Nullipare est un terme médical désignant une femme n'ayant jamais vécu d'accouchement (qui n'a pas eu d'enfant par ses moyens personnels naturels.). Selon le Center for Disease Control and Prevention (CDC), 12% des femmes entre 14 et 44 ans ont des difficultés à entamer une grossesse..

En zoologie, un être nullipare désigne une femelle n'ayant jamais mis bas.

La nulliparité, lorsqu’elle est volontaire, est également associée au concept childfree. Le concept childfree représente un « état de liberté par rapport à la maternité »GIGNAC, Anne-Sophie. La stérilisation irréversible : Identité des femmes sans enfant par choix, entre agentivité et biopouvoir, mémoire de maîtrise (anthropologie), Montréal, Université de Montréal, 2021, 153 pages, https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/bitstream/handle/1866/26452/Gignac_Anne_Sophie_2021_memoire.pdf?sequence=4&isAllowed=y, .. D’autres termes sont aussi employés pour désigner la nulliparité volontaire, par exemple « sans enfant par choix », « infécondité volontaire » ou nonmotherMASELLA, Marie-Alexia. MARCEAU, Emmanuelle. « La stérilisation volontaire chez les femmes sans enfants de moins 30 ans : dilemme éthique et déontologique », dans la Revue canadienne de bioéthique, Volume 3, Numéro 1, 2020, 58 – 69, https://www.erudit.org/en/journals/bioethics/2020-v3-n1-bioethics05237/1068764ar/, .. Ainsi, le concept childfree propose une vision positive de la nulliparitéMASELLA, Marie-Alexia. MARCEAU, Emmanuelle. « La stérilisation volontaire chez les femmes sans enfants de moins 30 ans : dilemme éthique et déontologique », dans la Revue canadienne de bioéthique, Volume 3, Numéro 1, 2020, 58 – 69, https://www.erudit.org/en/journals/bioethics/2020-v3-n1-bioethics05237/1068764ar/, ..

Lorsque la nulliparité est involontaire, elle est plutôt associée au concept childless, ce qui renvoie à « un état de manque par rapport à la maternité ». La nulliparité peut être causée par l'infertilité. Chez certaines femmes, l'infertilité est présente sous la forme qu'elles ne peuvent pas concevoir. Pour d'autres, l'infertilité est non pas l'incapacité de concevoir, mais l'incapacité de mettre une grossesse à terme.

Il est important de distinguer les personnes nullipares par choix de celles qui le sont en raison de leurs circonstances de vie (causes physiologiques, médicales, sociales, professionnelles, etc.).

Causes et motifs Une personne nullipare ne l'est pas systématiquement par choix : certaines maladies ou affections génétiques peuvent empêcher des parents de vivre un accouchement, voire une grossesse. La stérilité dans le couple est un des facteurs de cette situation. Cette infécondité peut être aussi bien génétique que causée par une maladie ou l'environnement (pollution).

Selon Claire Legendre, la non-acceptation des sociétés à l’égard de remise en question de la maternité aurait un lien avec l’instinct de survie. Selon Legendre, la reproduction serait rassurante pour la survie de l’espèce.

Selon la journaliste Léa Stréliski, la maternité est une possibilité dans la vie d’une femme, pas la règle. Une femme reste une femme et ce, même si elle n’enfante pas.

Nulliparité volontaire

Plusieurs motifs expliquent la nulliparité volontaire tel que le désir de se concentrer sur d’autres aspects de la vie (comme la carrière, les loisirs et les voyages), le désir de conserver une grande liberté, le refus du rôle de mère et le désintérêt face à ce que la parentalité implique, le désir de garder le contrôle sur son corps et sa sexualité. Les motifs peuvent aussi être liés à des raisons médicales et de santé. La nulliparité peut « se justifier par le désir de s’opposer à la société, à ses attentes et à ses politiques. » Aussi, les causes et motifs de la nulliparité peuvent être associés à un souci écologiqueBOIT, Laura. « Je ne veux pas d’enfant », MôMe?, 4 novembre 2019, 00:50:30, https://www.momepodcast.fr/podcast_ep07.html .BOIT, Laura. « Une vie épanouie sans enfant », MôMe?, 5 mai 2019, 00:30:50, https://www.momepodcast.fr/podcast_ep01.html ..

