Gauvain () est un personnage de la légende arthurienne. Chevalier de la Table ronde originaire de l'archipel des Orcades, il est le neveu du roi Arthur et le fils du roi Lot d'Orcanie et de Morgause. Il est aussi le demi-frère de Mordred et l'aîné d'une fratrie de chevaliers : Agravain, Gaheris et Gareth (surnommé « Beaumains » par Keu, le sénéchal d'Arthur). On trouve plusieurs équivalents gallois de son nom (Gwalchmaie et Gwalchmei), ainsi que Gawain en franco-normand et en anglais.
Gauvain est très communément considéré comme le meilleur des chevaliers de la Table Ronde car il est fort et mesuré. C'est le chevalier modèle : en plus d'être un chevalier d'exception, il fait preuve d'une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps.
Textes relatant les aventures de Gauvain
Plusieurs œuvres littéraires du Moyen-Âge mettent en scène le personnage de Gauvain. On trouve des récits sur lui dans des manuscrits en gallois, anglais, latin, français, allemand. En gallois, Gauvain y est nommé dans les textes Gwalchmai ou Gwalchmei, en anglais Gawain, Gavin, Gawayne, Gawane. Au , des manuscrits latins du roman arthurien ou de l'histoire d'Angleterre de Guillaume de Malmesbury et Geoffroy de Monmouth mentionnent Gauvain sous le nom de Walganus.
En français, Chrétien de Troyes, à la fin du , mentionne Gauvain dans plusieurs ouvrages : Érec et Énide, Cligès, Lancelot ou le Chevalier de la charrette, Yvain ou le Chevalier au lion et Perceval ou le Conte du Graal. Deux romans en français du , Les enfances Gauvain et L'âtre périlleux ont pour thème central Gauvain.
Kulhwch et Olwen (écrit vers l'an 1100) - Gauvain, sous le nom de Gwalchmai, est mentionné dans ce texte celtique comme le meilleur des chevaliers de la cour d'Arthur. Chronique des rois d’Angleterre de Guillaume de Malmesbury (vers 1100-1125) - Guillaume de Malmesbury affirme dans ce livre qu’en 1087, au Pays de Galles, on aurait retrouvé le tombeau de Walvin (Gauvain). Gauvain et Arthur auraient eu le mérite de retarder pendant des années la décadence de leur pays face à l'invasion des Saxons. Histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth (1135-1138) - Gauvain, fils d'Anna, la sœur d'Arthur, et frère de Modred (ou Mordred), meurt dans une bataille contre ce dernier qui avait trahi Arthur en s'emparant de son royaume et en commettant l'adultère avec Guenièvre. Le Roman de Brut de Robert Wace (1155) - Dans cette réécriture de l'Histoire des rois de Bretagne, Walwein (Gauvain) est présenté comme un 'jeune damoiseau' preux et courtois. Il s'illustre pour la première fois lors d'un assaut d'Arthur en Norvège, et meurt lors du retour d'Arthur sur l'île de Bretagne après la trahison de Modred. Tristan et Iseut de Béroul (entre 1150 et 1190) - Gauvain y est mentionné comme chevalier de la cour d'Arthur, devant qui Iseut doit prouver son innocence vis-à-vis de Tristan. Le Lai de Lanval de Marie de France (entre 1160-1189) - Gauvain aide Lanval à être gracié par Arthur, qui le jugeait pour avoir osé dire que sa bien-aimée était plus belle que la reine. Érec et Énide de Chrétien de Troyes (1160-1164) - Gauvain apparaît notamment au début du roman aux côtés d'Arthur. Chrétien de Troyes vante ses qualités au détriment même d'Erec, héros de ce récit« Devant tous les bons chevaliers, Gauvain doit être nommé le premier », vers 1672-1673 d'Érec et Énide. Cligès ou la Fausse Morte de Chrétien de Troyes (1176) - Gauvain est le seul chevalier de la cour d'Arthur à résister au combat à l'épée face à Cligès de Grèce, qui, présenté comme supérieur à Tristan en matière d'armes, est parvenu à vaincre Perceval le Gallois et Lancelot du Lac. Lancelot ou le Chevalier de la charrette de Chrétien de Troyes (1178-1181) - Gauvain part en même temps que Lancelot à la recherche de la reine Guenièvre enlevée par Méléagant, mais il échoue au « Pont Dessous l'Eau » tandis que Lancelot traverse le « Pont de l'Épée » et le distance. Yvain ou le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes (1178-1181) - Ce livre met en avant l'amitié très forte qui lie Gauvain et son cousin Yvain, qui, comme lui, aide toujours les demoiselles en détresse. Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes (1182–1190) - Dans cet ouvrage inachevé à cause, probablement, de la mort prématurée de son auteur, Gauvain évolue en parallèle de Perceval, un jeune paysan gallois en voie de devenir le chevalier capable de percer les mystères du Graal. Gauvain semble représenter le chevalier accompli que doit devenir Perceval. À la fin du récit, Gauvain est appelé à ramener la "lance qui saigne" au château du Roi Pêcheur, tandis que Perceval espère retrouver ce château pour y revoir le Graal. Tristrant d'Eilhart von Oberg (1170-1190) - Gauvain se lie d'amitié avec Tristan lorsque celui-ci est exilé par son oncle le roi Marc de la région de Cornouailles où vit la reine Iseut. Lors de cet exil, Gauvain organise une partie de chasse avec Tristan et d'autres compagnons de la Table Ronde aux alentours de Tintagel, pour permettre à Tristan de se rapprocher la nuit venue de sa bien-aimée. Peredur le fils d’Evrawc (non daté), issu de Y Tair Rhamant (Les Trois Romans) - Dans ce texte probablement inspiré de Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, Gauvain incarne l'un des chevaliers de la cour d'Arthur que Peredur s'émerveille de rencontrer, au point qu'il se décide à quitter sa mère devenir lui-même chevalier. Le Lai de Tyolet (1190) - Gauvain ramène à la cour le jeune chevalier Tyolet, laissé pour mort par un traître qui essaie de lui ravir sa gloire en lui volant son butin, preuve de sa bravoure : le pied d'un cerf blanc arraché aux griffes de sept lions. Le Didot-Perceval autrement appelé le Perceval en prose de Robert de Boron (1190–1210) - Gauvain, lors d'une bataille contre les Romains pendant la tentative de conquête de Rome par Arthur, tue à lui seul mille deux cent trente soldats en un après-midi. Il meurt ensuite lors du débarquement d'Arthur au cours de son attaque contre Mordret (ou Mordred), recevant à la tête un coup d'aviron donné par un Saxon. Gauvain avait eu l'infortune de mal fixer son heaume à ce moment-là.
Première continuation de Perceval (vers 1200), attribué à Wauchier de Denain - Gauvain y joue le rôle principal, il vainc son ennemi juré Guiromelant, il aide à délivrer Girflet du Castel Orgueilleux et parvient au château du Graal, où il s'endort d'épuisement au moment où il allait découvrir les secrets du Graal. Il est le seul à parvenir à prendre le dessus sur Caradoc au cours d'un grand tournoi. Les Enfances de Gauvain (vers 1200) - On apprend dans ce texte que Gauvain, dont la naissance a été cachée, a grandi à Rome et que sa soif de prouesses guerrières l'a finalement ramené à la cour du roi Arthur, son oncle. Il prouve sa valeur à Arthur en maîtrisant seul l'armée d'un roi dont il rapporte la tête sur sa lance. Le Lai du Cor (vers 1200) - Dans ce récit qui met surtout en avant le chevalier Caradoc et son amie, Gauvain apparaît discrètement et contribue notamment à empêcher le roi Arthur de tuer sa femme la reine lors d'un excès de colère. Owain, ou la dame à la fontaine (1200-1225), issu de Y Tair Rhamant (Les Trois Romans) - Dans ce texte, Gauvain joue le même rôle que dans Yvain ou le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes. Le Chevalier aux deux épées ou Mériadeuc (1200-1225) - Alors qu'il est à la recherche de son ancien écuyer Mériadeuc, Gauvain réduit à sa merci Brian des Iles, un chevalier qui l'a un jour attaqué et laissé pour mort alors qu'il se reposait dans un pré, totalement désarmé, le tout pour prouver sa bravoure à la reine des Iles qu'il ambitionne d'épouser. À la suite de la victoire vengeresse de Gauvain, le mariage de Brian est annulé. Le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu (fin , début ) - Le Bel Inconnu est en fait Guinglain, le fils que Gauvain a eu avec la fée Blanchemal. Guinglain apprend au cours de ce récit qu'il est le meilleur chevalier au monde après