Saintes (Sint-Renelde en néerlandais, Sinternele en wallon) est une section de la commune belge de Tubize située en région wallonne, à l'extrémité ouest du Brabant wallon.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Le village est essentiellement résidentiel et agricole..

Toponymie

Géographie

Hameaux et lieux-dits Liste des hameaux et lieux-dits. : Le Radoux. Gehain. Saint-Roch. Mussain. Stéhou. Trieu de Troye. Try Haut. Try Bas. Trop.

Bois

Bois de Stéhou.

Démographie

Sources:INS, Rem:1831 jusqu'en 1970=recensements, 1976= nombre d'habitants au 31 décembre

Histoire Le village de Saintes faisait autrefois partie du comté de Hainaut. Il dépendait alors de la châtellenie de Braine-le-Comte. Après la Révolution française, il passa dans le département de la Dyle, puis dans la province de Brabant (arrondissement de Bruxelles jusqu'en 1963, de Nivelles dès cette date).

Des traces d'occupation aux époques préhistorique et gallo-romaine ont été mises au jour sur le territoire de Saintes. La tradition lie le village à la figure de Renelde, sainte locale ayant vécu au . Ce serait elle qui aurait fait don à l'abbaye de Lobbes du domaine mérovingien qu'elle possédait à Saintes. L'abbaye de Lobbes possédait effectivement le village au et y exploitait un vaste domaine, décrit dans le célèbre polyptyque de l'abbaye (868-869). À l'époque féodale, les avoués de Saintes usurpèrent progressivement droits et biens de l'abbaye de Lobbes. Ni le règlement d'avouerie de 1173, ni l'accord de 1465 avec l'abbaye ne les empêchèrent de devenir les véritables seigneurs de la localité. L'abbaye conserva toutefois une très importante seigneurie foncière sur environ deux tiers du territoire. La cense du Laubecq ou ferme de sainte Renelde en était le centre. Une autre abbaye, celle de Ninove, y possédait également un domaine d'une certaine importance, la seigneurie d'Herbecq. Enfin, il existait aussi des seigneuries laïques, Mussain, Pont-à-Wisbecq, et Ramelot. thumb|left|upright=1.2|La fontaine Sainte-Renelde (1861).

Jusqu'à ce qu'il s'y construise un château ( du ), le seigneur de Saintes exerçait la justice dans la grande salle du corps de logis de la cense du Laubecq, lors des trois plaids généraux annuels. Il possédait également un moulin à vent (aujourd'hui disparu), dont l'existence est attestée au et qu'il ne faut pas confondre avec le moulin de Saintes actuel, construit en 1775.

Jusqu'à nos jours, le cœur de village bat au rythme de la plus ancienne de ses traditions, le tour Sainte-Renelde, le dimanche de la Trinité. Cette procession à cheval, inchangée depuis l'époque médiévale, accompagne le char de procession et les reliques de sainte Renelde au cours d'un périple de près de dans les campagnes environnantes. Saintes a toujours été un lieu de pèlerinage important. On y vient encore de nos jours pour y puiser de l'eau au puits Sainte-Renelde, réputé miraculeux, en particulier pour les maladies de la peau et des yeux.

Saintes est resté principalement rural jusqu'au milieu du , avant de se transformer progressivement en village-dortoir. Il s'est alors couvert de lotissements accueillant majoritairement des navetteurs travaillant à Bruxelles.

En 1977, lors de la réforme, la majeure partie de son territoire fut regroupée avec Tubize. Une petite portion, dont le hameau de Wisbecq, fut rattachée à la nouvelle entité de Rebecq, permettant ainsi de relier Bierghes, Rebecq-Rognon et Quenast.

