Charles Beigbeder, né le à Neuilly-sur-Seine, est un entrepreneur et investisseur français, fondateur notamment de Selftrade, de l'opérateur d'électricité Poweo et de AgroGeneration. Il fut candidat sans succès à la présidence du MEDEF et fut membre de son conseil exécutif.

Engagé activement en politique à partir de 2009, il milite à Alternative libérale, au Parti radical, à l'Union pour un mouvement populaire, au Parti libéral démocrate et est conseiller d'arrondissement divers droite de Paris de 2014 à 2021. Par la suite proche de l'extrême droite, il s'engage en faveur de l'union des droites et d'un rapprochement avec le Front national.

Il est également l'un des principaux financiers du site d'actualités Atlantico (jusqu'à fin 2025) et actionnaire du magazine L'Incorrect.

Biographie Origines, études et début de carrière professionnelle Fils de l'homme d'affaires et chasseur de têtes Jean-Michel Beigbeder (1938-2023) et de son épouse, Marie-Christine Chasteigner de la Rocheposay, Charles Beigbeder est né dans une famille catholique d'origine béarnaise, descendant du roi Hugues Capet du côté maternelChristine, l’affranchie, Le Monde, 27 juillet 2012. Ses parents divorcent en 1973 et Charles et son frère Frédéric sont ensuite élevés par leur mèreDans la famille Beigbeder, le père, Le Point, 7 juin 2012.

Après des études au lycée Montaigne, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, il intègre l'École centrale Paris en 1985 où il obtient un diplôme d'ingénieur.

Il commence sa carrière professionnelle chez Matra Marconi Space, avant de rejoindre le monde de la finance, occupant successivement plusieurs postes chez Paribas Affaires industrielles (1990-1991), Crédit Suisse First Boston (1991-1994) et MC-BBL Securities (1994-1997).

Entrepreneur et investisseur En 1997, il fonde la première société française de courtage en Bourse, SelftradeCharles, l'autre Beigbeder, Anne Fulda, Le Figaro, 3 octobre 2009 /ref>. En 2000, il cède l'entreprise à DAB Bank et la quitte en 2002.

En , avec la fin du monopole d'EDF en France, il lance l'opérateur d'électricité Poweo qui deviendra le troisième groupe d'énergie français. En 2009, il cède pour 44 millions d'euros les 13,4 % du capital qu'il détient via sa holding industrielle, Gravitation, dans Poweo à Verbund et en devient le président non exécutifArmelle Bohineust, « Charles Beigbeder passe le relais chez Poweo », Le Figaro, 3 juin 2009..

En 2006, il se lance dans l'« Asset Management » et la création d'entreprise via sa holding dont il détient 80 % du capital (et dans lequel il est associé avec le Groupe de Bernard Arnault, Ernest-Antoine Sellière ou encore la famille Rothschild). Dans la foulée de la loi Tepa, il fonde alors AUDACIA capital qui permet de défiscaliser les investissements dans les PME.

En 2007, il crée AgroGeneration avec la première coopérative céréalière française, Champagne Céréales afin de remettre en culture des terres en friches dans d'anciens kolkhozes ukrainiensJean-Luc Porquet, « Le blé qui rapporte du blé », Le Canard enchaîné, 7 juillet 2010., une pratique alors assimilée à du par Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture ce dont il se défend. Il cède l'entreprise en à un concurrentVoir lemonde.fr..

Il fonde Happytime, une société de coffret-cadeaux, dont la liquidation judiciaire a été prononcée par jugement du tribunal de commerce de Paris, le .

Il détient des participations minoritaires dans d'autres sociétés, parmi lesquelles la biotech Pharnext, la société de transport par autocar Starshipper (via la holding Carlib) ou le site d'informations Atlantico (jusqu'à fin 2025).

En 2014, il rachète, avec un groupe d'amis et d'entrepreneurs (notamment Gilles Lellouche, Jacques-Antoine Granjon ou Thierry Coste), le club Castel de la rue Princesse dans le Quartier Saint-Germain-des-PrésCastel 2014, le mystère de la porte rouge, Le Figaro, 6 octobre 2014Nuits parisiennes: Castel revient sur le devant de la scène, BFMTV, 23 septembre 2014.

