Le Grand Prix de Monaco est une des plus anciennes et l'une des trois courses les plus prestigieuses au monde, disputée en principauté de Monaco, sur un circuit urbain conçu en 1929 par Antony Noghès, fils du président de l'Automobile Club de Monaco, sous les auspices du prince Louis II de Monaco. Cette création répondait au défi d'organiser une compétition sur le territoire exigu de Monaco (environ à l'époque), condition requise par la Commission sportive internationale pour que l'Automobile Club de Monaco soit reconnu internationalement. En effet, l'autre grande compétition monégasque, le rallye automobile Monte-Carlo, créé dès 1911, était disputé sur les routes de nombreux pays d'Europe.

Le Grand Prix de Monaco est organisé par l'Automobile Club de Monaco fondé sous le nom de Sport Vélocipédique de Monaco en 1890, qui organise également le rallye automobile Monte-Carlo.

La course inaugurale est remportée le par William Grover-Williams, au volant d'une Bugatti officielle du constructeur de Molsheim. La principauté ne connaît depuis lors que quatorze années sans Grand Prix. Le Grand Prix de Monaco fut la seconde épreuve du premier championnat du monde de Formule 1, le . L'édition 1952 du Grand Prix ne figure pas au programme du championnat de monde de Formule 1 car les organisateurs privilégient cette année-là la catégorie sport. Après une éclipse de deux années sans course, le Grand Prix de Monaco reprend en 1955 avec un plateau de Formule 1. Le , il est annoncé que l'édition 2020 est annulée à cause de la pandémie de COVID-19, c'est la première fois depuis 65 ans que le Grand Prix ne peut se tenir.

Le circuit de Monaco serpente autour du port Hercule, dans les rues de Monte-Carlo et de La Condamine, enchaînant les virages serrés au milieu de rails de protection : il n'y a aucun espace de dégagement entre la piste et ceux-ci, contrairement aux autres circuits, ce qui implique la présence de grues à plusieurs endroits pour dégager les monoplaces accidentées au plus vite. La piste étroite est exigeante et rend les dépassements difficiles. Cependant, au fil des années, l'Automobile Club a apporté des améliorations constantes notamment en ce qui concerne l'aménagement des stands de ravitaillement. La transformation des rues de Monaco en circuit automobile (rails, passerelles, tribunes, zone des stands etc..) a lieu chaque année dans les 90 jours précédant la course, avant démontage intégral.

En 2010, la FIA procède à de nouvelles modifications du circuit avec la mise en place de vibreurs plus hauts dans les deux chicanes du circuit et un resurfaçage de la voie des stands et des portions entre Sainte Dévote et l’avenue de Monte Carlo, entre la place du Casino et le Portier et entre la sortie du tunnel et la chicane suivante.

En 2025, les règles du Grand Prix sont revues afin d'obliger les pilotes à s'arrêter deux fois aux stands pour rendre la course plus spectaculaire.

Le record de victoires sur ce circuit en Formule 1 est détenu par Ayrton Senna qui s'est imposé à six reprises dont cinq fois consécutivement, en dix participations, et le premier pilote monégasque à s'imposer à Monaco depuis la création du championnat du monde en 1950 est Charles Leclerc le 26 mai 2024.

Histoire Origines thumb|William Grover-Williams franchissant la ligne d'arrivée en vainqueur du premier Grand Prix de Monaco Le naît le Sport Vélocipédique Monégasque (SVM) qui va connaître un rapide essor sous la présidence d’honneur du prince Albert . En 1907, le club devient Sport Automobile et Vélocipédique de Monaco (SAVM). Alexandre Noghès, Trésorier Général des Finances de la principauté, est nommé président en 1909. À l'instar des grands rassemblements cyclistes, l’idée d’une épreuve automobile qui fera converger vers Monaco des concurrents venus de partout en Europe est émise par son fils, Antony, qui organise deux ans plus tard, le premier Rallye de Monte Carlo, remporté par Henri Rougier sur une Turcat-Méry.

