thumb|right|Sépulture de la famille Deutsch (de la Meurthe) dans le carré juif du cimetière de Montmartre, division 3. Les Deutsch (de la Meurthe) sont une famille juive originaire de Lorraine ayant fait fortune lors de l'essor technologique de la fin du et du début du , créateurs en France de l'industrie des huiles minérales et célèbres pour leur mécénat dans les domaines technique et philanthropique, notamment dans l'aviation.
Origines Alexandre Deutsch naît le à Gosselming (dans la Meurthe) dans une famille ashkénaze modeste. Comme nombre de Juifs de France, pour profiter pleinement de la citoyenneté qui leur a été accordée par la Révolution française, il choisit de migrer vers Paris afin de s'assurer un avenir économique meilleur.
Alexandre Deutsch et ses descendants ajouteront « de la Meurthe » à leur nom d'usage, et se feront appeler Deutsch de la Meurthe.
Le pétrole et l'automobile vignette|Alexandre Deutsch. thumb|Henry Deutsch de la Meurthe en 1912. thumb|Émile Deutsch de la Meurthe en 1921. En 1845, Alexandre Deutsch fonde une société pour le traitement et le commerce des huiles végétales à La Villette, commune qui sera intégrée en 1859 à Paris. En 1851, il rachète une ferme à Pantin et y fait construire une petite fabrique d'huiles végétales et de graisses industrielles. En 1859, le premier gisement souterrain de pétrole est mis au jour aux États-Unis, à Titusville (Pennsylvanie). Dès 1862, il s'intéresse de très près au pétrole et fait construire à Pantin une nouvelle usine pour en étudier les propriétés.
En 1881, il rachète une raffinerie à Rouen, la Luciline, laquelle avait été créée en 1868 par Alfred Guérard, négociant et inventeur rouennais.
En 1877, il avait associé ses deux fils Henry ( - ) et Émile ( - ) à l'entreprise familiale. S'ajoutera en 1883 la raffinerie de pétrole de Saint-Loubès en Gironde et en 1889 l'association avec les frères Rothschild pour le raffinage du pétrole en Espagne. Ses fils font prospérer l'affaire, qui deviendra en 1922 la société des Pétroles Jupiter puis Shell France après une fusion avec la Shell.
Par décret du , Alexandre Deutsch est fait chevalier de la Légion d'honneur.
Avec les pionniers de l'automobile française (Peugeot, Mors) Émile et Henry « inventent » Deauville. Émile est membre du comité d'honneur du syndicat d'initiative de Deauville. Après la Première Guerre mondiale, il est le trésorier du comité des orphelins de France. Henry fonde l'Automobile Club de France en 1895 avec le comte de Dion, le baron de Zuylen et Paul Meyan.
L'aviation thumb|left|Tracé du concours. Henry Deutsch de la Meurthe se passionne pour l'aviation naissante et fonde en 1898 l’Aéro-Club de France avec un autre mécène, Ernest Archdeacon, et plusieurs industriels dont Gustave Eiffel. Il en sera président de au .
En , Henry Deutsch de la Meurthe offre un prix de (environ ) à la première machine volante capable de parcourir le trajet aller-retour entre Saint-Cloud et la Tour Eiffel (environ ) en moins de , ceci avant octobre 1904. Le , Santos-Dumont réussit l'exploit avec son dirigeable , en et .
thumb|upright=0.8|Buste d'Henry Deutsch de la Meurthe à Ecquevilly. Toujours avec Ernest Archdeacon, il crée en 1904 un prix de destiné au premier vol d’un plus lourd que l’air sur un kilomètre en circuit fermé. Il sera remporté dès le par Henri Farman, sur un avion construit par les frères Voisin, Charles et Gabriel, et équipé d'un moteur Antoinette.
Il participe à la création, à l'initiative de Lazare Weiller, de la Compagnie générale de navigation aérienne (1908) qui achète les brevets des frères Wright. Elle organisera les vols de démonstration du modèle A piloté par Wilbur Wright au Mans, à partir du .
Il investit également dans les constructeurs aéronautiques Astra (1909), puis Nieuport (1911).
À la fin du mois de , Henry Deutsch de la Meurthe offre à l'université de Paris une somme de et une rente annuelle de sa vie durant pour être affectées à la création et à l'entretien d'un Institut aérotechnique où seraient poursuivies les recherches théoriques et pratiques tendant au perfectionnement des engins de la locomotion aérienne sous toutes ses formes. Il deviendra l'Institut aérotechnique de Saint-Cyr-l'École, intégré au Conservatoire national des arts et métiers.
Il signe Deutsch (de la Meurthe)Dossier de Légion d'honneur LH/763/46..
Il sera fait commandeur de la Légion d'honneur le .
L'accueil des étudiants En 1923, Émile Deutsch de la Meurthe associe le nom de sa femme Louise (sœur de Fernand Halphen, décédée en 1914) à son projet en faveur des étudiants. Il fait construire les premiers bâtiments de ce qui devint la Cité internationale universitaire de Paris, près du parc Montsouris, qui comporte entre autres résidences la Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe.
