vignette|redresse=1.4|En brun les principales régions viticoles de Suisse.

La viticulture en Suisse est la culture de la vigne pour la production de vin en Suisse.

En Suisse, la viticulture remonte à l'époque romaine. Elle est aujourd'hui une activité économique aux nombreuses ramifications sociales et culturelles.

En 2021, la vigne s'étend sur (près de ). Elle est principalement concentrée le long du Rhône, au sud-ouest du pays, où les trois régions contiguës Valais (33 %), Vaud (26 %) et Genève (10 %) représentent 69 % de la surface totale. La Suisse alémanique, au nord et au nord-est de la Suisse, représente 18 % de la surface de vigne, mais le vignoble y est plus dispersé. Le Tessin, au sud des Alpes, représente 7 % de la surface. Enfin, les vignobles de la région des trois lacs (Neuchâtel, Bienne et Morat), au pied du Jura, représentent 6 % de la surface.

La production vinicole suisse avoisine les de litres par année, à proportion de blanc et de rouge pratiquement égale. La production locale ne satisfait qu'environ un tiers des besoins du marché suisse. Par conséquent, la quasi-totalité de la production est consommée localement ; seuls 1 à 2 % sont exportés.

Histoire vignette|Yvorne et son vignoble thumb|Vendanges au bord du lac de Constance, dans le canton de Thurgovie

Premières vignes La tradition viti-vinicole en Suisse est très ancienne, elle remonte au moins à l'époque romaine. Des indices archéologiques tendent à montrer que la culture de la vigne existait en Valais déjà avant l’époque romaine. Entre 1989 et 1999, lors d’une fouille à Gamsen, on a découvert des pépins de raisins datant de l’Âge du fer. Il y avait donc des grappes de raisin en Valais bien avant l’arrivée des Romains. Reste à prouver qu'ils proviennent bien d’une vigne indigène cultivée.

Premières bouteilles Près de Sembrancher, dans une tombe celtique, on a retrouvé le plus vieil indice de la consommation de vin en Valais, une bouteille de céramique. Elle accompagnait la dépouille d'une femme, inhumée au Ces bouteilles, nommées vases a trottola, ont été produites dans des officines celtiques de l'Italie du Nord. On a appris qu’elles contenaient du vin grâce à une inscription retrouvée sur l’une d’elles. Vers , à l’époque celtique, les Valaisans offraient donc du vin aux morts et en buvaient probablement. Un siècle plus tard, les amphores romaines faisaient leur apparition.

Traces écrites Au , les vignobles étaient déjà organisés, comme le prouvent les premiers documents écrits. Les recherches viennent d'ailleurs détruire la légende : la vigne n’était pas entre les mains exclusives d’abbayes et de moines mais entre celles de nombreux propriétaires. Les historiens dépouillent, actuellement, tous les documents relatifs aux vignes dans les archives publiques et privées. L'analyse des actes notariés de l’époque est très enrichissante, particulièrement ceux touchant aux reconnaissances : dans ces documents, les locataires des terres reconnaissent tenir leurs biens d’un seigneur (propriétaire). Les historiens tentent également de dessiner la mise en place de la vigne et l’évolution du paysage viticole.

Généalogie des cépages

Depuis quelques années, des analyses d’ADN apportent des réponses précises sur les cépages et leur généalogie. José Vouillamoz., biologiste moléculaire de l’université de Neuchâtel, a par exemple démontré une filiation directe entre le cornalin et l'humagne rouge, cette dernière étant issue d'un croisement du cornalin avec un cépage inconnu. Les analyses d’ADN ouvrent de nouvelles perspectives, elles pourraient par exemple permettre de déterminer l’origine génétique d'anciens pépins de raisin retrouvés à , en Valais.

Réglementation Il n'existe pas à proprement parler de réglementation suisse, chacun des cantons pratiquant la viticulture ayant sa propre réglementation. Dans le cadre de la politique agricole PA2011, toutes les aires de production suisses sont soumises au règlement « AOC Suisse » à compter du . La réglementation en matière de vin proposée par la Confédération s’inspire des principes de la réglementation européenne.

Cépages cultivés en Suisse On recense en Suisse plusieurs centaines de cépages cultivés, et 275 d'entre eux sont détaillés dans les statistiques de l'OFAG. Au total, fin 2020, de vigne sont cultivés pour le vin, dont (44 %) plantés en blanc et (56 %) plantés en rouge. La surface viticole est en légère diminution depuis plusieurs années (-3,4 % entre 2001 et 2020). Les cépages les plus cultivés sont le pinot noir (26 %), le chasselas (25 %), le merlot (8 %) et le gamay (8 %). À eux quatre, ils représentent deux tiers des cultures.

