Les minorités sexuelles et de genre, connues sous le sigle LGBT ou d'autres variantes (LGBTQIA+, MOGAI), correspondent aux personnes notamment lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queer, intersexes et asexuelles, c'est-à-dire celles qui ne sont ni hétérosexuelles, ni cisgenres ni dyadiques. Ces minorités sont statistiquement surexposées au harcèlement/cyberharcèlement, aux violences et aux discriminations, ainsi qu’à des inégalités d’accès aux droits et à la santé. Le sujet s’inscrit dans un mouvement culturel et politique structuré autour de revendications pour l’égalité, la reconnaissance et la protection juridique qui implique une représentation médiatique et culturelle, laquelle joue un rôle dans la visibilité et la compréhension de ces réalités. Les enjeux abordés dans cet article incluent l’histoire des mobilisations, les questions d’identité, d’intersexuation et d'image de soi ; la santé mentale, la conjugalité et la parentalité ; ainsi que des dimensions éthiques et juridiques.
Terminologie Le sigle LGBT est complété avec d'autres lettres ou avec un pour inclure d'autres variantes d'identité de genre, de caractéristiques sexuelles, ou d'orientation sexuelle, comme l'asexualité, la pansexualité, la non-binarité ou la bispiritualité. Ces sigles peuvent également être utilisés dans des expressions qui se rattachent à ces personnes (mouvement LGBT et droits LGBT sont des exemples)Le sigle le plus complet est actuellement : LGBTQQIP2SAA (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres, en Questionnement, Queer, Intersexués, Pansexuels, BIspirituels, Androgynes ou Asexuels)..
Le sigle MOGAI signifie (« Orientations sexuelles marginalisées, identités de genre et intersexuation »)..
Orientation sexuelle, identité de genre
vignette|upright|Guide terminologique édité lors de la journée de visibilité lesbienne au Canada (2016).|alt=Première de couverture en blanc, avec écrit en gros "Qui suis-je?" L'orientation sexuelle définit l'attirance sexuelle ou émotionnelle pour des personnes en fonction de leur sexe: homosexualité : se dit d'une attirance exclusive envers les personnes de son propre genre (couramment désignées comme « lesbiennes » pour les femmes et « gays » ou « gais » pour les hommes) Meg Barker, Christina Richards, Rebecca Jones, Helen Bowes-Catton, Tracey Plowman, Jen Yockney et Marcus Morgan, « The Bisexuality report : Bisexual inclusion in the LGBT equality and diversity », Centre for Citizenship, Identities and Governance and Faculty of Health and Social Care, The Open University (2012) (lire en ligne ). ; bisexualité : se dit d'une attirance pour plus d'un genre, pas nécessairement de la même manière, fréquence ou degré ; pansexualité : se dit d'une attirance potentielle sans distinction de genre ; asexualité : se dit d'une personne qui ne développe pas ou peu d'attirance sexuelle pour d'autres personnes.
L'identité de genre est la perception intime et personnelle de genre vécue par une personne, qu'elle corresponde ou non au genre assigné à la naissance : transidentité : se dit d'une personne dont l'identité de genre n'est pas en accord avec le sexe biologique assigné à la naissance. ; non-binarité : se dit d'une personne ; bispiritualité : terme générique se référant aux Amérindiens s'identifiant comme ayant à la fois un esprit masculin et un esprit féminin.. ; intersexe : se dit d'une personne née avec des caractéristiques sexuelles (organes génitaux, gonades, taux d’hormones et/ou chromosomes) qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « mâle » et « femelle ». (non lié au genre mais au sexe biologique).
Variantes du sigle vignette|Sigle LGBTQ+ utilisé lors de la pride de Bangkok 2022.|alt=Pancarte tenue lors d'une marche où il est inscrit "LGBT" puis du texte en thaï
Si le sigle LGBT (parfois GLBT) se veut représentatif des personnes non hétérosexuelles et cisgenres et est le plus utilisé, il est parfois complété pour être plus inclusif : Q pour ou « en questionnement » (soit sur son orientation sexuelle, soit sur son identité de genre, soit les deux) : LGBTQ ou LGBTQQ ; I pour « intersexe » : LGBTI, LGBTQI. Dans les principes de Yogyakarta, LGBTI est utilisé An Activist's Guide to the Yogyakarta Principles . ; A pour « asexuel », « agenre » ou « aromantique » et P pour « pansexuel » ; 2S pour (« bispiritualité »), en particulier au Canada.
