Limagrain est un groupe coopératif agricole français spécialisé dans les semences de grandes cultures, les semences potagères et les produits céréaliers. Fondé en Auvergne en 1965, le groupe est basé à Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, et développe ses activités également à l'étranger.
Limagrain était en 2018 le quatrième semencier mondial, grâce à Vilmorin & Cie, chef de file européen en « farines fonctionnelles » (farines de céréale et agents de texture destinés à l'industrie agroalimentaire), la en produit boulanger français et la en produit pâtissier français (avec sa filiale Jacquet Brossard) en 2016-2017Site internet - Boulangerie-Pâtisserie.
En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de près de 2,5 milliard d’euros, pour un résultat net de 83 millions d'euros.
Limagrain emploie prés de 9600 collaborateurs dont, en 2023-2024, plus de dans 53 pays. En Auvergne, la coopérative regroupe près de adhérents agriculteurs en Limagne et près de 1 500 salariés en Auvergne.
Histoire Limagrain est fondé en 1965 par des agriculteurs de la plaine de la Limagne. Dès sa création, la coopérative installe ses bureaux de direction au milieu des terres agricoles de Limagne, là où ses agriculteurs sont présents. Très vite, la coopérative s'inscrit dans une démarche de recherche et d'innovation en matière d'agriculture en y consacrant 10 % de son chiffre d'affaires, un chiffre qui se rapproche plus des 15 % au début du .
En 1975, la coopérative acquiert Vilmorin, ce qui lui permet de se développer dans le domaine des semences potagères.
Durant les décennies 1980-1990, la coopérative intensifie ses activités de recherche en ouvrant le premier laboratoire de biotechnologies végétales à Clermont-Ferrand en 1986. Les recherches de Limagrain portent principalement sur deux céréales : le maïs et le blé.
En 1992, Limagrain a créé la société « Domaine de Limagne » spécialisée dans la transformation de canards gras nourris à partir de maïs des exploitations agricoles de la région, et de la commercialisation de ces produits transformés (entreprise cédée en 2000)Article sur le site L'Auvergne agricole, daté du 06 décembre 2017.
Avec l'acquisition de Nickerson en 1990 puis de Jacquet en 1995, la coopérative se développe en construisant une filière blé en Limagne allant de la graine au pain. Introduite en bourse dans les années 1990, la coopérative se développe dans 55 pays et devient le semencier au monde.
En 2014, Limagrain a inauguré son nouveau siège social, situé au cœur du Biopôle Clermont-Limagne.
En 2016, Limagrain et la société Carbios ont créé la coentreprise Carbiolice, spécialisée dans les matériaux plastiques biosourcés et biodégradablesCréaton de Carbiolice, sur le site Bpifrance - 7 juin 2016. En 2018, Limagrain acquiert Biogemma, société de biotechnologie végétale.
Avec l'acquisition en de Unicorn Grain Specialities, la coopérative devient le leader européen dans le secteur des ingrédients céréaliers.
En 2019, Limagrain fait toujours partie des 10 premiers semenciers mondiaux, dans un secteur en proie à une vague de fusions-acquisitions importante sans précédent (disparition de la marque Monsanto, arrivée de la Chine via Syngenta)..
En , Limagrain annonce l'acquisition de la participation de 28,75 % qu'il ne détenait pas dans Vilmorin.
En , le fonds souverain de l'émirat d'Abou Dabi L'Imad (fonds doté d'environ 300 milliards de dollars) entre au capital de Limagrain Vegetable Seeds (LVS) à hauteur de 35 %. Le reste de LVS reste contrôlé par Vilmorin. LVS et Silal, une entreprise détenue par L'Imad concluent un partenariat « dédié à la génétique des légumes et visant à développer des semences potagères adaptées aux zones désertiques »..
Les différentes activités du groupe
Au fur et à mesure de son développement, la coopérative Limagrain a diversifié ses activités et intervient désormais à la fois dans le domaine des semences et des produits céréaliers.
Aujourd'hui, la coopérative regroupe près de avec plus de de productions contractualisées avec ceux-ci. Le chiffre d'affaires de cette branche est de 186 millions d'euros (avec l'intégration des activités réalisées avec des sociétés de Semences de Grandes Cultures et de Produits Céréaliers du Groupe) en 2018 grâce à 406 salariés. thumb|Le siège social de Limagrain à Saint-Beauzire.
Semences de grandes cultures Base historique de Limagrain, l'activité semences de grandes cultures est attachée à Vilmorin & Cie depuis 2006. Limagrain occupe en 2018 la au rang mondial avec un chiffre d'affaires de d'euros en 2018 et est le premier semencier européen en céréales à paille (blé et orge).
Semences potagères Les semences potagères sont une activité majeure de Limagrain depuis 1975. Elles s'adressent aux marchés professionnels des maraîchers et des conserveurs. Vilmorin & Cie leur propose des semences potagères (comme des tomates, des carottes ou encore des melons) à rendement élevé et donc à forte valeur ajoutée.
