, né le à Dunfermline et mort le à Londres, est roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande de 1625 à son exécution en 1649.
Petit-fils de la reine Marie Stuart et fils du roi Jacques Stuart, il succède à ce dernier à sa mort, le . Dès le début de son règne, affronta le Parlement d'Angleterre pour accroître ses revenus, alors que ce dernier cherchait à limiter les prérogatives royales, que le roi considérait être de droit divin. Ses interférences dans les affaires religieuses des Églises d'Angleterre et d'Écosse et ses hausses d’impôts sans l'accord du Parlement furent très mal acceptées par certains prédicateurs protestants, qui le considéraient comme un monarque absolu et un tyran.
Son refus de soutenir durablement les forces protestantes durant la guerre de Trente AnsIl a soutenu les huguenots lors du siège de La Rochelle de 1627 à 1628., associé à son mariage avec une princesse catholique, Henriette-Marie de France, soulevèrent également des interrogations quant à sa religion. s'allia à des figures ecclésiastiques controversées, comme Richard Montagu et William Laud, qu'il nomma archevêque de Cantorbéry. Tout cela fit que de nombreux sujets, dont les puritains, considérèrent que l'Église d'Angleterre se rapprochait trop de l'Église catholique. Ses tentatives pour imposer des réformes religieuses en Écosse furent la cause des guerres des évêques, qui renforcèrent la position des parlements anglais et écossais et précipitèrent sa chute.
Les dernières années de furent marquées par les guerres des Trois Royaumes et par la première révolution anglaise, au cours de laquelle il affronta les forces parlementaires. Ses troupes furent défaites lors de la première guerre civile (1642 – 1645) ; le Parlement escomptait alors qu'il accepterait ses demandes de monarchie parlementaire. Il refusa de négocier et noua une alliance avec l'Écosse, avant de s'enfuir dans l'île de Wight. Cela déclencha une deuxième guerre civile (1648 – 1649) et fut de nouveau battu, puis arrêté en 1649, jugé et exécuté pour haute trahison. La monarchie fut alors abolie et une « République », appelée Commonwealth d'Angleterre fut instaurée, avec Oliver Cromwell à sa tête. En 1660, la monarchie fut restaurée et le fils aîné de monta sur le trône, sous le nom de , suivi de son autre fils , lui-même renversé par la seconde révolution anglaise.
Jeunesse Naissance et baptême vignette|redresse|alt=Peinture d'un jeune garçon portant un pantalon bouffant s'arrêtant aux genoux et une large cape rouge.|Le duc Charles d'York et d'Albany ; peinture attribuée à Robert Peake le Vieux vers 1611. est né le au palais de Dunfermline à Fife en Écosse.., quatrième enfant et second fils de d'Écosse et d'Anne de Danemark. Il fut baptisé le par l'évêque de Ross, , en l'abbaye de Holyrood et fait duc d'Albany, marquis d'Ormond, comte de Ross et lord Ardmannoch.
Enfance et mauvaise santé C'était un enfant fragile et maladif. Lorsque la reine mourut en , le père de Charles, d'Écosse, devint roi d'Angleterre sous le nom de ; Charles ne put faire le voyage de Londres le mois suivant, en raison de sa santé précaire, contrairement à tous ses parents et frères et sœurs. Il resta en Écosse et fut confié à la charge de son tuteur, , ami de son père.
En 1604, à trois ans et demi, Charles pouvait enfin marcher sans aide dans toute la longueur de la grande salle du palais de Dunfermline. Il était assez fort pour faire le voyage d'Angleterre et rejoindre sa famille. Il quitta l'Écosse le . En Angleterre, Charles fut confié à Alletta (Hogenhove) Carey, épouse hollandaise du courtisan Robert Carey ; elle lui apprit à parler et insista pour qu'il portât des bottes faites de cuir espagnol et de laiton pour renforcer ses faibles chevilles. Charles surmonta tous ses problèmes physiques, sans doute causés par le rachitisme.
