Jacques Bompard, né le à Montpellier (Hérault), est un homme politique français.
Affichant des positions libérales-conservatrices, il est membre fondateur du Front national (FN) en 1972, un parti qu'il quitte en 2005 pour rejoindre le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers. En 2010, il rompt avec le MPF pour fonder et présider la Ligue du Sud, parti classé à l'extrême droite et très implanté dans la partie nord du département de Vaucluse.
À la suite des élections municipales de 1995, il est élu maire d'Orange, faisant partie des trois seuls membres du Front national à emporter une commune lors de ces élections ; il est constamment réélu à la tête de la municipalité. Il a également été conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, conseiller général de Vaucluse et élu à trois reprises député du département entre 1986 et 2017.
En , il est condamné en appel à un an de prison avec sursis et à cinq ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts ce qui l'oblige à démissionner de son mandat de maire d’Orange.
Situation personnelle Origines et vie familiale Fils de Marcel Bompard, officier de l'Armée française, Jacques Bompard est issu d'une famille provençale. Durant son enfance, il passe ses vacances dans la propriété familiale, à Buis-les-Baronnies (Drôme).
Il épouse en secondes noces Marie-Claude Bompard, née Pelletier, qui partage son militantisme politique. Celle-ci est conseillère générale, puis départementale de Vaucluse depuis 2004 et maire de Bollène de 2008 à 2020.
Jacques Bompard est père de cinq enfants, dont Guillaume, qui a été son assistant parlementaire et conseiller municipal délégué à la communication de la ville d'Orange, et Yann, qui a aussi été son assistant parlementaire puis celui de Marie-France Lorho, ainsi que conseiller départemental de Vaucluse et premier adjoint au maire d'Orange.. Il lui succède comme maire de la ville en 2020..
Études et carrière professionnelle Jacques Bompard suit des études d'odontologie à l'université Montpellier- afin de devenir docteur en chirurgie dentaire et en sciences odontologiques. Il exerce d'abord la profession d'enseignant de physique-chimie à Nîmes, Avignon et à L'Isle-sur-la-Sorgue, de 1964 à 1970, puis est chirurgien-dentiste à Orange, de 1975 à 1986. Parallèlement, il est assistant en odontologie conservatrice à l'université Montpellier-I, de 1981 à 1986.
Parcours politique Débuts Après avoir milité en faveur du retour au pouvoir de Charles de Gaulle en 1958, il se détourne du gaullisme en raison de l'issue de la guerre d'Algérie, au début des années 1960..
À la faculté des sciences de Montpellier, il préside, de 1962 à 1965, la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), une organisation étudiante ayant fait scission de l'UNEFCahiers de Chiré, 1990.. À cette époque, il crée OAS Cambronne, un réseau de soutien à une organisation pro-Algérie française, l 'OAS, à Montpellier..
Il rejoint par la suite les rangs du mouvement étudiant d'extrême droite Occident, dont il intègre le secrétariat nationalLibération, ..
Par la suite, il adhère aux Comités Tixier-Vignancour (« comités TV »), créés en soutien au candidat d'extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour à l'élection présidentielle de 1965, face au général de Gaulle. Il rejoint Ordre nouveau après la dissolution d'Occident, en 1968.
Il est également le fondateur de l'association politique L'Esprit public, dont le nom est inspiré de la revue éponyme.
Engagement partisan Cadre du Front national En 1972, il participe à la fondation du Front national. Avec Alain Jamet, en 1975, il lance la fédération FN de l'Hérault, l'une des premières de France. Il est membre du bureau politique du FN de sa fondation à son départ du parti.
