Corinne Lepage, née le à Boulogne-Billancourt, est une avocate et une femme politique française.

Engagée dans la protection de l'environnement, elle est notamment ministre de l'Environnement dans les gouvernements d’Alain Juppé (1995-1997) et députée européenne (2009-2014). Présidente de Cap21, elle recueille 1,88 % des suffrages exprimés à l’élection présidentielle de 2002.

Situation personnelle Enfance et formation Corinne Lepage est issue d’une famille juive. Son père est nez chez Rochas.. Elle étudie au collège et au lycée Molière de Paris..

En 1971, elle sort diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris. Corinne Lepage obtient ensuite un diplôme d'études supérieures (DES) de droit public, un DES de sciences politiques et le certificat d'aptitude à la profession d'avocat en 1974. Elle prête serment pour devenir avocate le .. Elle obtient son doctorat d'État en 1982 avec félicitations du jury.

Carrière professionnelle Corinne Lepage co-crée en 1978 le cabinet d’avocats Huglo-Lepage, spécialisé dans le droit de l'environnement..

Avec Christian Huglo, ils ont été des pionniers du droit de l'environnement en France et en Europe. Leur engagement a été déterminant dans l’émergence et le développement de cette discipline juridique, qui a été largement façonnée par l'influence de l'Union Européenne. Leur conviction personnelle pour la protection de l'environnement les a poussés à intégrer les enjeux écologiques dans le cadre juridique, contribuant ainsi à l'évolution du droit de l'environnement tant au niveau national qu'européen.

Elle est élue en 1987 au Conseil de l'ordre des avocats de Paris..

Elle travaille à partir de sur le naufrage de lAmoco Cadiz. Elle y représente les collectivités locales du Finistère et des Côtes-du-Nord en opposition à Amoco. À l'issue d'un procès qui dure une quinzaine d'années, les victimes obtiennent gain de cause., une première en droit de l'environnement.. Le cabinet refuse de verser au syndicat de communes de francs, ce qui lui vaut un procès et une menace de saisie. ; le procès se solde en faveur du cabinet..

À la même période, Corinne Lepage défend les collectivités locales et associations qui s’opposent à l’installation des centrales nucléaires ou qui luttent pour leur fermeture en particulier les collectivités locales allemandes et luxembourgeoises à Cattenom et suisses à Creys-Malville. .

Le cabinet travaille ensuite sur de nombreux dossiers concernant l'environnement, aux côtés d'associations comme Ecoropa., ou de collectivités locales.. Depuis 2006, Corinne Lepage est avocate des collectivités locales et associations qui se sont constituées parties civiles dans le procès de la marée noire causée par le pétrolier Erika en 1999 et qui met en cause, entre autres, la compagnie pétrolière Total.. Le , la chambre criminelle de la Cour de cassation, dans sa formation plénière, a rendu, sur avis non conforme de l’avocat général, une décision approuvant la cour d’appel de Paris d’avoir retenu sa compétence pour statuer tant sur l’action publique que sur l’action civile dans l’affaire de la catastrophe écologique dite du pétrolier l’Erika. L’affréteur Total, qui avait commis une telle faute et qui avait, à tort, bénéficié d’une immunité de responsabilité, a, en conséquence, sur les pourvois de plusieurs parties civiles, vu sa responsabilité retenue par la chambre criminelle qui l’a condamné à réparer les conséquences du dommage solidairement avec ses co-prévenus d’ores et déjà condamnés par la cour d’appel.

En 2010, elle défend l'association Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), assignée pour dénigrement par la Fédération nationale des producteurs de raisins de table (FNPRT).. Elle est également l'avocate de l'Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer à la suite du passage de la tempête Xynthia., ainsi que de en appel..

En 2011, elle remporte le prix , organisé par l' dans la catégorie « droit de l'environnement »...

En 2015, elle soutient le Conseil administratif de la Ville de Genève qui s’oppose à la poursuite de l’exploitation de la centrale nucléaire du Bugey. La même année, elle obtient le prix du Livre politique du barreau de Paris pour son livre Les mains propres, aux éditions Autrement..

Elle obtient le premier succès de justice climatique en France dans l'affaire Grande-Synthe en obtenant du Conseil d'État l'obligation de respecter ses objectifs climatiques.

Elle défend la commune de Maincy pour faire juger en 2019 la mise en danger d'autrui, puis obtient en 2020 et 2021 devant le Conseil d'État la condamnation de l'État pour carence climatique.

Parcours politique En raison de sa participation au gouvernement d'Alain Juppé (1995-1997), Corinne Lepage est considérée comme une écologiste de droite., qualification dans laquelle elle ne veut pas se reconnaîtreÀ Christine Ockrent, qui la considère comme « femme de droite » et membre de l'UMP, Corinne Lepage oppose . Elle déclare : , ne se disant ni de droite, ni .

Débuts (1981-1995) Candidate écologiste en 1981, elle est élue en 1989 sur une liste divers droite, maire adjointe chargée de l’environnement et de l’urbanisme à Cabourg. À la suite du vote d’une délégation de service public de l’eau ne respectant pas les règles de concurrence, elle entre en opposition durant l'hiver 1990. Elle saisira en 1992 le procureur de la République de Caen de ces faitsLe Conseil d'État. Section du Contentieux – LEPAGE-HUGLO - M. LENOIR – SICARD-MARTIN - .345 - 26 juin 1992.. La bataille juridique durera jusqu’en 1999, et s'achèvera par la condamnation lourde du maire.

