Les ondes Martenot sont un instrument de musique électronique, inventé par Maurice Martenot et présenté au public en 1928. Un joueur d'ondes Martenot est appelé un ondiste.

Histoire Avec le thérémine mis au point en Russie en 1919Ainsi que le trautonium créé par Friedrich Trautwein en 1929., les ondes Martenot constituent l'un des plus anciens instruments de musique électronique conçus à partir de 1918.. Suivant le spécialiste Michel Risse, de l'Université Pierre-et-Marie-Curie, c'est par le truchement de la télégraphie sans fil (TSF) que le caporal Martenot, radiotélégraphiste durant la Première Guerre mondiale, découvrit le potentiel musical des ondes.. Maurice Martenot dépose le brevet de son invention en 1922. et présente ses au public le à l'Opéra de Paris. avec l'Orchestre Pasdeloup. en exécutant le Poème symphonique pour solo d'ondes musicales et orchestre que le compositeur franco-grec Dimitrios Levidis avait spécialement écrit pour lui en 1926.. Le succès fut immédiat..

Des compositeurs comme Charles Koechlin., Arthur Honegger, Darius Milhaud, André Jolivet et Olivier Messiaen écrivent immédiatement des morceaux pour les ondes Martenot, symbole d'inouï et de modernité, que son inventeur ne cesse d'améliorer jusqu'en 1975, année de la création du septième et dernier modèle de concert. On peut citer par exemple l'œuvre de Messiaen intitulée Fête des belles eaux, pour six Ondes Martenot, qui fut créée pour l'Exposition universelle de 1937 et imite le mouvement des fontaines. Le répertoire compte plus de . L'instrument est aussi employé dans les musiques populaires, dans les années 1950 et 1960 ; on peut l'entendre par exemple chez des chanteuses telles qu'Édith Piaf ou Catherine Sauvage, et plus significativement chez des chanteurs tels que Léo Ferré ou Jacques Brel.

Sa production est stoppée en 1988. À la suite de diverses tentatives infructueuses de la part de fabricants japonais ou américains, on assiste à la fin des années 1990 à l'éclosion d'une nouvelle facture de l'instrument ayant pour nom ondéa. L'ondéa doit beaucoup à Jeanne Loriod par ses conseils éclairés et à Claude-Samuel Lévine qui a, par ailleurs, mis au point son système de diffuseurs virtuels, s'approchant des sonorités des diffuseurs des ondes Martenot d'origine (résonance, métallique et palme)les diffuseurs de l'onde Martenot : des "haut-parleurs" spéciauxcourte présentation publique du système de diffuseurs virtuels. Cela a permis une renaissance de l'instrument, utilisé désormais sur scène et en tournée par différents ondistes depuis 2004, notamment des artistes populaires anglo-américains tels que Joe Jackson, Gorillaz ou Jonny Greenwood. L'ondéa était aussi utilisé par le musicien français Yann Tiersen (pendant dix ans avec Christine Ott). Plusieurs conservatoires français (Strasbourg, Cergy, Boulogne, Évry, Saint-Étienne) se sont équipés de cet instrument.

Depuis 2006, le luthier électronique Jean-Loup Dierstein a assuré la restauration d'ondes Martenot au sein du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Sa connaissance poussée de l'instrument l'a conduit à créer sa propre version des ondes Martenot. Le premier modèle des ondes musicales by Dierstein est sorti en 2011. C'est à ce jour la réplique la plus fidèle qui soit de l'instrument original, auquel toutefois elle apporte son lot d'innovations, comme l'ajout d'un mécanisme de réverbération numérique simulant l'effet produit par le haut-parleur D2. Les ondes Dierstein sont utilisées par de nombreux ondistes comme Christine Ott, Thomas Bloch, Jonny Greenwood. ou Takashi Harada. En 2020, Christine Ott publie un album intitulé Chimères (pour Ondes Martenot), entièrement composé à partir de ses ondes Dierstein....

