TotalEnergies SE , ancienne Compagnie française des pétroles (CFP), puis Total, est une multinationale française de production et de fourniture d’hydrocarbures et d’autres sources d’énergies : pétrole et biocarburants, gaz naturel et gaz verts, énergies renouvelables et électricité.
Ses activités couvrent l'ensemble de la chaîne de production, de l'extraction du pétrole brut et du gaz naturel, aux activités de raffinage, de pétrochimie, de distribution commerciale, de production d'électricité, jusqu'au transport et stockage de dioxyde de carbone.
Fondée en 1924 sous la présidence d'Ernest Mercier sous le nom de « Compagnie française des pétroles », son premier directeur fut Louis Tronchère. Son siège social se situe depuis les années 1980 dans le quartier d'affaires de La Défense.
TotalEnergies est fréquemment mise en cause pour les émissions de gaz à effet de serre de ses activités pétrolières et gazières, responsables du changement climatique. L'entreprise débourse plusieurs dizaines de millions d'euros chaque année, d'une part en lobbying pour contrer les politiques climatiques, d'autre part en communication en faveur de ses investissements dans les énergies renouvelables.
Historique vignette|Schéma des acquisitions et fusions liées à l'histoire de Total jusqu'en 2003.
Époque de la Compagnie française des pétroles
La géopolitique du pétrole prend une nouvelle dimension avec la Première Guerre mondiale. La mécanisation des armées fait de l’approvisionnement en pétrole des belligérants un enjeu majeur. La France dépend ainsi des Américains et des Britanniques avec la Standard Oil et la Royal Dutch Shell. C'est dans ce contexte que le , le gouvernement français instaure un monopole des importations de pétrole, les raffineurs français gardant uniquement leur autonomie au niveau de la distribution.
Le . est signé la résolution de San Remo entre la France et le Royaume-Uni. Celle-ci contient des clauses diverses relatives à de multiples pays producteurs et stipule en particulier que . Ultérieurement, le gouvernement britannique envisage de confier à la Turkish Petroleum Company (TPC), la concession des pétroles d'Irak et en 1923, à la suite de négociations entre les administrations françaises et anglaises et les dirigeants de la TPC le gouvernement britannique a demandé au gouvernement français de désigner une compagnie commerciale française pour prendre la suite et mener à bien les négociations. À ce moment-là, Raymond Poincaré, président du conseil, tient à développer l'indépendance de la France en matière de pétrole, et décide donc de créer un « groupe national du pétrole ». Il charge Ernest Mercier de la fonder, en précisant, dans une lettre du , l'objet, les conditions de son contrôle par l'État et la constitution de son capital. Ernest Mercier met, alors, en place le Syndicat français d'études pétrolières pour remplir cette mission. La direction en est confiée à Louis Tronchère.
Créée en 1924., grâce au transfert à la France de la participation allemande dans le consortium irakien., la Compagnie Française des Pétroles (CFP) tient son premier conseil d'administration le ,. Ernest Mercier est nommé président et Louis Tronchère, directeur. Le , la CFP reçoit les actions de la TPC.
À sa création, c'est une société anonyme au capital de 25 millions de francs (1924), représenté par actions de chacune, qui, en vertu de la convention signée le avec le Gouvernement français, a le droit de souscrire aux de la TPC. revenant à la France en exécution de l'accord de San Remo. En contre-partie, le Gouvernement reçoit certains droits de contrôle sur les opérations. Ses actionnaires, au nombre d'une vingtaine, sont des banques et distributeurs pétroliers français. Elle gère principalement sa participation dans la TPC.
En 1929, la Compagnie française de raffinage (CFR), filiale à 100 % de la CFP, est constituée. Elle crée un laboratoire de recherche à Paris (1929), la raffinerie de Normandie (1933) et la raffinerie de Provence (1935) ainsi qu'une filiale destinée à la flotte la Compagnie navales des pétroles (CNP). Elle est introduite à la Bourse de Paris.
En 1931, l'État entre, à hauteur de 35%, dans son capital, en faisant de fait une société mixte.
En 1938, c'est la Compagnie française de pétrole qui découvre le premier gisement au Qatar, à Dukhan.
En 1953, la Compagnie française des pétroles Algérie (CFPA), filiale à 100 % de la CFP, est créée. Elle exploite les gisements pétroliers récemment découverts sur le territoire algérien : gaz à Hassi R'Mel, pétrole à Hassi Messaoud. Elle est dissoute après la nationalisation algérienne des hydrocarbures le .
vignette|left|Pompe des années 1960.
Le , la CFP distribue le pétrole qu'elle raffine sous la marque « Total », associée à un logotype utilisant les trois couleurs nationales.. Le choix du nom « Total » est retenu car il est court et que l'entreprise a une ambition internationale, le nom ayant une signification et une prononciation identique dans de multiples langues..
En 1961, la compagnie fait la découverte de gisements offshore au Gabon.
En 1965 « Total − Compagnie française de distribution » (« Total-CFD », filiale de la CFP) et Desmarais frères fusionnent en 1965, alors que Desmarais était déjà actionnaire et songeait à racheter la CFP. La CFP détient alors près de 30 % du marché de la distribution pétrolière en France..
En 1982, le premier forage en eaux profondes (profondeur de ) est réalisé en mer Méditerranée.
Le , la dénomination de l'entreprise est changée en Total − Compagnie française des pétroles (Total CFP) puis le en Total..
En 1986, Total ouvre la première station-service automatique en France.