Son départ du FN fait suite à son exclusion du bureau politique, en . Selon les uns, cette exclusion est la conséquence de critiques contre le supposé népotisme présent au sein du parti qu'il aurait dénoncé lors de l'université d'été de 2004 de son association, indépendante du FN, L'Esprit publicAvec Marie-France Stirbois, sa femme Marie-Claude Bompard, Bernard Antony, Guillaume Luyt, Christian Baeckeroot et Miguel de Peyrecave.. Selon d'autres, il a attaqué son parti à de nombreuses reprisesAyant assisté à seulement neuf des 66 dernières réunions du bureau politique et voulu prendre la présidence du Front national.Jean-Marie Le Pen, dans un entretien au journal La Provence, .. Alors qu'il aurait eu l'ambition de succéder au « Menhir », Jean-Marie Le Pen lui avait rétorqué par média interposé qu'il a Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen démasquée, Grasset, Le Livre de Poche, 2011, ..
Jacques Bompard reproche à Jean-Marie Le Pen son autoritarisme et son désintérêt pour les questions locales, et à Marine Le Pen une ligne politique qu'il estime étatiste et trop modérée sur les sujets sociétaux.
Passage au Mouvement pour la France En , il adhère au Mouvement pour la France (MPF), présidé par Philippe de Villiers... Il devient alors président de la fédération du MPF en Vaucluse.
Il quitte le MPF en 2010, l'estimant trop lié à l'UMPLe maire d'Orange Jacques Bompard quitte le MPF, AFP, 29 janvier 2010.. Il refuse d'apporter son soutien à la liste conduite par Thierry Mariani, que Philippe de Villiers avait annoncé soutenir lors des élections régionales de 2010 en Provence-Alpes-Côte d'Azur..
Fondation et présidence de la Ligue du Sud Les thématiques principales de la Ligue du Sud sont la sécurité, le combat contre la mondialisation, la revendication du patriotisme, la défense de la famille et des valeurs chrétiennes.
En vue des élections régionales de 2010 en PACA, il s'associe au Bloc identitaire, au Parti de la France et au Mouvement national républicain pour conduire la liste « Ligue du Sud »« Le Bloc identitaire veut s'inscrire dans la durée », interview de Jean-Yves Camus à L'Express, 29 janvier 2010., qui se constitue plus tard en parti politique, dont il devient le président. Plusieurs cadres du Front national apportent leur soutien à sa candidature : l'ensemble des cadres de la circonscription d'Hyères rallient Dominique Michel, tête de liste Ligue du Sud dans le Var ; Jean-Pierre Godin, responsable de la circonscription de Toulon, fait de même.. La liste qu'il conduit obtient 2,7 % des voix au premier tour et atteint 8,4 % en Vaucluse..
En 2014, il prend part aux Assises de la remigration organisées par le Bloc identitaireLa «remigration» des identitaires aux portes du FN..
Entre les deux tours des élections départementales de 2015, après que la Ligue du Sud a obtenu quatre élus, dont son fils Yann et sa femme, Jacques Bompard appelle à l'« union de toutes les droites » (Ligue du Sud, Front national et UMP) et annonce sa volonté de voter avec la droite et le FN pour désigner un président de département qui fasse consensus face à la gauche.
Implantation dans le Vaucluse Maire d'Orange Élections thumb|redresse|Hôtel de ville d'Orange. Lors des élections municipales de 1989 à Orange (Vaucluse), la liste FN qu'il conduit obtient 16,4 % des suffrages exprimés au second tour, dans le cadre d’une triangulaire avec les listes socialiste (45 %) et d’union de la droite (38,6 %). Avec un autre de ses colistiers, il intègre ainsi le conseil municipal de la ville.
Six ans plus tard, aux élections municipales de 1995, sa liste arrive en tête du premier tour puis l’emporte au second tour, à la faveur d'une triangulaire, avec 35,9 % des suffrages, seulement devant celle du maire divers gauche sortant, Alain Labé... Le , il est élu par le nouveau conseil municipal, où il dispose d’une majorité de 24 élus sur 35. Il fait ainsi partie des trois candidats FN élus maires lors de ce scrutin...
