Les Alpes-de-Haute-Provence ()Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API., appelées Basses-Alpes jusqu'en 1970, en provençal respectivement Aups-d'Aut-Provenço (prononciation : « Aw d'Awt'-prouvince ») et Bassas-Aups (prononciation : « Basse-Aw »), sont un département français de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 04. Sa préfecture est Digne-les-Bains.

Gentilé Ses habitants se nomment les Bas-Alpins (Bas-Alpines au féminin), en référence au nom de « Basses-Alpes » que portait le département jusqu'au .

Géographie vignette|Carte du département.

Avec une superficie de , le département occupe la dix-septième place des plus grands départements..

Limitrophe de l'Italie, le département des Alpes-de-Haute-Provence est entouré par les départements des Alpes-Maritimes, du Var, du Vaucluse, de la Drôme et des Hautes-Alpes. Il peut être divisé en trois zones en fonction du relief, du climat, du peuplement et de l'économie : les plateaux, collines et vallées de Haute-Provence, qui regroupent un tiers de la surface mais deux tiers de la population, la quasi-totalité de l'activité économique en dehors du tourisme de montagne et les villes les plus importantes du département. La vallée de la Durance, artère du département, coupe cette zone en deux moitiés ; les Préalpes, zone de montagne intermédiaire aux vallées encaissées et aux villages très enclavés ; les Grandes Alpes, qui regroupent là les vallées de l'Ubaye, de la Blanche et du haut Verdon (en amont de Colmars-les-Alpes), où l'économie s'est reconstruite autour du tourisme de montagne (stations de ski). En Haute-Ubaye, les sommets dépassent d'altitude et tous les cols avoisinent ou dépassent les d'altitude. Dans cette partie du département se trouve une des routes les plus élevées d'Europe : la route départementale D 64 atteint l'altitude de au-dessus du col de la Bonette () et relie le pays de Barcelonnette à la Tinée et à la Vésubie. L'Aiguille de Chambeyron, au Nord-Est, est le point culminant du département avec d'altitude.

Le relief compartimente la région : les vallées encaissées sont difficiles d'accès, divisant le pays en autant de terroirs ne communiquant que très peu avec l’extérieur. En 1877, n’avaient pour seul accès que des sentiers ou des chemins muletiers, ..

L'aléa sismique est modéré (zone 3) à moyen (zone 4), différentes failles comme celle de la Durance étant situées dans le département Décret de l'aléa sismique dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, 2010..

Les villes de plus de sont Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron, Oraison, Forcalquier et Château-Arnoux-Saint-Auban.

Environnement Les prairies du département sont envahies par Xeropicta derbentina, un petit escargot blanc originaire des steppes allant du Caucase à la Croatie, qui monte par groupes sur les herbes. Généralement, il ne cause pas de dommages à la flore, mais il peut introduire des parasites dans les poumons des moutonsRose-Marie Pous, L'escargot, Chroniques de Haute-Provence, Digne-les-Bains, Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, , , 2010, ..

Hydrologie vignette|Hydrologie et topographie.

La rivière principale est la Durance, qui s'écoule dans la moitié occidentale du département. C'est dans cette vallée qu'on trouve les axes de circulation les plus importants (autoroute A51, voie ferrée, nationale). La quasi-totalité du département se situe dans le bassin versant de la Durance, à l'exception de l'extrême Sud-Est (cantons d'Annot et Entrevaux) drainé par le Var. Ses principaux affluents dans le département sont l'Ubaye, la Bléone, l'Asse et le Verdon pour la rive gauche, le Buëch, le Jabron et le Largue pour la rive droite. La Durance et ses affluents ont un caractère torrentiel, avec une transition entre le régime nival des plus hautes vallées et le régime pluvial méditerranéen en moyenne montagne et plus bas. Les étiages estivaux sont sévères et les crues violentes surviennent lorsque de fortes précipitations s'abattent, souvent en automne. La Durance, le Verdon, la Bléone puis le Buëch ont été aménagés au avec la construction de plusieurs barrages, dont celui de Serre-Ponçon, à cheval sur la limite avec le département voisin des Hautes-Alpes, et la déviation d'une partie des cours d'eau pour l'irrigation et la production d'électricité.

