vignette|upright=1.1|Une messe au .
La messe est une cérémonie chrétienne au cours de laquelle le ou les prêtres officiants célèbrent l’Eucharistie, actualisation du sacrifice rédempteur de Jésus-Christ. Dans les traditions catholiques et orthodoxes, elle constitue le point culminant de la liturgie, tandis que les protestants mettent l'accent sur la prédication (ou annonce de la Parole). De ce fait, les protestants préfèrent utiliser le terme culte plutôt que messeVoici ce qu'explique à ce sujet le pasteur André Gounelle : .
Au sein de l'Église catholique, la messe peut être célébrée tous les jours par les prêtres, à l'exception des Vendredi saint et Samedi saint (la célébration au soir de ce samedi étant déjà celle de la fête de Pâques), mais aussi à l'occasion des sacrements (baptême, mariage, confirmation, ordination), de sacramentaux (enterrement, couronnement) et d'événements d'importance universelle (concile, conclave) ou locale (installation d'un nouveau curé). La théologie catholique considère l'Eucharistie comme source et sommet de la vie chrétienne. Le concile de Vatican II définit la messe à la fois comme un mémorial où se perpétue le sacrifice de la croix, et comme le banquet sacré de la communion au corps et au sang du ChristCEC 1992, § 1382..
Étant donné l'importance de la musique dans les liturgies chrétiennes, le terme de « messe » désigne par extension l'ensemble des œuvres musicales interprétées au cours d'une célébration. Il s'agit donc de l'un des genres de la musique religieuse.
Définitions de la messe Étymologie et signification
Le nom vient du latin missa (mittere, « envoyer ») qui signifie « renvoi » et a donné « mission ».
Ce terme est issu de la formule finale de la messe en latin : , « Allez, c'est l'envoi ». Au , la formule désignait la fin d'une réunion ou d'un officeÉthérie, Journal de voyage, éd. F. Pétré, col. "Sources chrétiennes". , éd. Cerf ; voir particulièrement : 28, 2 ; 30, 2, 3 ; 37, 1, 7 à 9 ; 46, 6. Référence citée dans Dom A. Nogent osb, "Messe" dans Catholicisme hier, aujourd'hui, demain. Letouzey et ané, 1979.. Par la formule Ite missa est, le diacre invite le peuple à partir. Ce dernier a maintenant une « mission » d'évangélisation à accomplir après avoir été enseigné et nourri par la Parole de Dieu et la communion au Corps du Christ. Le peuple est « envoyé » en mission dans le monde.
La messe, convocation du peuple de Dieu La résurrection du Christ, événement qui fonde la foi chrétienne, est commémorée avec la plus grande solennité lors des messes de Pâques. Des messes sont également célébrées chaque jour (à l'exception du Vendredi saint, pour lequel l'office n'est pas une messe), mais plus particulièrement chaque dimanche, « jour du Seigneur ».
Pendant des siècles, l'Église utilise la messe pour transmettre les « rudiments de la foi » à travers une forme d'enseignement collectif, le prône, et un acte individuel, la confession..
Dans le catholicisme, deux des commandements de l'Église concernent des obligations des fidèles vis-à-vis de la messe et de la réception du sacrement de l'Eucharistie : le premier leur demande de « sanctifier » le dimanche ainsi que les principales fêtes liturgiques avant tout en participant à la messe qui rassemble la communauté chrétienne, et en s'abstenant de travailler. Le troisième commandement stipule que « Tout fidèle est tenu par l’obligation de recevoir la Sainte Communion au moins chaque année à Pâques »Rappelé dans le Catéchisme de l'Église catholique, .. En effet la messe est le rassemblement du peuple de Dieu convoqué par son Seigneur (« Vous ferez ceci en mémoire de moi ») pour venir lui rendre un « culte parfait »La sainte synaxe..
