thumb|Frontispice de l'édition de 1682. Monsieur de Pourceaugnac est une pièce de théâtre française écrite par Molière. Elle est à l'origine d'une comédie-ballet représentée pour la première fois avec la chorégraphie de Pierre Beauchamp dans la province de l'Orléanais, au château de Chambord, pour le divertissement du roi de France Louis XIV, le , et donnée pour la première fois en public à Paris, au théâtre du Palais-Royal, le .
Dans l'œuvre de Molière, Monsieur de Pourceaugnac se situe chronologiquement après L'Avare écrite en 1668 et avant Les Amants magnifiques créée en 1670. C'est la deuxième comédie-ballet de Molière et l'une des quatre pièces produites pour la cour du Roi.
Présentation La comédie-ballet est écrite au mois de par Molière au château de Chambord, un village situé dans l'ancienne province de l'Orléanais (royaume de France) et l'actuel département français de Loir-et-Cher.
La pièce est publiée à Paris chez l'éditeur Jean Ribou dans un ouvrage datant de 1670.
La partition du ballet de Lully est connue par deux copies réalisées entre 1700 et 1710. L'une d'entre elles, dont la date exacte de création est inconnue, fut probablement réalisée par l'atelier du copiste et bibliothécaire de Louis XIV, André Danican Philidor, et consiste en une alternance entre la partition du ballet et le textes de la pièce, l'autre, probablement réalisée en 1706 par le copiste Henri Foucault, ne contient que la partition.
Plusieurs ouvrages antérieurs à la pièce sont évoqués pour avoir pu inspirer le Pourceaugnac de Molière, c'est notamment le cas de l’Histoire générale des Larrons de François de Calvi publiée en 1631, La désolation des filous sur la défense des armes ou Les malades qui se portent bien de Jean Simonin dit Chevalier, comédie en un acte parue en 1662.
En 1705, Jean-Léonor Le Gallois de Grimarest, premier biographe de Molière, écrit à propos des origines du personnage de Pourceaugnac : .
Représentations La pièce est jouée pour la première fois au château de Chambord pour le divertissement du roi de France, Louis XIV, le .
L'œuvre obtient un vif succès et est représentée quarante-neuf fois du vivant de son auteur ; outre la première représentation au château de Chambord, elle est jouée une fois, le , au château de Versailles puis 47 fois au théâtre du Palais-Royal de Paris entre le et le ..
Après la mort de Molière, la pièce est jouée successivement, une fois au théâtre de l'hôtel Guénégaud de Paris en 1680, une fois à Saint-Germain-en-Laye en 1681, douze fois au théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain de Paris entre 1701 et 1750, une fois au château de Bellevue en 1751, cinq fois au Grand théâtre de la Monnaie à Bruxelles entre 1753 et 1785, trois fois au théâtre du Capitole de Toulouse entre 1786 et 1789, une fois au théâtre national de Caen puis à nouveau, deux fois au Grand théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1791.
Synopsis vignette|gauche|upright=0.7|Représentation de Monsieur de Pourceaugnac dans le cadre du festival Le Mois Molière à Versailles en
Deux jeunes amants, Éraste et Julie, vivent à Paris. Ils se rencontrent en secret de peur qu'Oronte, le père de Julie, découvre leur relation. Oronte a donné sa fille en mariage à un certain Léonard de Pourceaugnac, bourgeois de Limoges. Dégoûtés par cette idée, les deux amants font appel à une entremetteuse, Nérine, et à un fourbe napolitain, Sbrigani, pour contrer le projet d'Oronte. Dès son arrivée, la ville entière essayera de ridiculiser le nouvel arrivant, et de le dégoûter de la vie urbaine.
Éraste survient et dit reconnaître en monsieur de Pourceaugnac un ancien ami, bien qu’ils ne se soient jamais vus, de sorte que celui-ci accepte l’hospitalité qui lui est proposée. Après avoir gagné sa confiance, Sbrigani et Éraste, feignant de le protéger, emploient de multiples moyens pour se débarrasser de lui. Ils persuadent deux médecins que monsieur de Pourceaugnac est fou. Ceux-ci discutent de la maladie de ce malade, lequel ne comprend rien à ce qui se passe. Or plus Pourceaugnac se prétend sain d’esprit et proteste, plus ils sont convaincus de son déséquilibre mental et lui imposent des saignées et des lavements. Après avoir échappé de justesse à une phlébotomie complète, monsieur de Pourceaugnac est accusé par un soi-disant marchand flamand d'avoir d’innombrables dettes envers lui. Peu après, Sbrigani vient trouver le Limousin pour le convaincre de ne pas épouser Julie, car elle serait une vilaine coquette. Cette dernière rentre alors soudainement en scène et affirme être follement amoureuse du jeune malheureux. Monsieur de Pourceaugnac, persuadé de la coquetterie de sa promise, refuse de l'épouser. Au moment où il veut quitter la scène, deux femmes s'acharnent sur lui et affirment qu'il est leur époux et le père de leurs multiples enfants. Monsieur de Pourceaugnac, accusé de polygamie, n'a alors qu'une dernière possibilité : la fuite. Et c'est vêtu d'un habit de femme qu'il réussira à échapper à la justice. Sbrigani convainc alors Oronte que monsieur de Pourceaugnac lui a enlevé sa fille, et ce n'est qu'en feignant de la sauver qu'Éraste obtiendra la bénédiction d'Oronte qui acceptera enfin le mariage des deux amants.
