Le château des ducs de Savoie ou château de Chambéry est un ancien château fort, du , qui se dresse sur la commune française de Chambéry dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Modifié plusieurs fois depuis le , il a conservé depuis cette date une vocation administrative. La chapelle du château abrita, de 1502 à 1578, le Saint-Suaire. Dans son clocher, est installé actuellement un grand carillon dit de « Saint-François de Sales » composé de , œuvre de la fonderie Paccard à SévrierEn 1984, il était le quatrième plus grand carillon au monde et le premier d'Europe, Dictionnaire le "Petit Larousse illustré", éd. Larousse, 1984, , .. Un concert a lieu les premier et troisième samedis de chaque mois à .

Le château abrite aujourd'hui les services de la préfecture de la Savoie, du conseil départemental de la Savoie et de l'Académie de Savoie.

Au titre des monuments historiques : l'ancien château des ducs de Savoie fait l’objet d’un classement par arrêté du , le grand salon orné d'un décor fait l'objet d’un classement par arrêté du ..

Localisation vignette|gauche|Le château au pied de Bellevue. L'ancien château des ducs de Savoie est situé dans le département français de Savoie sur la commune de Chambéry. À l'origine, le château fut construit sur une terrasse (butte, ou poype) tournée vers la ville à l'extrémité de la colline de Montjay. En pente douce vers le sud-est, elle est alors rehaussée afin de donner au château une position plus dominante sur la ville. À son pied se trouvait également un bras de la rivière Albanne.

Aujourd'hui, l'Albanne a été détournée vers la Leysse en amont du centre-ville qu’elle n'arrose donc plus. Aussi la rivière la plus proche du château est cette dernière, située à environ au nord. Au pied du château se trouvent la place du château et le faubourg Maché qui, avec le centre hospitalier, atténue la présence de la colline de Montjay à proximité du château.

Toujours dominant et tourné vers le centre ancien et le centre-ville de Chambéry, le château est néanmoins désormais lui aussi dominé par le quartier de Bellevue sur les premières hauteurs du massif de la Chartreuse.

Historique Le site qu'occupe le château fut un carrefour important et un point stratégique qui permettait de contrôler depuis l'antiquité l'ancienne voie romaine de Vienne à l'Italie par le col du Petit-Saint-Bernard et le col du Mont-Cenis, ainsi que plus tard : les routes de Lyon et Vienne par Les Échelles ; la route de Lyon par le col de l'Épine et celle par le col du Chat ; la route de Genève par Rumilly et celle par Annecy ; la route de Grenoble par la vallée de l'Isère et celle du col du Granier.

Le château aurait été bâti, au , par les seigneurs de Chambéry, ., à proximité de l'emplacement de l'ancienne cité romaine de Lemencum.

Avant 1563 : siège de la maison Savoie Le .., le comte , acquiert du vicomte Berlion de Chambéry, seigneur de Chambéry, une partie du bourg, à savoir, tout ce que ce dernier possède dans le bourg de Chambéry avec la vicomté et le vidomnat, en échange du fief de Montfort, et, de forts de Suse. Le bourg étant attesté depuis 1057. Quatre membres de la famille de La Forest, Thorens, Berlion, Sigomon et Martin, sont témoins de la transaction. Le vicomte Berlion garde le château, qu'il aliène quelque temps plus tard à Otmar Alamand. Le , de Piémont acquiert de ce dernier à titre de gage le château de Chambéry, qui pour règlement de ses dettes reçoit la somme de , bons viennois. Le château passe, en 1259, à sa veuve Béatrice Fieschi, qui en abandonne les droits, en 1264, au profit du comte , son beau-frère.

