Erich Georg Anton von Falkenhayn, né le à , arrondissement de Graudenz et mort le à Potsdam, est un officier prussien qui a servi dans l'armée allemande notamment durant la Première Guerre mondiale.
Après une carrière d'officier d'état-major marquée par ses voyages en Chine, général dès 1912, il est le ministre de la Guerre de Prusse de 1913 à 1915 et le chef de l'État-Major général de à , et à ce titre, un des concepteurs de l'offensive de Verdun.
Après sa démission, il est envoyé en Transylvanie comme commandant de la avec laquelle il coordonne la conquête de la Roumanie, puis en Palestine comme chef de la (un groupe d'armées ottomanes) à partir de . De jusqu'à la fin de la guerre, il est le commandant de la .
Dans son livre La Discorde chez l'ennemi. Charles de Gaulle dresse de Falkenhayn un portrait moral et militaire accablant et en fait le principal obstacle à la constitution d’un commandement unifié des forces des deux empires centraux de à .
Famille Le nom de famille est attesté depuis le sous la forme « Falkenhain » près de Schönau en Basse-Silésie, d'où deux branches familiales se sont séparées, l'une s'installant dans le comté de Glatz (et se met au service de l'empire d'Autriche-Hongrie), l'autre en province de Prusse-Occidentale dans le royaume de Prusse. Les parents d'Erich von Falkenhayn sont Fedor von Falkenhayn (1814-1896) et Franziska von Rosenberg (1826-1888). : le père est un , c'est-à-dire qu'il fait partie des grands propriétaires terriens, membres de la noblesse prussienne.
Son grand frère (1853-1934) faisait lui aussi partie de l'armée prussienne comme officier de cavalerie, puis général commandant le de réserve pendant toute la Grande Guerre. et son frère est le précepteur du prince Guillaume de Prusse. Sa sœur Olga (1851-1919) épouse le général (1828-1897).
Son gendre, Henning von Tresckow, fut lui aussi un général allemand pendant la Seconde Guerre mondiale et participa au complot du 20 juillet 1944 contre Hitler avant de se suicider avec une grenade.
Biographie Début de carrière Erich von Falkenhayn s'engage dans l'armée prussienne le , comme au sein du d'infanterie, en garnison à Oldenbourg. Après une période comme adjudant à partir de 1884, il intègre l'académie de guerre de Berlin le , passant au grade de le avant de réintégrer son régiment d'origine le . Il est affecté au Grand État-Major général à partir du , accédant au grade de le . Le , il est nommé au sein de l'état-major du d'armée (alors commandé par le comte von Waldersee) à Altona, puis le il prend le commandement d'une compagnie du d'infanterie à Thorn.
Le , il est mis en disponibilité, servant comme officier instructeur au sein de l'armée chinoise, devenant le directeur d'une école. Le , il est nommé attaché militaire à Tsingtao (dans le comptoir allemand de Kiautschou), avec le grade de major. Il revient au grand état-major général le , puis il est affecté le comme chef d'état-major du d'armée à Karlsruhe, avant de repartir rapidement en Chine au sein de l’ lors de la révolte des Boxers (au sein de l'état-major du général Emil von Lessel). Il est membre de l'administration de Tsingtao, puis un des officiers d'état-major de la brigade d'occupation allemande en Chine (ses rapports sont appréciés par l'empereur).
Le , il obtient le commandement d'un bataillon du à Brunswick. Le , il passe au grade de , puis le il est affecté de nouveau au grand état-major général avec la fonction de chef de section. Le , il est nommé chef de l'état-major du d'armée (commandé par Maximilian von Prittwitz) à Metz ; le , il passe au grade d'. Le , il reçoit le commandement du à pied de la Garde, à Berlin. Le , il devient le chef d'état-major du d'armée (sous les ordres de Friedrich Bertram Sixt von Armin) à Magdebourg, avec le grade de à partir du .
Guillaume II le choisit comme ministre de la Guerre du royaume de Prusse, fonction qu'il exerce du au , avec le grade de dès sa nomination. Il fait partie à ce titre à partir de la mobilisation d'août 1914 de l' (commandement suprême de l'Armée allemande), accompagnant l'empereur d'abord à Coblence en août puis à Luxembourg en septembre.
Chef de l'état-major Dès le , le chef du cabinet militaire, le général von Lyncker, avait annoncé à Falkenhayn, qu'. Le , en conséquence de la bataille de la Marne et de la fatigue du chef de l'État-Major, Lyncker insiste auprès de Guillaume II pour remplacer Moltke par Falkenhayn. Le lendemain dans l'après-midi, Lyncker informe Moltke de la décision impériale : le quartier-maître général Stein est remplacé par Falkenhayn ; pour sauver les apparences, Moltke reste temporairement en poste, mais est écarté de l'État-Major. Falkenhayn prend finalement la fonction de chef de l'État-Major de l'Armée en campagne le .
