Lucy-sur-Cure est une commune française (ayant absorbé Essert) située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté et faisant partie de la Communauté de communes Chablis Villages et Terroirs depuis le . Ses habitants sont appelés les Lucyats.

Géographie Lucy-sur-Cure est situé à 28 km au sud-est d'AuxerreLucy-sur-Cure sur la carte de google.fr. sur la rive droite (côté Est) de la Cure, affluent quelque peu mouvementé de la rivière Yonne. La Cure marque la limite de communes avec Bessy-sur-Cure en rive gauche Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

Le village est sur la route départementale D606 Auxerre-Avallon, à au sud-est d'Auxerre et à au nord-ouest d'Avallon. La sortie n° 21 (Nitry) de l'autoroute A6 (« autoroute du soleil ») est à au nord-est.

Il est situé dans un site d’intérêt régional pour ses milieux variés et les espèces de faune et de flore qui s'y développent ; on y retrouve notamment une flore xérophile exceptionnelle en BourgogneBoisements et vallées du bord de la Cure entre Vermenton et Lucy-sur-Cure - https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260008529/tab/commentaires.

Communes voisines

Autres localités proches : Accolay, Bazarnes, Bois-d'Arcy, Cravant, Mailly-la-Ville, Prégilbert, Sainte-Pallaye, Sery.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Merry-sur-Yonne », sur la commune de Merry-sur-Yonne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Lucy-sur-Cure est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (55,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (55,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52,1 %), terres arables (38,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,5 %), prairies (3,3 %), zones urbanisées (2,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Lissiacum (1127) ; Lussiacum (1145) ; Lissi (1196) ; Lixiacum (1204) ; Lixi (1216) ; Luci (1270) ; Licy (1519) ; Lucy-sus-Quehure (1510) ; Lucy (1539) ; Lissy-sur-Queuze (1520)..

La Cure est une rivière française qui coule en région de Bourgogne-Franche-Comté, dans les départements de Saône-et-Loire, de la Nièvre et de l'Yonne. C'est un important affluent de l'Yonne.

Histoire L'époque gallo-romaine Trois villae sont connues pour y avoir été repérées :- La Quincie, grosse villa (située au nord du village actuel) avec un dépôt de monnaies enfoui vers 286 et un buste en calcaire conservé au Musée de l'Avallonnais ;- La Prairie, occupée du ;- et le village lui-même, cité comme Lucianum le lors d'une donation ou une confirmation de donation par Charles le Chauve à l’abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, qui a livré de nombreux vestiges de l'Antiquité et du Haut Moyen-Âge(2008) , ..

Du jusqu'en 1791

Lucy-sur-Cure et Essert ont appartenu respectivement aux abbayes bénédictine de Crisenon et cistercienne de Reigny qui y logeaient leurs famuli (serviteurs qui seront plus tard nommés frères convers).

On a longtemps cru qu'Alix, fille du roi Robert et femme de Renaud comte d'Auxerre, avait fondé l'abbaye de Crisenon. Elle avait seulement fondé sur le lieu une modeste chapelle dédiée à saint Nicolas en 1040, année de la mort de son mari Renaud, comte d'Auxerre.Renaud est en conflit avec son beau-frère Robert duc de Bourgogne au sujet des limites du comté d'Auxerre. Une bataille a lieu le 29 mai 1040, au cours de laquelle Renaud est tué. Le lieu exact de la bataille est inconnu : il est seulement indiqué Sylviniacum. Supposant une erreur de copiste, l'abbé Lebeuf indique Seignelay, qui est effectivement situé à une frontière du comté d'Auxerre en direction de Sens et de la Champagne — et s'appelait autrefois Saliniacum. Mais M. Chardon (Histoire d'Auxerre) fait remarquer que Renaud n'avait pas de conflit de ce côté, et était nettement plus susceptible d'en avoir du côté du Nivernais. Selon l'usage à l'époque, la veuve a pu faire construire un memoriam à son mari sur le lieu de cette bataille. Voir ..

L'abbaye de Crisenon est fondée en bord de l'Yonne par Ithier, Hugues et Nargeot ou Nargaud, trois frères seigneurs de Toucy, Bazarnes et autres lieux, qui possèdent en commun l'île de Crisenon.. Les croisades ont le vent en poupe à cette époque ; avec l'espoir d'acquérir des fiefs en Terre sainte ou en chemin, il est plus facile de faire des donations pour recommander son âme à Dieu et peut-être aussi compenser les aliénations des biens ecclésiastiques par les aïeux des seigneurs lors des périodes pré-carolingienne et carolingienne — le est particulièrement notable pour la quantité de fondations et donations au clergé par des seigneurs laïcs.. Les trois seigneurs de Toucy suivent le mouvement. En 1096 avant de partir pour la première croisade (1096-1099) ils font remplacer la chapelle Saint-Nicolas par une église dédiée à Notre-Dame et par un monastère ; puis ils donnent le tout à saint Robert, abbé de Molesme. En 1099 saint Robert y place une partie de ses religieux, avec un prieur. L'établissement de Crisenon est donc tout d'abord un prieuré d'hommes. Entre cette fondation et l'année 1123, Hugues le Gros, de Mailly, et ses cousins Rainaud et Guillaume, vendent à Crisenon les terres de Lucy où des "hommes du monastère" (les frères lais, anciennement nommés famuli) demeurent...