Le , acquiert par échange de François de La Rochette, seigneur de Chambéry, et de son épouse Béatrix, le château de Chambéry, son mandement et ses vicomté, juridiction, vassaux, fiefs contre et de revenu dans les mandements d'Aiguebelle et de La RochetteActe du . Trésor des chartes des ducs de Savoie, pièces restituées du fonds des Archives de Cour. Archivio di Stato di Torino. Fiche sur Sabaudia.org, Cote : FR.AD073.SA 1-259. Les comtes de Savoie en font alors leur résidence principale. Le château centralise désormais la , au détriment de celui de Montmélian qui garde une fonction militaire importante, notamment avec l'augmentation de sa garnison..

de Savoie y entreprend de grands travaux de fortification et y apporte des aménagements résidentiels en vue d'accueillir l'administration des États de Savoie et la vie de Cour, fonction que le château gardera jusqu'en 1562, quant Emmanuel-Philibert de Savoie déplacera le centre d'administration de ses états à Turin. Il y installe notamment la Chambre des comptes, jusque-là itinérante et testée par Pierre de Savoie en Faucigny avant 1260, dans un nouveau bâtiment du château de Chambéry, qu'il a récemment acquis extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Étienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne)..

À la fin du , des travaux considérables sont entrepris ; surélévation de la butte fortifiée, construction des bâtiments de la porterie et, au cours des , de ceux situés autour de l'actuelle cour d'honneur.

Le , dans la grande salle, décorée au début du de fresques dus à Hugonin Frénier, Maître Jacques et Jean de Grandson, est célébré le baptême du futur . On suppose que cette salle se trouvait dans le « Vieux Pavillon ». En 1365, avait logé dans celui-ci dans une salle dite « Chambre de l'Empereur ».

Bonne de Bourbon, vers 1394, fait édifier la Chambre des comptes ; bâtiment du Gouverneur. C'est à cette époque que l'on perce les murs, pour la première fois, de fenêtres ogivale, prémisse de l'art gothique. Une tour ronde, haute de trois étages, dû au maçon François Matelli, est élevée entre 1395 et 1400.

Des tours défensives sont édifiées : la Grande tour disparue, la Tour Trésorerie au , la Tour demi-ronde en 1398 et la Tour du Carrefour ou Tour des Archives en 1439.

En 1408, le comte décide d'ériger une chapelle neuve de style gothique flamboyant, suivant les plans de Nicolas Robert, architecte chambérien. Elle sera achevée durant l'année 1430. Cette chapelle abrita de 1502 à 1578 le Saint-Suaire. En 1466 elle est citée dans une bulle du pape sous le nom de Sainte-Chapelle du Saint Suaire. La même année, sous l'égide de l'architecte Blaise Neyrand, Yolande de France fait édifier le clocher. C'est dans ce clocher ou « tour Yolande » qu'est installé le Grand carillon.

C'est au château, en 1416, pour marquer l'érection de la Savoie en duché, qu' y fait servir en l'honneur de l'empereur Sigismond un repas resté fameux. Il sert, à cette occasion, un gâteau figurant ses états ; ce serait l'origine du « gâteau de Savoie ».

Bayard y sera page de au tout début du .

En 1532, un incendie endommage gravement le château.

Le château reçoit la cour itinérante du prince ; il devient ainsi « l'Hôtel de Savoie ». Tout en gardant un rôle de forteresse, il est alors le siège de l'administration ; Trésor des Chartes, Conseil Résident, Chambre des Comptes, chancellerie.

De 1563 à 1860 : bâtiment administratif des États de Savoie vignette|gauche|Le château de Chambéry en 1788. Après le transfert de la capitale des États de Savoie de Chambéry à Turin, en 1563, le château demeure une résidence ducale et un siège administratif. Il héberge la Chambre des comptes, le Gouvernement de Savoie ainsi que l'Intendance générale.

vignette|redresse=0.7|L'incendie de 1743.

Lors de la guerre franco-savoyarde, qui débouchera sur la française de la Savoie, la citadelle de Chambéry capitule le . Le , la ville avait ouvert ses portes aux troupes du roi de France . Le comte Chabod de Jacob, gouverneur de la Savoie, et les bourgeois se réfugièrent alors avec la garnison dans la citadelle. Le roi ayant fait amener devant celle-ci une batterie de , les défenseurs du château prennent peur devant cette démonstration de force et capitule. La citadelle ne fut remise au roi de France que plus tard. L'accord de reddition, prévoyait que « si dans ce terme de , le Duc venoit au secours avec une armée, la capitulation n'auroit point de lieu ».

