jeune à la mèche longue », « à l'écu », « vieux aux 4 L »

(1715-1774)

Frappé en 1726, et communément appelé louis « aux lunettes », il présente les caractéristiques suivantes :

avers : la tête du roi tournée à gauche, avec la légende suivante en latin : LUD XV DG - FR ET NAV REX, c'est-à-dire « Louis XV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu » ; revers : le monogramme : écus ovales inclinés de France et de Navarre surmontés d'une couronne, la lettre de l'atelier étant reprise dans la partie inférieure. La légende CHRS REGN VINC IMPER, c'est-à-dire « Le Christ règne, vainc et commande » ; maître graveur : Norbert Roettiers.

Autres types : « au soleil » (1715), « aux insignes » (1716), « de Noailles » (1717), « à la croix de Malte » (1718-19), « aux deux L » (1720-23), « mirliton » (1723-25), « au buste habillé » (1734), « au bandeau » (1769) et « à la vieille tête » (1771).

Le type mirliton est émis en 1723, rapidement refrappé pour modifier son revers et retiré en 1726.

(1774-1793)

Issu de la réforme de 1785 décidée par Charles-Alexandre de Calonne, ce type fut frappé jusqu'en 1792.

Avers : LUD.XVI. D. G. FR ET NAV. REX (Louis XVI Par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre) + marque d'atelier sous le buste. Revers : CHRS REGN VINC IMPER (Le Christ règne, vainc et commande) + millésime.

Autre types : « aux palmes » (1774) et gravé par Duvivier, « au buste habillé » (1774-85), « à la corne » (Strasbourg, 1786).

Pérennité vignette|« Louis » constitutionnel de République Françoise, 1793, pesant , gravé par Augustin Dupré.

Fin 1792, le louis de 24 livres pesant 7,649 g d'or à l'effigie de Louis XVI fut remplacé par le type « Au génie » gravé par Augustin Dupré, comportant des mentions constitutionnelles et surtout, une valeur faciale (ce qui n'était pas le cas sous l'Ancien Régime).

À la suite du changement monétaire, de la décimalisation et de l'émission des premiers francs germinal, une pièce de pesant d'or, revêtit le portrait de Bonaparte premier consul, futur Napoléon empereur. Ce module « » or à (soit d'or fin) fut en vigueur de 1801 à 1914. Le terme « napoléon » entra alors en concurrence avec celui de « louis ». Le dernier sera frappé en 1914 avec au droit un coq et au revers une effigie de Marianne.

Il existe une quantité de refrappes modernes du module ainsi que de la pièce de au coq. En 1936, une pièce de en or pesant fut frappée mais jamais ne circula.

Avec l'Union latine signée en 1865, d'autres pays européens frappèrent des pièces d'or au module et poids identique à celui de la pièce française de . Dans le langage courant, ces pièces sont improprement appelées « louis d'or ».

En numismatique, on appelle « louis d'or » stricto sensu les pièces d'or françaises fabriquées entre 1640 et 1792.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Frédéric d'or Luigino Napoléon (pièce de monnaie) Système monétaire du royaume de France Glossaire de la numismatique

Liens externes

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