L’Oréal est un groupe industriel français de produits cosmétiques. La société, créée par Eugène Schueller le , est de nos jours devenue le groupe international numéro un mondial de l'industrie cosmétique....

Le groupe fait partie de l'Indice CAC 40 de la Bourse de Paris.

Françoise Bettencourt et ses enfants détiennent 34,7 % du groupe et leur fortune est estimée en 2023 à plus de de dollars américains..

Son siège est situé à Paris.

Historique Début du thumb|Eugène Schueller L’origine de L'Oréal remonte au , lorsque Eugène Schueller, jeune chimiste français d'origine alsacienne, diplômé de l'Institut de chimie appliquée de Paris en 1904, dépose à l'Office national de la propriété industrielle une demande de brevet d'invention concernant un procédé de teinture pour cheveux. Ce produit porte le nom de l'Auréale.

À sa sortie de l'Institut de chimie appliquée de Paris, Eugène Schueller devient assistant préparateur à la Sorbonne sous la direction du Victor Auger, conseiller de la Pharmacie centrale de France. La question posée par un coiffeur bouleverse son destin. Ce dernier demande s'il est possible de mettre au point une teinture capillaire totalement fiable et surtout inoffensive pour couvrir les cheveux blancs, contrairement à celles commercialisées à cette époque souvent à base d’eau oxygénée.

Schueller fut le seul à se porter volontaire pour effectuer des recherches. C'est ainsi qu'il mettra au point une formule de teinture permettant de couvrir durablement les cheveux blancs.. Elle est à base de fécule de pomme de terre, dont il connait les caractéristiques grâce à ses origines familiales.

Grâce à son poste de chef préparateur à la Pharmacie centrale de France, Schueller gagne 164 Fr par mois, ce qui lui a permis d'économiser rapidement 800 Fr de capital et consécutivement de donner sa démission en janvier 1908. Eugène Schueller crée son entreprise et s'installe dans un deux-pièces au 3, rue d'Alger dans le de Paris, dont il fait à la fois son bureau et son salon de démonstration.

La nuit, il fabrique les produits conformément à la méthode qu'il a fait breveter et les vend durant la journée sous la marque « L’Auréale » puis « l'Oréal » qu'il a déposée le L'Oréal (1908), INPI, 28/07/2011, nom inspiré de l'« auréole », une coiffure en vogue de l'époque. et possiblement composé comme un mot-valise unissant « aurore » à « boréale ». Selon Étienne de Montely, il faudrait également considérer l’étymologie d’auréal, adjectif qui signifiait doré en ancien français. Mais le succès n'est pas au rendez-vous.

Impressionné par l'enthousiasme d’Eugène Schueller, André Spéry, comptable originaire d'Épernay et employé du fabricant de spiritueux Cusenier, récemment bénéficiaire d'un héritage, apporte les de capital nécessaire afin de fonder avec lui le la Société française de teintures inoffensives pour cheveux, sous le statut d'une société en nom collectif. Ils l'installent au 7 bis, rue du Louvre dans le de Paris et embauchent un représentant et un démonstrateur, ancien coiffeur à la Cour impériale de Russie.

Le premier numéro de La Coiffure de Paris (publication destinée aux coiffeurs) sort en , l'année même de la création de la société.

Entre-deux-guerres En 1923, Eugène Schueller lance son magazine professionnel diffusé dans les salons de coiffure, L’Oréal Bulletin. Deux ans plus tard, il lance L'Oréal Humoristique, publication à l'attention de la clientèle pour la faire patienter. Le magazine destiné aux femmes, Votre Beauté, est lancé en 1933Le monde de la beauté de Mark Tungate (Ed. Dunod, 2012). En 1935, Eugène Schueller regroupe l'ensemble de ces publications dans la Société d'éditions modernes parisiennes (SEMP).

1928 marque la diversification de l'entreprise avec l'acquisition de la Société des Savons français. Créée en 1920, rue Martre à Clichy et plus connue sous le nom de sa marque Monsavon, elle symbolise l'entrée de la société dans les produits de grande consommation. Monsavon est revendue en 1961 à Procter & GambleL'Aventure L'Oréal de François Dalle, éditions Odile Jacob .

