La Deuxième Maison de Polignac, anciennement de Chalencon, est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du Velay (Haute-Loire) au . Une de ses branches, la seconde, a accédé en 1949 au trône de Monaco, sous le nom de Grimaldi, pendant que la branche ainée a été faite duc de Polignac en 1780 par le roi Louis XVI.

Cette famille relève le nom, en 1349, à la suite du mariage avec l'héritière de la Première Maison de Polignac, anciennement de Velay, qui a subsisté du .

Première Maison de Polignac La première maison de Polignac est une très ancienne famille remontant aux vicomtes du/en Velay et de Brioude (donc vicomtes en Auvergne). Elle s'est vu confier dès la fin du la charge vicomtale sur le Velay par les comtes d'Auvergne, probablement en réaction à la nomination par le roi de Norbert (évêque en ) à la tête du diocèse du Puy..

Le château de Polignac se trouve à environ au nord-ouest de la ville du Puy-en-Velay (Haute-Loire). Éteint en 1385, son nom fut relevé à la suite du mariage, en 1349, de Guillaume de Chalencon avec sa dernière représentante, Valpurge de Polignac.

.... (fl. dans la du : 895, 898 ; et jusque vers 913 ?), vicomte en Auvergne (Brioude) et du/en Velay († ap. 909), ∞ Bertilde. Obtenue vers 890, donne la Cité Vieille (Saint-Paulien) (ou du moins des biens situés à St-Paulien) à Hervé, abbé de Tournus, dans la première moitié du . Vitalis, abbé de St-Pierre Latour (au Puy) ;

(Nous suivons ici le site MedLands ; le lien avec les précédents n'est pas formellement établi : il y aurait donc eu successivement deux familles vicomtales, mais, on va le voir, sans doute intimement liées ; † av. 899). Père de : ; et († av. 915), mari d'Ermengarde, d'où :

Dalmas (Dalmace) (fl. dans la du , † ap. 954 ou v. 948/952), Vicomte du/en Velay et Brivadois, abbé laïc de St-Julien de Brioude, d'après Christian Lauranson-Rosaz et Christian Settipani), x 1° Bertane/Berthe, et 2° Engelberge, d'où : (plutôt du 1° que du 2°) : - [† ap. 983 ; Vicomte et abbé laïc comme son père ; x 1° Aldiarde, et 2° Gauberte, dont (du 1° ou du 2°) : une fille († av. 962), probable épouse de Geoffroy de Semur] ; et (du 2°) : - Bertrand († ap. 979 ; père de Pons, † aussi ap. 979) ; et - († ap. 936 ou ap. 954 : 995 ? ; Vicomte en 951 : à partir de ou de ses fils, notamment , on peut considérer que la forteresse de Polignac est en la possession du vicomte du/en Velay, qui va donc prendre peu à peu le titre de vicomte de Polignac ; auparavant, elle relevait de l'évêque du Puy, détenteur de la puissance publique), mari de Bliosinde/Blitsende/Bellisende et probablement père d'Agne (ou grand-père pour ceux qui ajoutent une génération supplémentaire venant s'intercaler : Héracle/Eracle), qui suit :

Agne (fl. 993, 996, et après l'an mil ?), sans doute père d' qui suit (l'identité des noms établit ainsi la connexion avec les , possiblement par la postérité d' ; le lien entre les deux lignées vicomtales est confirmé par le fait que le vicomte fut témoin lors de la cession de la Cité Vieille à l'abbé Hervé de Tournus par , fils du vicomte ) :

(fl. 1028, 1056, 1062 ; † ~1070), x Adélaïde ; Père de : (fl. 1062) ; Étienne Taillefer, prévôt de St-Julien-de Brioude et de N-D du Puy, évêque de Clermont en 1053-1073, évêque du Puy en 1073-1077 ; Armand, moine à Tournus ; et :

(† 1076), probable mari d'Auxilende (sœur de Pons de Tournon, évêque du Puy en 1102-1112 ?) et père de : Guillaume, chanoine et prévôt de St-Julien vers 1100 ; (Agnès, x Pons de Fay en Vivarais : Parents de Pierre et Pons de Fay ?) ; Alix, x Giraud de Monteil de La Garde ; et les deux vicomtes :

(fl. 1080, 1097, 1098, 1105 ; † /1117 : 1112 ? en pèlerinage à Rome ; marié à Elisabeth ; en 1087, lui et son frère Héracle traitent avec l'évêque du Puy Adhémar de Monteil), et (Héracle, † 1098 à Antioche ; x Richarde). Pons et sa femme Elisabeth ont pour fils :

le Grand (vicomte en 1112-vers 1165/1169), ∞ Auxiliende (?) Guillaume, prévôt de Brioude († v. 1175/1179), une fille, ∞ Étienne d'Arlenc (Arlanc), et les deux vicomtes.

