Aruba () est une île néerlandaise de la mer des Caraïbes, située au large des côtes du Venezuela, faisant partie des Petites Antilles. L'île forme un État autonome (pays constitutif) au sein du royaume des Pays-Bas, le pays d'Aruba ( en néerlandais, en papiamento), depuis qu'elle s'est séparée des Antilles néerlandaises en 1986.
Aruba s'étend sur 189 km et compte (2010), dont vivent à Oranjestad, capitale de l'île. Son niveau de développement est élevé et sa monnaie est le florin arubais.
Géographie vignette|gauche|Carte de l'île d'Aruba. L'île d'Aruba est située en mer des Caraïbes, au nord de l'État vénézuelien de Falcón. Elle fait partie de l'archipel des Antilles. L'île se situe à au nord de la péninsule de Paraguaná, sur la côte septentrionale du Venezuela.
Aruba possède peu de végétation tropicale, mais ses plages de sable blanc font sa renommée auprès des touristes. Comme la métropole, Aruba est un pays plat dont le point culminant est le mont Jamanota à .
L'île est orientée nord-ouest sud-est sur une distance de . La superficie d'Aruba est de . Son littoral a une longueur de .
Les villes principales sont Oranjestad (capitale), Sint Nicolaas, Santa Cruz et Noord.
Climat
Aruba a un climat tropical chaud et très sec, voire semi-désertique mais cependant rafraîchi par des vents venant de l'océan Atlantique. Les températures sont quasi constantes, autour de . Très sèche, elle ne comporte qu'une petite part de la flore tropicale que l'on retrouve ailleurs dans les Caraïbes.
L'île reçoit entre d'eau par an, ce qui est très peu par rapport au reste des Antilles, et la végétation n'y est pas très développée. On compte seulement de pluie par an. En hiver, seulement à la mi-novembre, l'île est arrosée, avec neuf jours de pluie environ, alors qu'on ne compte aucun jour de pluie durant tout le printemps. La température moyenne est de .
Histoire
L'île d'Aruba est d'abord peuplée d'Amérindiens , une tribu arawak venue de l'actuel Venezuela vers l'an 1000. En 1499, l'explorateur espagnol Alonso de Ojeda accoste sur l'île. Celle-ci devient un refuge de pirates et de boucaniers espagnols, puis un immense ranch où les Espagnols introduisent chevaux, moutons, chèvres, cochons. Contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs, les Espagnols n’exterminent pas les Arawaks mais leur permettent d'élever du bétail. Encore aujourd'hui, beaucoup d'Arubais ont des ancêtres amérindiens. Aruba reste sous contrôle espagnol jusqu'en 1636, date à laquelle le royaume des Pays-Bas en fait une colonie.
Après la cession de l'île par les Espagnols, des Juifs marranes fuyant les persécutions dans leurs pays (Espagne et Portugal) viennent s'installer dans l'île. Aruba change à plusieurs reprises de statut : propriété de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, colonie rattachée à la Guyane hollandaise et même, à deux reprises, les Néerlandais doivent cohabiter avec les Britanniques (1799-1802 et 1805-1816) sans qu'il apparaisse clairement qui détenait le pouvoir effectif à Aruba. Le gouverneur néerlandais entre 1642 et 1646 s'appelait Pieter Stuyvesant : il deviendra ultérieurement le gouverneur de la province néerlandaise de Nouvelle-Néerlande jusqu'à son annexion par les Anglais en 1664 sous le nom de Province de New York.
Pendant les guerres napoléoniennes, l'Empire britannique a pris le contrôle de l'île, entre 1799 et 1802, et entre 1804 et 1816, avant de la rendre aux Hollandais.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Pays-Bas sont occupés par l'Allemagne nazie à partir du . Le lendemain, les Britanniques placent l'île sous leur protection avant de la laisser aux États-Unis du jusqu'à la libération des Pays-Bas en 1945.
