Louis-Oscar Frossard, souvent désigné sous les noms de L.-O. Frossard ou Ludovic-Oscar Frossard, né le à Foussemagne (Territoire de Belfort) et mort le à Paris, est un homme politique français.
Secrétaire général de la SFIO de 1918 à 1920, puis secrétaire général de la Section française de l'internationale communiste de 1921 à 1923, il est député à partir de 1928 et ministre dans sept gouvernements entre 1935 et 1940. Pendant l'Occupation, il rallie le régime de Vichy et la presse collaborationniste.
Biographie Jeunesse Fils d'un artisan bourrelier radical-socialiste anticlérical et d'une mère d'ascendance juive, Stéphanie Schwob (1861-1924)Francis Péroz, De Jaurès à Pétain. Itinéraires de L.-O. Frossard, Université de technologie de Belfort-Montbéliard, 2012, ., Louis-Oscar Frossard suit des études en école primaire supérieure puis entre à l'école normale de Belfort en 1905 pour devenir instituteur et est ensuite nommé à l'école de Petit-Croix. Militant socialiste, il est à plusieurs reprises inquiété par sa hiérarchie et son antimilitarisme lui vaut finalement d'être révoqué de l'enseignementPhilippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, T1 et T4, Fayard. en 1913, peu de temps après la fin de son service militaire.
Carrière politique Il devient le premier responsable socialiste du Haut-Rhin (c'est-à-dire de l'arrondissement subsistant du Haut-Rhin : le futur Territoire de Belfort), principal rédacteur du journal local Germinal de Belfort et candidat socialiste à l'élection législative de 1914 dans la de Belfort.
Pendant la guerre, il participe avec Jean Longuet et Paul Faure aux combats de la minorité socialiste, de tendance « pacifiste », mais « patriote ».. Il devient délégué permanent à la propagande, puis secrétaire de la SFIO en .
En 1919, il est candidat sur la liste socialiste menée par Jean Longuet aux élections législatives dans le département de la Seine, mais balayé par la vague « bleu horizon », il n'est pas élu.
Partisan de la « reconstruction » d'une Internationale socialiste, il se convertit à l'adhésion à l'Internationale communiste (IC) à la suite d'un voyage en Russie en 1920 ; il défend cette thèse lors du Congrès de Tours. Il signe la motion du comité de la III Internationale pour l'adhésion à l'Internationale communiste avec Marcel Cachin et Lucie Leiciague..
Secrétaire général du jeune Parti communiste, mais désavoué par l'Internationale sur son attitude au IIe Congrès du PCF, et refusant la condition de Moscou (le Komintern interdisant l'appartenance à la franc-maçonnerie), il démissionne le . Il crée alors le Parti communiste unitaire (PCU) qui devient en 1924 après fusion avec d'autres groupes dissidents l'Union socialiste communiste. Il se porte candidat aux législatives sur une liste du Cartel des gauches dans le département de la Seine, mais n'est pas élu.
Il revient ensuite à la SFIO, en se rapprochant de Jean Longuet au sein de la rédaction de la Nouvelle revue socialiste, qu'il dirige de 1925 à 1930. Il est élu député socialiste en 1928 de la Martinique et 1932 de Haute-Saône, succédant dans la circonscription de Lure à un autre socialiste, Charles Cotin. Homme de presse, il est le patron du quotidien Le Soir. Il est aussi conseiller général de Lure et maire de Ronchamp (Haute-Saône). Il quitte le parti et le groupe socialistes pour être ministre du Travail dans les cabinets Bouisson, Laval IV et Sarraut II (-). Peu associé au mouvement du Front populaire (il perd justement son poste de ministre quand le Front populaire arrive au pouvoir), il n'en reste pas moins lié à la gauche modérée. Réélu député « républicain-socialiste » de la Haute-Saône en 1936, il retrouve des fonctions ministérielles dès : ministre d'État, chargé des services de la Présidence du Conseil, du Chautemps, puis ministre de l’Information du Blum (mars-) et enfin ministre des Travaux publics du Daladier (-). Il démissionne pour protester contre le « virage à droite » du gouvernement sur les quarante heures.