(† ap. 1171) : père d'Héracle, prévôt de Brioude, et peut-être de de Montlaur en Vivarais. ; et , vicomte en 1165-1189 († v. 1191/1192), soumis et détenu par en 1169-1171, croisé en 1190, époux de Guillemette de Ceissac, d'où : Étienne († ap. 1173/1174), sgr de Roche-Savine (sa fille Héraclée l'apportera à son mari, de Montboissier) ; Hugues, chanoine de Brioude, doyen du Puy (fl. 1173) ; (Guillemette, dame de Ceissac en partie ; x de Châteauneuf-de-Randon) ; et :

( du ; † vers 1200/1201 ; fils de ), x av. 1181 Marquèze/Bélis(s)ende d'Auvergne († ap. 1199 ; chantée par les troubadours Guilhèm de Sant Leidier-la-Séauve et Hugo Marescalc, de la famille Mareschal à Aurec et Apinac), fille de et Marquèze d'Albon, et sœur de et Na Saïl/Assalide d'Auvergne (cette dernière : mariée à de Mercœur, sire de Mercœur en 1173-1219, et chantée par Peirol).. Dont :

(† av. 1223) [Selon les généalogies traditionnelles, Pons aurait eu pour frères ? : ; et , x sa cousine Béatrix de Lempde, fille de ]. Croisé à Acre en 1191, Pons est aussi sgr. de Salzuit par don de son oncle maternel Robert Dauphin en . Il fait hommage à l'évêque du Puy Robert de Chalencon en , et finit moine cistercien. Il épouse Alcinoïs (Almodis, Almovis), fille de de Montlaur en Vivarais (à Coucouron, Mayres) et d'Aubenas, d'où : Armand, chanoine, prévôt, puis évêque du Puy en 1255-1257, abbé de Brioude ; Héracle ; Aigeline/Aspazie, abbesse de Bellecombe ; et :

(v. 1205/1210-† croisé 1248/1251), x 1223 Adélaïde, fille de et d'Agnès de Mello, d'où : Agnès de Prades, x 1245 Héracle, fils d'Héracle de Montlaur en Vivarais ; et :

(† 1273), x 1251 Béatrice, nièce ou fille de de Mercœur, dont : Pons († ap. 1340 ; doyen de Brioude en 1302, 1315, chanoine de Paris, Chartres, Amiens, Mende, Le Puy, sgr de La Voûte) ; Yolande, x Étienne de Chaumont ; Béatrix, x de Lunel ? ; et :

, vicomte en 1273-† 1289, x 1° N de St-Bonnet ? ; et x 2° 1277 Marquise († 1334), fille de Guillaume de Châteauneuf-de-Randon et Walpurge de Rodez, d'où :

Guillaume de Randon (fl. 1295 ; † ap. 1343) : il échange en 1306 le château de St-Paulien contre Mercuer près d'Aubenas avec l'évêque du Puy Jean de Cumenis ; il hérite en d'Aubijoux, venu des Mercœur ; Il épouse : 1° 1309 Catherine de Bouzols, d'où : Armand/Armandet de Bouzols († ~1331 ; x 1326 Allemande Flotte, fille du chancelier Guillaume : elle se remaria trois fois !) ; Béatrix († ap. 1341) ; Catherine ; Marguerite/Marquise († av. 1341) ; et 2° Polie de Poitiers, fille d' et de Sibylle des Baux d'Avellino, veuve de de Trie, comte de Dammartin. Les enfants d'-Guillaume étant † prédécédés sans postérité, la succession passe à son petit-neveu , petit-fils de son frère cadet Guillaume-Dauphin.

Autres enfants d' : [Pierre, sgr. du Luguet, par legs de de Mercœur, connétable de Champagne] ? ; Yolande († v. 1302), x d'Apchier ; Walpurge († ap. 1328), x 1293 Guigon/Guigues/Guy de Châteauneuf du Tournel (frère aîné d' ci-dessous) ; et : Guillaume-Dauphin († v. 1344/1351), baron de Randon et de Portes, sgr. de Luc et de Montclus (en héritage des Châteauneuf-de-Randon) ; il vend Portes à Raimond-Guilhem de Budos ; x avant 1315 Béatrix, fille de des Baux, prince d'Orange, et d'Eléonore de Genève (fille d'Henri, lui-même fils puîné du comte Guillaume II), d'où : Yolande († ap. 1343) ; Isabelle (x 1° 1332 Bertrand de Rochefort d'Aurouse et du Saillans, et x 2° 1338 Pons de Langeac et Brassac, sénéchal d'Auvergne) ; Marquise ; et : Jean († prédécédé vers 1341 et av. 1343), x 1331 Marguerite, fille de Raymond IV de Roquefeuil, comptor de Nant, d'où : Guillaume († ap. 1372) ; Béatrix († av. 1418 ; x Pierre de Langeac) ; ; ; et Valpurge, qui suivent :

