Le Kamouraska est une municipalité régionale de comté (MRC) de la Côte-du-Sud dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent au Québec créée le . Son chef-lieu est la ville de Saint-Pascal. Elle est composée de 15 municipalités, soit 2 villes, 11 municipalités, 2 paroisses plus 2 territoires non organisés. Sa préfète actualle (2025-2029) est Nancy Dubé. .

Géographie

Subdivisions limithrophes

Municipalités et territoires vignette|droite|Saint-Pascal Nom Statut Population Superficie(km) Densité(h/km) Ref Kamouraska La Pocatière 6 197 30,67 Mont-Carmel Petit-Lac-Sainte-Anne Picard Rivière-Ouelle Saint-Alexandre-de-Kamouraska Saint-André-de-Kamouraska Saint-Bruno-de-Kamouraska Saint-Denis-De La Bouteillerie Saint-Gabriel-Lalemant Saint-Germain-de-Kamouraska Saint-Joseph-de-Kamouraska Saint-Pacôme Saint-Pascal Saint-Philippe-de-Néri Sainte-Hélène-de-Kamouraska Total

Le portrait géophysique La municipalité régionale de comté de Kamouraska s’étend sur une section longue de 60 km de la rive sud de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, à équidistance des agglomérations de Québec et de Rimouski. Le territoire de la MRC se situe à la limite occidentale du Bas-Saint-Laurent, région dont il fait administrativement partie. Malgré cette appartenance bas-laurentienne, la MRC s’avère toutefois fréquemment associée à la Côte-du-Sud, sous-région qui comprend plusieurs MRC voisines de la région Chaudière-Appalaches.

La superficie approximative du territoire est de 2 256 kilomètres carrés. Les îles les plus rapprochées du littoral, soit les archipels des Pèlerins et de Kamouraska, ainsi que l’île aux Lièvres font également partie de la MRC. Les 21 500 citoyens kamouraskois se concentrent par contre sur une partie réduite de ce vaste espace, soit au sein du territoire municipalisé confiné presque exclusivement dans la moitié nord-ouest du territoire. Le reste de la MRC, qui comprend deux territoires non-organisés auxquels s’ajoute une partie de la municipalité de Mont-Carmel, demeure pratiquement inhabité. Dix-sept municipalités se partagent donc l’écoumène. Un peu plus de la moitié du territoire (51,9 %) est sous gestion privée et possédée majoritairement par de petits propriétaires; le reste (48,1 %), sous gestion publique, est composé en grande partie de forêts du domaine public.

Le relief thumb|droite|upright=1.6|Les cabourons du Kamouraska surplombant le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Saint-André-de-Kamouraska. Le profil physiographique du territoire de la MRC de Kamouraska est apparenté à celui de l’ensemble de la Côte-du-Sud. L’assise géologique est composée de formations appalachiennes de roches sédimentaires et métamorphiques plissées.

La partie littorale se présente comme une vaste plaine argileuse située dans le prolongement d’un long estran vaseux. Cette bande en bordure du fleuve atteint sa largeur maximale à la hauteur de Rivière-Ouelle pour ensuite se refermer progressivement à son extrémité nord-est. Cette zone fut autrefois une batture submergée; ce qui explique sa quasi horizontalité (altitude de 0 à 20 m) et la faible granulométrie des dépôts de surface. L’uniformité de cette plaine est toutefois interrompue ici et là par les cabourons du Kamouraska, des crêtes rocheuses en saillie appelées monadnocks. Le terme local « cabouron » est, selon certains, à privilégier puisqu'il était employé avant l'appellation monadnocks, mot d'origine amérindienne servant plutôt à désigner des formations rocheuses similaires situées principalement dans les maritimes. Ces monticules linéaires sont composés de roches métamorphiques de dureté supérieure (quartz et grès); il s’agit probablement de strates rocheuses qui ont su résister davantage à l’érosion glaciaire et qui sont probablement demeurées émergentes lors de l’envahissement de la mer de Goldthwait.

