Félicien Marceau, nom de plume de Louis Carette, né le à Cortenbergh en Belgique et mort le à CourbevoieRelevé des décès de l'InseeNicolas d'Estienne d'Orves, « La mort de Félicien Marceau », Le Figaro, 7 mars 2012Décès de Félicien Marceau, dernier témoin du catholicisme anticonformiste de l’avant-guerre dans Observatoire des religions et de la laïcité, est un romancier, auteur dramatique, scénariste et essayiste belge naturalisé français, membre de l'Académie française.
Il reçoit le prix Goncourt 1969 pour son roman Creezy.
Biographie Origines familiales
Les Carette sont originaires de Tourcoing où est né en 1823 Louis Carette, l'arrière-grand-père de l'écrivain. Cet arrière-grand-père descend d'au moins quatre générations de Carette tourquennois, et son ascendance agnatique peut être retracée dans cette ville jusqu'à Pierre Carette qui épouse à Tourcoing en 1719 Marguerite Barbion.
Cet arrière-grand-père, Louis Carette, marchand peigneur, quitta Tourcoing où, comme dit, il est né en 1823, pour s'établir en Belgique, à Mouscron, ville jouxtant Tourcoing et située à seulement cinq kilomètres de celle-ci. C'est à Mouscron que naquit en 1858 son fils Albert Carette. Ce dernier sera négociant filateur à Mouscron, et le grand-père de l'écrivain.
Le père de l'écrivain, également nommé Louis Carette, naquit à Mouscron en 1883 et choisit la carrière administrative en étant fonctionnaire au Ministère de l'Instruction publique. Il fut un ancien combattant de la Grande Guerre, décoré de la Croix de Guerre, de la médaille de l'Yser, et chevalier de l'Ordre de Léopold. Il épousa à Louvain en 1912 Marie Françoise Lefevre, née à Louvain en 1884, d'une famille louvaniste depuis de nombreuses générations.
Enfance et études en Belgique En 1914, ses parents sont pris en otages par les Allemands occupants. Il fait ses études d'abord à l'Institut Saint-Louis à Bruxelles, puis à Louvain, d'abord au collège de la Sainte-Trinité, enfin à l'université catholique de Louvain. À l'Université catholique de Louvain, il s'inscrit à la faculté de philosophie et lettres, section préparatoire au droit. Il se sent cependant plus attiré par les lettres que par le droit et collabore à plusieurs revues.
Chroniqueur et reporter Il est nommé en 1936 à l'Institut national de radiodiffusion en tant que représentant du parti catholique.
Collaborationniste et antisémitisme En 1940, il est chef du service des actualités à Radio Bruxelles, station de propagande pro-nazie, créée et gérée par les autorités militaires nazies. et démissionne le Céline Rase, Les Ondes en uniforme. La propagande de Radio Bruxelles en Belgique occupée (1940-1944), Louvain-la-Neuve, Faculté d’histoire, Université catholique de Louvain UCL, 2008-2009.. Ensuite, sans prendre de distance au nazisme, au fascisme ou sans renier sa sympathie pour le franquisme et en réécrivant l'histoire à son avantageVérités et mensonges de la collaboration: trois écrivains racontent "leur" guerre (Raymond de Becker, Félicien Marceau, Robert Poulet), Paul Aron et Cécile Vanderpelen-Diagre, éditions Labor, 2006, multiples pages et passages, pour entamer une autre carrière,
Le Conseil de guerre de Bruxelles le juge, à la Libération de la Belgique et des Pays-Bas, pour faits de collaboration (radio) avec le nazisme et ses écrits antisémitesAux origines, l'archéologie: Une science au coeur des grands débats de notre temps. De Jean-Paul Demoule, éditions, La Découverte, Paris, 2020, divers passages dont chapitre 5. S'étant échappé de détention, il est en fuite, caché dans un petit village de montagne en Italie, pendant douze ansChronique d'une France blessée. Par Anne Sinclair, éditions Grasset, Paris, 1 mars 2017 Guide to Modern World Literature. Sous la direction de Martin Seymour-Smith, Macmillan International Higher Education, 2017, notice "Félicien Marceau" page 499. Il est condamné par contumace. en janvier et octobre 1946 à quinze ans de travaux forcés, et à la déchéance de nationalité.
En 1959, après consultation de son dossier, le général de Gaulle lui accorde la nationalité française..
Carrière littéraire Pendant ses années belges, il publie deux romans et un essai littéraire, mais sa vraie carrière littéraire débute à Paris. En 1953, à l'occasion de la publication de ses nouvelles italiennes, En de secrètes noces, Thierry Maulnier remarque :
D'autres nouvelles, des romans denses et légers et un grand essai, désormais classique, sur Balzac (Balzac et son monde, 1955-1970) viennent confirmer ce jugement — un jugement que résume Marcel Arland dans La Nouvelle Revue française, pour qui Félicien Marceau est
Pour le théâtre, Félicien Marceau écrit une pièce qui fait date, L'Œuf, montée par André Barsacq au Théâtre de l'Atelier en 1956. L’Œuf n'est pas une pièce avec « scènes à faire », mais un monologue illustré de saynètes. En 1972, la pièce est adaptée au cinéma par Jean Herman, avec Guy Bedos dans le rôle principalReportage sur le tournage du film http://www.ina.fr/video/I04127277. À cette occasion, une amitié naît entre Marceau et Bedos qui perdurera jusqu'à la mort de l'écrivain, comme en témoigne la présence de l'humoriste aux obsèques de Félicien Marceau.. L'Œuf est inscrit au répertoire de la Comédie-Française..
