Ghiyath Matar (ou Ghiath Matar, transcriptions de l'arabe غياث مطر) est un militant pacifiste de la révolution syrienne originaire de Daraya, né le . Il est connu pour organiser des manifestations pacifiques lors des débuts de la révolution syrienne au printemps 2011, ainsi que pour ses appels à offrir, eau, fleurs et bonbons aux soldats venus réprimer les manifestations. Enlevé par les services secrets syriens le , il meurt sous la torture en quelques jours.
Arrestation Ghiyath Matar, qui travaille comme tailleur. à Daraya avant le printemps révolutionnaire, rejoint les manifestations pacifiques au printemps 2011. Influencé par le théologien pacifiste Abdel Akram al-Saqqa, il met en œuvre ses principes et encourage les manifestants à offrir des fleurs et des bouteilles d'eau aux soldats amenés en bus pour les réprimer et tuer, ce qui lui vaut le surnom de « petit Gandhi »..
Il est enlevé le par les services secrets de l'armée de l'air des forces de sécurité gouvernementales syriennes, en compagnie de son meilleur ami, Yahia Churbaji. et du frère de celui-ci, Ma’an Churbaji.
Yahia Churbaji avait eu l'idée d'offrir des fleurs aux soldats en signe de pacifisme et de paix. Les deux amis sont connus pour distribuer bouteilles d'eau, messages de paix et fleurs à ceux qu'ils appellent leurs frères, alors que les citoyens les voient comme des monstres : les soldats et membres des chabihas venus réprimer et arrêter les manifestants.. La famille de Yahia, restée sans nouvelle pendant près de 7 ans, apprend le qu'il était mort en détention le.
Décès Quatre jours après son arrestation, le , la dépouille de Ghiyath Matar est restituée à ses parents et à sa femme, enceinte. Elle est couverte d'ecchymoses, avec des cicatrices et des plaies résultant de tortures sévères, émasculée.... À la mort de Ghiyath, sa femme attend leur premier enfant, qui portera le prénom de son père.. Près d'une dizaine d'ambassadeurs assistent à ses funérailles, dont l'ambassadeur des États-Unis, du Japon, de l'Allemagne, de la France. et du Danemark. Lors des funérailles, après le départ des ambassadeurs, du gaz lacrymogène est envoyé par l'armée syrienne, selon les militants présents sur place. Un jeune de 17 ans est tué lors des obsèques.
Réactions Catherine Ashton, haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, déclare : ., et ajoute que c'est « encore un signe de la brutalité avec laquelle le régime répond aux aspirations du peuple syrien » . L'UE profite de cette occasion pour appeler à la libération des manifestants emprisonnés, et publie quelques noms, dans une tentative de protection de ces derniers : Yahya Shurbaji, Amer Matar, Najati Tayara, Shadi Abu Fakher et Omar al-Assad.
Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères et européennes, déclare le .
Selon l'ancien diplomate Wladimir Glassman, qui qualifie la mort de Ghiyath Matar d'assassinat, celui-ci « a été liquidé, de la plus abominable des manières, parce qu’il exhortait les manifestants, dans sa ville de Daraya et ailleurs, à ne pas se départir du pacifisme, atout majeur de la révolution. Il alliait fermeté et refus de la violence ». Selon lui, Bachar el-Assad ne veut surtout pas de manifestants pacifiques, car son discours de propagande est de dire que ses opposants qui sont terroristes, et « la présence aux funérailles du martyr Ghiyath Matar d’une petite dizaine d’ambassadeurs d’États démocratiques (...) constitue la réponse cinglante de la communauté internationale à ses propos mensongers ».
Hommages Ghiyath Matar est devenu un martyr, symbole de la résistance pacifique de la révolution syrienne.. Sa défense du pacifisme qui lui a valu le surnom de « petit Gandhi ».
Le documentaire sur Ghiyath Matar réalisé par le cinéaste Sam Kadi est récompensé au Festival du film européen indépendant en par le prix Ahmed Khedr pour l'excellence du cinéma arabe.
Un groupe de militants syriens créé une école dans la ville turque d'Urfa, et lui donnent le nom de Ghiath Matar, car « l'esprit de Ghiath Matar est une école dont les graines devraient être semées dans les générations futures de Syrie ».
Articles connexes
Daraya Yahia Shurbaji Abdel Akkram al-Saqqa
Notes et références
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