Climatologie

Le climat des Alpes-de-Haute-Provence est un climat méditerranéen dégradé par l'altitude et la latitude. De fait, si dans les basses vallées et plateaux de Haute-Provence règne un climat méditerranéen d'arrière-pays, plus contrasté que sur la côte, celui de la vallée de l'Ubaye est caractéristique des Alpes internes, avec une continentalité assez marquée : les hivers y sont très rigoureux et les étés orageux. Entre les deux, les deux influences se mélangent dans la zone des Préalpes. Les caractéristiques des deux tendances climatiques se retrouvent dans tout le département avec plus ou moins d'intensité : un air sec et très peu de brouillard (moins de vingt jours par an) ; des précipitations peu fréquentes (moins de quatre-vingt-dix jours par an) et brutales (cumuls annuels de ) ; des orages fréquents en montagne l'été ; un excellent ensoleillement en toute saison ( par an) ; des amplitudes thermiques élevées, diurnes (plus de ) et annuelles () ; des hivers frais et lumineux ; des étés très chauds à peine tempérés par l'altitude.

De ce fait, la Haute-Provence est très intéressante pour tous les astronomes européens à la recherche d'un ciel nocturne souvent dégagé et épargné par la pollution lumineuse. De nombreux observatoires amateurs ont été construits, et l'observatoire de Haute-Provence, un des plus grands observatoires d'Europe continentale, est un centre de recherche en astronomie très actif.

Démographie Victime de l'exode rural jusqu'au milieu du , le département des Alpes-de-Haute-Provence a vu sa population augmenter depuis 50 ans, même si la population d'aujourd'hui se concentre dans les zones les moins enclavées et ne cultive plus la terre.

Un peuplement peu dense et très inégal Le département des Alpes-de-Haute-Provence est l'un des moins densément peuplés de France avec . La population se concentre essentiellement dans les vallées de la Durance, de la Bléone (jusqu'à Digne) et sur les plateaux proches. Le reste du département est très peu peuplé (moins de sur la majeure partie du territoire).

La moitié des communes a moins de deux cents habitants, dix-sept communes en ont moins de cinquante, et de nombreux hameaux ont été abandonnés. Les villes sont petites : seules sont considérées comme urbaines par l'INSEE et seules trois agglomérations, celles de Sisteron, Digne-les-Bains et Manosque, dépassent les . Les arrondissements de Barcelonnette et de Castellane sont les deux arrondissements les moins peuplés de France. Celui de Barcelonette est le seul de France avec moins de . La ville de Castellane est également la plus petite sous-préfecture de France.

Parmi les trente cantons du département, 11 ont une population résidente inférieure à et six autres une population comprise entre . Seuls six cantons comptent une population supérieure à : Digne Ouest, Forcalquier, Manosque Nord, Manosque Sud Ouest, Sisteron et Volonne.

Communes Communes les plus peuplées

Communes de moins de 20 habitants

Population bas-alpine par arrondissement

Unités urbaines Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, les Alpes-de-Haute-Provence comptaient onze unités urbaines, triées ici selon leur population en 2012 : Manosque : (quatre communes) Digne-les-Bains : (quatre communes) Sisteron : (une commune) Château-Arnoux-Saint-Auban : (trois communes) Forcalquier : (deux communes) Oraison : (deux communes) Villeneuve : (une commune) Les Mées : (une commune) Barcelonnette : (deux communes) Volx : (une commune) Peyruis : (une commune) Gréoux-les-Bains : (une commune)

Aires urbaines Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, les Alpes-de-haute-Provence comptent sept aires urbaines. Cinq communes du département appartiennent aux aires urbaines de Gap (3) et Nice (2).