Depuis 2017, il est président du conseil de surveillance du constructeur de véhicules autonomes NavyaNavya, la navette autonome qui voulait avancer trop vite, Les Échos, 10 février 2023.

En 2018, il est l'un des quatre fondateurs de Quantonation, un fonds d'investissement de 91 millions d’euros, visant à soutenir le développement des start-ups spécialisées dans les technologies quantiques.

Activités syndicales et politiques Syndicalisme et association patronale De à , Charles Beigbeder préside l'association CroissancePlus, un réseau français de dirigeants de petites et moyennes entreprises et d'entreprises de taille intermédiaire.

En 2005, il est le plus jeune et aussi le moins connu des candidats à se porter candidat à la présidence du MEDEF pour succéder à Ernest-Antoine Seillière, face notamment à Laurence Parisot, Yvon Jacob, Francis Mer et Guillaume Sarkozy, avant de se déclarer forfait. Il est membre du conseil exécutif du MEDEF sous la présidence de Laurence ParisotCharles Beigbeder déclare sa flamme au Front national : pas si étonnant, Denis Demonpion, Le nouvel Obs, 30 juillet 2015.

Engagements politiques Ses premiers engagements politiques datent de 1981 quand il milite pour Valéry Giscard d'Estaing et est présent à son QG de campagne lors de l'annonce de sa défaiteCharles, l'autre Beigbeder, Anne Fulda, Le Figaro, 3 octobre 2009. Après avoir été membre d'alternative libéraleLa droite libérale tient son candidat, L'Obs, 29 septembre 2006, il décide en 2009 de s'engager plus activement en politique à côté de ses activités professionnelles. Ses modèles sont alors Jean-Jacques Servan-Schreiber, Charles de Gaulle, Édouard Balladur, Raymond Barre mais aussi Karl-Theodor zu Guttenberg, devenu ministre allemand de l'économie à 37 ans.

Vice-président de la Fondation pour l'innovation politique, que préside alors Nicolas Bazire, ami de Jean-François Copé et de Grégoire Chertok, Charles Beigbeder devient pour la fédération de Paris, le porte-parole du Parti radical, un parti dont il dit apprécier les valeurs de liberté, d'égalité et de laïcitéAnne Fulda, ibid. Il fait aussi passer quelques-unes de ses idées sur les banlieues à Valérie Pécresse, alors tête de liste UMP aux élections régionales en Ile-de-France.

En 2011, il est nommé secrétaire national de l'UMP chargé de la pédagogie de la réformeMunicipales à Paris: qui est Charles Beigbeder, l'homme qui s'oppose à NKM ?, L'Express, 21 décembre 2013.

En , Charles Beigbeder se déclare candidat investi par l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) à la députation dans la de Paris lors des élections législatives de juin 2012, face notamment à Sandrine Mazetier, la député sortante, qui obtient au second tour 61,51 % contre 38,49 % des suffrages exprimés sur son nomRésultats de la de Paris lors des élections législatives françaises de 2012, Ministère de l'Intérieur, le 18 juin 2012..

En 2012, il soutient Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP face à François FillonEntretien choc avec Charles Beigbeder, Contrepoints.. Il est alors aussi membre et responsable national du Parti libéral démocrateLe Parti libéral passe à l'offensive, Le Figaro, 15 octobre 2012 où il côtoie Gaspard Koenig et Arnaud DassierLes ultralibéraux français sont déjà dépassés, Slate, 5 janvier 2013.

Opposé au mariage homosexuel, il participe en 2013 à une université d'été de La Manif pour tous.

