Le Latium (prononcé : Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.), ou (Prononciation en italien retranscrite phonémiquement selon la norme API.) en italien, est une région d'Italie centrale. Incluant la capitale, Rome, il s'agit de la deuxième région la plus peuplée d'Italie, après la Lombardie, avec près de six millions d'habitants. Il est bordé au nord-ouest par la Toscane, au nord par l'Ombrie, au nord-est par les Marches, à l'est par les Abruzzes et le Molise, ainsi qu'au sud-est par la Campanie. À l'ouest, la région est baignée par la mer Tyrrhénienne. La petite enclave du Vatican se trouve dans le Latium.

Le Latium est riche d'un patrimoine multimillénaire : il voit la présence de la civilisation étrusque, puis est au cœur de l'Empire romain, plus tard des États pontificaux, du Premier Empire français et de l'Italie. Il constitue aujourd'hui une région dynamique. Son passé agricole est supplanté par l'industrie, les services, le commerce, la fonction publique et le tourisme, soutenus par un réseau de transports privilégiés grâce à sa position géographique au centre de l'Italie et la présence en son sein de la capitale.

Histoire

Antiquité

vignette|alt=Carte en latin représentant le Latium sur lequel sont placés les villes et les peuples pré-romains.|Carte des peuples pré-romains dans le Latium. vignette|alt=Statue en bronze d'une louve avec deux enfants en dessous qui la têtent.|La louve avec Romulus et Rémus. La région du Latium est le foyer de populations agricoles sédentaires . Dans un premier temps connue par de riches commerçants mycéniens dès la fin du millénaire avant J.C., la région observa tour à tour quelques rares implantations phéniciennes, puis grecques, qui se manifestèrent sous la forme de comptoirs littoraux, accompagnés d'exploitations agricoles... L'historien grec Denys d'Halicarnasse note ainsi que de nombreux peuples ont précédé les populations étrusques et latines sur le territoire du Latium pendant la protohistoire. Parmi ceux-ci, la région médio-péninsulaire compte les Sicules, les Aborigènes (peuple légendaire pré-romain qui chassa les Sicules du Latium), et les Ligures..

L'entrée en lice des Étrusques sur les terres médio-tyrrhéniennes se concrétise au tournant du .. L'Etrurie est portée par une volonté d'expansion militaire et économique. Les , dont le nom fait écho à celui de leur région d'origine, l’Étrurie (Toscane moderne), occupent une position essentiellement centrée sur la partie septentrionale du Latium, soit à partir de la rive Nord du Tibre.. Dès le , ils exercent sur la moitié Nord du une forte influence culturelle et politique. Cependant, toujours divisés en cités-États, ils ont été incapables d'affirmer une hégémonie politique concrète sur la région. , ils durent s'opposer à l'empreinte et au contrôle manifestes des petites cités autonomes fondées par les peuples préétablis., d'une manière analogue à la situation qui prévalait dans la Grèce antique. La proximité géographique de la région avec les cités de la Grande-Grèce (dans le sud de l'Italie et en Sicile) aura un fort impact culturel sur la région.

Moins significatives, les autres populations contemporaines à l'implantation des Etrusques dans le , se pourvoient d'un territoire évoluant entre la rive Sud du Tibre et une large plaine littorale, et qui s'étend jusqu'aux Apennins centraux. Parmi celles-ci, on répertorie notamment les Rutules (autour de la ville d'Ardée), les Capénates (au nord de Rome), les Sabins (dans la partie nord-orientale), les Falisques (dans la zone autour de Faléries), les Volsques (au sud et sur le littoral), ainsi que plusieurs peuples vivant sur le territoire de l'actuelle province de Frosinone, tels les Herniques, les Aurunces et les Èques... Dans une moindre mesure, quelques sources antiques font également référence à de petites ethnies, telles que les Albains, ou encore les .. Les écrits antiques et les vestiges matériels découverts au sein des terres du confirment un substrat ethnique latin généralisé à l'ensemble de ces populations.

Le milieu du marque un tournant décisif dans l'histoire de la région italienne par lavènement de Rome.. De fait, Rome sera alors l'agglomération urbaine la plus importante du , et on y observe l'émergence d'un pouvoir de type monarchique. L'installation et la pérennité de la monarchie romaine jouent un rôle majeur dans la configuration politique de la région : celle-ci concourt à la mise en place d'une fédération politique et homogène des différents peuples latins, qui seront soumis les uns après les autres.. Dans un premier temps exercée par des souverains latins et sabins, la monarchie romaine passe dans un second temps sous le contrôle de rois étrusques (la lignée dynastique des Tarquins), à partir de -616. Cet élément historique atteste l'incidence de la montée en puissance des Étrusques sur le , au terme du ..

D'après la légende, la ville de Rome est fondée par Romulus et Rémus, descendants d'Énée. Sous cet angle, il serait par conséquent très probable que les Romains soient d'origine ethnique latine.. Toutefois, dans un cadre historique et archéologique, les Sabins et les Étrusques ont joué un rôle déterminant dans l'ethnicité des populations du Latium du au ..

Le tournant du présente des changements sociaux et politiques profonds au sein de la région. La plupart des cités du Latium sont alors antagonistes, et en proie à de nombreuses belligérances. Plusieurs événements révélateurs de l'instabilité croissante de la région apparaissent de manière significative. On peut notamment évoquer le combat des Horaces et des Curiaces, qui marque le début de la suprématie de Rome sur Albe la Longue.. Cette fin de est marquée par la bataille d'Aricie, qui voit s'opposer les Étrusques, alors maîtres de la région, et les Latins, alliés aux Volsques et aux Herniques, les trois principales ethnies du méridional, jusque-là dominées par le peuple régnant. Cette guerre marque le début de l'hégémonie des Latins, dont les vont se confédérer en une réelle force politique, qui se matérialise en devenant la Ligue latine. En 509 av. J.-C., les derniers rois étrusques sont finalement écartés du pouvoir central. Ce dernier élément historique devient effectif avec l'exil du souverain Tarquin le Superbe. Dès lors, la péninsule centrale italienne voit la naissance de la République romaine...