Elle est candidate en 1993 aux élections législatives dans la circonscription du Calvados sous la bannière de Génération écologie qu’elle a cofondé en 1989 avec Brice Lalonde, Jean-Louis Borloo et Jean-Michel Belorgey. Elle arrive cependant loin derrière Nicole Ameline, candidate UDF et dauphine de Michel d'Ornano avec un score de 6,17 %.. Elle quitte le parti rapidement après.

Corinne Lepage est réélue aux élections municipales de 1995 sur la liste RPR conduite par Jacques Porcq dont elle devient première adjointe au maire de Cabourg.

Ministre de l'Environnement (1995-1997) En 1995, elle répond positivement à la proposition d'Alain Juppé de prendre en charge le ministère de l’Environnement. Elle n'est alors membre d'aucun parti. Corinne Lepage déclare : , dans un entretien accordé à Yves Loison en .. Selon le journal Libération, sa nomination est aussitôt vivement critiquée par certains membres de la droite normande.

Corinne Lepage fait partie des douze femmes (nombre inhabituellement élevé à l'époque) — les « juppettes » — qui composent le premier gouvernement Juppé. Le , lors du remaniement ministériel donnant lieu au second gouvernement Juppé, elle est la seule femme à rester ministre de plein exercice. Si elle n'a pas souffert de difficultés particulières en tant que femme au sein du gouvernement, elle déplore, en 2004, d'avoir eu à subir, à l'Assemblée nationale, des injures .. En , elle critique, à la lumière de son expérience personnelle, le comportement de François Fillon et de la majorité UMP à l'égard de Nathalie Kosciusko-Morizet en soutenant publiquement l'action et les propos de cette dernière..

En tant que ministre de l'Environnement, Corinne Lepage se donne pour priorité de montrer que l'environnement peut « contribuer à la lutte contre le chômage ». En 1996, le Conseil des ministres adopte son projet concernant la pollution de l'air. Il rend obligatoire la surveillance de la qualité de l'air et renforce les mesures de limitation de la circulation en cas d'alerte. Ce projet aboutit à l’adoption par le Parlement de la loi LAURE du , également appelée « loi Lepage ». Cette loi instaure notamment des limitations de vitesse dans les métropoles françaises en cas de pic de pollution à l'ozone.. La même année, Corinne Lepage obtient la création du Comité de la prévention et de la précaution.. Dès son arrivée en 1995, elle met un terme à la participation de la puissance publique au Comité permanent amiante.

Accusée « d'adopter un profil bas », Corinne Lepage est l'objet de critiques pour son absence de vision politique de l'environnement , sous la présidence de Jacques Chirac, face à de grands thèmes écologiques : reprise des essais nucléaires., redémarrage du réacteur nucléaire Superphénix en , réduction du budget de l'Environnement, difficultés de mise en place de la directive européenne Natura 2000.

Le redémarrage contesté du réacteur Superphénix, qui connaît de nombreuses difficultés techniques, est l'occasion d'un vigoureux bras de fer entre Corinne Lepage et le ministre de l'Industrie Franck Borotra . Après l'annulation en 1997 du décret d'autorisation de création de 1994 par le Conseil d'État, elle refuse de signer le décret de redémarrage sans enquête publique. Elle menace implicitement Alain Juppé de démissionner. Le syndicaliste Christian Moesl (CGC) déclare : « Les politiques avaient toutes les cartes en main. Il y avait une volonté manifeste de laisser traîner le dossier. (…) Superphénix, on le sent bien, c’est une épine pour tous les gens qui ont été au pouvoir. (…) On l’a bien senti, on a toujours eu des décisions frileuses de la part des politiques. Je prends l’exemple du dernier Gouvernement : Corinne Lepage a mis Superphénix au bord du précipice et Dominique Voynet l’a poussé »., lors de son audition par la commission d'enquête parlementaire sur Superphénix et la filière des réacteurs à neutrons rapides.

Pour Libération, les résultats de son ministère se réduisent à . Corinne Lepage tire de son expérience au ministère le livre On ne peut rien faire, Madame le ministre, dans lequel elle dresse un constat d'impuissance face aux lobbies des industriels de l'automobile, au clientélisme politique et aux technocrates des grands corps de l'État.

En 1996, elle crée le club de réflexion politique Cap21 (Citoyenneté, action, participation pour le ), qui

Figure écologiste du centre (1997-2007) À la suite de la dissolution de 1997, Corinne Lepage se présente aux élections législatives de , dans la septième circonscription de Paris, sous l'étiquette Divers droite. Elle perd au second tour face au socialiste Patrick Bloche avec près de dix points d'écart entre les deux candidats (54,50 % contre 45,50 %). La défaite de la droite met fin à l’expérience ministérielle de Corinne Lepage. Elle mène une liste indépendante lors des élections régionales de 1998 en Basse-Normandie avec Olivier Stirn, face au président de droite sortant René Garrec (Démocratie libérale), mais elle n'obtient aucun siège..

vignette|Corinne Lepage, Sakae Menda et Robert Badinter lors d'une manifestation contre la peine de mort, .

Elle continue néanmoins son combat pour une écologie , c'est-à-dire compatible avec les contraintes économiques. En 2000, elle transforme son club de réflexion Cap21 en mouvement politique. Le , elle devient chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur. Elle déclare ..

En 2002, elle se lance dans la course à l’Élysée, Reportage vidéo "Coulisses de campagne" - 12/04/2002 - .. Elle choisit, au cours de sa campagne, de s'opposer directement aux Verts, le parti écologiste de la Gauche plurielle, à qui elle reproche d'avoir . Elle critique vivement Noël Mamère, qui l'accuse pour sa part de , et elle réclame, sans l'obtenir, l'organisation d'un débat public entre eux deux.. Elle affirme qu'elle n'appellerait .. Elle recueille 1,88 % des voix au premier tour.