Mandriva Linux (anciennement Mandrakelinux) est un système d'exploitation développé par l'entreprise Mandriva de 1998 à 2012. Ciblant à la fois le grand public et les professionnels, cette distribution GNU/Linux est construite autour de l'environnement graphique KDE.

Mandriva ayant abandonné le projet, il est devenu entièrement communautaire, repris par l'association OpenMandriva pour devenir OpenMandriva Lx.

Présentation

Mandriva Linux se veut comme étant l'une des distributions Linux les plus simples à installer et à utiliser. Proposant de nombreux assistants intuitifs, elle requiert peu de connaissances techniques particulières, notamment parce qu'elle comprend un grand nombre de logiciels déjà installés et intègre des codecs et des greffons souvent utilisés, comme Flash Player.

Comme la plupart des distributions GNU/Linux, elle offre des alternatives compatibles avec les logiciels les plus connus du marché, comme la suite bureautique OpenOffice.org (concurrent libre de Microsoft Office) ou GIMP (concurrent libre de Adobe Photoshop). La distribution propose ainsi plus de fournissant plusieurs milliers de logiciels qui permettent entre autres de lire des fichiers musicaux, regarder des vidéos, sauvegarder et visionner des photos.

Mandriva Linux se base sur l'environnement graphique KDE, qui possède une interface très personnalisable. Il est également possible d'y installer d'autres environnements graphiques, tels GNOME, Xfce ou encore LXDE, mais seule la version KDE est officiellement soutenue par Mandriva.

La plus grosse part de l'activité professionnelle de la société Mandriva tournait autour de sa distribution GNU/Linux. Cela se traduisait par des versions spécialisées du système d'exploitation, du support après-vente, du service de conseil, des formations ou d'autres contrats similaires.

Le nom et le logo

Le dernier nom complet officiel de la distribution est Mandriva Linux.

À l'origine, le nom de la distribution était MandrakeLinux. Mandrake était un nom connu car repris de la bande dessinée Mandrake le Magicien. Un magicien, Leon Mandrake, bien réel lui, a également porté ce nom. Ce nom a été choisi par la distribution car, ayant pour vocation d'être facile à utiliser, il serait aussi facile de configurer son ordinateur qu'en recourant à la magie. Dès ses premières versions et à l'aide de ses assistants, MandrakeLinux permettait de configurer un ordinateur bien plus facilement que les autres distributions : la simplicité comme par magie.

En 2003, Mandrakesoft (ancien nom de l'entreprise) est contraint de modifier le nom de sa société pour Mandriva et celui de son produit phare, pour Mandriva Linux.

Mandriva est le nom dérivé de la fusion entre la société Mandrake et Conectiva, du nom de la distribution brésilienne rachetée par Mandrakesoft en 2005..

Quant au logo, il n'a pratiquement pas été modifié depuis le début. Il s'agit d'une étoile lumineuse, avec sur la pointe droite trois petites étincelles, et une courbe bleue en dessous. L'étoile exprime en elle-même la facilité offerte par Mandriva pour configurer et effectuer les tâches de tous les jours sur son ordinateur, aussi simplement que par la magie, elle aussi évoquée dans cette étoile.

Histoire de la distribution

Le créateur de Mandrakelinux est Gaël Duval, futur cofondateur et ex-employé de Mandriva. La distribution est basée sur Red Hat 5.1, et c'est pourquoi la première version porte le numéro 5.1. Elle est publiée en <ref>Message en anglais « [http://www.indidea.org/gael/mandrake5.1-original-announce.txt Announce : `Linux-Mandrake 5.1 (Venice) : new linux-distribution.] » envoyé par Gaël Duval à la liste de diffusion générale KDE, le .</ref>. C'était une version de Linux pour serveur et station de travail conçue pour être simple à utiliser. À l'époque, RedHat refusait de permettre l'installation par défaut de KDE. La MandrakeLinux 5.1 comblait, entre autres, ce manque.

