Présentation Bunia est une ville de république démocratique du Congo. Elle est le chef-lieu de la province de l'Ituri province comptant 5 territoires. Elle est située dans le nord-est du pays non loin du lac Albert, qui fait la frontière avec l'Ouganda. Cette ville est un véritable carrefour culturel et social. Marquée par une diversité artistique et ethnique unique, la ville incarne à la fois la richesse et la complexité de la province d'Ituri, malgré les défis liés à l'insécurité et aux conflits communautaires..
La ville de Bunia est subdivisée en 3 communes urbaines et compte 25 quartiers.
Coordonnées géographiques Séparée du territoire d'Irumu suite au démembrement des provinces en 2015, Bunia fut une cité dans ce dernier créé par l'administration coloniale vers 1949 qui est actuellement une entité décentralisée. La ville est donc séparée au Nord par la collectivité, chefferie de Baboaboke menant au tronçon du quartier Mudzipela, à l'Est par la chefferie de Bahema Banywangi vers le tronçon Mandro et Zwumbe, à l'Ouest par la collectivité de Bahema d'Irumu et au Sud par Babaokoe vers l'axe Dhele.
Histoire
Pendant la période coloniale Durant la rébellion Simba, elle est sous le contrôle rebelle et libérée par une colonne de mercenaires le ..
Événements en 2002 et 2003 Lors de la deuxième guerre du Congo, Bunia et son district sont le théâtre d'affrontements entre milices opposées. Lors de ce conflit d'Ituri, en , des exactions sont commises lorsque des combattants Lendu et Bira attaquent des groupes de Hema dans le quartier de Muzipela. Après la prise de la ville par l’Union des patriotes congolais (UPC), dans les quartiers nord de la ville à majorité Hema : Mudzipela, Bigo I, II, III et Saio, des maisons appartenant aux Bira et aux Lendu ont été saccagées et des habitants des communautés Lendu, Bira et Nande tués par un groupe d’autodéfense de l’UPC Hema instigué par le général Bosco Ntaganda. De mars à a eu lieu ce qui est désormais connu comme la bataille de Bunia au cours de laquelle des opérations de nettoyage ethnique ont eu lieu.
En , une force européenne sous commandement français, l'opération Artémis, se déploie à Bunia afin de sécuriser l'aéroport (code AITA : BUX) et le centre ville. Cette opération a vu le déploiement de plus de provenant d'une dizaine de pays.
thumb|left|Personnes déplacées à Bunia en octobre 2004
Cette opération d'initiative européenne (EUFOR) avait pour objectifs de stabiliser les conditions sécuritaires et d'améliorer la situation humanitaire en attendant que la Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (MONUC) ne renforce son dispositif dans la région.
Troubles à Bunia en 2012
La prise de Goma par le Mouvement du 23 mars (M23) en 2012 a provoqué des troubles majeurs dans la ville de Bunia dirigés contre les organisations humanitaires et la MONUSCO.
Événements du Le plusieurs dizaines de combattants de la milice lendu Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) font irruption dans le centre de la ville de Bunia. Ni les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), ni la Monusco n'interviennent militairement. La Codeco exige la libération des miliciens détenus dans la prison de Bunia. Après négociation, les miliciens quittent la ville avec des réserves de nourriture donnée par l'armée.
Intervention de la MONUC thumb|gauche|Vue sur la base des Nations unies alt=Quartier Bankoko|vignette|Avenue Gety (Ville de Bunia) Bunia devient la base d'une mission de maintien de la paix des Nations unies en Afrique, la Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (MONUC). Elle installe son quartier-général dans le nord de la république démocratique du Congo. Le , la MONUC devient la MONUSCO.
Géographie
Relief La ville de Bunia est limitée à l'est par une chaîne de montagnes monts Bleus, une chaîne de montagnes qui se trouve sur un plateau à environ 30 km à l'ouest du lac Albert, dans la vallée du Rift.
Sol La ville a un type de sol sablo-argileux plus ou moins fertile. On y cultive le manioc, maïs, haricot, soja, les patates douces et les cultures maraîchères au bas fond à proximité de la ville. La ville est ravitaillée en produits vivriers depuis les villages du territoire de Djugu et d’Irumu, se situant à quelques dizaines de kilomètres de cette dernière. Avec les exactions des groupes armés dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa; la ville est ravitaillée en vivres par des pays voisins, notamment l'Ouganda et le Kenya. Cette crise a commencé à la fin de 2017.
Situation vignette|gauche|upright|Avenue Similiki dans le quartier Sukisa. En 2013, la ville de Bunia obtient son statut de ville à la suite du décret No 013/022 du du Premier Ministre. La ville de Bunia est séparée du territoire d'Irumu lors du demembrement des provinces effectué en 2015. Elle avait déjà été une cité dans ce territoire créé par l’Administration coloniale vers 1949.
Aujourd'hui, elle est limitée au nord par la collectivité, chefferie de Baboabokoe tronçon Mudzipela, à l’est par la chefferie de Bahema Banywagi tronçon Mandro et Zumbe, à l’ouest par les collectivités de Bahema d’Irumu et au sud par Baboabokoe axe Dele.
Elle est constituée de 25 quartiers qui comptent dans leur ensemble 309 avenues. Le boulevard de Libération (route principale) long de la traverse du sud au nord. 1,5 km environ du boulevard sont asphaltés tandis que le reste est en terre battue.
Coordonnées géographiques Latitude : 29°52’ Est Longitude : 120 27’ Nord Altitude moyenne : 1250 m Pluviométrie : 1000 à 1200 mb/an Sa superficie est de :
Environnement
Climat La ville de Bunia a un climat tropical humide. La saison des pluies qui commence mi-mars et prend fin au mois de juin et pour reprendre vers mi-août jusqu'à début décembre. La saison sèche va de juillet à mi- août mais aussi de mi-décembre jusqu'à début mars, avec une température qui varie de 20°C à 33°C.