Les cépages cultivés en Suisse sont classés en trois groupes : Les cépages indigènes contribuent à l'identité et à la richesse du vignoble suisse. Ils représentent 8 % des cultures. Il s'agit principalement du gamaret (3 %), du garanoir (2 %), de la petite arvine (2 %) ou du cornalin (1 %). Les cépages traditionnels, qui ne sont pas originaires de Suisse mais dont la culture en vue de la transformation en vin est antérieure (parfois nettement) au , comme le pinot noir (26 %), le gamay (8 %), le sylvaner (2 %), le pinot gris (2 %) ou le savagnin (1 %). Ils représentent 39 % des cultures. Les cépages allogènes, cultivés en Suisse depuis le , voire le . Ils représentent 22 % du vignoble et permettent notamment aux producteurs suisses de démontrer la qualité du terroir et leur savoir faire lors des grands concours internationaux. Les principaux sont le merlot (8 %), le müller-thurgau (3 %), le chardonnay (3 %), la syrah (1 %) ou le sauvignon (1 %).

La part des cépages hybrides résistants aux maladies fongiques est en croissance, qu'ils soient indigènes ou allogènes. En 2020, ils représentent 2,5 % des cultures.

Tableau des cépages Le tableau ci-dessous présente les blancs et les rouges les plus cultivés en Suisse en 2021 : CouleurCépageTypeNom(s) associé(s)Surface (ha)Poids (CH)CouleurCépageTypeNom(s) associé(s)Surface (ha)Poids (CH)BlancChasselasIndigèneFendant, Gutedel3573 ↘24 %RougePinot noirTraditionnelBlauburgunder, Klävner ↘26 %BlancMüller-thurgauAllogèneRiesling-Sylvaner437 ↘3 %RougeMerlotAllogène ↗8 %BlancChardonnayAllogène405 ↗3 %RougeGamayTraditionnel ↘8 %BlancSylvanerTraditionnelJohannisberg, Gros Rhin311 ↗2 %RougeGamaretIndigène(Pully B-13)436 ↗3 %BlancPetite ArvineIndigène245 ↗2 %RougeGaranoirIndigène(Pully B-28)230 ↗2 %BlancPinot grisTraditionnelMalvoisie, Grauburgunder237 ↗2 %RougeSyrahAllogène205 ↗1 %BlancSavagninTraditionnelHeida, Païen223 ↗1 %RougeCornalinIndigèneRouge du Pays, Landroter158 ↗1 %BlancSauvignonAllogène211 ↗1 %RougeHumagne rougeTraditionnelCornalin d'Aoste142 ↗1 %BlancPinot blancAllogèneWeissburgunder114 ↗1 %RougeDiolinoirIndigène(Pully 4-42)130 ↗0,9 %BlancViognierAllogène56 ↗0,4 %RougeCabernet francAllogène83 ↗0,6 %BlancGewürztraminerTraditionnel47 ↘0,3 %RougeDivicoIndigène(IRAC 2091)74 ↗0,5 %BlancMuscatTraditionnelMuskateller41 ↘0,3 %RougeCabernet sauvignonAllogène70 ↗0,5 %BlancMarsanneTraditionnelErmitage41 ↘0,3 %RougeIndigène60 ↗0,4 %BlancAmigneIndigène41 →0,3 %RougeIndigène(VB 5-02)39 ↗0,3 %BlancDoralIndigène(Pully 1-21)37 ↗0,3 %RougeRegentAllogène(GF 67-198-3)29 ↘0,2 %BlancJohanniterAllogène(FR 177-68)37 ↗0,3 %RougeCabernet dorsaAllogène(WE 71-817-92)29 ↗0,2 %BlancSolarisAllogène(FR 240-75)33 ↗0,2 %RougeAncellottaAllogène25 ↗0,2 %BlancRieslingTraditionnelPetit Rhin27 ↗0,2 %RougeMalbecAllogèneCôt24 ↗0,2 %BlancHumagne blancheIndigène27 ↘0,2 %RougeDunkelfelderAllogène(Froelich V4-4)22 ↘0,2 %BlancTraditionnel27 ↗0,2 %RougeZweigeltAllogène22 ↗0,1 %BlancKernerAllogène(WE S 25-30)25 ↗0,2 %RougeDornfelderAllogène(WE S-341)18 ↘0,1 %BlancAllogène(FR 392-83)25 ↗0,2 %RougeDakapoAllogène(GM 7225-8)18 ↗0,1 %BlancAligotéAllogène23 →0,2 %RougeMaraIndigène(RAC 3022, C41)17 ↗0,1 %BlancMuscarisAllogène(FR 493-87)20 ↗0,1 %RougeMaréchal FochAllogène(Kuhlmann 188-2)15 ↗0,1 %BlancIndigène(VB Cal 6-04)18 ↗0,1 %RougeCarminoirIndigène12 →0,08 %BlancSauvignon grisAllogène11 ↗0,07 %RougePlant RobertTraditionnelPlant Robez, Plant Robaz9 ↗0,06 %BlancCheninAllogène11 ↗0,07 %RougeLéon MillotAllogène(Kuhlmann 194-2)9 ↗0,06 %BlancSeyval blancAllogène(SV 5-276)10 ↗0,07 %RougeBondolaIndigèneBriegler9 ↘0,06 %BlancCharmontIndigène(Pully 1-33)10 →0,07 %RougeVB Cal 1-28Indigène7 ↗0,05 %BlancCompleterIndigène9 ↗0,06 %RougeServagninTraditionnel6 ↗0,04 %BlancCabernet blancIndigène(VB 91-26-1)8 ↗0,06 %RougeCabernet cortisAllogène(FR 437-82 R)5 ↗0,03 %BlancDivonaIndigène(IRAC 2060)8 ↗0,05 %RougeIndigène(VB 91-26-4)4 ↗0,03 %BlancScheurebeAllogène(S 88)7 ↗0,05 %RougeBlaufränkischAllogèneLimberger, Kékfrankos4 →0,03 %BlancIrsai OlivérAllogèneMuscat Oliver7 ↗0,05 %RougeMarselanAllogène(INRA 1810-68)4 ↗0,03 %BlancFreisamerAllogèneFreiburger (FR 21-15)6 ↗0,04 %RougeIsabelleAllogèneIsabella4 ↗0,03 %BlancMuscat ottonelAllogène6 ↗0,04 %RougeAllogène(FR 484-872)4 ↗0,03 %BlancAltesseAllogène6 ↗0,04 %RougeChambourcinAllogène(JS 26-205)4 ↗0,03 %BlancSauvignon SoyhièresIndigène(VB 32-7)5 ↗0,04 %RougeCabernet SoyhièresAllogène4 ↗0,02 %BlancRoussanneAllogène5 ↗0,03 %RougeMuscat bleuIndigène(Garnier 83-2)3 →0,02 %BlancIndigène4 ↗0,03 %RougeMondeuseTraditionnel3 ↗0,02 %BlancAuxerroisAllogène4 ↗0,03 %RougeVB Cal 1-36Indigène3 ↗0,02 %BlancMondeuse blancheAllogène3 ↗0,02 %RougeNebbioloAllogène3 ↗0,02 %BlancSémillonAllogène3 ↘0,02 %RougeCabernet cubinAllogène(WE 70-281-35)3 →0,02 %BlancBiancaAllogène(EC 40)3 ↗0,02 %RougeCabernet mitosAllogène(WE 70-77-4 F)3 ↗0,02 %BlancBacchusAllogène(GF 33-29-133)2 ↗0,01 %RougePinotageAllogène3 ↗0,02 %BlancGrüner VeltlinerAllogèneVelteliner vert2 ↗0,01 %RougePetit verdotAllogène3 ↗0,02 %BlancIndigène2 →0,01 %RougeIndigène(VB 91-26-17)3 ↗0,02 %BlancGoldwinAllogène(GF-GA 48-12)1 ↗0,01 %RougeSaint-LaurentAllogène3 →0,02 %BlancIndigène(VB 86-6)1 ↗0,01 %RougeAcolonAllogène(WE 71- 816-102)2 ↘0,01 %BlancKernlingAllogène1 →0,01 %RougeAllogène 2 ↗0,01 %BlancSous-total642744%RougeSous-total826956%Grand total14696 ↗/↘/→ = Tendance sur les années.