Félicien Marceau est par ailleurs auteur de deux ouvrages sur Giacomo Casanova : Casanova ou l'anti-Don Juan et Casanova ou l'insolente liberté.
Proche des Hussards, Félicien Marceau est lauréat de plusieurs prix littéraires, dont le Prix Goncourt en 1969 pour son roman Creezy et le Prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco pour l'ensemble de son œuvre en 1974.
Élection à l'Académie française Élu à l'Académie française le , au fauteuil 21, où il succède à Marcel Achard, il en est le doyen d'âge à partir de la mort de Jacqueline de Romilly le .
À l'annonce de son élection, le poète Pierre Emmanuel (élu en 1968 au fauteuil), se déclare démissionnaire en réaction à l'attitude de Félicien Marceau durant l'Occupation. L'Académie, selon sa coutume, n'entérine pas cette démission et attend la mort du poète pour le remplacer en 1985 par Jean Hamburger.
André Roussin, chargé d'accueillir Félicien Marceau à l'Académie, évoque ainsi cet épisode :
Vie personnelle Il avait épousé, en secondes noces, à Paris () le l'actrice Bianca Della Corte. D'après certains biographes mentionnés dans l'étude généalogique citée dans la bibliographie, il aurait épousé en 1941, en Italie, une Belge dont la mère avait épousé un Italien. Ce premier mariage sera dissous dix ans plus tard.
Mort vignette|Sépulture de Félicien Marceau au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine (div. 7). Félicien Marceau meurt à Courbevoie le , à l'âge de 98 ans. C'est son ami Michel Déon qui, lors de la cérémonie religieuse, prononce l'hommage, en l'église Saint-Pierre-de-Neuilly, le Michel Déon, «Hommage prononcé à l’occasion du décès de Félicien Marceau», Académie française, 13 mars 2012.. L'écrivain est ensuite inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.
Le philosophe Alain Finkielkraut lui succède au fauteuil de l'Académie Française le et célèbre dans son discours de réception l'un des premiers romans de son prédécesseur, Chair et cuir, « chef d’œuvre » « qui fait désormais partie de [s]a bibliothèque idéale ».
Œuvre Période belge 1942 - Cadavre exquis, roman (réédition en 2011) 1942 - Le Péché de Complication, roman 1943 - Naissance de Minerve, essai 1943 - Les Pacifiques, roman (réédition en 2012)
Période française Romans
Recueils de nouvelles 1953 - En de secrètes noces 1957 - Les Belles natures 1992 - Les Ingénus
Théâtre
Essais
Mémoires 1968 - Les Années courtes.
Autres publications 1971 - Préface à l'édition Gallimard du Père Goriot d'Honoré de Balzac 1985 - La carriole du père Juniet, collection Tableaux vivants 1998 - L'imagination est une science exacte, entretiens avec Charles Dantzig 1998 - La Fille du pharaon, fables 2011 - De Marceau à Déon, De Michel à Félicien, Lettres 1955-2005, correspondance avec Michel Déon
Traductions 1967 - Théâtre de Luigi Pirandello, avec André Barsacq et Georges Piroué, Denoël 1978 - La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni, mise en scène Giorgio Strehler, Comédie-Française au Théâtre national de l'Odéon
Scénarios 1962 : Les Sept Péchés capitaux, segment L'Avarice, réalisation Claude Chabrol. 1968 : Provinces (épisode intitulé La Coupe), série télévisée
Décorations .
(1988)
Adaptations cinématographiques 1964 : La Bonne Soupe, film français, de Robert Thomas 1971 : L'Œuf, film français, de Jean Herman 1974 : La Race des seigneurs, film français, de Pierre Granier-Deferre 1976 : Le Corps de mon ennemi, film français, d'Henri Verneuil
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Denise Bourdet, « Félicien Marceau » dans Pris sur le vif, Paris, Plon, 1957. Stéphane Hoffmann, Félicien Marceau, Paris, Le Rocher, 1994. Pol Vandromme, Félicien Marceau. Le défi d'un irrégulier, Paris, La Table Ronde, 1996. Francis Bergeron, Félicien Marceau, Grez-sur-Loing, Pardès, coll. « Qui suis-je ? », 2017. Guy Waltenier, Les origines familiales de Félicien Marceau - Louis Carette (1913 - 2012), dans L'Intermédiaire des Généalogistes, Bruxelles, 2019, pages 1 à 11.
Liens externes
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