Gadagne et ses deux musées forment un ensemble muséal à Lyon, en France. Situé dans le 5 arrondissement dans le quartier Saint-Jean, l'un des trois quartiers du Vieux Lyon avec Saint-Paul et Saint-Georges, il est installé dans l'hôtel des Pierrevive, rebaptisé « Hôtel de Gadagne ». Gadagne abrite deux musées de France, le MHL - Musée d'Histoire de Lyon et le MAM - Musée des arts de la Marionnette, un petit théâtre proposant une programmation de spectacles de théâtre de marionnettes et de conférences, une boutique, un café-restaurant et un jardin suspendu surplombant la ville.

L'hôtel de Gadagne vignette|gauche|Entrée du 12, rue de Gadagne. Le site n'a été que ponctuellement occupé entre le et le . Il faut attendre le pour voir l'apparition d'un bâtiment d'importance. Assise sur une terrasse, cette maison est implantée sur une longue parcelle, propriété de Guido d'Albant, qui s'étend depuis la montée Saint-Barthélémy jusqu'à la rue du Palais (actuelle rue Saint-Jean). La maison est équipée d'une glacière et ornée de vitraux, de fenêtres à colonnettes, de carreaux vernissés, qui en font une demeure luxueuse pour cette époque-là. Très vite, on procède à des modifications, peut-être au moment où les d'Albant vendent la propriété à Pierre et Claude de Pompierre, entre 1371 et 1388. Au , le plan du bâtiment n'est pas altéré, mais on en modifie la circulation. Il semblerait qu'il y ait eu sur cette parcelle deux maisons : celle du Palais (à l'emplacement du 2, rue Saint-Jean aujourd'hui) et celle de la Boyssette, à l'arrière. Cette dernière se trouvait en partie à l'emplacement des bâtiments sur la rue Gadagne. Elle était dotée de dépendances, dont une grange, en lieu et place au rez-de-chaussée des bâtiments donnant sur la grande cour. Ce bâtiment agricole est réaménagé en lieu de résidence au tournant du : les murs sont réhaussés, de nouvelles fenêtres sont percées. Dans un second temps, sur les pentes aménagées en plates-formes, d'autres maisons sont construites, sans doute toujours de dépendances de la maison de la Boyssette. Au cours du , la propriété change de mains et c'est finalement Jean de Vareys qui la cède aux frères Amédée, Jean-Michel Michelet et André de Pierrevive, entre 1489 et 1492. Ces derniers se lancent dans une grande entreprise de reconstruction, commençant par détruire la maison des Boyssette et vendent la partie orientale de la parcelle (entre la rue Gadagne et la rue Saint-Jean actuelles) à un certain Guillaume. En 1538, Marie-Catherine de Pierrevive, épouse d'Antoine de Gondi, devient propriétaire de tout le sud de la parcelle. On sait que la même année Thomassin Gadagne est locataire d'une maison dans la moitié nord de la parcelle appartenant toujours à Antoine de Pierrevive, baron de Vaulx.

Aujourd'hui, les musées sont donc situés dans l'hôtel de Gadagne, un hôtel particulier aménagé au début du par les frères Pierrevive et loué par le marchand-banquier Thomas II de Gadagne à partir de 1538. Racheté en 1545 par ses fils, Guillaume et Thomas III, l'édifice subit aussitôt un remaniement. La mésentente entre les deux frères est telle qu'ils occupent chacun un des deux corps principaux de l'hôtel, ce qui ne les empêche pas de mener grande vie et de donner de nombreuses fêtes somptueuses. Ils seront propriétaires de l'édifice jusqu'en 1581.

Les Gadagne (ou Guadagni) sont une riche famille d'origine florentine, présente à Lyon dès le début du Jean Pelletier, Connaître son arrondissement, le , éditions lyonnaises d'art et d'histoire, . Leur fortune colossale, issue du commerce et de la banque Gadagne, inspira en son temps un dicton lyonnais, « riche comme Gadagne ». En effet, Thomas Ier de Gadagne, grand oncle de Guillaume et Thomas III, fut, de loin, l'homme le plus riche de Lyon, prêtant largement à différents rois de France et finançant une expédition vers le nouveau monde. Il offre à Louise de Savoie une partie de la rançon qui permettra la libération du roi François , prisonnier en Italie après la bataille de Pavie en 1525.