Hydrographie La ville est traversée par trois rivières, la rivière Nyamukau au centre, qui sépare une partie de la cité du côté Nord-Sud et se jette dans la rivière Ngezi, qui à son tour sépare la ville du quartier de Mudzipela, se situant vers le côté Nord-Ouest et se jette elle aussi dans la Shari à trois kilomètres de la ville. La ville compte également plusieurs cours d’eau de plus faible importance.
Évolution La dégradation de l'environnement dans la ville de Bunia touche 3/4 de la ville à la suite de la destruction des arbres avec comme conséquences : les vents qui emportent souvent les toitures des maisons, des écoles et des églises. En outre, la pollution des eaux et de l'air est estimée à environ 20 % à cause des eaux usées, 10 % de l'air pollué, 10 % due à la prolifération des fours à briques, des groupes électrogènes, des véhicules et des motos.
Démographie Bunia est un centre urbain où l'on trouve plusieurs tribus originaires de différentes provinces et différents territoires : les Biras, les Walendu Bindi (Ngiti, Lendu-Bindi ou Lendu sud), les Hema, les Gegere (les Hema Nord), les Shi, les Nande, les Lendu, les Nyali, les Alur, les Lugbara, les Lese, les Kakwa, les Ndoo, les Ukebu, les Kalikoo. A cela s'ajoute des personnes de race blanche de différents pays notamment les français, les Népalais, les belges et d'autres. Si certains quartiers de Bunia sont multi-ethniques, il existe des aires de peuplement dans la ville. Les Hema vivent plutôt dans les quartiers Nord, comme Muzipela, Bakongolo, Bigo et Ngezi. Les Bira peuplent essentiellement les quartiers de Dele et de Hoho dans la commune de Mbunya. Les Nande sont très présents dans le quartier commerçant de Yambi Yaya, Hoho, Dele.
Suivant l'histoire de la ville de Bunia, les Bira sont les premiers occupants de la ville. Ils s'y sont installés avant l’époque coloniale. Les autres ethnies citées viennent de différentes chefferies du territoire d’Irumu, Djugu... Après la création de cette cité dans le territoire à l’époque coloniale, plusieurs autres tribus arrivèrent et s’y installèrent. En 1951, la population s'élevait à Guide du voyageur au Congo Belge et au Ruanda-Urundi, Édité par l'Office du tourisme, Bruxelles, 1951, . Cette cité a pris l’élan sur tous les plans socio-économique par la venue massive du peuple Nande à tel point que la ville est devenue un centre administratif et commercial multi-culturel pour toute la province de l’Ituri. Rappelons que Bunia est le chef-lieu de la province de l'Ituri depuis le démembrement de la grande province orientale en 2017. + Évolution de la population de Bunia source : Bureau de la cité de Bunia ) Année Habitants 2004"résultats du recensement scientifique de 1994 ont été projetés par Collectivité pour l‛année 2004" in MONOGRAPHIE DE LA PROVINCE ORIENTALE, by République Démocratique du Congo, Ministère du Plan, Unité de Pilotage du Processus DSRP, Kinshasa, mars 2005 2005 2006 2007 2008
Entre 2005 et 2008 et de 2017 jusqu'à nos jours, la population de Bunia a presque triplé. Les raisons principales de cette croissance seraient :
les déplacés internes fuyant les combats dans la province le solde naturel positif (les naissances) l'arrivée d'une nouvelle population.
Culture
Langues parlées
Les langues les plus parlées dans la ville de Bunia sont le swahili, le lingala et le français. Plusieurs langues locales sont aussi parlées dans la ville, comme le bira, le hema et le kinande.
Le français est parlé en majorité par la population la plus instruite.
Sport Comme partout en Afrique, le football reste la plus grande activité sportive de la ville de Bunia. Bunia compte plusieurs clubs de football. Concernant les installations sportives, la ville de Bunia possède deux stades de football, à savoir : le stade Amani qui se trouve au quartier Sukisa et le stade de Kindia qui se trouve au quartier portant le même nom. Parmi les équipes de football de la ville de Bunia, on peut citer les deux clubs populaires: le FC Mont Bleu, Gambela, Salongo, Ouragan et le FC Eldorado.
Économie
Principaux opérateurs économiques La ville compte 2634 petites et moyennes entreprises qui sont en activité dont 84 comptent parmi les grands opérateurs économiques (importateurs et exportateurs ayant un chiffre d’affaires de plus de ). 5 supermarchés sont présents dans la ville. Parmi ces 2634 PME, 921 sont informelles et ne contribuent pas au paiement des taxes et impôts. Elles sont qualifiées de « PME récalcitrantes ». Les grands opérateurs économiques importent leurs marchandises de l’Ouganda, de la Chine, du Kenya (Nairobi), de Dubaï… via la douane de Mahagi, Aru et le port Kasenyi-Tchomia sur le lac Albert au sud du territoire. Ces marchandises sont ensuite détaillées et vendues dans les autres territoires voisins de la ville après leurs entreposages.
Grandes entreprises locales Parmi les grandes entreprises locales se trouvent :
Abattoir industriel de Bunia, en baisse d’activités Menuiserie semi industrielle d’Alfajiri Sokimo/Electrokimo Fondation agropastorale de l'ancien gouverneur Jean Bamanisa Saidi Usine d’eau minérale Canaan water, Risac, La Vie… Usine à goudron de la société I&I, Safricas et Mont Gabaon