Anne de Sanzay de la Magnane (prénom alors épicène), fils de René comte de Sanzay et Renée de PlantysRenée du Plantys est la fille de Jacques du Plantys et de Françoise de Cossé, elle-même fille de Jean de Cossé fils de Thibaut de Cossé et frère aîné de René de Cossé-Brissac, héritier du Seigneur du Plantys, gouverneur d'Anjou. est le filleul du maréchal Anne de Montmorency .
Anne de Sanzay, comte de la Magnane, est un capitaine ligueur pendant les guerres de la Ligue, un chef de guerre particulièrement cruel et redouté, agissant comme un véritable bandit, à l'instar de Guy Eder de la Fontenelle ou Yves du Liscouët.
Biographie
Origines familiales La famille de Sanzay est originaire du Poitou.
La famille de Sanzay prétendait descendre d'Abbon de Poitiers dont le fils puiné Arnault (Gérard, père de Ramnulf de Poitiers étant l'aîné), destiné à la vie monastique, épousa Jeanne (ou Jéhanne) fille du dernier seigneur de Sanzay sans le conscentement d'Abbon. Abbon interdit à Arnault et sa descendance de pouvoir prétendre au titre de comte de Poitiers] (prétentions des Sanzay, dénuées de tout fondement).
Jusqu'à René , les seigneurs de Sanzay étaient honorables (par rapport aux critères de leur époque), comptant plusieurs chambellans des rois de France et un connétable du Poitou qui fut sénéchal de sa cousine Aliénor d'Aquitaine (le titre de comte date de ce connétable, Sauldebreil de Sanzay).
Les titres et chartes de la famille furent volés et dispersés pendant les guerres de religion en 1567. Un manuscrit écrit par Jean Le Féron en 1560, "La généalogie de la famille de Sanzay en Poitou" et contenant des manuscrits de poèmes de Pierre de Ronsard se trouve à la bibliothèque de l'ArsenalAchille de Rochambeau, "La famille de Ronsart : recherches généalogiques, historiques et littéraires sur P. de Ronsard et sa famille" , A. Franck, Paris, 1868, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27819p/f263.image.pagination.r=Sanzay.langFR et une copie datée de 1569Pierre Ronsard et Étienne Jodel, Manuscrit "Généalogie de la famille de Sanzay en Poitou", Paris, mars 1569, consultable http://le-bibliomane.blogspot.com/2009/09/hasards-et-coincidences-deux-manuscrits.html a été conservée par les descendants des enfants de Claude de Penmarc'h, issus du premier mariage de la seconde épouse d'Anne de Sanzay. La famille s'établit à une date inconnue au manoir du Pratmeur dans l'actuelle commune de Ploudalmézeau. Leur devise était « Sans aide » (il ne s'agit pas d'une devise, mais d'un cri de guerre, comme "Montjoie" pour l'ensemble de la chevalerie française, il date au moins de la seconde croisade et signifiait "ne requiert aucune aide hormis celle de Dieu").
La descendance de cette famille, toujours en procès et dont plusieurs membres se signalaient par leurs violences, demeura à Pratmeur jusqu'à la Révolution française. Criblée de dettes, elle dut vendre le manoir et se retirer à Gouesnou où des descendants continuèrent à maltraiter les paysans : par exemple en 1725 René-Jean, sieur de Sanzay et de Keriber, et Augustin, chevalier de Sanzay, garde pavillon amiral, « atteints et convaincus d'avoir maltraité et excédé par voye de fait et de coups plusieurs habitans de Gouesnou et paroisses voisines (…) » furent « condamnés solidairement en trois cens livres d'amandes au Roy, avec deffences que nous leur avons faittes de récidiver » par le tribunal de BrestDocteurs Armand Corre et Paul Aubry, "Documents de criminologie rétrospective (Bretagne, )", A. Storck, Lyon, 1895, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5824885k/f211.image.pagination.r=Sanzay.langFR.
Après la mort de René , les exactions commises par ses descendants ont sans doute pesé dans la balance lors du procès qui les opposa à la maison Turpin de Crissé, malgré la confirmation à René du titre de comte par Charles IX en 1567/1570. Marie-Suzanne de Chenu, épouse de Louis Turpin de Crissé obtint le comté de Sanzay, transmissible par les femmes (mais d'où venaient les prétentions des Turpin de Crissé au comté de Sanzay ? On dit que c'est par Suzanne de Chenu, qui elle-même les auraient tenues de sa mère Madeleine Prévost du Châtelier, mais pourquoi, à quel titre ? Il est plus probable que les Turpin de Crissé aient obtenu directement les droits des Sanzay, dont ils étaient d'assez proches parents : René de Sanzay était le fils d'Etienne de Sanzay et de Gabrielle Turpin de Crissé, tante paternelle de Charles Turpin de Crissé du Petit-Montrevault, lui-même père de Charles II Turpin et grand-père de Louis Turpin de Sanzay ci-dessus).
Jeunesse et formation Anne de Sanzay est né vers 1535.
Il est le fils de René de Sanzay, comte de Sanzay, vicomte héréditaire du Poitou, chambellan du roi François , gouverneur de Nantes, né vers 1500 et de Renée du Plantys, née vers 1510.