Catholicisme L'Eucharistie : sacrifice et union avec le Christ Au milieu du , le concile de Trente confirme, contre les idées des Réformateurs, la liste des sept sacrements antérieurement définis par l'Église : baptême, Eucharistie, pénitence, confirmation, ordre, mariage et extrême-onction. Dans sa réflexion sur l'Eucharistie, le concile maintient et confirme le dogme de la transsubstantiation et de la présence réelle.
thumb|Calice et patène, c.1400 (Brême). Le catéchisme de l'Église catholique de 1992 donne cette définition :
La dernière Présentation générale du Missel romain, publiée en 2002, rappelle l'importance de l'aspect sacrificiel tout en invitant à mettre en valeur d'autres aspects moins développés jusqu'alors :
Dans son encyclique Ecclesia de Eucharistia de 2003, le pape Jean-Paul II souligne également une dimension de communion verticale : dans la liturgie, « en célébrant le sacrifice de l'Agneau, nous nous unissons à la liturgie céleste […]. L'Eucharistie est vraiment un coin du ciel qui s'ouvre sur la terre! »Ecclesia de Eucharistia, 19.. C'est ainsi que lors de l'acclamation « Saint le Seigneur », les fidèles chantent « avec les anges et tous les saints ».
Messe et liturgie
La liturgie de la messe a suivi différents rites selon les lieux et les époques. Aujourd'hui, on peut les classer en deux grandes catégories : les rites latins (dont principalement le rite romain, mais également d'autres rites maintenus pour des raisons historiques ou instaurés pour des raisons pastorales) et les rites orientaux, au nombre de six (copte, byzantin, maronite, chaldéen, arménien, guèze).
Plusieurs Églises sui juris de tradition apostolique très ancienne ont leur propre conception de la messe, et leur rite propre. Il en est ainsi du rite arménien (orthodoxe ou catholique), du rite copte (orthodoxe ou catholique) et du rite guèze.
Rite romain
Le rite romain est le rite habituel dans l'Église latine. À l'origine rite de l'Église de Rome, il a été étendu à toute l'Église depuis le concile de Trente en 1570.
Le déroulement de la messe (ordo missae) et les actions liturgiques sont consignés dans des missels. D'autres livres (évangéliaire, lectionnaire) renferment les textes bibliques lus à la messe selon un ordre propre à chaque rite. Ainsi, dans le rite romain sous sa forme ordinaire, les lectures dominicales s'agencent selon un cycle de trois années (A, B, C), cependant que les lectures de semaine suivent une alternance entre années paires et impaires.
Le rite romain n'est pas resté figé, mais a subi de nombreuses modifications depuis le concile de Trente, à l'initiative du Saint-Siège. Les textes doctrinaux indiquent dans quel esprit s'effectue cette évolution continue : « les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique »Constitution Sacrosanctum Concilium, n°22 et 23..
Du Moyen Âge au Contrairement au climat de recueillement qui règne lors des offices religieux actuels, c'est le bruit qui prédomine. ..
Il peut même s'y comporter avec indécence et irrespect : des bousculades lors de la communion, des bagarres ne sont pas rares dans l'édifice sacré, les individus pouvant même jouer, manger, badiner, voire discuter des nouvelles du jour ou faire des affaires pendant les sermons..
Si la vie de la majorité des individus a longtemps été encadrée par la religion catholique, la pratique religieuse est historiquement plus ambiguë : du Moyen Âge à l'époque moderne, la masse des fidèles en France se déplace à l'église lors des grandes fêtes mais n'assiste pas à la messe dominicale..
Les fidèles n'hésitent pas à sortir .. Le clergé se montre parfois aussi indiscipliné.. Enfin, , si bien que les messes sont empreintes de religion populaire faite d'un mélange de christianisme et de pratiques obscures.
L'observation de l'assistance à la messe dominicale (prescription canonique excluant les « empêchés » et « excusés » par l'âge, la maladie ou le travail) sous l'Ancien Régime fait l'objet de rapports des évêques qui montrent que la norme, pour les fidèles du commun, est d'assister à la messe au moins un dimanche sur trois.
thumb|Dernière édition (2002) du Missel romain. Au début du , le Mouvement liturgique (commencé au siècle précédent) prend de l'ampleur, et aboutit à la publication de l'encyclique Mediator Dei par en 1947.