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Patrimoine culture

Patrimoine architectural Saintes fut jadis considéré comme l’un des plus beaux villages de Belgique. Plusieurs de ses monuments sont classés : la tour de l’église Sainte-Renelde (1553), l’Arbre de la Liberté (1830) sur la place du village, le char de procession de Sainte Renelde (1773), le Puits miraculeux Sainte-Renelde (, 1861) et le moulin à vent de Saintes ou d’Hondzocht (1775). D’un point de vue touristique, le village de Saintes fait partie de l’aire géographique couverte par la Maison du Tourisme du Roman Païs (Nivelles). L’Office du Tourisme et du Patrimoine local est celui de Tubize, installé dans les bâtiments du Musée "de la Porte".

L'église Sainte-Renelde vignette|Saintes par Constantin Huygens, . Au centre de la place du village se dresse l'église Sainte-Renelde, édifice gothique hennuyer datant du milieu du . C'est un lieu de pèlerinage toujours fréquenté qui abrite un souvent lié au culte de la sainte patronne. Sa tour massive, érigée dès 1553, porte le millésime gravé sur la clé de voûte. Certaines parties des murs, notamment ceux du chœur, sont encore plus anciennes et remontent à l'époque romane. L'intérieur du chœur a été entièrement rénové au , tandis que la sacristie date de la même période. La chapelle Sainte-Renelde, richement ornée et ajoutée au sur le flanc sud du chœur, conserve la châsse(1811) ornée de statuettes en argent repoussé datant du et contenant les reliques de la sainte ainsi qu'un retable de la fin du ou début du attribué aux ateliers Borman de Bruxelles, bien qu’il ait été partiellement endommagé par un vol. Une pièce rare, le tableau généalogique de Sainte-Renelde (1569), attire également l'attention. Au-dessus de la porte de la chapelle, une statue de sainte Renelde, datant d'environ 1500 et ayant la même origine que le retable. Un triptyque représentant une descente de croix, daté de 1600, , est désormais installé dans le bras nord du transept, face à l'autel de la Vierge. Au fond de l'église repose le char de procession de Sainte-Renelde, utilisé chaque année lors du Grand Tour de la Trinité pour promener la châsse..

La place du village et l'Arbre de la Liberté vignette|L'Arbre de la Liberté. Sur la place, l'Arbre de la Liberté, un platane planté en 1830 par les volontaires Saintois ayant pris part à la révolution belge, commémore l'indépendance de la Belgique. Cette année-là, un groupe de patriotes Saintois, mené selon la légende par Jean-Baptiste Fontaine, participa aux combats ayant conduit à la sécession et à l'indépendance des provinces du Sud du Royaume uni des Pays-Bas. À leur retour, ces Saintois décidèrent de marquer ces événements en plantant un platane sur la place du village. Une anecdote raconte que dans la nuit suivant sa plantation, un orangiste, partisan de l'unité du royaume uni des Pays-Bas, aurait coupé la cime de l'arbre, sans pour autant empêcher son développement et son épanouissement. En reconnaissance des services rendus par les patriotes Saintois, le gouvernement belge offrit en 1831 un drapeau commémoratif à la Commune de Saintes, toujours conservé et restauré par le Musée de Tubize. Il orne aujourd'hui un mur de la salle des mariages de la Maison communale. La place du village, devenue plus tard un parking asphalté, a mis en péril cet arbre remarquable, mais un aménagement récent lui a redonné espoir alors qu'il dépérissait. Cet arbre a été classé monument historique en 1940..

Le Puits Sainte-Renelde vignette|Statue de Sainte Renelde ornant le puits Sainte-Renelde (1861). Le puits Sainte-Renelde, entouré par les fermes de Fournehaut et de Sainte-Renelde ou du Laubecq, était à l'origine une fontaine et demeure aujourd'hui le centre d'un pèlerinage thérapeutique très fréquenté. Il est surmonté d'une imposante structure en fonte du milieu du , couronnée par la statue de Sainte-Renelde.. Des fouilles archéologiques menées en 2000 ont révélé qu'il ne date probablement pas d'avant le , mais qu'une fontaine plus ancienne aurait existé à quelques mètres de là. Ces structures, identifiées par sondage, n'ont pas encore été explorées. Restauré lors de ces recherches, le puits est désormais illuminé la nuit.

