L', créée entre 1932 et 1933 par mandat impérial, est une ancienne unité militaire de recherche bactériologique de l'Armée impériale japonaise. Officiellement, cette unité, dirigée par Shirō Ishii, se consacrait , mais, en réalité, elle effectuait des expérimentations sur des humains comme des vivisections sans anesthésie ou des recherches sur diverses maladies comme la peste, le typhus et le choléra en vue de les utiliser comme armes bactériologiques.. Les expérimentations bactériologiques pratiquées au Mandchoukouo, notamment par largage aérien, ont fait entre et Documentaire Les héritiers du Mengele - Cobayes humains pendant la guerre froide de Dick Pohlmann (Allemagne, 2009, 90 min).. L'unité 731 est reconnue responsable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. L'État japonais ne reconnaît son existence que depuis l’année 2002.
Un projet secret d'armement bactériologique Implantée en 1936 à Pingfang, localité proche de la ville de Harbin au Mandchoukouo (actuelle province du Heilongjiang en république populaire de Chine), cette unité prit le relais de l' ou Forteresse Zhongma, construite en 1932 à Beiyinhe dans la municipalité de Wuchang et dont l'activité avait été révélée suite à l'évasion de prisonniers en 1934 et qui fut fermée en 1937.
Créée par un décret impérial de 1936 de l'empereur Hiro-hito, l’unité 731 s'étalait à Pingfang, localité chinoise au nord de Harbin au sein d’un complexe comportant soixante-dix bâtiments couvrant un total de six kilomètres carrés. Elle employait environ 3 000 médecins, techniciens, infirmiers et soldats et elle pouvait contenir jusqu’à 600 prisonniers.
Le projet prenait sa source dans la volonté de Shirō Ishii de transformer la maladie, « ennemi silencieux » des armées, en un « allié silencieux », selon l'expression de Hal Gold, auteur d'un livre documenté sur le sujet. C'est à la suite d'un voyage mené en Europe, où il étudia les armes chimiques utilisées pendant la première guerre mondiale, qu'il convainquit ses supérieurs à la recherche de solutions face à l'URSS, de la nécessité pour le Japon de se doter d'un arsenal bactériologique, bien que Tokyo fût signataire de la convention de Genève de 1925 bannissant les armes chimiques mais non ratifié.
En 1936, il déclarait aux membres de son équipe :"Je vous conjure de poursuivre ces recherches qu’inspire un double objectif médical. Premièrement, en tant qu’hommes de science, il faut nous efforcer d’expérimenter sur ce qui est vrai dans les sciences naturelles, de rechercher et de découvrir ce qui nous est encore inconnu ; deuxièmement, en tant que militaires, il faut que nous réussissions à construire une arme puissante contre l’ennemi".
L'unité 731 procédait à des expériences sur des prisonniers, dont des femmes et des enfants, en majorité coréens, chinois et russes fournis en grande majorité par la Kenpeitai, la police militaire. Avec l'expansion de l'Empire, d'autres unités furent notamment ajoutées dans des villes conquises comme Nankin (unité 1644), Pékin (unité 1855), Qiqihar (unité 516), Xinjing, Canton (unité 8604) et Singapour (unité 9420).
Les activités de l'unité étaient connues au plus haut niveau du gouvernement et des films sur les expérimentations ou les convois de prisonniers ont, entre autres, été montrés à Hideki Tōjō et au prince Takahito Mikasa, le plus jeune frère d'Hirohito, qui y fait référence dans son journal personnel. Le prince Tsuneyoshi Takeda, cousin de l'empereur, a également visité les installations en qualité d'officier de l'armée du Guandong.
Des armes bactériologiques produites par cette unité ont entre autres été utilisées sur ordre d'Hirohito contre les Soviétiques en 1939 et contre les Chinois de 1940 à 1945. Ces ordres étaient transmis par l'intermédiaire du chef d'état-major de l'Armée, en l'occurrence le prince Kotohito Kan'in ou les généraux Hajime Sugiyama et Yoshijirō Umezu.