Dans la course à la mairie de Paris, il entre en dissidence le en lançant avec Serge Federbusch une liste concurrente de celle de Nathalie Kosciusko-Morizet intitulée Paris LibéréMunicipales à Paris: Charles Beigbeder constitue une liste dissidente de droite , L'Express.fr, le .Municipales à Paris: "l'équipée sauvage" de Charles Beigbeder, Caroline Moréteau, L'Express, 5 mars 2014. Cela lui vaut d'être exclu de l'UMP et de perdre son poste de secrétaire national. Il fonde alors le mouvement « Paris libéré » et présente vingt listes pour les municipales à Paris.. Se présentant lui-même dans le , il parvient à accéder au second tour, mais n'est pas élu conseiller de Paris, devenant toutefois conseiller divers droite du .

En , il fonde avec Charles Millon le collectif « Phénix », un think-tank libéral-conservateur, afin de contribuer au programme du futur candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017Eugénie Bastié, « Charles Millon et Charles Beigbeder lancent un "Terra Nova de droite" », Le Figaro, 12 mars 2015.. Au bout de quelques mois, ils fondent le collectif dans un nouveau mouvement intitulé l'Avant-GardeDeux Charles à l'Avant-Garde, Agnès Laurent, L'Express, 3 novembre 2015.

En , au sujet de l'élection présidentielle de 2017, il affirme dans un entretien au Scan du Figaro : Voir sur Europe 1, 29 juillet 2015.La croisade de Charles Beigbeder, François Krug, Le Monde, 15 octobre 2016. Une partie de la presse (Le Monde, Le Nouvel Obs notamment) le mentionne alors qu'il se rapproche ou flirte avec le Front nationalCharles Beigbeder déclare sa flamme au Front national : pas si étonnant, Le Nouvel Obs, 31 juillet 2015. Beigbeder revient ensuite sur cette déclaration pour souligner sa fidélité à sa famille politique, son soutien à celui qui reprendra ses propositions, mentionnant que , et annonce son soutien au candidat du parti Les Républicains qui sortira vainqueur de la primaire en 2016Charles Beigbeder prêt à soutenir le FN ? Finalement, non, Le Point, 1er aout 2015.

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En , dans un entretien au journal Le Figaro, il se déclare héritier de la pensée d'Edmund Burke, bouleversé par la lecture de ses Réflexions sur la Révolution françaiseLe Figaro, et se réfère aux écrits de Maurice Barrès, Charles Péguy, Bernanos, Éric Zemmour, Natacha Polony ou Philippe de Villiers. Il déclare vouloir compléter la Constitution pour y inscrire une mention sur la « tradition chrétienne » de la France et consacrer la prééminence des « lois non écrites »François Krug, ibid. Il participe à un colloque organisé par le maire de Béziers Robert Ménard appelé « Oz ta droite » visant à l'« union des droites ». En , il signe la pétition initié par d'anciens militants de la Manif pour tous appelant à l'union des droites derrière huit figures politiques (Marion Maréchal, Philippe de Villiers, Laurent Wauquiez, Hervé Mariton, Henri Guaino, Jean-Frédéric Poisson, Nicolas Dupont-Aignan et François Fillon)«Vos couleurs», le collectif qui prône l'union des droites en 2017, Le Figaro, 4 octobre 2016. Lors de l'élection présidentielle française de 2017, il apporte son soutien à François Fillon, le candidat des Républicains choisi à l'issue des primaires de la droite françaiseCharles Beigbeder : il faut soutenir Fillon « jusqu’à la mort, jusqu’à la victoire », Public Sénat, 4 mars 2017D'Afflelou à Beigbeder, ces patrons qui continuent à soutenir Fillon, Marianne, 5 mars 2017.

Courant 2018, l'entrepreneur soutient l'initiative de Marion Maréchal de créer une école de Sciences Politiques (l'ISSEP) et lui présente des entrepreneurs pour la financer. Il déclare à cette occasion à Challenges tout en affirmant qu'il n'a . Également en 2018, il participe à la création de la Fondation du Pont-Neuf, dont il deviendra le président, et qui a pour ambition une diffusion d'idées conservatrices, un rapprochement des droites, et de fournir des notes à des proches de Marion Maréchal et Laurent Wauquiez. Mediapart estime que la fondation a vocation à aider une réunion .