Seignelay est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté

Géographie Situation

Seignelay se situe à au nord d'Auxerre, entre les rivières de l'Yonne à à l'ouest, et du Serein qui en marque à peu près la limite nord.

La ville est installée au sud-est du Haut du Tureau (ou Thureau), une hauteur s'élevant à d'altitude d'autant plus notable qu'elle marque le début d'une plaine au nord qui, sur la commune, varie entre et d'altitude.

Le sud de la commune, soit environ , est couvert par la forêt de Saint-Germain et varie en altitude de au pied du flanc sud du Haut du Tureau, à au milieu de la forêtCarte d'état-major de Seignelay avec le Haut de Tureau. Sur geoportail.fr..

Hydrographie

Le Serein. coule dans le sens est-ouest en limite de commune avec Hauterive au nordLe Serein à Seignelay - carte interactive sur geoportail.fr, avec couches hydrographie et limites de communes activées.. Un seul de ses affluents coule sur la commune et y conflue : le ru de la Bûche. (rive gauche), qui sert également en partie de limite de commune avec Héry à l'est. Le ru des Ventes et le ru du Crot des Ormes, tous deux en rive droite du Serein, confluent en face de la commune sur la berge appartenant à Hauterive ; ils n'en alimentent pas moins l'eau de Seignelay.

Le ru du Cul de la Bonde prend source dans le sud de la commune, coulant vers le sud-ouest pour rejoindre l'Yonne plus loin à Chemilly-sur-Yonne.

Le bief de de long en rive gauche depuis la ferme du Haras jusqu'au moulin de Seignelay a été ordonné par Colbert vers 1666, qui visait à alimenter en eau ses foulons et ses deux moulins nouvellement construits, le Petit-Moulin et le Grand-Moulin. Lorsqu'en 1809 le Grand-Moulin de Seignelay a été détruit ainsi que ses écluses, non seulement le niveau du Serein a baissé, mais ont cessé les débordements de la rivière qui fertilisaient les prés inondés. Ces prés et pâturages ont subséquemment été transformés en champs, volume 2.. Hydrographiquement, le bief est considéré comme un bras du Serein..

Au , depuis les moulins d'Héry jusqu'à Beaumont, le Serein présentait une perte de débit importante, notablement en été : à Héry il était suffisant pour faire tourner deux moulins, à Seignelay la diminution était déjà sensible, et à Beaumont un seul moulin pouvait tourner, volume 2..

Voies de communication

La commune est traversée dans le sens nord-sud par la D84 joignant Mont-Saint-Sulpice, Brienon-sur-Armançon, Bellechaume et Arces-Dilo au nord, avec Monéteau et Auxerre au sud. La sortie 19 de l'autoroute A6 est à au sud.

Les gares les plus proches sont celles de Laroche - Migennes (la mieux desservie) à et celle d'Auxerre à .

Communes limitrophes

vignette|redresse=1.8|centre|Carte de la commune de Seignelay et des proches communes.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ligny-le-Châtel », sur la commune de Ligny-le-Châtel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Elles sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Seignelay est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Auxerre, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (56,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (58,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (43,7 %), forêts (37,2 %), zones agricoles hétérogènes (8,2 %), zones urbanisées (6,1 %), prairies (4,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Attestations anciennes Le nom de la localité est attesté sous les formes latinisées Sigliniacus en 864 (cartulaire général de l'Yonne, I, 88); Selleniacum vers 1125 (Ibid., I, 258); Seleneium en 1190 (abb. des Escharlis), Seilleneyum (Gesta pontif. Autiss.), Siligniacum au (Gesta pontif. Autiss.); Sellenayum en 1331 (chapel. de Seignelay); Seleigneium en 1333 (chap. de Sens); Saillegniacum en 1361 (Trésor des chartes, reg. 89, ); Senelayum et Saillenaium, (pouillé du diocèse d'Auxerre); Seigneleyum au (pouillé du diocèse de Sens); Synelayum en 1637 (chap. d'Auxerre, reg. de la Régale)Maximilien Quantin, Dictionnaire topographique du département de l’Yonne, Paris, 1862, (lire en ligne).

Mais également sous les formes romanes Sallenai vers 1170 (cart. gén. de l'Yonne, II, 213); Seillenay en 1256 (cart. de Pontigny, f° 21 v°, Bibl. imp.); Seillegnay au (sceau de Simon de Seignelay); Saillenay au (sceau de Jean de Seignelay, arch. de l'Yonne); Sallenay vers 1550 (év. d'Auxerre); Sinelay en 1641; Signellay en 1650 (reg. de l'état civil).

La graphie actuelle Seignelay se fixe à l'époque où Jean-Baptiste Colbert de Seignelay l'accola à son nom, volume 1..

