Le château de Rosières est un manoir fortifié (ou maison forte) situé sur la commune de Saint-Seine-sur-Vingeanne en Bourgogne-Franche-Comté.
Le château fait l'objet de protections au titre des monuments historiques.
Localisation Le château est situé sur la RD 30 à trois kilomètres au sud-ouest de Saint-Seine-la-Tour, à proximité de la Vingeanne.
Historique
Dès le , le nom de Rosières apparaît dans différentes chartes. Il désigne alors une "grange", c'est-à-dire un domaine d'exploitation rurale attaché à une seigneurie. De provenance ducale, le fief de Rosières aurait été concédé en 1321 (ou 1320 ?) à la première famille porteuse du nom de Saint-Seine par Eudes IV, duc de Bourgogne, en échange de la grange d'Estaule (à Saint-Seine-sur-Vingeanne). De 1321 à sa mort en 1350, Pierre de Saint-Seine bâtit le domaine. Au , pour faire face aux dangers que représentent les guerres incessantes qui ravagent la contrée, le manoir est fortifié avec l'agrément du duc. Il peut servir de refuge aux cultivateurs du domaine menacé. Le donjon semble ainsi avoir été terminé en 1445. En 1474, on parle de la "maison forte" de Rosières. Elle est alors possédée par Pierre et Guillaume de Saint-Seine. Les armoiries des Saint-Seine, peintes ou sculptées au , se retrouvent dans la bâtisse. Après plusieurs ventes et successions, le domaine revient en 1682 à Claude Bernard-Maillard, marié à Anne-Reine Mallot du Bousquet. Celui-ci effectue divers réaménagements ponctuels à la fin du . On note ainsi la présence de ses armoiries et de celles de son épouse au sommet des profonds ébrasements de certaines baies. Il décide également la construction d'un pavillon classique à proximité de l'édifice médiéval. L'ensemble change encore de mains au : il est la propriété de Claude Bernard, co-seigneur d'Attricourt qui l'achète en 1708, puis de Jean Verchère et Agnès de Richemont qui le reçoivent en donation (1728) et finalement, cinq ans plus tard, de Jean Chanteau, secrétaire à la chambre des comptes de Dole qui l'achète en 1733. Au milieu du siècle, le château retourne à nouveau au seigneur de Saint-Seine en la personne de Bénigne Le Gouz (en 1752). Dès lors, Rosières devient un élément secondaire du domaine et perd son statut de demeure seigneuriale. Elle est dorénavant habitée par les régisseurs qui l'entretinrent sans y faire de travaux importants, figeant le château dans son état de la fin du .
Le château est finalement acheté en 1980 par la famille Bergerot. Les propriétaires actuels l'exploitent en chambres d'hôtes. Il est ouvert à la visite toute l'année de 10h à 19h et propose des activités pour enfants (chasse au trésor).
Description
Maintenant entouré de bâtiments d’exploitation agricole, le domaine de Rosières (manoir, basse-cour et communs) était autrefois entouré de murailles qui baignaient dans le fossé d'enceinte. On a aussi signalé un double rang de fossés et d'escarpement séparés par un terre-plein. Dans l'escarpe même du rempart, s'ouvrait un souterrain fermé d'une porte, maçonné en voûte de cave, et qui reliait, dit-on, Rosières à une maison de Saint-Seine (?).
Le principal élément de l'ancienne maison forte est un imposant donjon (21 m de long sur 13,50 m de large) des et siècles. Du fond des fossés subsistants jusqu'à la toiture, les murs, épais de , ont une hauteur de . Ce donjon « carré », bien préservé, présente tous les éléments caractéristiques des fortifications du Moyen Âge : ceinture de mâchicoulis en accolade à consoles formées d’un triple tore, chemin de ronde complet, échauguettes sur trois angles (il n'en subsiste qu'une de nos jours, à l'angle nord-ouest), meurtrières... Une grosse tour quadrangulaire () renforce le quatrième angle (sud-ouest) du donjon. Aujourd'hui, cette dernière n'a plus sa haute toiture à 4 pans surmontée d'un lanternon qui lui donnait une allure de clocher pittoresque comme en témoignent les peintures murales du pavillon (). Le donjon, lui, est couvert d'une toiture de pavillon à 4 pans reposant sur une magnifique charpente en chêne d'origine. Les combles sont très développés : hauteur de avec cheminée centrale comprenant .
Le bâtiment abrite une très belle salle de réception avec une cheminée du et des baies et un plafond peint du . Dans ce donjon, on note aussi la présence d'une ancienne cuisine avec anneaux de suspension dans la voûte, de cheminées monumentales, d'un escalier à vis, etc. Il abrite surtout plusieurs chambres, aujourd'hui utilisées en chambres d'hôtes : la chambre « des ducs », entièrement refaite au par les Maillard (alcôve en anse de panier, armoiries et tableaux peints sur les embrasures des fenêtres), une chambre du possédant un carrelage verni avec quatre couleurs différentes et une double porte d'entrée à plis de serviettes simples, une autre chambre du avec cheminée, écusson à gaude de la Maison de Saint-Seine (mais fenêtre avec banc de pierre du ) ainsi qu'une dernière, du , au sommet de la tour quadrangulaire de flanquement (fenêtre à meneau et plafond composé de poutres en chêne côte à côte). Cette dernière tour abrite une pièce, dite « la prison », avec 4 anneaux dans la voûte et .
Le domaine de Rosières comprend également un colombier à pied (garni intérieurement de boulins), une porte charretière ouverte dans une tour fortifiée couverte d'une toiture de pavillon (du , elle était autrefois précédée d'un pont-levis), une chapelle, dite la « Saint-Georges », près de laquelle habitait un prêtre desservant ainsi que divers bâtiments loués à des cultivateurs.
Le pavillon du , construit par Claude Bernard-Maillard et sa femme Anne-Reine Maillot du Bousquet, est agrémenté de fresques. On y admire une vue du château au ainsi que les armoiries des Maillard-Bousquet.
Des jardins ont également été aménagés.
Protection
Le château fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le et d'un classement depuis le ..
Notes et références
Voir aussi
Sources et bibliographie
Christian Corvisier, « La maison-forte de Rosières », in Congrès archéologique de France, 1994, p. 145-154, (lire en ligne).
Articles connexes Saint-Seine-sur-Vingeanne Liste des monuments historiques de la Côte-d'Or Château de Saint-Seine au chef-lieu de la même commune
Liens externes
Le château sur le site de Saint-Seine-sur-Vingeanne Château de Rosières (Base Mérimée du Ministère de la Culture) Photographies du château de Rosières (Base Mémoire du Ministère de la Culture) Peintures monumentales (Base Palissy du Ministère de la Culture)
Rosieres Rosieres Catégorie:Monument historique dans la Côte-d'Or Catégorie:Monument historique inscrit en 1927 Catégorie:Monument historique classé en 1930