Au début du le gouverneur Dom Félix de Savoie fait aménager le Pavillon, à l'emplacement du jardin jouxtant la Tour Trésorerie et le grand parterre ; puis la duchesse Christine de France fait reconstruire, de 1655 à 1663, par Amedeo di Castellamonte, la façade de la Sainte-Chapelle en style baroque.

, après avoir abdiqué en faveur de son fils en 1730, se retire, avec son épouse, Anna Canalis di Cumianala, marquise de Spigno, au château de Chambéry. Il le quittera, en 1731, dans l'intention de reprendre le pouvoir à son fils.

Jean-Jacques Rousseau travaillera au service du cadastre de 1732 à 1734 lors de son séjour à Chambéry. Dans ses « Confessions », il se plaint de son travail et le juge comme « maussade » et le bureau « triste et empuanté ».

Le château sera marqué par deux incendies au , notamment, sous l'occupation espagnole, lors de la guerre de Succession d'Autriche, en 1743, le feu cause la perte d'une partie des appartements royaux.

Si des projets de reconstruction sont envisagés ils n'aboutissent pas faute de moyens. Il faut attendre 1775 et le mariage du futur roi avec la sœur de pour que des travaux soient engagés ; prolongation du château vers le Pavillon et édification d'un escalier monumental, par l'architecte Piacenza.

vignette|Salon jaune, dans l’Aile du Midi.

En 1786 une nouvelle aile royale est édifiée, mais elle est endommagée, en 1798, par un mystérieux incendie qui fait disparaître le Pavillon. Dans la nuit du au , le château est en partie détruit par incendie, emportant ainsi les documents relatifs à la vente des biens nationaux, exception faites de ceux concernant les districts de Chambéry et de Carouge.. Il ne subsiste du « Château National », de 1792, que l'aile royale et la Tour demi-ronde, isolée, en face de la Sainte-Chapelle et du bâtiment médiéval. Il est alors laissé à l'abandon.

À partir de 1800 les premiers préfets engagent des travaux de restauration. En 1802 le château est affecté à la préfecture et au Conseil général du département du Mont-Blanc.

, de passage à Chambéry en 1805, commande deux projets de reconstruction. Celui qu'il choisit transforme l'aile royale en appartement impérial. Après le traité de Paris de 1815 et la restitution du département du Mont-Blanc au royaume de Sardaigne, en 1816, le château abrite de nouveau la cour. En 1820, le roi Charles-Félix de Sardaigne fait rénover la Sainte-Chapelle. Le roi Charles-Albert de Sardaigne la fait décorer, de peintures en trompe-l'œil, en 1836 par Casimir Vicario.

En 1844, le roi met à la disposition de la Société d'histoire naturelle de la Savoie une partie des jardins du château et la maison du jardinier, l'actuel muséum. Le roi poursuit la reconstruction du corps de logis central. Les travaux, entamés en 1850 sous la conduite de l'architecte du roi, Ernest Mélano, seront achevés sous la Troisième République.

Depuis 1860 : un bâtiment administratif français vignette|De l'intérieur de la cour intérieur : au centre les appartements privés, à droite les locaux abritant le conseil départemental de la Savoie, à gauche les locaux de la préfecture de Savoie. Lors de l'annexion à la France, en 1860, le château, « concédé gratuitement et en toute propriété au département de la Savoie », est un vaste chantier, confié par aux architectes Dénarié et Duban. Une nouvelle aile est édifiée et la tour demi-ronde est pourvue d'un escalier monumental.

Le château a fait l'objet de restaurations dès la fin du . Les décors de la Sainte-Chapelle ont été restaurés entre 2009 et 2012..

Le château des ducs de Savoie est, depuis 1890, affecté aux services de la préfecture de la Savoie, du conseil départemental de la Savoie et de l'Académie de Savoie. Le Jean-Olivier Viout, Chambéry au fil d'un siècle: 1900-2000, La Fontaine de Siloé, 2001., un nouvel incendie ravage les combles et le dernier étage de l'aile est.

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