Désormais à la tête à la fois de l'État-Major et de l'administration militaire (étant chef de l'État-Major général et ministre de la Guerre), Falkenhayn lance immédiatement de nouvelles opérations sur son aile droite, en essayant d'envelopper par le nord-ouest l'aile française, ce qui mène à la course à la mer entre septembre et . En octobre et novembre, il lance sur Dixmude et l'Yser dans une attaque frontale les six corps de réserve qu'il vient de constituer avec des volontaires et des réservistes (bataille de l'Yser). Il est nommé le , puis est remplacé au ministère par Adolf Wild von Hohenborn le , recevant la décoration Pour le Mérite le pour la victoire en Mazurie, puis l'ordre de l'Aigle noir le pour la victoire de Gorlice-Tarnov. Falkenhayn joue un rôle important dans le règlement de la crise des munitions (économies d'obus au front et organisation industrielle à l'arrière), dans la réorganisation des unités (chaque division passe de quatre à trois régiments d'infanterie à partir de 1915), ainsi que dans le développement de l'armement chimique (il suit les recherches et assiste à des essais).
thumb|Photographie en pied, datée de 1917. Estimant à partir de la fin 1915 que la décision ne peut être obtenue sur le front de l'Est étant donné les dimensions de l'empire russe, il refuse de fournir des renforts au commandant allemand de ce front, Paul von Hindenburg, ainsi qu'au chef d'état-major autrichien, Franz Conrad von Hötzendorf. Le , Falkenhayn propose à l'empereur d'attaquer l'armée française au début de 1916 ; la planification est réalisée courant décembre avec le chef d'état-major de l'armée chargée de l'opération (la , commandée par le Kronprinz de Prusse), Konstantin Schmidt von Knobelsdorf : la cible choisie est d'abord la place de Belfort, remplacée le 8 par celle de Verdun. Le choix est fait autour de Noël 1915 d'une attaque brusquée, à grand renfort d'artillerie, sur un front réduit. : l'opération est baptisée « Jugement » ().
À la suite des difficultés allemandes à Verdun, qui se transforme en une bataille d'usure, Falkenhayn subit l'opposition du chancelier Theobald von Bethmann Hollweg ainsi que des commandants du front de l'Est, les généraux Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff, partisans d'une guerre totale. Le , l'entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des Russes, des Français et des Britanniques ruine les espoirs d'une paix séparée. Falkenhayn, informé par le chef du cabinet militaire Lyncker que Hindenburg et Ludendorff sont convoqués par l'empereur, démissionne le de ses fonctions.
Commandant d'armées À la suite de sa démission de chef de l'État-Major général, Falkenhayn est nommé le commandant de la allemande affectée en Transylvanie (alors territoire austro-hongrois) pour affronter la Roumanie. L'offensive que Falkenhayn mène permet à son armée de franchir les Carpates (bataille de la Tour rouge le ), de prendre Bucarest le et de conquérir toute la Valachie.
Falkenhayn arrive à Constantinople le dans le cadre d'un projet de coopération germano-turque : l'idée est de reprendre la Mésopotamie par une grande offensive vers Bagdad, opération baptisée (« éclair » en turc). Le , il est nommé chef du (pour les Allemands, ), un groupe d'armées composé des , et ottomanes, renforcés avec quelques Allemands, avec Wilhelm von Dommes comme chef d'état-major. Falkenhayn reçoit le même jour le grade ottoman de maréchal. Les Britanniques d'Edmund Allenby attaquant en Palestine en octobre, le groupe est engagé au sud. En , Falkenhayn, battu, rentre en Europe pour des raisons de santé, remplacé par Otto Liman von Sanders.
Le , il reçoit le commandement de la allemande en Europe de l'Est, en remplacement du général Hermann von Eichhorn. Cette armée a essentiellement comme mission jusqu'à la fin de la guerre l'occupation des territoires que la Russie a perdus au traité de Brest-Litovsk.
Après-guerre Le , Falkenhayn est mis à la retraite (). Il est autorisé à s'installer au château de Lindstedt où il consacre ses dernières années à la rédaction de deux ouvrages autobiographiques sur son action pendant la guerre : le premier, Die oberste Heeresleitung, 1914-1916, in ihren wichtigsten Entschliessungen (« la direction suprême de l'armée, et ses décisions essentielles ») édité en 1920, porte sur la période pendant laquelle il est le chef de l'état-major général ; le second, Der Feldzug der 9 Armee gegen die Rumänen und Russen, 1916-1917 (la campagne de la contre la Roumanie et la Russie) en 1921, couvre la période où il commande cette armée sur le front de l'Est.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes Helmuth Johannes Ludwig von Moltke (son prédécesseur) Bataille de Verdun (1916) Paul von Hindenburg (son successeur) Château de Lindstedt où il vécut ses dernières années Benita von Falkenhayn
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