Le , lors d’une assemblée générale extraordinaire réunissant cinquante-cinq membres du SAVM, le président Alexandre Noghès déclare qu’. La proposition mise au vote est approuvée, l’Automobile Club de Monaco vient de naître, il porte ce nom aujourd’hui encore. vignette|redresse|René Dreyfus à la chicane du quai Albert en 1935. Pour que la réussite soit totale, il reste encore à faire admettre l’ACM au sein de l’Association Internationale des Automobile Club Reconnus (AIACR), l’ancêtre de la FIA qui détient alors le pouvoir sportif légal. C’est à cet objectif que se consacrent Alexandre Noghès et son fils. Ce dernier est chargé, en 1928, de présenter la candidature de l’Automobile Club de Monaco au siège de l’AIACR à Paris. Comme les épreuves organisées par le club se déroulent hors du territoire monégasque, il se voit opposer un refus catégorique. Il lance alors l’idée de créer un circuit automobile dans les rues de la principauté.

Malgré une marche à escalader entre le Quai des États-Unis et le Quai Albert , une marche à descendre du côté des gazomètres, les pavés et les rails du tramway entre la Condamine et le Casino, Antony Noghès poursuit ses démarches, inspiré par ce type de course urbaine qui existe déjà aux États-Unis, notamment à Santa Monica ou Corona en Californie. Antony Noghès parle de son projet audacieux au pilote local Louis ChironToujours directeur de course à plus de 70 ans au début des années 1970, et donnant alors encore le départ, seul avec son drapeau face aux voitures de la grille. dont il sait pouvoir obtenir un avis pertinent et objectif. Entré dans la confidence, le pilote s’extasie ; . Le projet reçoit également le soutien enthousiaste du prince Louis II et son appui.

Six mois plus tard, le , le prince Pierre boucle le tour inaugural du circuit à bord d'une Torpedo Voisin conduite par le directeur de course, Charles Faroux, alors que Louis Chiron, engagé aux 500 miles d’Indianapolis, est absent. Seize pilotes prennent le départ du premier Grand Prix de Monaco sur une grille tirée au sort. La principauté assiste à la victoire du britannique William Grover-Williams (dit « Williams ») sur une Bugatti 35B privée. Il boucle les cent tours du circuit de à une moyenne de .

Interrompue pendant la guerre (de 1938 à 1947), l'épreuve reprend en 1948 mais n'a pas lieu l'année suivante du fait du décès du prince Louis II. Le , le circuit accueille la seconde manche du premier championnat du monde des conducteurs, enlevée par l'Alfa Romeo de Juan Manuel Fangio. L'épreuve redevient en 1952 une course de voitures de sport. Plutôt que d’accueillir les Formule 2, alors retenues pour le championnat du monde, le Grand Prix automobile de Monaco fait sa réapparition en 1955 pour ne plus jamais s'effacer du calendrier.

Organisation

Le Grand Prix de Monaco diffère à plusieurs égards des autres Grands Prix. La séance d'essais a lieu le jeudi précédant la course au lieu du vendredi pour permettre la réouverture des rues au public et le réapprovisionnement des magasins. Organisé à l'origine lors du weekend de l'Ascension, les journées du jeudi, samedi et dimanche étant donc des jours chômés, la privatisation des rues pour la course était plus simple à réaliser.

Le montage du circuit prend six semaines et le retrait après la course trois. Il n'y avait pas de podium après la course jusqu'en 2017 : les trois premiers pilotes se rendaient directement vers la loge royale où se tenait la cérémonie de remise des prix. De nos jours, tous les éléments du circuit ( selon Jean Todt, , observe Ronan Le Gallou qui est le responsable des structures extérieures du circuit) sont stockés sur un terrain dans les Alpes Maritimes à quelques kilomètres de Monaco. S'y trouvent notamment les stands, les bâtiments de la direction de course, ceux de la régie télévision, les tribunes et les passerelles posées au dessus de la piste. À environ 90 jours du Grand Prix, ce matériel est progressivement transporté par camions pour être monté sur ce qui va devenir le tracé de la course. Des encoches sont présentes sur les trottoirs de la ville, qui permettent d'y enfoncer les poteaux soutenant les rails et les grillages (tous les éléments étant numérotés), Les kilomètres de rails sont posés tout autour du circuit, concomitamment à l'installation de la zone des stands, du paddock et des passerelles. Une fois le Grand Prix achevé, tout est démonté, les rues de Monaco retrouvent leur aspect, le matériel repart dans son lieu de stockage.

