Saint-Laurent est un arrondissement de la ville de Montréal, au Québec (Canada). Il est le plus grand des arrondissement montréalais quant à sa superficie, et compte plus de en 2021. Comme la plupart des quartiers de Montréal, Saint-Laurent est multiculturel.

D'abord un village agricole, la desserte par train et par tramway catalyse son développement en tant que ville industrielle et résidentielle. Les centres de distribution, l'industrie aéronautique et la haute technologie fournissent au la plupart des emplois.

Toponymie Il est nommé en l'honneur de Laurent de Rome.

Géographie

Limites administratives L'arrondissement de Saint-Laurent est situé au nord de l'île de Montréal. Il est bordé au nord par le quartier Cartierville, à l'est par le quartier Bordeaux, au sud par la ville de Mont-Royal et à l'ouest par la ville de Dorval ainsi que par l'arrondissement de Lachine.

Arrondissements et municipalités limitrophes

Quartiers de référence Q55 Q56 Q57 Q58 Bois-Franc Q59

Quartiers sociologiques Chameran-Lebeau

Géographie humaine

Démographie La population de Saint-Laurent a connu une croissance continue depuis sa fondation. Cependant, la vitesse de cette croissance a connu d'importantes variations. Ainsi, si la population a été multipliée par trois entre 1941 et 1951 puis encore par deux durant la décennie suivante, sa croissance a ensuite ralentie fortement pour s’établir à en moyenne par décennies entre 1971 et 2001. L'arrondissement atteint le cap des 100 000 habitants entre 2016 et 2021.

Langues Saint-Laurent est un environnement multiculturel ( de la population est immigrée) et multilingue ( de la population déclare pouvoir entretenir une conversation en français et en anglais). Son visage sociodémographique ne cesse de changer, vu qu'il constitue un quartier privilégié pour les nouveaux arrivants. Le Liban était, en 2016, le pays d'origine le plus représenté avec des immigrants, devant la Chine () et le Maroc ().

En 1976, les anglophones composaient plus de la moitié de la population laurentienne. Depuis, leur part a décru au profit des francophones et des allophones. +Langue(s) parlée(s) le plus souvent à la maison dans l'arrondissement de Saint-Laurent (2016)Langue(s)Locuteurs%Français32Anglais22Multiples13Arabe9Langues chinoises6Espagnol2Grec2Autres14

Religions En 1986, les Laurentiens de religion chrétienne et juive représentaient respectivement et de la population. Un quart de siècle plus tard, ces ratios ont changé, notamment avec l’établissement d'immigrants de religion musulmane. +Religions dans l'arrondissement de Saint-Laurent (2011)ReligionPratiquants%Chrétienne55Musulmane17Juive7Bouddhiste4Hindoue3AutresAucune13

Économie vignette|Le Centre Air Canada, siège d'Air Canada.|alt= En termes de superficie, avec 42,8 kilomètres carrés, l’arrondissement de Saint-Laurent est le plus grand arrondissement de l’île de Montréal. Il contient le deuxième plus grand parc industriel au Québec, dont le développement a été favorisé par la proximité des voies autoroutières, dont l'autoroute 40 (la Métropolitaine), l'autoroute 520 (autoroute Côte-de-Liesse), l'autoroute 15 (autoroute des Laurentides) et l'autoroute 13 (autoroute Chomedey), ainsi que de l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal.

En 2011, la fabrication était le secteur économique le plus important de Saint-Laurent avec des emplois.

Considéré comme un pôle de l’aéronautique au Québec, Saint-Laurent abrite le siège de CAE depuis 1953 et l'usine Canadair de Bombardier Aéronautique, qui produit des composants pour les avions d'affaires Challenger et Global, et les avions régionaux CRJ et Q400..

L'industrie pharmaceutique est aussi présente, notamment avec l'usine de Pfizer, au centre de l'arrondissement depuis 1942, qui emploie ... Cette industrie s'est fortement développée à partir des années 1940, avant de connaître un déclin depuis la crise de 2007..

Développement durable Saint-Laurent a participé à l'adoption de politiques vertes par la ville de Montréal. Depuis 2009, toute nouvelle construction municipale de plus de doit au moins obtenir une certification LEED Or, et toute rénovation majeure doit être faite selon les critères LEED Argent. En 2009, seulement quelques villes en Amérique du Nord avaient pour standard la certification LEED Or.

En 2017, la mairie annonce que Saint-Laurent deviendra le premier arrondissement montréalais ami des papillons monarques.

Diverses phytotechnologies sont mises en œuvre dans l'arrondissement :

Pour réduire les îlots de chaleur, une réglementation exige le remplacement du revêtement des toits plats ou à faible pente. Désormais, ils sont végétalisés ou recouverts d’un matériau pâle. Des toitures végétalisés recouvrent les ateliers municipaux, le chalet du parc Painter et la bibliothèque du Boisé. Le ruisseau Bertrand est réaménagé afin de réduire les rejets d’eaux pluviales à l’intercepteur municipal. Lors de la réfection des routes, des infrastructures de biorétention sont intégrés: au lieu de s’écouler dans les égouts, les eaux pluviales sont plutôt absorbées et décontaminées par le sol et les plantes.

Architecture vignette|La bibliothèque du Boisé.|alt= En , le Conseil du bâtiment durable du Canada et SAB Magazine ont attribué à la Bibliothèque du Boisé l'un des huit prix canadiens du bâtiment durable 2014. En , la bibliothèque du Boisé était finaliste des prix Phénix de l'Environnement 2014..