Lorsque l’on pénètre quelque peu à l’intérieur des terres, la plaine se soulève en plusieurs paliers (terrasses) qui dominent le fleuve de 20 à 130 mètres: il s’agit du piedmont. Cette surface légèrement ondulée s’avère assez morcelée puisqu’elle est entrecoupée d’imposants monadnocks atteignant parfois près de 200 mètres d’altitude. Au pied de ces masses des roches affleurantes, le sable mélangé à du petit gravier est le type de sédiments qui prédomine; son origine s’explique du fait que l’on retrouvait jadis à ces endroits des plages de littoral. Cette plaine étagée s’adosse ensuite à un ou plusieurs escarpements qui marquent la transition entre les basses terres du Saint-Laurent et le massif Appalachien.

Le troisième secteur, un peu plus accidenté que les deux premiers, correspond à un plateau vallonné qui fut intensément érodé au cours des glaciations. Ce premier plateau se situe à une altitude s’élevant progressivement de 130 à 250 mètres du nord-ouest vers le sud-est. Son sol se caractérise par sa minceur et sa pierrosité; la petite couche de tillite qui repose sur la roche-mère présente parfois une granulométrie assez grossière.

Enfin, à une distance d’environ 15 km du littoral, le plateau prend davantage d’altitude jusqu’à atteindre des sommets de 400 à 700 m. Ce quatrième secteur, constitué de collines appalachiennes, couvre l’ensemble du territoire restant de la MRC jusqu’à la frontière américaine. Le relief y est nettement plus accidenté, cet espace étant entrecoupé de petites vallées et de dépressions lacustres. La tillite demeure omniprésente dans les collines quoique l’on retrouve certains dépôts plus fins et davantage triés à proximité des cours d’eau.

L’hydrographie vignette|droite|Coucher de soleil à Kamouraska sur le fleuve Saint-Laurent Le territoire de la MRC se répartit en deux grandes subdivisions hydrographiques et six bassins versants. Les rivières Saint-Jean, Ouelle, Kamouraska, du Loup et Fouquette coulent vers le fleuve Saint-Laurent tandis que deux branches de la rivière Noire et le lac de l’Est se déversent dans la rivière Saint-Jean qui se dirige vers le Nouveau-Brunswick.

Les principaux lacs alimentant le réseau sont les lacs Sainte-Anne, de l’Est, Chaudière, aux Loutres, Morin et Saint-Pierre. L’écoulement des rivières se dirigeant vers le fleuve, comme la Ouelle et la Kamouraska, varie grandement au cours de leur trajet. Ces rivières circulent à partir du plateau supérieur au sein d’étroites vallées légèrement encaissées. Par la suite, leurs vallées s’élargissent et leurs parcours s’avèrent assez rectilignes. À leur arrivée au contact du piedmont, leur trajectoire est bien souvent détournée et elles dévalent la pente en plusieurs chutes et cascades. Au terme de leur périple, ces rivières sillonnent paresseusement la plaine littorale selon un parcours très sinueux, les méandres étant nombreux et très arqués.

Le climat vignette|droite|Hiver à Saint-Alexandre-de-Kamouraska Le climat de la MRC de Kamouraska se caractérise par un effet modérateur généré par l’imposante masse d’eau que représente le fleuve Saint-Laurent et par un effet perturbateur issu d’un facteur éolien assez présent. Toutefois, ces traits climatiques varient grandement en fonction de l’altitude.

À la station de La Pocatière, située à une hauteur de 30 mètres dans le piedmont, la température moyenne est de -11 °C en hiver, de 18 °C en été, et de 4 °C annuellement. Les précipitations annuelles sont modérées, soit une moyenne de 930 mm réparties en 645 mm de pluie et 285 cm de neige. Les vents dominants sont orientés parallèlement au fleuve. Le nombre de jours exempts de gel est de 170.

À Saint-Bruno-de-Kamouraska, à 198 m sur le plateau, la température moyenne est généralement inférieure de quelques degrés par rapport à la plaine et au piedmont, soit –13 °C en hiver, 17,8 °C en été et 3,0 °C annuellement. Les précipitations annuelles y sont un peu plus abondantes (1 010 mm), principalement sous forme nivale: 330 cm. Quant aux vents, leurs directions sont plus partagées. Le nombre de jours exempts de gel y est moindre, soit seulement 160 jours.