Parmi les projets figurait l'opération Cerisiers en fleurs dans la nuit. Finalisée le , elle prévoyait le lâchage sur la région de San Diego en Californie du Sud d'insectes porteurs de pathogènes tels que la peste depuis quinze hydravions Aichi M6A embarqués sur cinq sous-marins classe I-400 le .....
Les cobayes humains de Shirō Ishii vignette|Shirō Ishii en 1932. On estime que Shirō Ishii et son équipe commencèrent leurs expériences sur les humains en début d'année 1932. La première unité de recherche de grande envergure, l'unité Tōgō, fut implantée à Beiyinhe, en banlieue sud d'Harbin en 1932. Son existence devint connue notamment en raison de l'évasion d'une douzaine de prisonniers chinois à l'automne 1934.
Les premiers cobayes étaient des prisonniers condamnés à mort et détenus à la prison d'Harbin, des espions ou considérés comme tel ou des résistants capturés par la Kenpeitai (la police militaire japonaise). Par la suite, les victimes furent également des soldats chinois, des russes communistes détenus dans le camp d'Hogoin, des intellectuels, des ouvriers coupables d'agitation ou simplement des individus soupçonnés de « déloyauté ». Ils sont sélectionnés pour être envoyé à Harbin auprès de l'unité 731 pour "traitement spécial".
Des soldats japonais eux-mêmes contaminés par la peste, ou par une maladie inconnue contractée hors du camp, servirent de cobayes.
À compter de 1936, avec la création de l'unité 731 à Pingfang et la destruction du site de Beiyinhe, les expérimentations s'étendirent aux femmes et aux enfants (à qui on distribuait le bacille du charbon mélangé au chocolat) puis, ultérieurement, aux prisonniers de guerre américains détenus au camp de Moukden.
Ces cobayes humains étaient appelés « maruta », ce qui, en japonais, signifie billot, bûche ou bille de bois. En effet, les paysans locaux croyaient que c'était à une gigantesque scierie qu'ils avaient affaire, et donc tous les cobayes amenés à Pingfang étaient, pour lesdits paysans, du bois. À leur arrivée à l'unité 731, on leur attribuait un numéro et ils n'étaient plus considérés comme des êtres humains, méthode également appliquée dans les camp de concentration et d'extermination, mais comme un matériel d'expérimentation. La plupart avaient entre vingt et quarante ans.
Officiellement, l'unité utilisait pour ses test, des animaux, des « singes de Mandchourie ».
Dès 1933-1934, Shirō Ishii effectuait des expériences sur le choléra et la peste, en se servant de prisonniers. Déjà en 1935, des films étaient réalisés pour montrer le déroulement de ces expériences aux officiers supérieurs de l'état-major de l'armée du Guandong.
Entre trois et cinq mille personnes furent sacrifiées à Pingfang. Par un judas aménagé dans la porte d'acier de chaque cellule, les gardiens vérifiaient l'état des maruta enchaînés. Correctement nourris afin que les résultats des expériences menées soient probantes, les prisonniers devaient passer leurs bras à travers un guichet de leur porte pour recevoir les injections.
Les gardiens et scientifiques voyaient des membres pourris, des bouts d'os qui pointaient hors des chairs noires de nécrose. Certains prisonniers transpiraient, souffrant d’une fièvre atroce, se tordant et gémissant de douleur. D'autres avaient le corps gonflé, d'autres encore étaient squelettiques. Certains étaient couverts de blessures ouvertes ou de cloques.
Quand un détenu survivait à une expérience, il était soumis à une autre, jusqu'à ce qu'il finisse par mourir. Les corps sont ensuite incinérés après prélèvements.