En 1929, Eugène Schueller crée la première teinture rapide, Imedia, dont la mode des cheveux courts favorise le succès. Quatre ans plus tard, il lance dans les salons de coiffure le shampooing Dopal. L'année suivante, le produit est renommé Dop et est distribué au grand public. Il révolutionne le lavage des cheveux, généralement effectué jusque-là avec du savon, ce qui les rendait ternes et rêches« de douceur Dop », supplément de huit pages au de Paris Match, semaine du 26 juin au 2 juillet 2014..

En 1935, il met au point Ambre Solaire, première crème solaire.. L'année suivante, au décès d'André Spéry, l'entreprise devient une SARL..

En 1938, Eugène Schueller met en place dans l'entreprise le « salaire proportionnel », qui suit l’évolution du chiffre d’affaires. Il met également ses moyens personnels à la formation d'un groupe d’extrême-droite, le Comité Secret d’Action Révolutionnaire (CSAR), qui sera connu sous le nom de La Cagoule. Le siège de L'Oréal abritera de nombreuses réunions de cette organisationPhilippe Bourdrel, Les Cagoulards dans la guerre, Albin Michel, 2009Ian Hamel, L'affaire Bettencourt : derniers secrets, Archipel, 2013, .Compte-rendu de l’ouvrage de Michel Bar-Zohar « Une histoire sans fard. L'Oréal, des années sombres au boycott arabe » dans Libération, 04/11/2007 .

vignette|gauche|upright=1|Siège social de L'Oréal au 14 rue Royale à Paris (Classé).

Le , la nouvelle société, une SA, est constituée sous le nom de L'Oréal. Issue des apports de la société anonyme foncière Driant et de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux, elle s'installe au 14, rue Royale, prestigieuse artère parisienne reliant la place de la Madeleine à la place de la Concorde dans le de Paris.. Eugène Schueller possède des actions de 100 Frs composant le capital de Frs de la société.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Eugène Schueller confie à André Bettencourt la direction de la revue française collaborationniste, La Terre française.

Seconde moitié du Après la guerre, André Bettencourt rejoint la direction du groupe. La filiale de L'Oréal en Espagne est créée par Henri Deloncle, le frère de l'homme politique Eugène Deloncle. Cette filiale emploiera le cagoulard Jean Filiol, pourtant condamné en tant que coresponsable du massacre d'Oradour-sur-GlaneDelluc B. et G., 2005, Jean Filliol, du Périgord à la Cagoule, « de la Milice à Oradour », Pilote 24 éd., lui permettant ainsi d'échapper à l'exécution de sa peine, de même que de nombreux cagoulards le seront après-guerre dans d'autres filiales étrangères.. À la même époque, le jeune François Mitterrand est engagé comme directeur général du magazine promotionnel des produits L'Oréal, Votre BeautéL'Oréal, l'arme de la mémoire par Eric Conan, L'Express, 16 février 1995.

Oréol, la première permanente à froid, sort en 1945. Cette année-là, L'Oréal et Monsavon comptaient .

La Société des Savons Français et L'Oréal fusionnent en 1950, donnant la Société Monsavon L'Oréal (SMO). L'objectif est d'équilibrer les pertes de Monsavon avec les bénéfices de L'Oréal, en dépit du risque de déficit d'image auprès des professionnels de la coiffure.

vignette| Parade DOP du Radio-Circus (1951).

En 1951, Rodolphe Clauteaux (1948-2013) devient l'image du shampooing Dop sous le nom du « Petit Rodolphe », parfois accompagné de son petit frère Vincent, renommé « Bébé ». Ils sont les enfants de François Clauteaux, diplômé de l'École libre des sciences politiques (l'actuelle Sciences Po) et vieil ami d'André Bettencourt qui a fait appel à lui pour être le chef de la publicité de L'Oréal. Pour la communication de la marque, L'Oréal choisit ainsi de s'adresser d'abord aux enfants. Des opérations marketing sont montées, comme la Journée des enfants, ainsi que des concours de shampooing où il faut faire le maximum de mousse. Par ailleurs, des camions distribuent des produits Dop sur tout le territoire, que sillonne aussi un cirque géant, le Radio-Circus (de 1949 à 1955), animé par Zappy Max avec Radio Luxembourg et le cirque Gruss-Jeannet (Direction Lucien Jeannet, Alexis Gruss sénior et André Gruss). En première partie sont présentés des numéros de cirque extraordinaires et en deuxième partie sont présentées les plus célèbres émissions de Radio Luxembourg : le Crochet Radiophonique, un concours de chanteurs amateurs, dont le vainqueur est désigné par le public qui crie « Dop, Dop, Dop ! », les perdants ayant droit à une chansonnette « Allez donc vous faire laver la tête avec Dop, c'est toujours un plaisir, Dop, Dop, Dop ! » ; et aussi le Quitte ou Double qui fut l'émission la plus populaire de l'époque.