Prince héritier d'Angleterre Mort de son frère aîné gauche|vignette|upright|alt=Portrait d'un jeune homme portant une fraise en dentelle et un pourpoint gris et doré.|Le prince Charles de Galles par Isaac Oliver, 1615. Charles était moins estimé que son frère aîné Henri-Frédéric, qu'il adorait et essayait d'imiter.
En 1605, Charles fut fait duc d'York comme il est coutume pour le second fils du monarque. Henri mourut soudainement d'une fièvre typhoïde, à l'âge de en 1612, deux semaines avant le de Charles. Ce dernier devint alors prince héritier et reçut automatiquement plusieurs titres, dont ceux de ducs de Rothesay et de Cornouailles. Quatre années plus tard, en , il devint prince de Galles, et comte de Chester.
Mariage de sa sœur Élisabeth En 1613, sa sœur Élisabeth épousa , et s'installa à Heidelberg.
En 1617, le catholique fut élu roi de Bohême. Refusant sa politique religieuse, ses sujets protestants le renversèrent ; ils élurent à la place , chef de l'Union protestante. L'acceptation par ce dernier de la couronne de Bohême en 1619 bouleversa le fragile équilibre entre protestants et catholiques dans le Saint-Empire romain germanique et les troubles débouchèrent sur la guerre de Trente Ans. , qui soutenait son beau-fils Frédéric, cherchait à marier le nouveau prince de Galles à l'infante Marie-Anne d'Espagne, afin de se rapprocher de l'Espagne et d'utiliser la dot pour résoudre ses problèmes financiers.
Les tractations diplomatiques avec l'Espagne se révélèrent impopulaires auprès de l'opinion publique anglaise et à la cour de ; seuls les arminiens étaient favorables à cette union. Le Parlement était ouvertement hostile à et espérait que mène une croisade pour soutenir les protestants du continent, contre la domination des Habsbourg. Dans le même temps, le Parlement, mené par George Villiers, de Buckingham, obtint la destitution et le procès pour corruption du lord chancelier Francis Bacon. La condamnation de Bacon par les lords fut la première depuis 1459 qui eut lieu sans l'approbation officielle du roi par une sanction sans procès. L'incident marqua un important précédent pour la définition de la capacité du Parlement à protéger les intérêts de la nation et à mener des procès comme, plus tard, contre Villiers, Laud, Wentworth et .
Le Parlement et s'opposaient également en politique étrangère. Le roi considérait que la Chambre des communes ne devait gérer que les affaires intérieures tandis que les députés estimaient qu'ils avaient le droit d'en débattre, du fait de la liberté d'expression garantie au Parlement. Charles semblait défendre la cause de son beau-frère et considérait que les discussions sur son mariage à la Chambre des communes étaient insolentes et en violation des prérogatives royales. En , a dissous le Parlement.
Différends avec l'Espagne vignette|Portrait de et de Henriette-Marie par Antoine van Dyck, palais Pitti, Florence. vignette|upright|gauche|Contrat de mariage de et de Henriette-Marie de France, , Archives nationales. Charles et le duc de Buckingham, son favori., qui avait une grande influence sur lui, se rendirent secrètement en Espagne en 1623 pour essayer de trouver un accord de mariage. Ce voyage se révéla être un échec total ; les Espagnols demandant que Charles se convertisse au catholicisme et reste en Espagne une année après le mariage, pour s'assurer que l'Angleterre respecterait tous les termes du traité. Charles était outré et à leur retour en , Buckingham et lui demandèrent que le roi déclare la guerre à l'Espagne.
