Saintes (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. ) est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime dont elle est une sous-préfecture en région Nouvelle-Aquitaine. Ses habitants sont appelés les Saintais et les SaintaisesLes gentilés de Charente-Maritime..
Deuxième centre urbain du département après La Rochelle, cette ville moyenne compte () et est à la tête d'une unité urbaine de et de la deuxième aire d'attraction de la Charente-Maritime avec ().
Arrosée par la Charente où la cité se développa primitivement sur la rive gauche du fleuve, elle devient capitale de la province de Saintonge jusque sous l'Ancien Régime avant d'être désignée préfecture du département de la Charente-Inférieure lors de la réorganisation territoriale de 1790. Finalement supplantée par La Rochelle en 1810Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, 64., elle est reléguée au rang de sous-préfecture du départementLa préfecture de la Charente-Maritime est La Rochelle et les sous-préfectures sont par ordre alphabétique : Jonzac, Rochefort, Saint-Jean-d'Angély et Saintes. mais conserve par compensation son rôle de chef-lieu judiciaire départemental. De plus, la ville voit croître son influence économique dans le dernier tiers du lorsqu'elle est choisie comme siège du arrondissement des chemins de fer de l'État.
Important carrefour de communications routières, autoroutières et ferroviaires, Saintes est également le principal pôle économique du centre du département.. Si l'industrie est faiblement représentée (industrie électronique, dépôt et centre de réparations ferroviaire, construction d'appareils de levage), la ville s'affirme avant tout comme un centre tertiaire dynamique (fonctions administratives d'État, Cour d'assises et activités judiciaires, banques et mutuelles, établissements d'enseignement, centre hospitalier) et un pôle commercial de dimension régionale (siège de la plus grande coopérative de consommateurs de France, Coop Atlantique).
Saintes est également devenue, grâce à un important ensemble patrimonial gallo-romain, médiéval, et classique, une ville touristique fréquentée, affiliée au réseau national des villes et pays d'art et d'histoire depuis 1990.. La culture n'est pas en reste, Saintes étant dotée de plusieurs musées, d'un théâtre, de cinémas, de nombreux festivals. et d'un centre européen de recherche et de pratique musicales implanté au cœur de l'abbaye aux DamesSynthèse des travaux de la commission de stratégie, L'abbaye aux Dames, centre européen de recherche et de pratique musicale de Saintes, note de réflexion stratégique, 2003, ..
Géographie
Situation vignette|gauche|redresse|alt=Carte de la commune de Saintes au sein de la Charente-Maritime|Position de Saintes en Charente-Maritime. La ville de Saintes se situe dans le centre-est du département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine, dans l'ancienne province de Saintonge, dont elle est la capitale historique. Appartenant au midi de la France — on parle plus précisément de « midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984., au cœur de l'arc atlantique, elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français.
La ville s'étend de part et d'autre d'une boucle de la Charente, à au sud-est de La Rochelle. (sa préfecture), à 25 kilomètres à l’ouest de Cognac, à au nord-est de Royan, à à l'ouest d'Angoulême, à au nord de Bordeaux et à 420 kilomètres au sud-ouest de ParisDistances orthodromiques prises sous ACME Mapper.
Communes limitrophes vignette|centre|alt=Carte représentant la commune de Saintes et ses communes limitrophes|Saintes et ses communes limitrophes (en orangé : communauté d'agglomération de Saintes).
Géologie
La ville de Saintes, ou plus exactement le peuple des Santons, a donné son nom à un étage stratigraphique du Crétacé supérieur, le Santonien, daté d'environ d'années, après le Coniacien et avant le Campanien. Saintes est en effet bâtie sur des roches datant de cette période. De nature calcaire, elles se composent notamment de rognons de silex, de géodes de quartz et de nodules de fer. D'anciennes carrières de pierre situées sous la colline du Capitole ou à Bellevue, partiellement comblées ou converties en champignonnières, viennent rappeler qu'elles furent longtemps utilisées pour la construction de divers bâtiments, en dépit d'un caractère gélifSaintes, plus de d'histoire illustrée, Société d'archéologie et d'histoire de la Charente-Maritime, ..
Aux abords du fleuve, le plateau crétacé laisse la place à des prairies composées d'alluvions plus ou moins récentes, de type bri (argile).