La marque est dès lors associée par le public à l'hygiène avec une dimension ludique. Entre 10 et en moyenne assistent à ces manifestations publiques, parfois jusqu'à .

En 1952 est aussi créé le Berlingot DOP, des doses uniques de shampooing, colorées et parfumées, vendues dans des bocaux en verre. Le Petit Rodolphe en fait la promotion à l'écran en chantant : . C'est un succès, autant auprès des enfants que des parents, et le produit reste en vente durant .

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En 1953, Eugène Schueller et Robert Guérin reçoivent conjointement l'« Oscar de la publicité ». La récompense leur est remise le par Maximilien Vox, président de l'Association française de l'Oscar de la Publicité, au cours d'une cérémonie qui se déroule dans le restaurant parisien Maxim's.

Cosmair devient l'agent exclusif de L'Oréal aux États-Unis en 1954. Jacques Corrèze en prend la direction.

La même année, L'Oréal participe à la création de la société Stafco (Statistiques françaises de consommation), à l'origine du premier panel de consommateurs. La société deviendra Secodip en 1969 et L'Oréal en restera le principal actionnaire. La participation sera cédée en 1995 à Sofres.

En 1955, le groupe acquiert les Laboratoires Industriels de Vichy. L'année précédente, L'Oréal avait conclu des accords techniques avec la Société d’Hygiène Dermatologique de Vichy (qui sera renommée), spécialisée dans les crèmes et produits cosmétiques dans le secteur de la santé. Cette acquisition lui permet d'accéder à un nouveau circuit de distribution, le réseau des pharmaciens.

Au décès d’Eugène Schueller en 1957, François Dalle devient PDG du groupe. Le fondateur avait confié vers la fin de sa vie : « Je suis un homme de petites et moyennes entreprises, mais Dalle, c'est l'homme des grandes perspectives, c'est lui qui fera L'Oréal ». Liliane Bettencourt est alors l'unique héritière.

Deux ans plus tard, le groupe s'implante au Brésil où il crée Faproco (FAbrica PROdutos COsméticos S.A.). En juillet 1960, Elnett est lancée auprès des coiffeurs, parfumeurs, grands magasins et droguistes sélectionnés (pas en grande distribution). Elle a remplacé Oréol Net, lancée auparavant, mais pas satisfaisante dans la formulation ni le conditionnement.

En 1960, le premier shampooing-huile DOP est créé, et en 1970, le shampooing aux œufs.

En 1961, le jour même de l'acquisition de Cadoricin, L'Oréal vend Monsavon à Procter & Gamble. Il conserve toutefois l'usine de Clichy qui deviendra le siège administratif du groupe.

Les parfums Jacques Fath sont acquis en 1963 (ils seront cédés en 1992). Le , L'Oréal est introduit en bourse. Cotée pour la première fois à 830 Frs, l'action atteint Frs le de la même année.

En 1965, le groupe acquiert Garnier, leader avec sa Moelle Garnier, et Lancôme, ce qui permet à L'Oréal d'aborder les métiers du luxeBéatrice Collin, op. cité, ..

La même année, le groupe fait l'acquisition de 50 % du capital de la maison de couture Courrèges, participation qu'il cédera en 1983 au groupe japonais Itokin. La licence de parfums, lancée en 1970, est cédée au groupe suisse Burrus en 1992.

Le premier parfum de la licence Guy Laroche, Fidji, est lancé en 1966..

La marque Kérastase est lancée en 1967 à partir de la Recherche Avancée L'Oréal, développée plus tôt.