Un événement notable, survenant au début du , affecte profondément les bases économiques, culturelles et institutionnelles de la région médio-péninsulaire : en -400, une coalition de nombreuses civitates celtes fédérées sous la bannière du roi Brennos., entame une marche stratégique de grande ampleur vers le Sud dans l'optique d'investir complètement la péninsule italienne.. Après avoir envahi lÉtrurie toscane en assiégeant la cité de en -390, la fédération celtique, forte de , procède à un mouvement de troupes en direction du . Au cours de l'an -384, la bataille de l'Allia, sur la rive Sud du Tibre, voit la victoire sans équivoque des armées celtes sur les troupes romaines. La ville de Rome est totalement investie, pillée et désorganisée. L'événement sans précédent du sac de Rome affecte l'ensemble de la région du Latium, dont les autres principales cités subirent également le processus de saccage systématique par les guerriers celtes..

En 338 av J.-C., au terme de luttes factionnelles et de troubles insurrectionnels, les hommes d'État à la tête de la République romaine soumettent, puis dissolvent la Ligue latine et affirment enfin la prédominance sans compromis de Rome sur le Latium...

La trame historique du nous révèle une relative constance politique, au cours des , La République romaine entame une expansion d'envergure, dans un premier temps cantonnée à la seule péninsule subalpine, et dont le champ d'action s'élargira ensuite au bassin méditerranéen et à l'Europe occidentale..

Au crépuscule du millénaire av. J.-C., et plus précisément en 27 , la région italienne du est témoin de l'avènement de l'Empire romain. Auguste en devient le premier dirigeant et réorganise l'Italie en plusieurs régions. Le Latium, divisé entre le (c'est-à-dire le Vieux Latium) d'une part, et le (Nouveau Latium) d'autre part, est administré avec la Campanie, pour ne former qu'un seul et même bloc territorial : la . Le nord de l'actuelle région du Latium, quant à lui, est considéré comme faisant partie de l'Étrurie, et est rattaché à la Regio VII...

Moyen Âge

vignette|alt=Carte de l'Italie divisée entre différents royaumes|L'Italie en l'an 1000 avec les États pontificaux en violet foncé. L'abdication imposée de Romulus Augustule, considéré conventionnellement comme le dernier empereur romain d'Occident, est souvent retenue comme le marqueur de la chute de l'Empire romain d'Occident. Entre 410 et 546, Rome est pillée trois fois, d'abord par les Wisigoths., puis par les Vandales., et enfin par les Ostrogoths.. Le Latium est alors administré par le Sénat de Rome, par le pape (qui est généralement issu d'une famille sénatoriale), et par le royaume Ostrogoth, basé à Ravenne. En 553, l'empereur byzantin Justinien reprend le contrôle de l'Italie après une longue guerre contre les Ostrogoths, mais peu à peu ses successeurs s'en retirent, sous la pression des invasions lombardes venant du nord.. La majeure partie du Latium est alors organisée en Duché romain (ducato romano), intégré dans l'exarchat de Ravenne, sous contrôle byzantin. La chute de Ravenne, prise en 752 par les Lombards, est suivie de l'intervention de Pépin le Bref, roi des Francs, qui la reprend, et qui remet aux mains des papes les territoires de l'Exarchat, la Romagne et le Latium.. Ce don fonde ainsi les États pontificaux, avec Rome comme capitale..

En 816, la crise de légitimité étatique de la papauté parvient à sa conclusion lorsque Louis le Pieux, dans un entretien avec le souverain pontife Étienne IV, reconnaît le statut territorial et souverain des trois États pontificaux. La mise en application de l en 817 permet aux trois États pontificaux, dont le est part intégrante, de préserver leurs frontières territoriales intactes, au sein du royaume carolingien d'Italie..

Le développement des États pontificaux s'accentue lorsque Léon III couronne Charlemagne empereur. Cela permet de créer une base solide à la diplomatie du Latium, et de lui donner des appuis à travers l'Europe (on note les familles Orsini et Colonna, qui seront parmi les familles princières les plus importantes de l'Italie médiévale et de la Renaissance). La fin du imprime au sein des rapports entre la noblesse du Latium et de la papauté, alors en proie à une crise d'instabilité et à un manque de légitimité, un tournant décisif. Le , le souverain pontife Léon III est incarcéré sur ordre des aristocrates romains. Il sera libéré, et mis sous la protection de Charlemagne..

Au début du , la puissance croissante des nobles romains provoque des troubles politiques dans la région, laquelle est déjà marquée par les antagonismes existant entre le Saint-Siège et le Saint-Empire.. Cet état d'instabilité sera en partie réglé en 1122 par lédiction du Concordat de Worms. Ce dernier promulgue la scission sans équivoque de l'autorité épiscopale en deux entités distinctes : d'une part le pouvoir spirituel, et d'autre part le pouvoir temporel.. En 1202, le pape essaie de renforcer sa propre puissance territoriale dans le but d'affermir son autorité sacerdotale. Il concrétise son objectif par acte décrétal. , en édictant la décrétale du , Innocent III parvient ainsi à subordonner et à limiter les velléités d'autonomie des prélats dans les administrations provinciales de la Tuscia, de la et de la , et à restreindre la puissance de la famille Colonna...