Distribution vignette|upright=0.7|Monsieur de Pourceaugnac représenté par Janet-Lange dans la scène 10 de l'acte 2 : « mon papa ! » crient les enfants, 1851 Les différents personnages intervenant dans la comédie sont :
Les différents personnages intervenant dans le ballet sont :
Acteurs ayant créé les rôles Personnage Acteur Monsieur de Pourceaugnac Molière Oronte Béjart Éraste La Grange Julie Mademoiselle Molière Nérine Madeleine Béjart ou La Grange Lucette André Hubert
Commentaires vignette|upright=0.7|Lucette aux côtés de Molière sur le monument de Pezenas Au lendemain de la première de Chambord, le , La Gazette, l'organe de presse officieux du royaume créé par Théophraste Renaudot, écrit : .
Dans sa lettre datée du , le gazetier Charles Robinet, écrit les vers suivant : . Après les quatre premières représentations en public, dans sa lettre datée du , il ajoute quelques détails concernant l'origine de la pièce : .
En 1758, l'écrivain, philosophe et encyclopédiste français Denis Diderot, dans un Discours sur la poésie dramatique écrit .
Dans son ouvrage Recréations littéraires paru en 1766, François-Louis Cizeron-Rival écrit .
Comme c'est souvent le cas dans les pièces de Molière, les dupes sont les vieillards (ici Oronte, père de Julie) ou l'étranger (ici, Léonard de Pourceaugnac, principale victime).
Avec la publication de Monsieur de Pourceaugnac, Molière signe l'une des premières œuvres du genre nouveau qu'est la comédie-ballet.
Pourceaugnac est le nom donné à la terre imaginaire évoquée dans la pièce. Molière aurait eu l'idée d'écrire cette comédie afin de ridiculiser les Limousins après avoir été mal accueilli à Limoges comme acteurNotice en introduction à . ou après avoir rencontré un gentilhomme ridicule à Ambazac..
Des couplets des scènes XIII et XVI du premier acte sont rédigés en italien ; des passages du deuxième acte sont écrits en languedocien (dialecte de l'occitan) et picard (langue d'oil).
À la fin du , le sculpteur Jean-Antoine Injalbert choisit le personnage de Lucette pour figurer aux côtés de Molière sur un monument érigé en 1897 dans le square Molière de Pézenas (Hérault), ville française dont Lucette est originaire dans la pièce.
Réplique (Sbrigani, acte III, scène 2, page 113 de l'édition originale).
Illustrations La pièce a été illustrée dans plusieurs ouvrages, notamment dans :
Un tableau de Gilbert Stuart Newton en 1824 : M. de Pourceaugnac, ou le patient en dépit de lui-même. Monsieur de Pourceaugnac ; suivi de Le sicilien d'Émile de La Bédollière, 1851, illustré par Janet-Lange :
Œuvres complètes de Molière précédées de l'histoire de la vie et des ouvrages de Molière de Jules-Antoine Taschereau, 1857 par le peintre et illustrateur français Jean Alfred Gérard-Séguin :
Analyse historique "Les riches bourgeois fraîchement anoblis pouvaient concurrencer victorieusement les gentilshommes sur le plan matériel, mais il leur fallut du temps pour se comporter comme de véritables nobles. A la cour, ils risquaient constamment d'être "remis à leur place" (comme on dit ) car ils ne pouvaient rien contre ces armes terribles que représentent le ridicule et le mépris. Plusieurs pièces de Molière, comme Le Bourgeois gentilhomme et surtout Monsieur de Pourceaugnac, constituent de belles illustrations de ce racisme de classe."(Gérard Noiriel, Histoire populaire de la France, )
Adaptations Il existe plusieurs adaptations de la pièce de Molière tant au cinéma qu'au théâtre.
Théâtre
Il Signore di Pourceaugnac, opéra-bouffe représenté le au théâtre Feydeau ; Le nouveau Pourceaugnac ou l'Amant ridicule, comédie en prose en cinq actes du baron de Cholet, marquis de Dangeau écrit en 1815 ; L'original de Pourceaugnac ou Molière et les médecins, folie-vaudeville en un acte de Théophile Marion Dumersan représentée le au théâtre du Vaudeville ; Encore un Pourceaugnac, parfois intitulé Le nouveau Pourceaugnac, comédie-vaudeville en un acte d'Eugène Scribe et Charles-Gaspard Delestre-Poirson jouée pour la première fois le au théâtre du Vaudeville. Variation de la pièce de Molière dans laquelle Pourceaugnac triomphe ; Monsieur de Pourceaugnac, ballet d'action comique en deux actes de Jean Coralli et Armand-François Jouslin de La Salle représenté le au théâtre de la Porte-Saint-Martin ; Monsieur de Pourceaugnac, opéra-bouffe en trois actes de Castil-Blaze sur des musiques de Gioacchino Rossini, Carl Maria von Weber, datant de 1826 et représenté le au théâtre de l'Odéon ; Il Signor di Pourceaugnac, opéra-bouffe en trois actes d'Alberto Franchetti représenté le à la Scala de Milan. Monsieur de Pourceaugnac, comédie mise en musique par le compositeur suisse Frank Martin en 1960..
Cinéma Monsieur de Pourceaugnac, film de Gaston Ravel et Tony Lekain réalisé en 1930 Monsieur de Pourceaugnac, captation réalisée pour le cinéma par Michel Mitrani et sortie le avec Michel Galabru, Roger Coggio, Fanny Cottençon, Jérôme Anger, Jean-Paul Roussillon, Rosy Varte, Michel Aumont, Anne-Marie Besse, Jean-Pierre Castaldi..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
René Fage, Molière et les Limousins, rééd. éditions L'étang Moderne, 2022, .
Articles connexes Genre théâtral Histoire de la danse
Liens externes
Notice de Monsieur de Pourceaugnac sur www.toutmoliere.net édité par l’office de tourisme de l'intercommunalité française Pézenas-Val d’Hérault
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