Pour éviter ce sigle à géométrie variable, le terme parapluie « altersexuel » est parfois utilisé. « Allosexuel » a également été utilisé comme traduction commode de queer dans les années 2000, notamment au Québec, mais il s'est trouvé déprécié dans cet usage sous l'influence de l'anglais, où est plutôt utilisé par opposition à . D'autres locuteurs utilisent le terme LGBTQ+ ou créent des sigles, comme QUILTBAG QUILTBAG sur Wiktionary.. En Belgique, le mot holebi, emprunté au flamand (), est également employé.
Ordre Le sigle LGBTQ+ commence par la lettre « L » dans le but d'offrir un début de reconnaissance aux lesbiennes. Effectivement, durant la crise du sida, la communauté et surtout les hommes homosexuels étaient laissés à eux-mêmes. Les femmes ont su répondre à l’appel et aider tous les sidéens qui avaient été laissés de côté par la société. Dans la plupart des variantes du sigle, il commence par la lettre « L » pour témoigner de la force de ces femmes qui ont su maintenir la communauté liée durant ce moment sombre.
Métonymie Le terme , qui signifie un homme homosexuel, est parfois utilisé par métonymie pour désigner l'ensemble des personnes LGBT... D'autres termes et sigles, se voulant plus inclusifs, sont aussi usités : ou pour .
Histoire
Démographie
Aux États-Unis la population LGBT représenterait, en 2020, 4,5 % de la population adulte totale. Selon une étude de 2018, 3,5 % des adultes aux États-Unis s'identifieraient comme LGBT et 0,3 % des adultes s'identifieraient comme transgenres..L'étude du Williams Institute indique toutefois que selon la date des sondages et les différents pays étudiés, les homosexuels déclarés arrivent parfois en première position, devant les bisexuels..
Au cours des , des études ont été menées en Occident pour tenter de déterminer la proportion de la population s'étant engagée dans des relations de nature homosexuelle. Ainsi, Alfred Kinsey, dans une étude menée en 1948, a découvert que 46 % des sujets masculins interrogés () et de 6 à 14 % des femmes avaient eu une expérience sexuelle avec une femme et un homme, ou que ces personnes avaient déjà sexuellement à des personnes des deux sexes « Bisexuality », The Kinsey reports, Kinsey Institute..
Shere Hite est l'auteure d'une étude sur la sexualité masculine, Le Rapport Hite sur les hommes. Elle découvre dans ses recherches que 43 % des hommes sondés ont eu, durant leur enfance ou leur adolescence, des rapports sexuels avec d'autres garçons, sans que cela ne les empêche de mener ou de développer plus tard dans leur vie une sexualité hétérosexuelleShere Hite, Le rapport Hite sur les Hommes, Robert Laffont, 1983, repris par Élisabeth Badinter dans XY, De l'identité masculine (1992), ..
Néanmoins, ces pratiques ne se retrouvent que rarement dans l'identification aux personnes LGBT : nombreuses sont les personnes s'étant engagées dans des relations avec des personnes de même sexe qui ne s'identifient pas, pour diverses raisons, comme « homosexuelles » ou « bisexuelles ». Cela peut être dû à des raisons culturelles : par exemple, se présenter comme lorsque l'on s'engage dans des relations homosexuelles et hétérosexuelles est une pratique généralisée en Amérique latine..