Avec le soutien de ses conseillers protestants, convoqua le Parlement en 1623 pour obtenir des fonds pour la guerre. Sur les injonctions de Charles et de Buckingham, le roi approuva la destitution du lord trésorier Lionel Cranfield par la Chambre des communes ; sa disgrâce fut similaire à celle de Bacon.
demanda également que le Parlement approuve le mariage du prince de Galles et de la princesse Henriette-Marie de France, que Charles avait rencontrée à Paris lors de son voyage vers l'Espagne. L'union était intéressante, car elle était la sœur du roi , qui était opposé aux Habsbourg.. Le Parlement accepta à contre-cœur le mariage, avec la promesse de et de Charles que l'union n'entraînerait pas l'octroi de la liberté de culte aux catholiques en dehors de la résidence de la princesse. En 1624, devint de plus en plus malade et il lui fut difficile de contrôler le Parlement. À sa mort en , Charles et le duc de Buckingham étaient déjà, de fait, à la tête du royaume.
et défendaient tous deux l'idée d'une monarchie de droit divin ; si les ambitions absolutistes de étaient tempérées par des compromis avec ses sujets, considérait qu'il n'avait aucunement besoin de l'approbation du Parlement et que sa politique étrangère (qui était trop coûteuse et fluctuante) ne devait subir aucune entrave. jugeait qu'il n'avait pas à négocier ni à expliquer ses actions et qu'il devait en répondre seulement à Dieu. Il déclara à ce sujet : ...
Roi d'Angleterre et d'Irlande Début de règne vignette|upright|Portrait de réalisé dans les par l'atelier de Daniel Mytens. Le , Charles fut marié par procuration à Henriette-Marie devant les portes de la cathédrale Notre-Dame de Paris, avant que le Parlement n'ait pu se rassembler pour interdire la publication des bans. De nombreux députés étaient opposés à l'union du roi avec une catholique, car ils craignaient que ne lève les discriminations à l'encontre des catholiques, et ne sape l'autorité de l'Église d'Angleterre. Même s'il avait assuré au Parlement qu'il ne relâcherait pas les restrictions concernant les récusants, il promit toutefois de le faire dans une clause secrète du contrat de mariage signé avec . De plus, promit, dans le cadre du mariage, d'apporter son soutien aux efforts français pour réprimer la révolte des huguenots de La Rochelle ; cela représentait un renversement complet de la longue politique anglaise concernant les guerres de religion en France. Le couple se maria en personne le à Cantorbéry. fut couronné le en l'abbaye de Westminster, mais Henriette-Marie fut obligée de rester à l'extérieur, en raison de la polémique. Ils eurent sept enfants dont trois fils et trois filles atteignirent l'âge adulte..
Politique religieuse Les inquiétudes concernant les politiques religieuses de s'accrurent en raison de son soutien à un ecclésiastique controversé, Richard Montagu. Dans ses pamphlets, il s'opposait à la prédestination calviniste, et entra en conflit avec les puritains. Lorsqu'un député puritain de la Chambre des communes, John Pym, attaqua le pamphlet de Montagu lors d'un débat, ce dernier demanda l'aide du roi dans un pamphlet appelé Appello Caesarem en référence à la défense de Paul de Tarse contre les persécutions dont il était victime de la part des JuifsVoir .. fit de Montagu l'un des chapelains royaux, ce qui accrut la méfiance de nombreux puritains qui craignaient que cette promotion de l'arminianisme ne soit une tentative clandestine pour permettre une résurgence du catholicisme au sein de l'Église d'Angleterre.
Politique étrangère Au début de son règne, était principalement préoccupé par la politique étrangère. De son point de départ en Bohême, la guerre de Trente Ans dégénérait en un conflit européen. En 1620, fut battu lors de la bataille de la Montagne-Blanche, et malgré l'aide de volontaires anglais, ses territoires héréditaires dans l'électorat du Palatinat furent conquis par l'empereur .. Ayant accepté d'aider son beau-frère à reprendre le Palatinat, déclara la guerre à l'Espagne, dont le nouveau roi catholique, , avait déployé des forces pour participer à l'occupation du Palatinat.
vignette|upright|gauche| par Daniel Mytens en 1631.