La branche dédiée à cette activité emploie plus de 3 700 salariés et a généré 678 millions d'euros de chiffre d'affaires. Limagrain occupe le mondial sur ce marché.
Produits de jardin Dévolue aux jardiniers amateurs, l'activité Produits de jardin propose des semences de variétés potagères et florales, des bulbes et des produits phytosanitaires. Sur ce type de produits, Limagrain est considéré comme le premier acteur européen avec un chiffre d'affaires de 49 millions d'euros.
Boulangerie-pâtisserie
Avec l'achat de Jacquet en 1995, et de Brossard en 2011, Limagrain est le de l'industrie agroalimentaire français du secteur de la boulangerie et le français pour la pâtisserie en 2014-2015.
Ingrédients céréaliers Fondée en Auvergne en 2002, Limagrain Ingredients, filiale de Limagrain, est une entreprise qui fabrique des ingrédients pour les industriels de l’agroalimentaire.
Limagrain Ingredients transforme chaque année plus de de céréales.
Limagrain Ingredients réalise en 2022 un chiffre d’affaires de 150 M€. (avec l'intégration des activités réalisées avec des sociétés de semences de grandes cultures et de produits céréaliers du groupe). L’entreprise est implantée dans 6 endroits en France et rassemble plus de 250 employés.
Recherche et développement Depuis sa création en 1965, la recherche occupe une part importante des activités de la coopérative. Ce sont plus de 110 stations de recherche qui ont été implémentées par le groupe un peu partout dans le monde.
À titre d'exemple, pour l'exercice 2017-2018, Limagrain a consacré 14,3 % de son chiffre d'affaires à la recherche, activité qui regroupe 22 % de ses effectifs salariésSite internet - Recherche.
Le budget alloué à la recherche se concentre autour de deux thématiques majeures : L'innovation variétale, c'est-à-dire la création de nouvelles variétés de plantes plus résistantes aux maladies, aux insectes et aux aléas climatiques via la recherche dans les biotechnologies.. L'innovation agronomique, autrement dit l'invention de modèles de production plus efficaces ainsi que de nouvelles pratiques agricoles, notamment le concept d'agriculture de précision, qui vise l'optimisation des rendements et des investissements des exploitations agricoles en cherchant à mieux tenir compte des variabilités des milieux et des conditions entre parcelles différentes.
Controverses Lobbying sur les OGM Limagrain est la seule entreprise à poursuivre la recherche sur les OGM en 2015 en France.
La Confédération paysanne reproche à Limagrain un lobbying auprès du Haut Conseil des biotechnologies afin d'obtenir que les semences modifiées in vitro ou par cisgénèse ne soient pas considérées comme OGM. Cette controverse sur les nouvelles techniques de modification génétique amène huit organisations membres du Conseil économique, éthique et social à démissionner en 2016 du Haut Conseil des biotechnologies (Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, la Fédération nationale de l’agriculture biologique, France Nature Environnement, Greenpeace, le Réseau Semences Paysannes et l’Union nationale de l’apiculture française). L'avocate Blanche Magarinos Rey estime que .
appellent en à une marche , dont Limagrain.
Liens avec l'INRA
Limagrain développe son activité de recherche en 1965 avec l’aide de l’Inra, et en particulier d’André Cauderon, directeur depuis 1959 de la station de Clermont. La firme emploie alors plusieurs anciens chercheurs de l’Inra. L'effort de recherche conduit l'entreprise à son premier succès commercial avec l'obtention du maïs hybride LG 11, qui représente 35 % des parts de marché au milieu des années 1970 et lui permet de se transformer, en l’espace de quelques années, en multinationale semencière : .. Selon Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, . Structure du groupe Selon l'avocate Blanche Magarinos-Rey, qui représente en France sept sociétés distinctes, dont une seule de forme coopérative. Le groupe Limagrain est ainsi géré classiquement par une société anonyme à conseil d'administration, et plusieurs de ses sociétés ne déposent pas leur compte annuel au Tribunal de commerce.
Toutefois, selon Pierre-Yves Gomez, professeur à l'EM Lyon, le modèle de gouvernance adopté par la coopérative est adaptée aux évolutions économiques : .
Vente de semences non inscrites au catalogue officiel
Selon l'émission Cash investigation, Limagrain vendrait à ses adhérents des semences dites « réservées » qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel, la vente serait désignée sous les termes « assistance technique et savoir faire » et non « vente de semences ». Selon Limagrain, il n'y a pas de vente, c'est une « mise à disposition gratuite des semences aux agriculteurs ».
Notes et références
Voir aussi Bibliographie André Gueslin, Limagrain. De la Limagne à la Californie, Clermont-Ferrand, Éditions Limagrain, 1992.
Articles connexes maraichage Agriculture intensive Semences OGM
Liens externes Site officiel de Limagrain
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