Fin 1998, la société française Mandrakesoft S.A est créée pour soutenir le développement de la distribution Linux Mandrakelinux. En 2003, après un procès de Hearst Holdings et King Features Syndicate Inc, détenteurs de la licence « Mandrake le Magicien » et qui n'apprécient pas l'utilisation de leur image par la société, Mandrakesoft (ancien nom de l'entreprise) est contraint de modifier le nom de sa société pour Mandriva et celui de son produit phare. En 2005, la société et le produit sont rebaptisés Mandriva et Mandriva Linux, mettant par là-même un terme au conflit en cours avec Hearst Holdings et King Feature Syndicate Inc..

Elle existe en deux éditions : une version gratuite, la One, et une édition payante qui propose plus de logiciels propriétaires par défaut et un support par Mandriva : la Powerpack.

Une troisième édition qui était entièrement composée de logiciels libres, la Free, a existé jusqu'à l'édition 2010.

La distribution gère complètement ou partiellement de nombreuses langues (73 langues en 2004) et fut l'une des premières à présenter une interface d'installation graphique basée sur le langage Perl et GTK entièrement internationalisée, ce qui explique son succès, en Russie notamment.

À la suite du licenciement économique d'une partie du personnel de la société MandrivaEdge-it sur societe.com, la distribution est forkée par ces mêmes anciens employés sous le nom de Mageia en . Mandriva SA a annoncé son intention de soutenir Mageia ainsi que l'association OpenMandriva qu'elle sponsorise et dont elle est membre fondateurBlog de Mandriva SA: Mandriva SA evolves.

La société a été placée en liquidation judiciaire en 2015, mais OpenMandriva et Mageia continuent.

Modes de numération successifs

La distribution Mandriva Linux est dérivée de Red Hat, dont elle reprend le format de paquetages RPM ; ce format facilite l'installation de nouvelles applications. C'est pourquoi la première version de Mandrake ne s'appelle pas 1.0 ni même 0.x, mais 5.1 : comme la version Red Hat dont elle hérite.

Par la suite, Mandriva adopta plusieurs modes de numération différents :

de la version 5.1 à la version 9.2 : un numéro sous la forme x.y, y valant en général de 0 à 2 ; un nom de distribution, selon la pratique consacrée par d'autres distributions (comme Red Hat ou Debian) ; exemples : Mandrake 5.1 Venice, Mandrake 9.2 Fivestar ; de la version 10.0 à la version 10.2 : un numéro de la forme 10.y ; un indicatif de stabilité : Community pour la version en cours de test, Official pour la version stable ; exemples : Mandrakelinux 10.0 Community, Mandrake 10.1 Official ; pour les versions suivantes : un nombre correspondant à l'année : 2006, 2007, 2008, 2009… exemples : Mandriva Limited Edition 2005, Mandriva 2006.

La version 10.2 de la distribution s'appelle également Mandriva Linux Limited Edition 2005, et sert ainsi de transition entre les deux derniers modes de numération.

Médias sources et dépôts de logiciels

Mandriva Linux utilisait un système de médias pour récupérer les logiciels. Les médias sources sont des liens vers des serveurs (les dépôts) où sont stockés les paquetages pouvant être récupérés et installés. Il existe plusieurs médias sources, divisés en quatre catégories, libres ou non libres, et supportées ou non supportées :

+ Catégories de médias sources Libre Non libre Supporté par Mandriva main restricted Non supporté par Mandriva contrib non-free