Il était commandeur de la Légion d'honneur.
L'aviation, à nouveau thumb|right|Hélène Boucher devant son Caudron Rafale. En 1927, après avoir contribué à la reconstruction de la ville de Moÿ-de-l'Aisne, Suzanne Deutsch de La Meurthe (1892-1937), la fille d'Henry, héritant de la passion de son père pour l'aviation, fonde l'Aéro-Club de l'Aisne et lui fait don de deux premiers avions. Puis, en 1931, elle crée une coupe de vitesse pour avions sur qui sera courue jusqu'en 1937. Deux pilotes français, Georges Détré sur Potez 53 et Raymond Delmotte sur Caudron-362, enlevèrent successivement l'épreuve en 1933. Puis Hélène Boucher remporta la coupe en 1934 sur le Caudron Rafale, conçu par Marcel Riffard, à plus de .
En 1931, Suzanne lègue le château de Boulains à la fondation qui porte son nom pour faire de cette Maison des Ailes un lieu de repos et de convalescence pour le personnel de l'aéronautique française ; car cette conquête de l'air ne se faisait pas sans beaucoup de casse. De 1994 à 2011, le château abrite l'association l'Envol Site de association l'Envol.
En 1932, elle encourage les premiers travaux du pionnier de l'aile delta, Nicolas Roland Payen. Son soutien constant à l'aéronautique lui vaudra le surnom de « Fée des Ailes ».
Elle était officier de la Légion d'honneur.
Le sport En 1910 est créé le Prix Henry-Deutsch-de-la-Meurthe à l'Académie des sportsPrix Henry-Deutsch-de-la-Meurthe - Académie des Sports. Doté alors de , il est destiné à récompenser l’auteur d’un fait accompli pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moralisateur pour l’humanité. Il peut être attribué pour un fait accompli soit en France par un Français ou un étranger, soit à l’étranger par des Français seulement. Ce prix est toujours décerné de nos jours ; par exemple, il a été attribué en 2004 à Michel Desjoyeaux (voile), ou, en 2007, à Sébastien Loeb (rallye automobile).
La santé La propriété de château de Lafon a été léguée en 1920 à la ville de Bordeaux par Marguerite Deutsch de la Meurthe, épouse d'Henry, née Raba. Selon la volonté de sa donatrice une partie est devenue Le Repos maternel, institution d'accueil de jeunes femmes en difficulté. Le reste a fait place à la maison de retraite La Clairière, à la Cité Jardin et à des maisons individuelles. Marguerite Lebrun, épouse d'Albert Lebrun, rend visite à cette institution en avant de quitter Bordeaux pour Vichy (journal de Marguerite Lebrun, en cours d'édition, par Éric Freysselinard).
En 1937, , née Raba, épouse d'Henry, fonde à l’hôpital Saint-Antoine de Paris le Centre de transfusion sanguine et de recherche hématologique qui sera présidé par le pionnier de la transfusion sanguine en France, Arnault Tzanck.
Le patrimoine impérial Vers 1930, en souvenir de son époux, donne au musée du Louvre et au château de la Malmaison plusieurs importants souvenirs napoléoniens, certains d'entre eux y étant déjà exposés, comme le célèbre groupe du prince impérial et son chien Nero par Carpeaux acheté lors des ventes de la collection de l'ex-impératrice Eugénie en 1927 par le marchand Élie Fabius (musée d'Orsay) ; six bustes en marbre par Bartolini, Marin, Tricornia, Carpeaux, dont ceux de Charles et Lætitia Bonaparte qui avaient appartenu à ; le mobilier de chambre à coucher qu'il offrit à Joseph Bonaparte lors de son accession au trône d'Espagne ; une aiguière et son bassin en vermeil qui avaient servi à l'ondoiement du prince et avait appartenu à l'impératrice Eugénie ; un baudrier offert par l'Empereur à LannesL'Illustration du 29 mars 1930, ; ill. reproduisant certains de ces meubles et objets et un portrait photographique de la donatrice.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Tristan Gaston-Breton, Sonia de Panafieu, La famille Deutsch de la Meurthe. D'hier et d'aujourd'hui. 1815-2010, Pour Mémoire, 2010
Articles connexes Henry Deutsch Coupe Henry Deutsch Émile Deutsch de La Meurthe Fondation Émile et Louise Deutsch Rue Émile-Deutsch-de-La-Meurthe Suzanne Deutsch de La Meurthe Château de Romainville Château de Lafon Arthur Weisweiller
Liens externes Sophie Mouton, Industriels et mécènes, les Deutsch de la Meurthe (1845-1924) Fondation Émile et Louis Deutsch de le Meurthe à la cité universitaire de Paris Reconstruction de Moÿ Historique de l'Aéro-Club de l'Aisne L'institut aérotechnique de Saint-Cyr-l'École, site officiel
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