Briguant sa succession en se présentant comme , il est réélu en 2001 et 2008, après que sa liste a recueilli respectivement 60 % et 61 % des suffrages exprimés dès le premier tour de scrutinRésultats des élections municipales 2001 sur le site du ministère de l'Intérieur .... Aux élections municipales de 2014, il se représente en renouvelant un tiers de sa liste et fait entrer dans sa nouvelle équipe deux membres de l'UMP, ainsi qu'une membre historique du Parti socialiste local.. La liste comprend également son fils, Guillaume, en , qui deviendra conseiller municipal délégué à la communication.. Il l'emporte dès le premier tour avec 59,8 % des voix..
Réélu député le , Jacques Bompard annonce son intention de « contourner » la nouvelle législation sur le cumul des mandats, qui lui interdit d'être à la fois d'être député et maire.. Alors que la loi précise que c'est le dernier mandat obtenu (dans son cas, celui de député) qui doit être conservé, Jacques Bompard souhaite rester maire d'Orange tout en laissant son siège de député à sa suppléante, Marie-France Lorho, sans provoquer d'élection législative partielle. Ainsi, fin , il démissionne de son mandat de maire, se fait réélire par le conseil municipal de la ville le , et démissionne dans le même temps de l'Assemblée nationalehttps://www.ouest-france.fr/politique/jacques-bompard-reelu-maire-d-orange-abandonnera-son-mandat-de-depute-5154578.. Alors que la légalité de sa décision était mise en cause par plusieurs juristes et par son opposition municipale, il obtient gain de cause en restant à la tête de la municipalité d'Orange, tandis que sa suppléante lui succède comme députée : il peut ainsi, selon ses propres termes, continuer à « travailler à l'Assemblée nationale par personne interposée », Marie-France Lorho étant totalement acquise à sa causeOlfa Ayed, « Les petits arrangements de Jacques Bompard », sur humanite.fr, 25 juillet 2017 ...
Lors des élections municipales de 2020, il doit faire face à une autre liste d'extrême droite, qui est conduite par son ancien directeur de cabinet Xavier Magnin, soutenu par le RN (ex-FN).. ; en 2014, il avait également dû faire face à la concurrence d'une liste d'extrême droite, mais celle-ci ne bénéficiait pas du soutien du FNhttps://www.liberation.fr/elections/municipale-2014/orange_84100/ : liste droite nationale et républicaine Concetti 2014.. À l’issue du premier tour, qui est marqué par une abstention record (57,6 %) en pleine pandémie de Covid-19, la liste du maire sortant arrive largement en tête (47,6 %) face à cinq autres listes, mais ne parvient pas à l’emporter dès ce premier tour, une première depuis 1995... En vue du second tour, Jacques Bompard prend sur sa liste Pierre Marquestaut (LR), qui conduisait une liste divers droite.. Dans le cadre d'une quadrangulaire (face à des listes centriste, divers gauche et RN), il l’emporte avec 56,3 % des suffrages.. Son fils Yann, qui figurait en troisième position sur sa liste, devient premier adjoint délégué aux finances..
Gestion municipale et communautaire D'après Gilles Ivaldi, chercheur en sciences politiques à CNRS, il a « le profil de notable de droite un peu musclée comme le Sud en connaît »..
De nombreux responsables FN prennent longtemps en exemple la gestion municipale de la ville pour prouver que les gestions frontistes ont été bonnes.. Ainsi, malgré des rapports devenus houleux avec lui, le FN lui apporte son soutien aux élections municipales de 2014.. Sa gestion, ayant pour priorités affichées la proximité, la sécurité et l'embellissement du centre-ville selon l'universitaire Christèle Marchand-Lagier, a fait office de modèle pour les maires FN élus en PACA lors de ces élections municipales..
Il fait retirer les ouvrages « mal pensants » de la médiathèque municipale, tout en lui faisant s’abonner aux publications d’extrême droite Présent et Rivarol..
En 2019 et 2020, sa gestion du personnel communal et communautaire est mise en cause par des fonctionnaires, qui l’accusent de couvrir des violences perpétrées au sein de l'administration par lui-même et par Rémy Canuti, présenté comme l'éminence grise du maire..
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