main : le média principal de Mandriva Linux, regroupant tous les paquetages de base du système (Centre de contrôle, GNOME, KDE, etc.) et supporté par Mandriva ; contrib : un important média de Mandriva Linux contenant de très nombreux logiciels libres conçus par des projets individuels ou communautaires sans lien ou intervention particulière de la part de Mandriva, ne pouvant donc pas profiter du support officiel ; non-free : un important média contenant tous les paquetages et logiciels n'étant pas sous une licence libre. Beaucoup d'entre eux sont des logiciels propriétaires (pilotes NVIDIA, ATI, etc.). Ce média est désactivé par défaut dans l'édition libre Mandriva Free ; backports : un média contenant la version la plus récente des logiciels contenus dans le média désigné, mais n'étant pas aussi bien testés que les logiciels présents dans les médias standards. Il est toujours désactivé par défaut car ces logiciels disposent des toutes dernières fonctionnalités, mais ne sont pas forcément stables. Ce dépôt ne peut garantir la stabilité complète du système ; testing : un type de média de test qui ne devrait être activé que par des personnes averties désirant tester les logiciels dernièrement sortis, mais avec seulement très peu de tests. Les bogues et anomalies peuvent être fréquents dans les logiciels contenus dans ce média ; restricted : ce média n'est présent que dans l'édition Powerpack. Il regroupe tous les logiciels payants et propriétaires, qui sont accessibles uniquement dans l'édition payante de Mandriva ; debug : ce média est très récent. C'est un média spécial permettant entre autres d'installer des paquets spéciaux pouvant servir à mieux analyser des problèmes trouvés dans la distribution.

Il existe plusieurs types de médias : local, FTP, HTTP et liste de miroirs.

Les médias locaux iront chercher les logiciels à installer sur le DVD de Mandriva Linux. Il y en a quatre, un pour chaque type (main, contrib, non-free et éventuellement restricted). Les médias FTP iront chercher les logiciels et les mises à jour directement dans le dépôt correspondant, le dépôt étant en fait un serveur FTP où sont entreposés les paquets des logiciels. Les médias HTTP sont équivalents aux médias FTP, mais utilisant le protocole HTTP, moins rapide pour le téléchargement de fichiers. Les médias de type « Liste de miroirs » contactent le serveur qui leur est indiqué, et sélectionnent le meilleur miroir (serveur) pour télécharger les paquets logiciels.

Des médias PLF () existent pour Mandriva. Ces médias contiennent des logiciels et composants légaux en France, mais pouvant être litigieux dans d'autres pays. Ils contiennent entre autres des codecs Apple et Microsoft ne pouvant être inclus d'office dans Mandriva. Les adresses des serveurs où se trouvent ces médias peuvent être trouvées grâce au site URPMI. Par exemple en France : miroir PLF chez Free.

La configuration des médias sous Mandriva Linux se fait dans le Centre de Contrôle Mandriva ou via le Gestionnaire de logiciels.

Se procurer Mandriva Linux

Il existait deux façons de se procurer Mandriva Linux : par téléchargement ou en l’achetant.

Téléchargement

On pouvait télécharger Mandriva Linux gratuitement et en toute légalité avec des logiciels de pair à pair ; étant sous licence GPL, cette distribution pouvait être copiée, modifiée et redistribuée à volonté.

On pouvait également la télécharger depuis des sites FTP, dont les adresses sont disponibles sur le site de Mandriva. En France, Free mettait à disposition gratuitement cette distribution sur un serveur FTP public en ftp://ftp.proxad.net/mirrors/.

La distribution Mandriva Linux se présentait sous la forme d'un Live DVD installable, disponible en deux versions (32 bits et 64 bits).

Achat

Bien que cette distribution était accessible gratuitement au téléchargement, il était également possible de l'acheter.

La version commerciale (Powerpack) offrait, en plus du contenu de la version libre gratuitement téléchargeable :

Un support DVD, avec une notice papier d'installation et de familiarisation à Mandriva Linux (version PDF pour la version téléchargée). Une assistance technique professionnelle sur le site de support Mandriva Expert (pour un incident) pendant 3 mois. Des pilotes et logiciels propriétaires (pilotes propriétaires de cartes graphiques ATI/NVIDIA, logiciels Adobe Reader, RealPlayer, Skype, Cedega, etc.) disponibles sur les supports DVD ainsi qu'en téléchargement. Les composants matériels propriétaires sont automatiquement reconnus.