Deux cents prisonniers peuplaient les cellules. Deux ou trois mouraient chaque jour. On se livrait à la vivisection sur détenus simplement endormis pour entrainer les medecins et infirmières japonais à la médecine de guerre. Certains furent ébouillantés vifs, d'autres brûlés au lance-flammes, d'autres congelés laissés nus dans le froid ou aspergés d'eau en plein hiver par moins 40°C à la lance à incendie pour étudier les engelures, d'autres subirent des amputations d'un membre, des transfusions de sang de cheval ou même d'eau de mer, d'autres ont été électrocutés, tués dans des centrifugeuses géantes, ou soumis à une exposition prolongée aux rayons X. Des détenus furent complètement déshydratés, c'est-à-dire momifiés vivants. On les desséchait jusqu'à ce qu'ils meurent et ne pèsent plus qu'un cinquième de leur poids normal. On étudiait également sur eux les effets du cyanure d'hydrogène, d'acétone et de potassium. Certains détenus étaient affamés et privés de sommeil, tandis que d'autres étaient soumis à des marches forcées ininterrompues aboutissant dans tous les cas à leur mort. D'autres furent soumis à des expériences de décompression tandis que d'autres servirent de cibles vivantes attachées pour des bombardements biologiques d'agents pathogènes comme la gangrène gazeuse.
Selon certaines sources, plus de , femmes et enfants seraient morts dans les laboratoires de l'ensemble du réseau devenu tentaculaire en 1942 Military Medical Ethics, vol. 2 - ..
Selon les travaux publiés en 2002 par le Symposium International sur les Crimes de la Guerre Bactériologique, le nombre de personnes mortes en Chine à la suite des expérimentations et de l'usage des armes bactériologiques par l'Armée impériale japonaise s'élève à plus de Daniel Barenblatt, A Plague upon Humanity, 2004, ..
Il est possible que les méthodes de l'unité 731 aient été utilisées en Indonésie lors d'un essai raté de mise au point d'un vaccin contre le tétanos : moururent après avoir été vaccinées ; Achmad Mochtar fut exécuté pour ce crime le par l'armée japonaise d'occupation, mais sa mémoire a été réhabilitée par le gouvernement indonésien sous la présidence de Soeharto. Son exécution aurait servi à masquer un crime de guerre et les responsabilités du JaponKevin Baird, "War Crimes in Japan-Occupied Indonesia: Unraveling the Persecution of Achmad Mochtar", The Asia-Pacific Journal 14, 1, 3 ()..
Viols et agressions sexuelles Les prisonnières détenues dans l'unité 731 subissaient des grossesses forcées à des fins d'expérimentation. Les tortionnaires menaient des expériences sur la transmission de maladies de la mère à l'enfant, notamment la syphilis. Ils examinaient aussi la survie des fœtus et les lésions sur les organes féminins. Même si , il n'existe aucun cas documenté de survivants à l'unité 731, y compris parmi les enfants. Il est probable que les enfants des prisonnières étaient assassinés après leur naissance ou que les grossesses faisaient l'objet d'un avortement.
Si les hommes prisonniers étaient en général victimes d'une expérience précise, pour ne pas risquer d'interférences dans les variables, les femmes prisonnières servaient parfois dans des expériences bactériologiques, physiologiques, sexuelles, et en tant que victimes d'agressions sexuelles.
Fermeture du centre Les 9 et , après l'invasion de la Mandchourie et de la Corée par l'armée soviétique, l'armée japonaise de Kwantung a été prise de panique. Son commandant, le général Otozō Yamada, a ordonné la destruction des unités 731 et 100. Tous les maruta (cobayes) ont été tués et incinérés, leurs cendres et os restants dispersés dans la rivière la plus proche tandis qu'en parallèle, six cents travailleurs chinois locaux sont exécutés à la mitrailleuse.
Shirō Ishii reçut l'ordre de détruire l'ensemble des bâtiments avant l'arrivée des Soviétiques. Une brigade de sapeurs a donc fait sauter le quartier général de Pingfang. Après avoir effacé les preuves de ce qui s'était passé, le personnel de Pingfang a été évacué en Corée à Busan, au sud de Séoul ou l'ensemble des membres de l'unité sont rapatriés par voie maritime au Japon.
Il est leur donné ordre de ne conserver sur eux aucun document, papiers ou photographies pouvant les rattacher à l'unité, à son fonctionnement et ses véritable objectifs, la fable d'un centre de traitement de l'eau au service de l'armée devant être maintenue.