Être nullipare peut être un choix visant à ne pas transmettre des maladies graves à l'enfant, dont des anomalies congénitales.

Aspects sociaux Tel que présenté dans le documentaire Maman? Non merci, la nulliparité peut être volontaire ou non, mais demeure stigmatisée et associée à certains stéréotypes.

Des travaux théoriques récents abordent ce phénomène. encore tabou., souvent en parallèle avec celui du regret de maternité : la journaliste Chantal Guy souligne que « l’étude d’Orna Donath apporte de très important à la réflexion, c’est de casser le mythe essentialiste selon lequel, parce que les femmes ont un utérus, elles sont 'naturellement' faites pour la maternité »..

Le phénomène, qui soulève les enjeux autour de diverses formes de pression hétéronormative est également de plus en plus présent dans la fiction, la création, les réseaux sociaux. le discours médiatique... La journaliste Marilyse Hamelin a pour sa part réfléchi aux enjeux d'inégalité liés à la parentalité dans Maternité : la face caché du sexisme, questions qui sont liées notamment au discours de valorisation de la maternité.

La nulliparité a fait l'objet de nombreux essais, dont ceux de l'écrivaine Claire Legendre. et de la professeure Lucie Joubert.

Claire Legendre affirme que le refus de paternité est plus accepté socialement que le refus de maternité. Les hommes ont la possibilité de s’accomplir dans plusieurs autres milieux sociaux.

Refus de la parentalité et féminisme La fin des années 1960 marque l’émergence d'un féminisme remettant en question la maternité et les conséquences qu’elle a sur les femmes. Certaines de ces féministes issues du mouvement prônent une maternité dite « volontaire ». D’autres, plus radicales, prônent un refus de la maternité en vertu d’une libération des femmes.

Au début des années 1970, émerge un courant féministe radical, à l’opposé des théories dites « naturalistes », qui visent à sortir la femme de l’emprise du patriarcat. Les féministes radicales dénoncent de multiples oppressions dites « sexuelles, socio-économique et politique » venant du patriarcat et dénoncent une « maternité-esclavage ». Les partisanes du mouvement radical soutiennent que l’aliénation de la femme prend son départ dans le rôle maternel, soumis par les normes patriarcales. Les défenseuses du féminisme radical prônent un refus de cette maternité puisque celle-ci les soumet à une vie domestique dévouée à leur rôle de mère les empêchant de jouir de « projets de vie autonome ». La maternité étant le « destin » de toute vie féminine, elle perpétue la domination masculine dans la société. Par la maternité, la femme est soumise à un rôle de reproduction creusant les rapports inégalitaires entre les hommes et les femmes en société. « Un enfant si je veux, quand je veux » est une devise de ce mouvement.

Ces idées radicales laissent place, quelque temps plus tard, à une tentative de réappropriation du rôle maternel par les féministes à la suite du développement de la technologie maternelle qui menace la maternité.

La chercheuse Chloé Chaudet estime que parmi les de femmes qui n'ont pas d'enfant, environ un million ont choisi la nulliparité. Selon Chloé Chaudet, la nulliparité, en particulier quand il s'agit d'un choix, peut être vue comme l'affirmation de l'indépendance de la femme. Néanmoins, le droit de refuser la parentalité n'est pas encore entendu par la plupart des mouvements féministes.