Au , l'hôtel est découpé en petits logis et ne doit son salut qu'à son rachat partiel par la ville de Lyon en 1902. , on emprunte une rampe aboutissant sur la porte surmontée d'un premier corps de bâtiments. On pénètre alors dans une cour majestueuse de grande dimension, ornée d'un puits, flanquée au fond par une galerie de passages superposés qui permettent la circulation entre les deux corps de bâtiments à chaque étage.

Les musées Dès 1923, Émile Leroudier, avec l'approbation d'Henri Focillon, directeur des musées de Lyon, définit le projet de musée de la façon suivante : . Le bâtiment est classé monument historique en 1920. Il a été acquis par étapes par la ville de Lyon entre 1902 et 1941..

Le , le conseil municipal de Lyon prend la décision d'entreprendre d'importants travaux d'agrandissement et de rénovation., qui débutent cette même année. Le musée Gadagne reste cependant ouvert au public jusqu'en Chambre de commerce et d'industrie de Lyon, Le tourisme urbain dans la région lyonnaise, novembre 2004.. Après dix ans de chantier et une grande campagne de fouilles archéologiques, le musée rouvre partiellement en Anne-Caroline Jambaud, "Lyon au : utopies et progrès", Lyon capitale, 18 avril 2007. (salles d'exposition temporaire), puis totalement en ..

Le MHL - Musée d'histoire de Lyon gauche|vignette|222x222px|Grande vue de Lyon, 1625 L’idée de créer un musée du Vieux Lyon est avancée dès 1874 par Léopold Niepce, président de la Commission des bibliothèques et des archives dans un rapport au préfet du Rhône. Il s’agissait de créer un nouveau musée consacré à l’histoire de la ville, distinct du musée des Beaux-Arts et de réunir dans un même lieu des collections qui se trouvaient dans différents bâtiments, au Palais-Saint-Pierre ou à l’Hôtel de Ville. Ce projet mettra près de cinquante ans à se réaliser, soutenu notamment par des campagnes de presse et par la commission archéologique du Vieux-Lyon, créée en 1898. Plusieurs édifices seront proposés pour abriter le musée historique, avant que « l’hôtel de Gadagne » ne soit finalement choisi pour la qualité de son architecture et son intérêt historique. Racheté par la Ville en 1902, le bâtiment est classé monument historique en 1920. L’année suivante, le maire de Lyon Edouard Herriot inaugure les premières salles du nouveau « musée de Gadagne », le ..

La collection constitutive du musée est composée de plusieurs ensembles antérieurs, qui avaient été réunis à l’Hôtel de Ville, puis dispersés (Palais des Arts, Archives municipales…) : collection de Sébastien-Louis Rosaz. (près de 10 000 objets acquis en 1846), fonds François Morel (légué en 1916), objets provenant des démolitions et des fouilles du siècle et dons divers, notamment de Félix Desvernay, ancien bibliothécaire, qui sera le premier conservateur du musée.

À partir des années 1930, le noyau initial est enrichi d’achats, de dons et de legs, notamment grâce à l’action de la Société des Amis de Gadagne fondée en 1928. Les collections s’orientent nettement vers les arts graphiques et décoratifs (estampes, étains, faïences, ébénisterie…). Parmi les œuvres conservées par le musée figure une suite de quatre fauteuils à la reine attribuée à Pierre Nogaret, reçue par le MHL en 1980 ; ces sièges se distinguent par leur bois doré et leur garniture amovible à châssis, deux caractéristiques rares dans la production lyonnaise du XVIIIe siècle. Elles continuent également de s’enrichir de fonds de personnalités politiques (Justin Godard, Edouard Herriot), de collections liées à la franc-maçonnerie et au compagnonnage, ainsi que des dévolutions de mobilier archéologique pour les périodes postérieures à l’Antiquité.