Les châteaux Autrefois, le village de Saintes abritait plusieurs châteaux. Les deux plus anciens, datant du Moyen Âge, étaient ceux de Mussain et de Pont-à-Wisbecq. Ce dernier existe encore et se trouve au cœur du hameau de Wisbecq, autrefois rattaché à Saintes et désormais intégré à Rebecq après la fusion des communes. On peut également citer le château de Saintes, une résidence appelée communément le château de Poederlé. Certains documents historiques qualifient parfois de château le logis seigneurial de la cense de Ramelot. Enfin, les avoués de Saintes auraient probablement possédé au une demeure fortifiée, aujourd’hui disparue.

La demeure fortifiée des avoués de Saintes Les avoués de Saintes, premiers seigneurs de la région mentionnés dès la fin du , avaient reçu de l'abbaye de Lobbes une partie de l'ancien domaine de Saintes où ils avaient établi leur résidence. Il est très probable que cette résidence se trouvait près de l'actuelle ferme de Froyes. Au cours de la seconde moitié du , Gillard de Saintes, alors avoué, fut soumis à un règlement imposé par l'abbaye de Lobbes, soutenue par le comte de Hainaut, qui cherchait à affirmer son autorité sur Saintes et ses environs. Ce règlement interdisait à l'avoué de fortifier sa demeure située dans le domaine lobbain de Saintes, comme le précise le texte de 1173, il semble que celle-ci était déjà bordée d'un fossé rempli d'eau, censé disparaître selon les termes de l'accord. Les premiers seigneurs de Saintes possédaient ainsi, au cœur du domaine saintois, une maison fortifiée, probablement un simple site entouré d'eau et d'une palissade, première étape vers un château plus imposant. Si le règlement d'avouerie a eu un impact limité sur la restriction des droits seigneuriaux de l'avoué, il paraît avoir été plus efficace pour l'évolution de l'habitat des seigneurs locaux. Cette ébauche de fortification n'a pas connu de développement ultérieur et n'a pas conduit à la création d'un château, contrairement à ce qui s'est produit à Mussain et à Pont-à-Wisbecq.

Ramelot, simple logis seigneurial ou véritable château ? La ferme de Ramelot se trouvait au cœur d'une modeste seigneurie dépendant de la Neuve Rue à Nivelles. Les seigneurs de Ramelot y avaient construit un logis que l'on peut considérer comme une maison-forte. Selon les Albums de Croy pour Saintes (vers 1600), un peu à l'est du village, on trouvait un ensemble comprenant des bâtiments agricoles en matériaux périssables, une construction en moellons ressemblant à une ancienne tour ronde, et un édifice rectangulaire ou carré, probablement une tour plus récente, en briques. Les cartes du (Naudin, Villaret, chevalier de Beaurain, Ferraris) montrent toutes un logis seigneurial entouré de fossés remplis d'eau, parfois mentionné comme le château de Ramelot. Cette appellation, probablement exagérée, désignait simplement un logis seigneurial. L'édifice en briques semble être le cœur du logis, remanié et agrandi au , dont les dernières traces étaient encore visibles avant la récente rénovation de la ferme. On peut donc imaginer que le site de Ramelot abritait autrefois une tour de chevaliers, un de ces "donjons" prisés par la petite noblesse rurale. Cette tour de pierre existait encore mais était déjà abandonnée vers 1600. Elle avait été remplacée par une demeure en briques plus confortable, encore typologiquement proche de la tour, entourée d'eau, lui conférant un aspect de maison-forte. Au , les bâtiments agricoles en matériaux périssables furent remplacés par des dépendances en briques, le logis du intégré dans une habitation plus vaste, et les fossés comblés.

Le château de Mussain et son parc En descendant la rue de la Station, on peut voir, de l’autre côté du chemin de fer, le parc du château de Mussain. Autrefois, un château médiéval se dressait à cet endroit, remplacé au par un château résidentiel, lui-même démoli après la Seconde Guerre mondiale. Les bâtiments de la ferme castrale, eux, ont été préservés et transformés en une habitation élégante.