Selon l'abbé Henry, une colline aurait été appelée Signum Lœtum à la suite d'une bataille entre l'évêque Ebbon de Sens et ses vassaux d'une part, et des sarrazins (des visigoths sont aussi mentionnés) d'autre part, en 729 ou 732 ; pour signaler la victoire des sénonais, ceux-ci ont planté les enseignes ou drapeaux pris à l'ennemi, sur cette colline située près de Régennes et en dehors du diocèse de Sens (dont la limite est marquée par le Serein au nord de Seignelay), volume 1..

Étymologie Il s'agit d'un type toponymique gaulois ou gallo-roman en -(i)acum, suffixe locatif et qui marque également la propriété..

Le premier élément Siglin- > Seignel- représente l'anthroponyme germanique Sigilina, nom féminin et que l'on rencontre avec davantage de certitude dans Selaincourt (Meurthe-et-Moselle, Siglini curtis en 836) et Selincourt (Somme). En effet, les noms en -court sont généralement composés avec un anthroponyme de type germanique, ce qui est plus rare pour les noms en -(i)acum. Cependant, les formes Siglin-i (curtis) et Siglin-i(-acum) sont semblables et contemporaines. Par ailleurs, le nom de personne Sigilina sous sa forme latine est fréquent et bien attesté dans les documents médiévaux, où il s’agit d’une variante de Segolina > Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du , Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 200a..

Remarque : d'un point de vue phonétique, le passage de *Sigilin-iacum à Siglin-iacum (amuïssement d'un i interconsonnantique) ne pose pas de problème, car il s'agit d'un phénomène courant d'haplologie. D'ailleurs, les anthroponymes masculin Siglinus et féminin Siclina, issus respectivement de Sigilinus et Sigilina, sont bien attestés.

François Falc'hun a proposé un mot celtique hypothétique *sigl ou *siglen, qui désignerait un marais et signifierait littéralement : François Falc'hun, Étude des noms de lieux celtiques, Éditions Slatkine, Genève, 1982., en référence à la rivière du Serein qui s'écoule au bas du promontoire où s'établit Seignelay. Par « celtique », il faut entendre le celtique continental, c'est-à-dire le gaulois dans ce cas. Cette théorie, marginale, n'est pas reprise par les principaux toponymistes, faute de preuves validant l'hypothèse de l'existence d'un tel mot, absent des dictionnaires de gaulois.

Histoire Antiquité

Dans un rayon de autour de Seignelay se trouvent six voies antiques, volume 1., la plus importante étant devenue la Via Agrippa de l'Océan qui passait à Héry et aux Baudières dans le nord de la commune de Héry, volume 1.. Il reste de ces voies un petit pont de pierre à Venouse. Beaumont, le village voisin au nord-ouest, a de forts arguments pour être le Bandritum de la carte de Peutinger, volume 1. sur la route pré-romaine entre Autun et Sens en passant par Auxerre, volume 1.. Les romains ont amélioré plusieurs de ces routes, volume 1..

Les premières traces d'un établissement à l'endroit de Seignelay remontent à l'invasion de l'armée romaine (arrivée dans la région vers -54 ou -53 av. J.-C). Une légion a construit un camp au sud de l'actuel village. Le camp romain, qui servit également aux Sarrasins qui s'y retranchèrent pour un court temps après leur défaite à Sens, était sur la hauteur située au sud de la ville, qui culmine à . Au on y voyait encore une partie des fossés qui l'avaient entouré. Le castrum cité par Glabert en 990 comme étant le château de Seignelay, était probablement cet ancien camp. C'est là aussi que les châteaux successifs de Seignelay ont été construits. En 1817, l'enlèvement des fondations du dernier château à cet endroit dévoila des tuiles romaines et des pieux antiques. La rue venant d'Héry et menant à cette partie de Seignelay est la rue Gatelot, autrefois rue de Gastello, venant du latin Castello : l'ancienne rue du Château, volume 1..

Moyen Âge Haut Moyen Âge

Depuis 711, les Sarrasins occupent la péninsule Ibérique et continuent lentement à avancer vers le nord, au-delà des Pyrénées. Ayant conquis le Languedoc, à partir de 725 ils ravagent la vallée du Rhône, allant jusqu'à mettre à sac la ville d'Autun (le ) et assiéger, en territoire franc, la ville de Sens. Saint EbbonJean Moeller, Histoire du Moyen Âge, depuis la chute de l'empire d'Occident jusqu'à la mort de Charlemagne. Ed. Debécourt 1837, ., évêque de Sens, repousse de Sens les Sarrasins et les accule jusqu'à l'emplacement actuel de Seignelay où il remporte en 727 la victoire sur les envahisseurs, cinq ans avant que Charles Martel ne les repousse à la victoire de Poitiers le , volume 1..