Après le constat d'une nécessité de restaurer le bâtimentSimone Blazy, "Le renouveau du musée", in Christine Becker, Isabelle Parron-Kontis et Sophie Savay-Guerraz, Le Musée Gadagne : archéologie et histoire au cœur d'un projet patrimonial à Lyon, Lyon, Association de liaison pour le patrimoine et l'archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, « Documents d'archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne / Série lyonnaise, 10 » (n° 29), 2006, ., Gadagne ferme en 2003 et met en œuvre un programme de rénovation et d'agrandissement du bâtiment. Il rouvre le . En 2019, le MHL se lance dans un chantier de refonte de son parcours permanent. Ce programme divisé en quatre parties s'achèvera en 2024, au rythme de l'ouverture d'une nouvelle séquence chaque année.

Les espaces de ce nouveau parcours sont dans l'ordre : Portraits de Lyon présentant l'évolution historique de la ville, Les Pieds dans l’eau, vivre avec le Rhône et la Saône autour des cours d'eau lyonnais, Qu’est-ce que tu fabriques sur l'histoire ouvrière et industrielle, et Lyonnaises, Lyonnais ! Pouvoirs et engagements dans la cité contenant des objets et portraits liés à la politique et les célébrités locales..

Le MAM - Musée des arts de la marionnette vignette|Marionnette à fil de Polichinelle. Le musée des arts de la marionnette (auparavant Musée International de la Marionnette, puis Musée des Marionnettes du Monde), organisé autour de la marionnette originale de Guignol, est installé dans l'hôtel de Gadagne. Depuis 1950, date de sa création, la visite des collections de marionnettesCollections de marionnettes des Musées Gadagne dans le Portail des arts de la marionnette. faisait partie intégrante du parcours du musée d'histoire de Lyon en raison de l'ancrage local de la figure emblématique de Guignol. À la suite des travaux de rénovation des années 2000, ces collections sont désormais regroupées dans un espace muséographique autonome.et distinct du Musée d'Histoire de Lyon.

En , les trois premières salles du parcours sont rénovées et le musée est rebaptisé musée des arts de la marionnette.. Les six salles suivantes restent ordonnées selon le parcours classique, mais leur réaménagement est prévu pour 2019.

Le parcours du MAM est désormais amené à évoluer tous les quatre ans. En , il est renouvelé à 60%, avec 110 nouveaux objets, dans le cadre d'une nouvelle exposition permanente dont les rotations des collections sont dénommées du mot allègre "Virevolte". La découverte des arts de la marionnette se fait au long d'un parcours immersif qui répond à quatre grandes questions :

Qu'est-ce que la marionnette ? D'où vient la marionnette ? A quoi sert la marionnette ? Comment se joue la marionnette ?

Une grande place est donnée aux artistes contemporains et aux compagnies de marionnettes, mais aussi aux visiteurs. En plusieurs endroits du parcours, ils peuvent apprendre, à travers des tutoriels réalisés avec des marionnettistes et grâce à des marionnettes professionnels mises à leur disposition, à effectuer les premiers gestes techniques qui donnent vie à ses objets de scène. La présentation des spectacles des compagnies contemporaines permet quant à elle de comprendre que les sujets actuels sociaux et sociétaux sont traités dans leur création, faisant de cet art un autre art contemporain.

La salle Carte Blanche La salle Carte Blanche est un salle unique dédiée, via une exposition renouvelée tous les deux ans, à mettre en lumière l'univers artistique d'une compagnie ou d'un marionnettiste contemporain, mais aussi aux visiteurs qui peuvent en plusieurs endroits du parcours découvrir les secrets de la manipulation des marionnettes. Dans la dernière salle, les visiteurs de tous âges peuvent prendre en main des marionnettes de plusieurs techniques et, à l'aide de tutoriels réalisés avec des marionnettistes, s'adonner à l'exercice de donner à vie à ses objets de théâtre.

Du le à avril 2025, l'exposition était consacrée à Michaël Meschke, marionnettiste suédo-français qui a fait don au musée de 44 marionnettes parmi 6 spectacle de de sa longue carrière. La salle carte blanche expose les marionnettes des spectacles Le Petit Prince, Antigone et Don Quichotte.