Faits marquants vignette|Vue aérienne du Grand Prix en 1996 vignette|Les nouveaux stands construits pour l'édition 2004. GP de Monaco 1950 : dès le premier tour de la course, l'Italien Giuseppe Farina (vainqueur une semaine plus tôt à Silverstone du premier Grand Prix de l'histoire du championnat du monde de Formule 1) part à la faute à la sortie du virage du « Bureau de Tabac » et provoque ce qui reste encore aujourd'hui l'un des plus gros carambolages de l'histoire de la F1, dix pilotes devant abandonner. Juan Manuel Fangio, qui s'était élancé en tête, ne découvre le carnage qu'un tour plus tard et parvient à se faufiler au ralenti au milieu des monoplaces abandonnées. Il racontera plus tard avoir deviné que la piste était obstruée (le virage du « Bureau de Tabac » est un virage « en aveugle ») en constatant que les spectateurs ne regardaient pas dans sa direction. Débarrassé de ses principaux adversaires, l'Argentin remporte facilement son premier succès en championnat du monde. GP de Monaco 1955 : largement favorites, les redoutables Mercedes W196 de Fangio et Stirling Moss cassent toutes les deux leur moteur. L'huile répandue sur la piste par la Mercedes de Moss est la cause probable de l'un des accidents les plus fameux de l'histoire de la F1 puisqu'au freinage de la chicane, Alberto Ascari perd le contrôle de sa Lancia D50 qui plonge dans les eaux du port. Il faut toute la vigilance des hommes-grenouilles pour sauver de la noyade le champion italien, qui s'en sort miraculeusement avec une simple entaille sur le nez, mais qui décèdera quelques jours plus tard dans un autre accident à Monza. La course est remportée par Maurice Trintignant (Ferrari) qui devient le premier pilote français à remporter une épreuve du championnat du monde. GP de Monaco 1960 : Stirling Moss remporte l'épreuve sur une Lotus privée du Rob Walker Racing. Il s'agit de la première victoire d'une Lotus en championnat du monde. GP de Monaco 1961 : Moss réédite son exploit de la saison précédente. Toujours sur une Lotus privée du Rob Walker Racing, il domine les surpuissantes Ferrari de Richie Ginther, Phil Hill et Wolfgang von Trips. GP de Monaco 1965 : contraint à une folle remontée après avoir tiré tout droit à la chicane du port et avoir dû descendre de sa voiture pour la pousser en marche arrière, Graham Hill remporte avec panache son troisième succès consécutif à Monaco. En forme d'hommage à son grand rival Jim Clark, absent pour cause de participation le lendemain aux 500 miles d'Indianapolis, Hill aura ces mots, restés célèbres : « Aujourd'hui, je me sentais de taille à battre n'importe qui, même Clark. » Paul Hawkins plonge avec sa voiture dans le port de Monaco à la suite d'un tête à queue dans la chicane au des 100 tours à parcourir. Il en sort indemne. GP de Monaco 1966 : seuls quatre pilotes finissent le Grand Prix, ce qui amène à ne pas pouvoir attribuer tous les points prévus par le barème en vigueur. GP de Monaco 1967 : en chasse pendant près de deux heures derrière le futur vainqueur et futur champion du monde Denny Hulme, l'Italien Lorenzo Bandini, à bout de forces, part à la faute à la chicane du port et heurte violemment les barrières. Prisonnier de sa voiture en flammes, il décédera de ses blessures trois jours plus tard. À la suite de ce drame, les organisateurs décident de réduire la longueur de l'épreuve de 100 à 80 tours, soit compte tenu des moyennes de l'époque, de à .