son père, Gauvain. Le Songe de Rhonabwy (-) - Gwalchmai (Gauvain) apparaît à la fin du récit, dans les pensées de Rhonabwy, en tant que membre d'un conseil que le roi Arthur réunit. Le Chevalier à l'épée (1200-1210) - Gauvain est accueilli dans le château d'un chevalier perfide, qui lui offre de partager la chambre de sa fille. Le soir même, Gauvain se retrouve donc nu, allongé aux côtés de la jeune fille également nue, mais lorsqu'il s'approche d'elle, une épée magique surgit et le blesse pour l'empêcher de parvenir à ses fins. Lanzelet de Ulrich von Zatzikhoven (vers 1200) - Lanzelet, qui n'est autre que Lancelot, obtient de Walwein (Gauvain), fervent défenseur de la reine Guinovere (Guenièvre), de la défendre à sa place contre le terrible Valerin. Walwein joue un grand rôle dans ce roman, dont celui d'aider Lanzelet à s'échapper d'une prison. L'orgueilleux Lanzelet, bien qu'il soit le héros du récit, n'arrivera jamais à prendre le dessus sur Walwein au combat. La Demoiselle à la mule ou La Mule sans frein de Païen de Maisières (1200-1210) - Après l'échec du sénéchal Keu, Gauvain, encore une fois héros de cette aventure, ramène à une demoiselle le frein de sa mule, qu'il trouve dans un château "tournant", où il survit à de rudes épreuves. Parzival de Wolfram von Eschenbach (1205) - Ce texte relate les mêmes événements que Perceval de Chrétien de Troyes, complétés d'une fin. Gauvain y joue donc un rôle similaire. Wigalois, le chevalier à la roue de Wirnt von Grafenberg (1204-1215) - Ce texte a le même contenu, à quelques détails près, que Le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu. Wigalois y est le fils de Gauvain. Méraugis de Portlesguez de Raoul de Houdenc (vers 1210) - Méraugis de Portlesguez, fils du roi Marc de Cornouailles, est donc théoriquement le cousin de Tristan. Il part à la recherche de Gauvain qui a disparu. En fait, une étrange coutume retient Gauvain prisonnier sur une île qu'il est obligé de protéger contre tout intrus qu'il doit vaincre afin d'être remplacé par celui-ci. Méraugis arrive sur cette île et doit combattre Gauvain. Vaincu par Gauvain qu'il n'avait pas reconnu sous son heaume, Méraugis l'aide alors à s'échapper de l'île en se déguisant en femme. La Vengeance Raguidel de Raoul de Houdenc (1200-1210) - Gauvain apprend en retirant un tronçon de lance enchanté du corps du chevalier Raguidel, qu'il est le chevalier élu pour venger ce dernier. Il chevauche alors jusqu'en Écosse où il tue Guengasoain, l'assassin de Raguidel. Le Lai de Mélion (dernier tiers du , premier quart du ) - Mélion se transforme en loup grâce à un anneau enchanté, mais à cause de sa compagne pleine de vice, il reste prisonnier dans son corps de loup. Plus tard, c'est grâce au roi Arthur et à certains de ses chevaliers comme Gauvain qu'il arrive à redevenir humain. Perlesvaus ou Le Haut Livre du Graal (1215-1230, date très contestée) - Ce texte est encore une variante du Perceval de Chrétien de Troyes. Perlesvaus (Perceval), Gauvain puis Lancelot sont considérés ici comme les trois meilleurs chevaliers du monde. Dans ce récit sanguinaire, pourtant dicté par un ange d'après l'auteur, Gauvain tue un descendant d’Achille en lui enfonçant son épée dans la plante du pied. On apprend par la suite que Gauvain a refusé de devenir empereur de Rome où il a grandi. Gauvain ramène au château du Graal l’épée par laquelle saint Jean aurait été décapité, mais il est plus tard incapable de demander à quoi sert le Graal. Il échoue donc dans la quête, alors que Perceval y parviendra par la suite. Le Roman de Jaufré (fin du ou début du , vers 1215-1230) - Gauvain apparaît au début du roman, accompagné de Tristan. La quête du Saint-Graal (1215–1230) - Gauvain y est considéré indigne d'accomplir la quête du Saint-Graal, comme tous les chevaliers de la Table Ronde sauf Galaad, Perceval et Bohort de Gaunes. Gliglois (vers 1225) - Gauvain et Gliglois tombent tous deux amoureux de Beauté, une demoiselle dont Gliglois finira par obtenir l'amour.