Promis à Jeanne de la Pommeraie, il se marie une première fois vers 1575 avec la mère de celle-ci, Jeanne de Rosmadec (elle-même veuve de Jean de la Pommeraie, seigneur de la Morlaye, d'Entrammes et de Montigny). Puis il se marie en secondes noces le avec Marie de Tromelin (ou Tuomelin ; en Kerlouan ?), fille et héritière d'Olivier de Tromelin seigneur du Bourouguel en Plouigneau, et veuve de Claude de Penmarc'h, originaire de Kersaint-Plabennec, baron de Penmarc'h, seigneur du Colombier et de Coetlestrémeur ; le fils de Claude de Penmarc'h et Marie de Tromelin, René de Penmarc'h, épousa d'ailleurs en la sœur d'Anne et fille de René, Jeanne de Sanzay.. En 1589, Anne de Sanzay « est reçu dans la "Sainte Union de Morlaix"Constituée pour défendre la ville, sous le bon plaisir de »Anatole de Barthélémy, "La Chambre de la Sainte-Union à Morlaix, du 27 septembre 1589 au 31 juillet 1590", Revue historique de l'Ouest, 1885, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67179f/f146. Le manoir de Bourouguel devint alors le repaire d'Anne de Sanzay, comte de la Maganne jusqu'à ce qu'il soit pris par les troupes royales en 1589 et ses fortifications démantelées. Il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Il décède après 1610 à une date inconnue sans avoir eu d'enfantsMarc de Vulson de la Colombière, "La Science héroïque..."; 1644, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57657202/f572.image.pagination.r=Sanzay.langFR.
Anne de Sanzay, dit « Bras de fer », devient à l'époque de la Ligue, abbé commendataire de l'Abbaye Notre-Dame de Lantenac. (à La Ferrière dans l'actuel département des Côtes-d'Armor) ; il transforma l'abbaye en caserne, l'église en écurie et le réfectoire en étable.
L'exemple des exactions commises en Cornouaille en novembre et décembre 1593 Pendant les guerres de la Ligue, Anne de Sanzay choisit dans un premier temps le parti de la Ligue après bien des hésitations, mais en profita surtout pour se livrer à des activités de chef de bande sans foi ni loi. Le chanoine Moreau en parle pour la première fois comme d'un adversaire du célèbre chef de bande Guy Eder de la Fontenelle :
Anne de Sanzay installe pour un temps son quartier général dans un vaste camp retranché (« l'étendue de ce retranchement contient environ quatre journaux »Le Bastard de Mesmeur, Histoire de la Ligue en Bretagne, page 128.) situé près du bourg de Quimerc'h :
Le chanoine Jean Moreau raconte plus loin les exactions commises ensuite par Anne de Sanzay, par exemple cet épisode daté de novembre 1593 :
Le chanoine Moreau poursuitTexte intégral de cet épisode consultable http://www.infobretagne.com/ligue-maignane.htm : « Il n'y avait pas beaucoup d'apparence de s'y fier, le comte de La Maignane étant toujours connu pour un bon et ancien voleur tant sur mer que sur terre, à cause de quoi le défunt roi Henri le fit mettre prisonnier à la Bastille, à Paris, l'an 1586, où il resta un an ». Malgré cela les édiles de Quimper, bernés par ses promesses, ne s'opposent pas à la pénétration dans le cœur de la Cornouaille des troupes d'Anne de Sanzay :« il fut donc résolu qu'on laisserait le passage libre au comte de La Maignane et à ses troupes, pour venir se rafraîchir en cette juridiction de Quimper ». Bien entendu, Anne de Sanzay, oubliant ses promesses, en profita pour continuer ses exactions :
Cette expédition se solde par environ « tant gens d'église que marchands et paysans de sorte que le pays a été après presque désert »Ducrest de Villeneuve. Archives de Bretagne, cité par http://larher.pagesperso-orange.fr/ch11.htm. Convoqué par le duc de Mercœur, il sort de Cornouaille « chargé de dépouilles et se moquant de la crédulité de ceux qui l'avaient reçu ». Il revient dans le Trégor, s'installe avec femme et enfants dans l'abbaye de Lantenac, « menant joyeuse vie », l'église servant d'écurie et le réfectoire de salle d'armes »chanoine Jean Moreau, Henri Wacquet (publié par), "Mémoires du chanoine Jean Moreau sur les guerres de la ligue en Bretagne", Quimper, 1960.
Sa participation au siège de Morlaix pendant l'été 1594 En , avec ses troupes, il pille l'abbaye de Landévennec.
En juillet 1594, les bourgeois de Morlaix décident de faire soumission au roi Henri IV et vont faire soumission à Lanmeur au maréchal d'Aumont, gouverneur de Bretagne et commandant de l'armée royale locale ; mais François de Carné, seigneur de Rosampoul, qui commandait la garnison de Morlaix, n'accepte pas cette reddition et s'enferme avec ses hommes dans le château, rejoint bientôt par les troupes d'Anne de Sanzay, « étant lors avec ses troupes en Tréguier », « commandant ligueur qui s'y était jeté avec quatre cents hommes »Guillaume Marie Lejean, "Histoire communale du Finistère. (Première partie.) Histoire politique et municipale de la ville et de la communauté de Morlaix, depuis les temps reculés jusqu'à la Révolution française", V. Guilmer, Morlaix, 1846, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789163j/f119.image.pagination.r=Sanzay.langFR. Le siège du château de Morlaix dure cinq semaines et les troupes de la Ligue commandées par le duc de Mercœur et espagnoles (dirigées par Dom Juan d'Aquila) venues de Carhaix et qui établissent leur campement à l'abbaye du Relecq, même s'ils battent un détachement de l'armée royale fort de 300 hommes qui s'était aventuré entre Huelgoat et le Cloître, ne parviennent pas à desserrer le siège. Finalement les chefs ligueurs enfermés dans Morlaix, dont François de Carné, le capitaine Rostin et Anne de Sanzay, sont faits prisonniers le et dirigés sur Quimper où ils furent prisonniers sur parole. Anne de Sanzay fut libéré, après versement d'une rançon, en juillet 1595..
René II de Sanzay, frère d'Anne de Sanzay, fut aussi un soldat-brigand