Il reprend le ministère des travaux publics le dans le cabinet Reynaud président du Conseil, maintenu en fonctions dans le gouvernement que forme Pétain en pour signer l'armistice, dans lequel il est également brièvement chargé des Transmissions, jusqu'au . En juillet, il vote pour donner les pleins pouvoirs à Pétain..
Années d'Occupation Il refuse de siéger au conseil national de l'État français, mais poursuit des activités de journaliste sous l'Occupation. Il écrit dans La Tribune de Saint-Étienne, et crée Le Mot d'ordre, quotidien publié à Marseille, en zone libre, dans lequel il vante les bienfaits de la Révolution nationale, seule à même de réformer l'injustice de la sociétéLe discours à la jeunesse. Qu'est ce que la Révolution nationale ?, L.-O. Frossard, Le Mot d'ordre, .. À la fin de 1942, ses collaborateurs le dissuadent de saborder ce journal qui leur sert de couverture. Fidèle à ses amis, il intervient à plusieurs reprises auprès de Pierre Laval en faveur d'Édouard Herriot et de Léon Blum.. En 1943, Pétain envisage de le nommer au gouvernement. Il rédige également un projet d’acte constitutionnel , qui doit rendre le pouvoir constituant au Parlement dans le cas de son décès. Frossard lui écrit : « Vous avez sauvé la France pour la troisième fois »..
Ses activités vichystes lui vaudront d'être inquiété, mais il sera acquitté à la Libération. Toutefois, le jury d'honneur maintient, par une décision du , l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du , favorable au projet de révision constitutionnelle. Il meurt en 1946. Son épouse, Rose Pétrequin, née en 1890, est décédée en 1979Julien Chuzeville, « FROSSARD Rose [née PÉTREQUIN »], sur maitron.fr..
Vie personnelle Il était à partir de 1926 franc-maçon, membre de la loge du Grand Orient de FranceFrancis Péroz, De Jaurès à Pétain. Itinéraires de L.-O. Frossard, Université de technologie de Belfort-Montbéliard, 2012, p. 94..
Il est le père d'André Frossard, résistant arrêté en par la Gestapo, interné à Montluc, qui échappe de justesse au dernier convoi pour la déportation, épisode qu'il raconte dans son premier livre La Maison des otages. Baptisé catholique à 20 ans, contre l'avis de son père qui s'était détourné du christianisme, André Frossard fut un ami du pape Jean-Paul II et fit une carrière d'écrivain et de chroniqueur au Figaro.
Décoration
sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur des chemins de fer, échelon vermeil ( ; de droit en tant qu'ancien ministre des Travaux publics)
Postes ministériels
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie .
Articles connexes Histoire du Parti communiste français
Liens externes
Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Ministre français des Transports Catégorie:Participant au 2e congrès du Komintern Catégorie:Député membre de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Maire membre de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Personnalité du Parti communiste français Catégorie:Personnalité du Parti socialiste communiste Catégorie:Personnalité de l'Union socialiste républicaine Catégorie:Député de la Haute-Saône (Troisième République) Catégorie:Député de la Martinique (Troisième République) Catégorie:Député de la quatorzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quinzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la seizième législature de la Troisième République Catégorie:Membre du Conseil national (régime de Vichy) Catégorie:Ministre français des Travaux publics Catégorie:Ministre français des Postes et Télécommunications Catégorie:Ministre français du Travail (ou des Affaires sociales) Catégorie:Ministre français de l'Information Catégorie:Ministre d'État (France) Catégorie:Dirigeant de parti politique en France Catégorie:Naissance en mars 1889 Catégorie:Naissance dans le Territoire de Belfort Catégorie:Décès en février 1946 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 56 ans Catégorie:Secrétaire général du Parti communiste français