Quelques dizaines d'années plus tard, au , Innocent II (pape 1130–1143) cherche à favoriser les bénédictines nouvellement fondées à Juilly, et obtient de Hugues de Montaigu (évêque d'Auxerre 1115-1136) qu'un échange soit fait : Molesme reçoit le prieuré Saint-Gervais à Auxerre et donne Crisenon à l'évêque ; les religieux de Molesme qui occupent Crisenon déménagent à Auxerre et un détachement des bénédictines de Juilly vient s'installer à Crisenon. L'acte d'échange est de 1134 ; Molesme s'y réserve la gouvernance spirituelle des bénédictines de Crisenon et tous les ans, le jour de la Purification, les bénédictines de Crisenon doivent leur donner un cierge pesant une livre.

Crisenon devient rapidement l'un des établissements les plus florissants du diocèse d'Auxerre. En 1145 cette abbaye-fille de Juilly reçoit l'autorisation de Clément III pour fonder un nouvel établissement, qui est le prieuré de la Ferté près de Decize. L'affluence de candidates est telle que Crisenon reçoit l'ordre de limiter le nombre de ses religieuses à cent.

En 1240, la abbesse de Crisenon est une certaine Beatrix de Bourbon (d'une lignée autre que royale) ; trois abbesses sont issues de la maison de Chastellux.. En 1409 l'abbesse est Alixant de Tanlay..

Au :

Peu de temps avant la fin de l'existence de l'abbaye de Crisenon en 1790, il est à noter qu'un curé de Lucy-sur-Cure, M. Louvrier, avait secondé sa chanoinesse, Madame Du Mouchet, afin d'effacer les dettes qui lui étaient reprochées.

Lucy-sur-Cure était à cette époque un village viticole dans lequel il était possible d'exercer plusieurs métiers (vigneron, tonnelier, laboureur, notaire, greffier) outre celui de chantreBase de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790 : HOUDOT, Pierre Paul (1745-1816) - https://philidor.cmbv.fr/ark:/13681/1hdkx5xyrvgnzebqi6j6/not-510657.

Après la Révolution

Au :

Le village de Lucy-sur-Cure est resté longtemps isolé, la route royale puis l'impériale empruntant un autre chemin après Vermenton, avant qu'une ordonnance royale du ordonnât la rectification du trajet de la route pour permettre, en 1846 seulement, que la chaussée passant par Lucy-sur-Cure soit ouverte à la circulation jusqu'à Arcy-sur-Cure uniquement. Route n°6 : pp. 13-19., le tunnel de Saint-Moré n'ayant été inauguré qu'en 1852Cf. Le tunnel routier de la Nationale 6 à Saint-Moré (89) - https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=89362_9.

La voie de chemin de fer et la gare de "Lucy-sur-Cure / Bessy" ont été construites à partir de 1869 et jusqu'en 1873, mais la compagnie PLM ne s'est engagée "à exécuter les chemins de fer" qu'à partir de 1880.

Une maison d'école est construite en 1841.

En 1884 Lucy-sur-Cure comptait 262 habitants et son maire était M. J.B. Bréchat, mais il n'y avait pas d'orphéon, d'harmonie ni de fanfare, pas plus que de chef de gare : et pour cause ! l'aiguillage de Cravant-Bazarnes n'a été mis en service qu'en 1890Cf. Préservation du poste de Cravant-Bazarnes de 1890 - http://ajecta.unblog.fr/2008/04/19/preservation-du-poste-de-cravant-bazarnes-de-1890/, date à laquelle on remarque d'ailleurs une légère baisse de la population locale, exode rural dû également à la crise du phylloxéra, entraînant, comme dans l'Auxerrois, un changement de paysageCf. Le paysage rural du vignoble auxerrois aux - https://www.persee.fr/doc/htn_0018-439x_1988_hos_1_1_3098 en raison de la régression brutale des vignes au profit des pommiers et autres arbres fruitiers permettant de remplacer le raisin pour la production d’alcool.

En 1884, pas de service vicinal non plus puisqu'aucun chemin de grande communication ne passait par là, mais on y trouvait malgré tout un instituteur, M. Gautard, et un curé, M. Picq, également curé d'Essert dont les instituteurs étaient MM. Vitout et Mossot et le maire M. Garnier, pour 148 habitantsSource : Annuaire Historique du Département de l'Yonne, 49e année, 1885..