Aux États-Unis, une étude basée sur 4 grandes enquêtes nationales sur les personnes s'identifiant comme lesbiennes, gays et bisexuels (aucune de ces enquêtes n'avait identifié les personnes transgenres), le taux d'adultes (18 ans et plus) se déclarant LGB ou LGBT variaient de 2,2 % à 4,0 % (selon les enquêtes) ce qui correspond à un groupe de 5,2 millions à 9,5 millions d'adultes LGBT. Le nombre ne variait pas significativement selon l'origine ethnique, mais l'étude montre que ceux qui se sont déclarés LGBT déclarée étaient plus nombreux chez les plus jeunes et qu'on se déclare plus facilement LGBT dans le Nord-Est et l'Ouest que dans le Sud et le Midwest.
Une étude de l'Institut français d'opinion publique, s'intéressant à l'électorat LGBT dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2012 indique que 6,5 % des personnes âgées de et plus s'identifient comme bisexuels (3,5 % de l'électorat), lesbiennes, ou homosexuels (3 %), d'après un critère d'auto-identification, et non pas de pratiques (l'étude ne mentionne pas la transidentité, puisqu'elle n'est pas une orientation sexuelle, mais fait référence à l'identité de genre. Les personnes trans sont donc intégrées dans l'étude, au titre de leur orientation sexuelle)..
Vie quotidienne Coming in
Coming out
Conjugalité
Parentalité
vignette|Zack Elías et Diane Rodríguez avec leur fille|alt=Un homme et une femme souriant et tenant leur nouveau né. La transparentalité est un type familial dans lequel au moins un des parents est transgenre. La parentalité concerne une très grande partie de la population trans, qui devient généralement parente avant d'entamer sa transition. Pour les personnes trans qui deviennent parent post-transition, les modalités concrètes (adoption, conception par relation sexuelle, par autoconservation ou don de gamètes, gestation pour autrui) du devenir partir dépendent non seulement des possibilités biologiques des couples, mais aussi de la légalité ou non des techniques d'aide à la procréation du pays considéré.
La transphobie et l'homophobie sont des phénomènes anciens, mais qui ont des expressions nouvelles dans les réseaux sociaux et le cyberespace (cyberharcèlement, outing en ligne, algorithmes discriminants, plateformes communautaires). Ce sont notamment des obstacles à l'accès à la parentalité des personnes trans, que ce soit par l'existence de lois ou pratiques discriminantes, comme l'obligation d'effectuer des chirurgies stérilisantes pour pouvoir effectuer un changement d'état civil, et/ou en altérant la confiance en soi, la qualité de vie sociale et les conditions matérielles d'existence.
Mouvement LGBT
Culture
La culture LGBT désigne l'ensemble des pratiques et productions culturelles des personnes LGBT.
Géographie Afrique
Amérique
Asie
L'activiste chinoise Xian a fondé, en 2004, Tongyu, une organisation lesbienne basée à Pékin qui était la plus grande organisation de défense des lesbiennes, bisexuels et transgenres à Pékin en 2018 .
Europe
Océanie
Migrations
Conditions de vie Niveaux d'acceptation sociale Selon un index de tolérance des personnes LGBT publié en 2019 par une étude sur l'acceptation sociale des personnes LGBT dans 174 pays pour la période 1981 - 2017, les années 2010 ont été à échelle mondiale une période de polarisationFlores A.R (2019) Social acceptance of LGBT people in 174 countries: 1981 to 2017., les pays qui avaient progressé entre 2014 et 2017 dans l'acceptation des personnes LGBT étaient l'Islande, les Pays-Bas, la Norvège, le Canada et l'Espagne ; et ce sont aussi eux qui ont eu les niveaux d'acceptation les plus élevés entre 2014 et 2017.
À l'opposé les pays les plus intolérants étaient l'Éthiopie, l'Azerbaïdjan, le Sénégal, le Tadjikistan et le Somaliland qui, tous, ont en outre diminué leurs niveaux d'acceptation, alors que les niveaux d'acceptation des pays situés dans la moyenne mondiale sont eux restés relativement stables.
Droits
Les droits LGBT correspondent aux droits humains des personnes bisexuelles, homosexuelles ou transgenres. Ces droits sont diversement reconnus dans le monde. La problématique particulière des droits LGBT a été abordée par les Nations unies, notamment par le biais de rapports..
Discriminations et violences