À la suite du concile Vatican II (Sacrosanctum Concilium fin 1963) et des travaux du Consilium, la dernière modification de la messe du rite romain a été codifiée par les papes en 1969 et 1975, et en 2002. C'est sous cette forme () que la messe est très majoritairement pratiquée, même si quelques-uns célèbrent encore selon les formes précédemment employées, notamment la forme codifiée par le pape en 1962 (rite tridentin). Elle est le plus souvent célébrée dans la langue locale (vernaculaire), même si elle peut être célébrée aussi en latin.
À la suite du concile Vatican II, l'instruction Inter oecumeniciInter oecumenici, instruction pour l'exécution de la Constitution sur la liturgie, 26 septembre 1964. Texte de l'instruction. de 1964 recommandant de reprendre les usages anciens, l'habitude est venue d'installer à nouveau dans les églises un autel en forme de table sur lequel le prêtre célèbre face à l'assemblée, par opposition à la pratique précédente, où l'autel se situait au fond de l'édifice et où l'officiant, tourné vers l'orient, était placé en tête des fidèles, c'est-à-dire dos à eux.
Jean-Paul II a permis aux évêques diocésains d'autoriser la messe de 1962 dans certaines circonstances (Ecclesia Dei)Cf. Quattuor abhinc annos et Ecclesia Dei., mais en dehors des églises paroissiales. a autorisé en 2007 (Summorum Pontificum) l'usage du missel de 1962 en tant que du rite romainCf. Summorum Pontificum., mais, en 2021, le pape François (Traditionis custodes) décréta au contraire que les livres liturgiques de 1969 et 2002 et que l'utilisation du missel de 1962 sous des conditions strictes (« selon les directives du Siège Apostolique ») relève Cf. Traditionis custodes et Traditionis custodes, articles 1 et 2..
Il existe un courant traditionaliste, minoritaire, qui promeut le maintien du rite tridentin. Il est représenté d'une part par des communautés qui acceptent pleinement l'autorité du pontife romain (comme la fraternité sacerdotale Saint-Pierre), et d'autre part par la FSSPX, mouvement intégriste fondé par Marcel Lefebvre et dont l'opposition à l'autorité pontificale est d'ordre « essentiellement doctrinal »Nicolas Senèze, « Le dialogue avec les intégristes confié à la Congrégation pour la doctrine de la foi », La Croix, 9 juillet 2009.. Jusqu'à présent, la FSSPX n'est pas considérée comme étant en « pleine communion » avec l'Église catholiqueCf. « Ecclesiae unitatem ou la “sollicitude” de Benoît XVI », agence Zenit, 8 juillet 2009..
Le est publiée l'exhortation apostolique Sacramentum caritatis de Benoit XVI sur l'Eucharistie. Le , le pape François publie Desiderio desideravi, consacrée à la formation liturgique.
Autres rites latins
Outre le rite romain, il existe quelques rites particuliers, maintenus pour des raisons historiques dans certaines régions (rites ambrosien, mozarabe, de Braga) ou communautés (rites dominicain et cartusien), ou bien des adaptations du rite romain autorisées pour des raisons pastorales (dites zaïrois et anglo-catholique).
Rites catholiques orientaux thumb|Concélébration en rite arménien pendant l'anaphore. Les Églises catholiques orientales ont leurs rites particuliers.
Pour sa part, l'Église apostolique arménienne est une Église orientale et autocéphale qui fait partie de l'ensemble des Églises des trois conciles, dites « orthodoxes orientales ». offre de nombreuses ressemblances avec les rites latin et byzantin.
Le célébrant est assisté d'un diacre, dont le rôle est assez analogue à celui du diacre dans le rite byzantin. Au début de la messe, on récite le Psaume 42, comme dans la messe tridentine. Les versets sont alternés entre le prêtre et le diacre. Les « Litanies de Paix » du diacre, auquel l'assemblée répond : « Seigneur, prends pitié », sont similaires à celles du rite byzantin. On donne deux lectures de la Bible, en plus de l'Évangile, cependant cela se fait pour certaines grandes occasions.