Le , la Couronne néerlandaise accepte le principe de l'autodétermination pour Aruba. Les Antilles néerlandaises prennent leur autonomie le et Aruba fait partie de cet ensemble constitué des îles Sous-le-Vent (Aruba, Bonaire et Curaçao situées près de la côte du Venezuela) et des îles du Vent (Saint-Martin, Saba et Saint-Eustache situées à l'est de Porto Rico). Une constitution est établie en . Désormais, le royaume des Pays-Bas est constitué de deux entités de droit égal que sont les Pays-Bas et les Antilles néerlandaises.
Pour commémorer l'accord de 1948, la date du est choisie comme fête de l'île (on ne peut dire fête nationale, puisqu'il ne s'agit pas d'une nation). Depuis le , c'est le « jour du drapeau », date à laquelle sont adoptés en même temps le drapeau et l'hymne « Aruba Dushi Tera » (qui signifie « Aruba, terre précieuse »).
Au sein des Antilles néerlandaises, l'île d'Aruba ne tarde pas à exprimer sa défiance envers l'île de Curaçao, dominante et lieu de la capitale Willemstad. Elle exprime des velléités de séparation, qui reposent en bonne partie sur une démographie différente. Aruba est majoritairement peuplée d'habitants métis alors que Curaçao a une majorité noire et une minorité blanche. En outre, tout comme Curaçao, Aruba dispose d'importantes ressources grâce à la raffinerie du pétrole vénézuélien. Par ailleurs, une partie de la population est favorable à un rapprochement avec le Venezuela.
Lors d'un référendum organisé en 1977, la population vote largement pour l'indépendance de l'île. Des négociations commencent. Le , des représentants de la Couronne néerlandaise, de chacune des îles des Antilles néerlandaises et des Pays-Bas acceptent au traité de La Haye le principe de l'autonomie de l'île d'Aruba, autonomie vis-à-vis des Antilles néerlandaises et non du royaume. L'autonomie est effective le . Le royaume est alors constitué de trois entités. L'accord de 1983 prévoyait l'indépendance dix ans plus tard, en 1996, mais le gouvernement arubais a préféré demander en 1994 la suspension de cette clause. La stabilité politique offerte par le maintien des liens avec les Pays-Bas et, a contrario, les difficultés rencontrées par le Surinam depuis son indépendance en 1975 ont joué dans la décision de repousser sine die la perspective de la pleine souveraineté, en dépit de l'émergence du tourisme comme source de richesse pour l'île..
Politique Le pays d'Aruba est un pays constitutif du royaume des Pays-BasSur cia.gov..
Constitution Le souverain des Pays-Bas, Willem-Alexander depuis le , est le chef de l'État. Des élections législatives ont lieu tous les quatre ans pour désigner les du Parlement monocaméral appelé les États (Staten). Le Parlement nomme les sept membres du Conseil des ministres et le Ministre-président, qui les dirige. Le Conseil des ministres propose au souverain un gouverneur, dont le mandat est de six ans, et qui représente la Couronne sur l'île d'Aruba.
Gouverneur
Le gouverneur représente le chef de l'État néerlandais à Aruba. Depuis le , cette fonction est occupée par Alfonso Boekhoudt.
Ministre-président
Le ministre-président est le chef du gouvernement d'Aruba. Depuis le , cette fonction est occupée par Mike Eman, membre du Parti populaire arubais.
Partis politiques
Le Parti populaire arubais, AVP (Arubaanse Volkspartij / Partido di Pueblo Arubano) est un parti traditionnel chrétien-démocrate. Le Mouvement électoral du peuple (Movimiento Electoral di Pueblo en papiamento, le créole local) est un parti social-démocrate. DR (Démocratie réelle). MAS (Mouvement solidaire arubais). Aliansa (Alliance démocratique arubaise). PDA (Parti démocratique arubais), chef : Leo Berlinski. OLA (Parti libéral arubais), chef : Glenbert Croes. PPA (Parti patriotique arubais), chef : Benny Nisbet. CLA (Concentration pour la libération d'Aruba). PARA (Pour Aruba renouvelée maintenant), chef : Urbana Lopez. ADN (Action démocratique nationale), chef : Pedro Charro Kelly. POR (Peuple fier et respecté). RED (Réseau électoral démocratique).