Il est également intéressant de souligner que la plaine littorale kamouraskoise bénéficie de l’une des meilleures statistiques d’insolation au Québec: on y compte en moyenne près de 2 000 heures d’ensoleillement par année.

La flore vignette|droite|Rivière-Ouelle Le territoire de la MRC est composé à 1,6 % d’eau (lacs et rivières), à 20,0 % de terrains non-forestiers (terres agricoles, affleurements rocheux, marais, ...) et à 78,4 % de terrains forestiers. Le milieu insulaire, l’estran et la zone riveraine au Saint-Laurent présentent une flore typique des milieux littoraux tels que le scirpe, la spartine et l’aulne. De vastes milieux organiques (tourbières) occupent également quelques centaines d’hectares de terrains à Rivière-Ouelle et à Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Quant aux terrains forestiers, ceux-ci couvrent de manière très éparse la plaine, partiellement le piedmont, et presque entièrement les plateaux inférieur et supérieur.

Le sapin et l’épinette représentent 45 % de la composition forestière des terres publiques, comparativement à 20 % pour l’érable, à 10 % respectivement pour le cèdre, le bouleau blanc et le bouleau jaune, et à 5 % pour le peuplier. Les zones les plus favorisées en termes de sol et de chaleur s’avèrent propices à une végétation dominée par les feuillus, particulièrement à l’intérieur des domaines de l’érablière à bouleau jaune avec hêtre à grandes feuilles ou tilleul. Une concentration d’érablières à potentiel acéricole est située dans l’extrémité sud-est du plateau supérieur. Enfin, à l’intérieur de la plaine agricole, les quelques espaces qui demeurent sous couvert forestier présentent des caractéristiques assez particulières: on retrouve au sein de ces îlots boisés des cédrières tourbeuses à sapin, des pessières à épinette noire et des sapinières à thuya.

La faune Trois principales espèces de gros gibiers habitent le territoire de la MRC : l’orignal, le cerf de Virginie et l’ours noir. La structure des peuplements de la forêt du plateau se prête particulièrement bien à la vitalité de ces espèces. L’orignal atteint une densité d’environ 1,6 individu par dix kilomètres carrés et le chevreuil abonde particulièrement au sein des ravages du secteur de la Grande-Rivière. La multiplicité des cours d’eau, la présence de milieux humides, de champs et de petits boisés, ainsi que l’étendue d’un littoral fluvial, favorisent les grandes concentrations d’oiseaux. Les îles, le pourtour du fleuve Saint-Laurent et l’embouchure de la rivière Ouelle sont particulièrement convoités par plusieurs espèces de canards et d’oiseaux migrateurs tels que la bernache du Canada, le cormoran et l’oie blanche. L’existence de falaises est aussi un atout pour la nidification de plusieurs espèces ailées, entre autres le faucon pèlerin. Au niveau de la faune aquatique, le territoire n’est également pas en reste; des espèces vedettes comme le béluga, l’anguille, le saumon de l'Atlantique, l’éperlan arc-en-ciel, le hareng, l’esturgeon, le touladi et l’omble de fontaine apportent une certaine notoriété au territoire. La richesse de cette faune halieutique s’explique par la mixité de la salinité des eaux du fleuve, par l’existence d’excellentes frayères dans les rivières et par la qualité des eaux des lacs du plateau.

Milieu humain Peuplement thumb|upright=1.6|La ville de Saint-Pascal vue de la montagne à Coton Avant la colonisation, ce territoire constituait un milieu propice à la pêche et à la chasse, à la fois pour les Européens et les Amérindiens. Toutefois, il semblerait que les différents peuples autochtones n’auraient fréquenté que sporadiquement cette partie de la Côte-du-Sud. En effet, lors de l’établissement des premiers colons français, seulement quelques centaines d’Amérindiens nomades visitaient la région.