Rang Nom de l'aire urbaine Population municipale (2012) Nombre de communes 1 Manosque 8 2 Digne-les-Bains 23 3 Sisteron 2 4 Château-Arnoux-Saint-Auban 4 5 Oraison 2 6 Forcalquier 3 7 Barcelonnette 4

Histoire La population était autrefois répartie assez régulièrement sur le territoire, y compris dans les zones montagneuses où l'agriculture de montagne était bien développée. Mais dès le milieu du , elle commença à diminuer en raison d'un fort exode rural. De plus de en 1850, elle tomba à moins de après la Première Guerre mondiale. Il fallut ensuite attendre 1960 pour que la tendance revienne à la hausse, assez fortement d'ailleurs, passant de moins de en 1954 à près de en 1999 et en 2005. Cependant, si ce chiffre se rapproche du nombre d'habitants qu'avait le département plus tôt, la répartition et l'activité de la population sont très différentes. La population se concentre à présent dans la vallée de la Durance et le Sud-Ouest du département, et l'agriculture emploie bien moins qu'avant. Le tertiaire, essentiellement le tourisme et les services de proximité, est à présent le principal secteur d'activité.

En 2016 elle compte et une densité de .

Le département ne s’est jamais vraiment industrialisé ; il comptait mines en 1870 (une de plomb, quatre de schistes bitumineux, et )..

Pyramide des âges

Un département de villégiature

Selon le recensement général de la population, 32,8 % des logements disponibles dans le département sont des résidences secondaires. Le tableau ci-dessous indique les principales communes des Alpes-de-Haute-Provence dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux en 2008.

Ville Population municipale Nombre de logements Résidences secondaires % résidences secondaires Allos 695 92,41 % Uvernet-Fours (Pra Loup) 637 91,99 % Enchastrayes (Le Sauze) 427 89,83 % Saint-Julien-d'Asse 155 408 329 80,62 % Montclar 458 844 78,57 % Le Vernet 126 291 227 77,86 % Villars-Colmars 238 553 429 77,59 % Beauvezer 346 724 544 75,17 % Thorame-Basse 202 415 307 73,95 % Selonnet 430 700 507 72,43 % Colmars (les Alpes) 384 717 504 70,33 % Thorame-Haute 228 463 319 68,90 % Gréoux-les-Bains 68,45 % Saint-Paul-sur-Ubaye 228 327 215 65,75 % Méolans-Revel 330 475 308 64,94 % Esparron-de-Verdon 430 562 328 58,28 % Jausiers 660 57,19 % Seyne (les Alpes) 927 56,30 % Montagnac-Montpezat 413 522 288 55,24 % Barcelonnette 48,17 % Simiane-la-Rotonde 568 488 212 43,38 % Castellane 605 41,53 % Moustiers-Sainte-Marie 710 633 263 41,48 % Entrevaux 925 733 261 35,66 % Saint-André-les-Alpes 937 769 258 33,61 % Annot 832 274 32,91 % Céreste 876 287 32,72 % Saint-Étienne-les-Orgues 984 317 32,22 % Reillanne 269 26,40 % Banon 742 190 25,67 % Riez 319 24,39 % Valensole 272 15,39 % Les Mées 245 13,12 % Forcalquier 326 11,93 % Sources : Source INSEE, chiffres au 01/01/2008.

Histoire

vignette|Carte des Basses-Alpes (1790). Le département des « Basses-Alpes » est l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le , en application de la loi du . Il englobe le Nord-Est montagneux de la Provence, et a été amputé du canton de Sault lors de la formation de Vaucluse en 1793, puis du canton de Barcillonnette rattaché aux Hautes-Alpes en 1810.

Le département compte trois Poilus fusillés pour l'exemple, dont deux communes ont gravé les noms sur leur monument aux morts de la même façon que pour les autres morts de la commune (un à Saint-Michel et l'autre à Méolans-Revel, dont le nom figure également sur le monument de Barcelonnette), celle de Forcalquier s'en étant abstenu. En 2013, le conseil général a officiellement demandé leur réhabilitation« Réhabilitation des fusillés pour l'exemple », Conseil général Alpes-de-Haute-Provence, 120, janvier 2014, 16..