Six régions viti-vinicoles suisses En 2015 et selon les chiffres de l'OFAG tous les cantons cultivaient de la vigne sur (près de ). L'IVVS - Interprofession de la vigne et du vin suisse. - a défini régions viti-vinicoles. Par ordre d'importance : le Valais (33 %), Vaud (26 %), la Suisse alémanique (18 %), Genève (9 %), le Tessin (7 %), les Trois Lacs (6 %). Le pays est petit et pourtant les se distinguent par leurs encépagements, leurs topographies, leurs climats et leurs sols.

Globalement, la Suisse est un territoire tourmenté où les Alpes représentent les deux tiers du pays, suivies par le Plateau et le Jura. Les vignes sont d’ailleurs réparties selon cette même clef. Par comparaison aux vignobles européens elles sont relativement hautes en altitude et souvent dans des zones à forte déclivité. En hiver il n’est pas rare de voir de la neige dans les vignes et les températures annuelles moyennes se situent entre (Suisse alémanique) et (Tessin). De fait la Suisse fait partie des producteurs de vin dit de régions fraîches. Lorsque la Suisse se présente au monde elle revendique un terroir à caractère alpin..

Vignoble du Valais

vignette| Sion et son vignoble

Avec ses (OFAG 2015) le vignoble du Valais contribue pour un tiers à la production totale helvétique. Sur plus de cent kilomètres, les vignes s'étirent le long du Rhône. Leurs pentes bien exposées s'étendent des communes de Viège à l’Est jusqu’à Port-Valais (Les Evouettes) à l’Ouest. Les cultures s'étalent entre 450 et d'altitude, voir comme à Visperterminen qui compte parmi les vignes les plus élevées d'Europe.

Protégé par la barrière des Alpes, le Valais a de loin le climat le plus sec et ensoleillé de toutes les régions viticoles suisses ( d'ensoleillement pour quelque de précipitations annuelles). Ce climat associé à la diversité des sols, qui varient d'un parchet à l'autre, produit en Valais une étonnante richesse de vins singuliers, issus d'une multitude de cépages.