Le début de la surrection des chaînes montagneuses des Alpes et des Pyrénées se produit dès la période du Maastrichtien, il y a d'années, avant de se poursuivre durant une partie de l'ère tertiaire. Ce phénomène cause un froissement progressif des couches calcaires et la formation de synclinaux et de leurs pendants, les anticlinaux.. Ainsi se forme le synclinal girondin, dans lequel vont s'engouffrer les eaux de la Dordogne et de la Garonne, conduisant à la formation progressive de l'estuaire de la Gironde, des falaises et des conches. De l'autre côté de l'anticlinal de Gémozac-Jonzac se forme le synclinal de Saintes sur lequel est bâtie la ville..
Hydrographie et relief
vignette|redresse|Les arènes lors de la crue de 1982. Le fleuve Charente traverse la commune du sud vers le nord. Le confluent de la Charente et de la Seugne se situe au sud-est du territoire, à la limite de la commune des Gonds.
La plaine alluviale du fleuve constitue la majeure partie du territoire communal. En dehors de l'agglomération, où des remblais et des quais en pierre ont été élevés, les berges sont constituées de prairies inondables communément appelées « Prées » qui voient se développer une riche végétation palustreSaintonge, Guides Gallimard, 36.. Celles-ci sont parfois situées à proximité des espaces bâtis du centre-ville : ainsi s'étend la prairie de Courbiac, au nord-est du quartier Saint-Vivien, mais surtout la Prée-basse, la prairie du Maine et la prairie de Saint-Sorlin, sur la rive droite. À quelques mètres en amont du pont de Saintonge, le fleuve est secondé par un canal de dérivation isolant une partie de la prairie de la Palu, à laquelle on accède par une passerelle piétonnière depuis la rive droite.
Les crues de la Charente sont récurrentes : en un peu plus d'un siècle, notons ainsi les crues de 1882, 1904, 1910, 1937, 1952, 1961, 1966, 1982, 1994, 1999, 2009, 2023 et 2026. Deux d'entre elles ont été d'une intensité considérée comme peu commune : celle de 1982 (crue centennale) et celle de 1994.. Ce phénomène survient lors de la conjonction de précipitations importantes et de marées de fort coefficient, lesquelles ralentissent l'évacuation des eaux du fleuve dans l'océan. L'importance des crues varie suivant l'intensité ou la durée des précipitations, mais aussi suivant le degré de saturation des sols.
La rive gauche concentre le tissu urbain médiéval, ramassé autour d'un éperon calcaire nommé colline du Capitole ou colline de l'Hôpital. Au-delà, dans la partie occidentale de la commune, le paysage prend un aspect plus accidenté, notamment au niveau du vallon des Arènes.
La limite orientale de la commune marque le début d'un paysage formé de collines forestières (colline de Lormont et du bois de la Tonne notamment) dont l'altitude se relève progressivement en direction de la commune de Fontcouverte et au-delà, de La Chapelle-des-PotsCharente-Maritime, encyclopédie Bonneton, 222-223..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Poitou-Charentes » et « Aquitaine, Gascogne ». Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Saintes est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saintes, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saintes, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Quartiers et lieux-dits La ville est divisée en quatorze zones administratives : les Boiffiers, les Tourneurs, l'Ormeau de Pied, Recouvrance, la Fenêtre, Saint-Rémy, Saint-Vivien, Saint-Eutrope, Saint-Pierre, Saint-Pallais, Saint-Sébastien de Bouard, la Récluse, le Maine-Saint-Sorlin et Bellevue.
Rive gauche vignette|Vue du quartier Saint-Pierre et de la rue Alsace-Lorraine depuis le clocher de la cathédrale. Véritable berceau de la cité, le quartier Saint-Pierre s'étend entre la colline du Capitole et la Charente. La présence d'un important patrimoine monumental et archéologique explique son intégration à un secteur sauvegardé. totalisant presque . Articulé autour de la cathédrale Saint-Pierre, de la place du Marché et de la place du Synode, il est parcouru d'un réseau de ruelles piétonnières concentrant un important bâti médiéval, renaissance et classique.
Situé un peu à l'ouest du quartier Saint-Pierre, le quartier Saint-Eutrope s'est développé autour d'un éperon rocheux limité par deux vallons perpendiculaires au fleuve. Dominé depuis le Moyen Âge par la silhouette de la basilique Saint-Eutrope, le quartier conserve également les vestiges d'un prieuré clunisien et quelques maisons anciennes étagées à flanc de colline. Des venelles permettent de rejoindre le vallon des Arènes s'étendant en contrebas. Ce dernier abrite les vestiges de l'amphithéâtre romain, une promenade et un parc baptisé « Parc des Arènes ».. vignette|gauche|La rue Victor-Hugo, artère commerçante du centre historique.