Parlement
Les États d'Aruba (Staten van Aruba) est le Parlement de l'île. Il comprend élus pour quatre ans. Depuis les élections du , l'AVP et le MEP détiennent chacun neuf sièges, POR 2 et le RED 1.
Démographie vignette|redresse=1.2|Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
En 2006, la population d'Aruba est de . Elle est composée à 20,7 % de personnes de , à 68,3 % de personnes de et de 11 % de personnes de ou plus. Sa densité est de . En 2003, l'espérance de vie des hommes est et celle des femmes est .
En 2003, le taux de croissance de la population est 0,55 %, son taux de natalité est de en 2001, le taux de mortalité est de la même année et le taux de mortalité infantile est en 2003.
Les habitants de l'île ont des origines diverses. La majorité de la population d'Aruba est métisse, avec des origines européennes, amérindiennes et africaines. Plus de 90 nationalités différentes vivent également sur l'île.
Langues
En 2010, 69,4 % de la population parle le papiamento, un créole à base lexicale portugaise, 13,7 % l'espagnol, 7,1 % l'anglais, 6,1 % le néerlandais, 1,5 % une langue chinoise et 2,1 % une autre langue..
Religions
Selon le Pew Research Center, en 2010, 91,9 % des habitants d'Aruba sont chrétiens, principalement catholiques (82,8 %) et dans une bien moindre mesure protestants (7,3 %)..
Économie
Avant l'arrivée des Espagnols, Aruba cultivait essentiellement l'aloès, mais on ne sait pas grand-chose de l'économie de cette époque.
En 1825, les Néerlandais découvrent de l'or. C'est le premier âge de prospérité de l'île avec l'ouverture de mines et l'afflux de chercheurs d'or.
En 1924, Aruba profite de sa position au sortir du golfe pétrolier du Venezuela et du lac Maracaibo pour ouvrir une raffinerie de pétrole, c'est le deuxième âge d'abondance pour Aruba. En 1985, la raffinerie Lago qui appartient à une filiale d'ExxonMobil ferme : le gouvernement perd 30 % de ses recettes et entre en récession l'année suivante. En 1990, la raffinerie est rénovée puis achetée et rouverte par un autre consortium pétrolier américain, El Paso, mais en 2003 ce dernier indique son intention de vendre la raffinerie qui transforme par jour.
Troisième âge d'or : le tourisme. Avec son régime politique stable, son climat quasi idéal et ses plages, Aruba offre aux touristes américains, vénézuéliens et néerlandais une destination qui correspond à la demande d'une île « paradisiaque ». En 2001, le tourisme représente 35 % des emplois et 38 % du PIB de l'île.
Mais le gouvernement cherche d'autres ressources pour une île qui n'exporte que son pétrole raffiné. Il jette son dévolu sur les très rentables « services financiers off-shore ». Beaucoup de voisins antillais d'Aruba (Grenade, les Îles Caïmans, Antigua-et-Barbuda, etc.) ont déjà trouvé leur compte dans cet exercice. Mais la métropole et l'Union européenne exigent une plus grande transparence sur les transactions bancaires (en particulier via le GAFI). À partir du , les voyageurs avec plus de (le taux du florin arubais est fixé par rapport au dollar américain à 1,79 florin par dollar) en espèces doivent déclarer cette somme aux douanes arubaises. Aruba possède sa propre banque centrale, ce qui lui offre une certaine latitude dans ses politiques économiques, mais a dû promettre à l'OCDE d'aligner son système bancaire d'ici 2006. Aruba essaie toujours de développer ce secteur, sachant que le domaine est immense et flou.