La Bibliothèque du Boisé a remporté le Prix du bâtiment écologique 2017., décerné par l’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC) et le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa). Ce prix reconnaît les bâtiments exceptionnels favorisant la santé et le bien-être des utilisateurs.

Histoire L'histoire de Saint-Laurent commence au milieu du avec le défrichement des terres concédées par Maisonneuve, premier gouverneur de Montréal, puis par les Sulpiciens, seigneurs de l’île de Montréal, à Jean Descaries. Ses trois fils sont les premiers colons à s'installer sur les terres de la Côte Saint-Laurent en 1687. Après que la paix ait été signée avec les Iroquois en 1701, 19 autres colons les rejoignent sur les terres que leur concèdent les Sulpiciens et construisent une chapelle l’année suivante.

Saint-Laurent, la paroisse Le , la paroisse de Saint-Laurent est érigée. Le , son territoire est défini, il compte alors 29 habitations éparses. Le , une nouvelle église est érigée à côté du croisement de la montée Saint-Laurent (futur boulevard Sainte-Croix) et du chemin de la Côte-Vertu. Son emplacement central dans la paroisse, à mi-chemin entre la Côte Saint-Laurent et la Côte Notre-Dame, qui facilite l'accès aux fidèles, va devenir le cœur d'un village. En effet, c'est le long de la montée Saint-Laurent, axe reliant Ville-Marie à la Rive-Nord, que se développent les premiers commerces, notamment auberges, forgerons et maréchaux-ferrants, pour servir les voyageurs. vignette|Le territoire de la paroisse de Saint Laurent (1879).|alt=|gauche En 1740, toutes les terres administrées par les Sulpiciens ont été concédées à des colons. 162 familles y habitent en 1765. Après la Conquête, Saint-Laurent ne connaît pas d'exode de population et des familles écossaises viennent s'ajouter aux canadiennes françaises. En 1825, la paroisse est la plus peuplée sur l'Île de Montréal en dehors de celles de la ville de Montréal. C'est alors un village agricole, les cultures maraîchères étant la spécialité de l'endroit.

En 1837, l’église de Saint-Laurent, endommagée par la foudre en 1806, est reconstruite. Le de la même année, Louis-Joseph Papineau y prononce l'un des discours les plus importants de sa carrière devant ses partisans rassemblés sur le parvis... une assemblée nombreuse et très respectable des électeurs du comté de Montréal fut tenue lundi, le 15 mai 1837, à St. Laurent, chef-lieu, pour prendre en considération les mesures coercitives proposées par le ministère à la chambre des communes le 6 mars dernier, et pour aviser aux moyens de protéger les droits et les libertés du peuple de cette province contre l'agression projetée (). vignette|Le Collège de Saint-Laurent et, en arrière, l’église après sa reconstruction (1862). L'arrivée des Pères de Sainte-Croix, en 1847, amorce la croissance du village. Ils y bâtissent, autour de l’église, leur maison-mère canadienne puis, en 1852, un établissement d'enseignement : l’Académie industrielle. La réputation prestigieuse de cette école bilingue, qui prend le nom de Collège de Saint-Laurent, va faire celle du village.

En 1885, l’arrivée du chemin de fer du Grand Tronc entre Saint-Laurent et Montréal attire de nouvelles industriesStéphane Batigne, Adrice et Clara, Éditions Mille et une vies, Montréal, 2009, . Elles viennent compléter l'exploitation des carrières qui était, depuis 1860, l'industrie principale.

Saint-Laurent, la ville Le , le centre de la paroisse, urbanisé, obtient le statut de ville. On y compte alors pour . Durant le , la paroisse est amputée successivement de plusieurs territoires, qui deviendront Ville Mont-Royal, Cartierville, ainsi qu'une partie de Dorval. La ville de Saint-Laurent et la paroisse de Saint-Laurent coexisteront jusqu'en 1954 et l'annexion complète de cette dernière..vignette|L’aéroport de Cartierville, à ville Saint-Laurent (1929).En 1896, le tramway de la Montreal Park and Island Railway Company rejoint Saint-Laurent le long de la Grande-Allée-de-Florence (actuel boulevard Décarie). La même année, sous l'impulsion du maire et promoteur Édouard Gohier, la ville adopte un plan d'urbanisme qui regroupe les secteurs d’activités, sur le modèle City Beautiful. Pour attirer les familles montréalaises à la campagne, l'implantation de certaines industries polluantes (abattoirs, distilleries, usines à gaz) est prohibée et le territoire municipal est découpé en parcelles profondes que limitent de larges rues arborées.

La ville se modernise avec l’arrivée de l’éclairage électrique en 1900 puis d'un système d’aqueduc complet l’année suivante. Un hôtel de ville, qui fait aussi office de caserne de pompiers, est construit en 1912 sur l'emplacement de l'actuelle bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent. Dix ans plus tard, c'est au tour d'un hôpital d'ouvrir ses portes.

Le , la ligne Deux-Montagnes de la Canadian Northern Railway, première ligne ferroviaire électrifié du Canada, relie directement Saint-Laurent au centre-ville de Montréal. Trois gares sont construites sur le territoire communal : Vertu (renommée Montpellier), Monkland et Lazard (renommée Val-Royal puis Bois-Franc), le terminus...