À partir des années 1990, l'entreprise devient un contributeur au développement du sport automobile, et plus particulièrement de la Formule 1 en France.
En 1993, sur l'initiative du gouvernement d’Édouard Balladur, une part importante des actions détenues par l'État est vendue à des investisseurs privés.
Époque d'Elf Aquitaine
L'origine d'Elf Aquitaine remonte au , jour où l'on découvre en France, à Saint-Marcet, dans le département de Haute-Garonne, un champ de gaz. À la suite de cette première découverte, la Régie autonome des pétroles (RAP) est créée. Encouragées par ce premier succès, les recherches continuent dans le Sud-Ouest de la France avec la création, en 1941, de la société nationale des pétroles d'Aquitaine (SNPA). Enfin, en 1945, est créé le Bureau de recherche de pétrole (BRP) avec pour but de rechercher du pétrole outre-mer.
La SNPA découvre après-guerre en 1951 le gisement de gaz de Lacq.
En , par la fusion de la RAP et du BRP, c'est la naissance de l'ERAP (Entreprise de recherches et d'activités pétrolières), holding pour toutes les sociétés existant à l'époque ; parmi celles-ci, se trouvent par conséquent la SNPA, qui devient la principale filiale de la nouvelle maison mère, et l'UGP qui rassemble quant à elle au sein de l'UGD (Union générale de distribution), les sociétés de distribution.
À partir du , le nom « Elf » est créé et le groupe vend désormais ses produits sous cette seule marque. Ce changement de nom est l'occasion d'instaurer une première marque visuelle : dans les semaines qui précédèrent la « nuit des ronds rouges » (en une soirée les différents réseaux de distribution de l'ERAP changent d'enseigne et adoptent la marque Elf) une campagne mystérieuse annonce que : « Les ronds rouges arrivent »..
Fusions de Total avec Petrofina et avec Elf Aquitaine
À la suite de la fusion avec la société belge Petrofina, la société devient TotalFina le . La Compagnie financière belge des pétroles – Petrofina (acronyme qui était l'adresse télégraphique de la société et qui en devint progressivement son nom) avait été créée le par un groupe d'investisseurs anversois.
Peu après la conclusion de la fusion avec Petrofina, TotalFina lance le une offre publique d'échange sur les actions d'Elf Aquitaine, alors que cette dernière se remet à peine de l'échec de son offre publique d'actions sur la compagnie pétrolière privée norvégienne .. TotalFina accroît de 30% son effectif, ses capacités de production ainsi que son chiffre d'affaires.
Le , TotalFina acquiert Elf Aquitaine, le nouveau groupe prend alors le nom de TotalFinaElf (TFE). Il double quasiment son effectif, ses capacités de production ainsi que son chiffre d'affaires. Avec ce rachat, Fina ne représente plus que 5 à 10 % du nouveau groupe TotalFinaElf.
Albert Frère, le seul milliardaire belge, était le principal actionnaire de Petrofina lors de son rachat par Total et possédait des parts minoritaires dans le capital de Total au travers de deux holdings dont il est partiellement propriétaire : le Groupe Bruxelles Lambert et la Compagnie nationale à portefeuille. Vers l'an 2000, contrôlant indirectement 5 % du capital, il était considéré comme le plus important actionnaire individuel de Total. Le groupe d'Albert Frère se désengage progressivement de sa participation dans Total et en 2020 ne disposait quasiment plus d'aucune action Total.
Évolution depuis 2000 Le , TotalFinaElf retrouve sa dénomination d'avant 1999 : Total.
Le , Total décide d'investir pour l'exploitation et le gisement Akpo, découvert en 2000 au Nigéria.
Lors de l'assemblée générale du , l'apport-scission d'Arkema est approuvé. Arkema regroupait les produits vinyliques, la chimie industrielle et les produits de performance. Pour chaque action Total détenue, un droit à attribution d'action Arkema était distribué, dix droits à attribution d'actions Arkema étant nécessaires pour obtenir une action d’Arkema. À compter du , Arkema est cotée à la bourse de Paris sur Euronext.
vignette| à Downtown Houston.
Fin 2007, le fonds souverain chinois (Safe) investit de dollars et contrôle 1,6 % du capital de Total. Le fonds Safe devient le second actionnaire derrière le citoyen belge Albert Frère. Le groupe réagit positivement et Christophe de Margerie reconnaît avoir favorisé lui-même le processus, espérant développer sa présence sur le marché chinois.
En , l'administration de Total ne semble pas souhaiter que les fonds souverains possèdent à moyen terme plus de 10 % du capital.. En , l'entrée au capital de Total de fonds publics d'investissements des pays du Golfe est prévisible et souhaitable, selon Christophe de Margerie. Le résultat de d'euros en 2008 est le record pour une société française..
En 2011, le Qatar investit d'euros dans le capital de Total et devient l'un des principaux actionnaires. derrière les salariés et le milliardaire belge Albert Frère.
En , Jarden acquiert auprès de Total Mapa-Spontex, entreprise française spécialisée dans les éponges, les gants de cuisine et les objets de puériculture, ce pour la somme de d'euros..
Le , Christophe de Margerie est nommé président-directeur général de Total.
En 2011, le groupe choisit d’investir dans le secteur de l'énergie solaire : il acquiert 60 % du capital de l'américain Sunpower ; en outre, il crée l'enseigne de réseau de distribution de carburants à bas prix « Total Access », qu'il installe de préférence sur des stations-service qui avaient l’enseigne « elf ».