Randonnet, vicomte en 1343 († av. 1379 sans postérité survivante), x 1° 1347 Marguerite/Ermengarde, fille de Lieutaud de Solignac en Velay et Marguerite de Monteil (Montélimar) (cette dernière, veuve de Lieutaud de Solignac, se remaria avec de Châteauneuf du Tournel ci-dessus) ; x 2° 1370 Isabelle, fille de Pierre Testard de St-Didier, Dunières et Lapte ; et x 3° 1379 Marguerite, fille de , vicomte de Turenne. Il guerroie contre Armand de La Rouë – soutenu par Robert-Dauphin de Saint-Ilpize – en 1357-1372 pour la succession de Solignac, et contre les routiers et les Anglais ; Du 1°, il est père de : Jean († prédécédé av. 1373 ; x Tiburge de St-Didier, sœur de sa belle-mère Isabelle de St-Didier)

Randon († avril/ ou 1418/1421 ; Vicomte vers 1380), frère cadet d', guerroie aussi contre les routiers et les Anglais, lieutenant-général en Velay, Vivarais Gévaudan et Valentinois pour le dauphin Charles en 1419 ; x 1° 1367 Mascaronne, fille de Guillaume Aycelin de Montaigu et de Dauphine de Montboissier, et x 2° vers 1400 Claude, fille de Guillaume de Roussillon du Bouchage, maréchal du Dauphiné. D'où (du 1°) : Randonnet de Polignac († 1399/1400) ; Sans postérité de son union (1390) avec Marie-Jeanne, fille de , Dauphin d'Auvergne, et Marguerite de Sancerre (Marie/Jehanne se remaria à de Vienne en 1400) ; et Marguerite de Polignac († av. 1421) ; x 1398 Louis de Montlaur en Vivarais (Mayres, Coucouron) et d'Aubenas, d'où : - Armand de Montlaur († Sans postérité en 1439 ; prétendant à la vicomté de Polignac en 1421 : Armand XI, selon le testament de son aïeul maternel Armand X Randon ; x 1° 1423 Françoise du Peschin, et 2° 1432 Alix/Alasie de Blou, dame de Mayres en douaire de son mari.) ; - Pons de Montlaur ; et - Jeanne de Montlaur (x 1425 Hugues de Maubec : Postérité) ;

Walpurge/Valpurge de Polignac (sœur des précédents ; † v. 1371/1378), x 1349 baron de Chalencon, sire de Beaumont (à Saint-Victor-sur-Arlanc) et de Craponne : d'où la suite des vicomtes de Polignac en en faveur de leur fils Pierre, selon le testament d' de 1381, organisant la succession au cas où son frère cadet le futur n'aurait pas de postérité mâle. Mais ayant organisé en 1416 la succession en faveur de son petit-fils Armand (XI) de Montlaur ci-dessus, le litige ne fut réglé par le Parlement de Paris qu'en 1464, au profit des Chalencon.

Famille de Chalencon devenue deuxième maison de Polignac La maison de Chalencon est une famille féodale originaire du Velay (Chalencon), attestée dès 1179 en la personne de Bertrand de Chalencon. Selon Régis Valette, sa filiation est suivie depuis 1205Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Paris, 2007, .. Sa branche aînée prit le nom de Polignac après 1349, devenant ainsi la seconde maison de Polignac.

La maison de Polignac a été reçue douze fois aux honneurs de la Cour au , sur preuves remontant à 1205. Ces preuves furent alors collationnées par le généalogiste Bernard Chérin, réputé pour sa rigueur, selon lequel la maison de Chalencon, « connue dès le [...] porte les caractères de la haute noblesse ».

La deuxième maison de Polignac a été admise à l'Association d'entraide de la noblesse française en 1936Dictionnaire de la vraie / fausse noblesse, éd. Tallandier, Paris, 2008.

Filiation de la maison de Polignac-Chalencon

Valpurge de Polignac et son mari de Chalencon († ap. 1398), mariés en 1349, ont pour enfants : Marguerite, x 1367 de Joyeuse ; Béatrix, x 1372 de La Tour d'Oliergues ; Isabelle, x 1382 Guigon-Guérin de Châteauneuf du Tournel ; et :

Pierre, vicomte de Polignac en en concurrence avec son petit-cousin Armand de Montlaur (fin du tableau précédent), x Marguerite, fille de Lourdin du Château de Randan de Saligny, et de Catherine de La Mothe-St-Jean (veuve de Jean Lourdin, maria en 1378 ledit de Chalencon, veuf de Walpurge de Polignac, d'où Guillaume, évêque du Puy en 1418-1443 ; et Isabeau de Chalencon, x 1405 Armand de Solignac de La Roue. Isabeau, x 1416 Louis de Montlaur en Vivarais (à Mayres, Coucouron) et d'Aubenas, conseiller-chambellan de ; Marguerite, x Urbain de La Chambre, vicomte de Maurienne, dont postérité ;