Refus de la parentalité et écologisme Au cours des dernières années, le phénomène d’éco-anxiété semblent être de plus en plus répandu, surtout chez les jeunes, et devient un levier de changement importantGOUSSE-LESSARD, Anne-Sophie. LEBRUN-PARÉ, Félix. « Regards croisés sur le phénomène « d’écoanxiété » : perspectives psychologiques, sociale et éducationnelle », dans Éducation relatives à l’environnement, Volume 17, numéro 2, 2022, https://journals.openedition.org/ere/8159 page consultée le 14 mars 2023.. La crise écologique pousse certain à agir en adoptant une attitude et des comportements écologiquesGOUSSE-LESSARD, Anne-Sophie. LEBRUN-PARÉ, Félix. « Regards croisés sur le phénomène « d’écoanxiété » : perspectives psychologiques, sociale et éducationnelle », dans Éducation relatives à l’environnement, Volume 17, numéro 2, 2022, https://journals.openedition.org/ere/8159 page consulté le 14 mars 2023.. En effet, selon Masella et Marceau, l’« intérêt grandissant pour la protection de la planète via une réduction de la surpopulation » est parfois une justification évoquée par les personnes nullipares.

Nullipare involontaire Un individu peut aussi être nullipare sans l’avoir souhaité, notamment si ce dernier est infertile. Une personne est infertile lorsqu'elle est dans l'incapacité d'entamer une grossesse après au moins 12 mois de relations sexuelles non protégées avec pénétration à fréquence régulière. Cette maladie touche en moyenne un adulte sur six, selon le rapport sur l’infertilité publié par l’OMS en 2023.

L'importance du sexe masculin Les individus peuvent être nullipares en raison de l'infertilité, cependant celle-ci peut prendre forme sous plusieurs aspects. Dans certains cas, il ne s'agit pas de problèmes du côté féminin, le sexe masculin contribue tout autant dans la fertilité d'un couple. En fait, dans les facteurs responsables de l'infertilité, la prévalence est que 24 à 35% sont des raisons de troubles spermatiques et 21 à 25% d'un dysfonctionnement ovulatoire..

Les facteurs de risque Il existe divers risques pour quelles raison une femme serait dans l'incapacité de concevoir ou de maintenir une grossesse. Par exemple; l'âge, l'historique de consommation de cigarettes, l'usage excessif de l'alcool, le poids (incluant le surpoids et le sous-poids), l'historique de maladies transmises sexuellement, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et certains problèmes reliés aux ovaires. Être nullipare ne veut pas dire que la femme est en mauvaise santé ou a des problèmes médicaux..

La nulliparité causée par les maladies La nulliparité peut aussi subvenir à cause de maladies graves. Les traitements liés aux cancers, par exemple, peuvent endommager les appareils reproducteurs.. Les effets des traitements qui soignent le cancer peuvent être temporaires et ne rendent pas nécessairement l'individu dans l'incapacité totale de concevoir.

Dans le cas de chirurgie chez la femme, lors de cancers, qui atteignent l'organe reproducteur, il peut arriver de demeurer infertile. Dans les cas où il faut retirer un ovaire, la femme devrait encore pouvoir concevoir, car l'autre ovaire fait le travail nécessaire. Il est impossible pour la femme de concevoir lorsque la chirurgie consiste au retrait complet de l'utérus. Chez les hommes, l'ablation d'une testicule ne brime pas la conception. L'homme est infertile lorsque la prostate, qui est responsable de la production du sperme, est retirée.

Les traitements Plusieurs traitements ont été mis en place afin de contrer l'infertilité. Les spécialistes de la santé vont parfois utiliser la prescription de médicaments afin de contribuer à la génération de l'ovulation ou de la spermatogenèse.. Il est possible de traiter directement le problème à la source avec des procédures médicales, comme lors de cas de lésions ou d'anomalies.

Il est aussi possible de recourir à des séances de reproduction assistée. La reproduction assistée est une technique de procréation induite médicalement. Les spécialistes induisent la grossesse en laboratoire en travaillant avec les ovules et le sperme des individus. Ce traitement est favorable chez les femmes de moins de 35 ans et peut induire des grossesses multiples. Cette méthode est mieux connue sous le nom de "in vitro".