Description Cet instrument monodique à oscillateur électronique se caractérise par ses sonorités particulières, dont la plus connue, proche de la sinusoïde, évoque des voix « venues d'ailleurs », assez proche de la scie musicale, mais présente bien d'autres possibilités, particulièrement au niveau de l'expression. Il comporte : un clavier maintenu par suspensions : une poussée latérale sur les touches permet d'agir sur la hauteur du son (sa fréquence) et donc le vibrato.; un ruban parallèle au clavier, qui se joue en insérant un doigt dans une bague attachée à un fil, autorisant les glissandi par déplacement horizontal; une touche d'expression qui se contrôle de la main gauche et qui gère le volume sonore. Par pression plus ou moins forte, on obtient toutes les variations d'intensité allant du pianissimo au fortissimo. Un geste sec sur la touche produit un son percuté. On peut aisément faire une analogie entre la touche d'expression et l'archet d'un instrument à cordes; un tiroir avec différents commutateurs pour modifier le timbre de l'instrument : selon le modèle, on peut générer des ondes sinusoïdales, triangulaires, carrées, impulsionnelles, du bruit rose...; des diffuseurs (haut-parleurs transformés) : Principal ou D1 : haut-parleur standard de grande puissance, Résonance ou D2 : haut-parleur réverbérant, construit par la Manufacture Rehdéko, et monté derrière des ressorts afin d'obtenir une résonance acoustique, une réverbération artificielle, Gong ou D3 : haut-parleur dont la membrane est remplacée par un gong pour créer des sons métalliques, Palme : pièce de lutherie sur laquelle sont tendues des cordes métalliques, reliées à la bobine du haut-parleur. Ces vibrations permettent une mise en résonance dite « par sympathie » des différentes cordes accordées très précisément et en chantant.

Principe de fonctionnement Les ondes Martenot utilisent le principe de l'hétérodyne pour obtenir des fréquences audibles : en effet l'oscillateur principal de l'instrument génère des fréquences inaudibles par les humains. Cet oscillateur stable génère une onde fixe (environ 80000Hz). Lorsque le joueur appuie sur une touche du clavier de l'instrument, cela génère une deuxième onde variable en fonction de la hauteur de la note souhaitée (ex : 80440Hz). Ainsi par la soustraction des deux ondes, on peut obtenir une nouvelle onde audible par les humains (ex : 80440Hz - 80000Hz = 440Hz, le LA de référence).

Voir Hétérodyne et Oscillateur de battement pour plus d'informations.

Répertoire Répertoires classique, contemporain et électroacoustique

Chansons d'expression française classique Édith Piaf : Je t'ai dans la peau (1952) Catherine Sauvage : 1953 : L'Île Saint-Louis 1956 : Le Temps du plastique, La Fortune et Pauvre Rutebeuf 1961 : Noël et Le serpent qui danse Mouloudji : 1954 : On m'a donné une âme et Un jour tu verras 1967 : Les Roses de décembre Jacques Brel (ondiste : Sylvette Allart) : 1955 : Sur la place 1959 : Ne me quitte pas 1962 : Le Plat Pays et La Statue 1963 : La Fanette et Les Vieux 1964 : Le Dernier Repas 1967 : Mon enfance et Fils de... Léo Ferré (ondiste : Janine de Waleyne) : 1955 : La Rue, Monsieur mon passé, Vise la réclame et L'Âme du rouquin 1957 : Les Hiboux, La Vie antérieure, La Pipe (album Les Fleurs du mal), Java Partout, La Zizique et Mon Sébasto 1958 : Le Temps du tango, La Vie moderne, Le Jazz-band, Dieu est nègre (album Encore du Léo Ferré) 1959 : Noël (ondiste : Monique Matagne) 1966 : La Poésie 1967 : Le Vin de l'assassin André Claveau : Les Yeux d'Elsa (1956) Boby Lapointe : L'été où est-il ? (1967 - ondiste : Janine de Waleyne) Jean Ferrat : La femme est l'avenir de l'homme (1972, ondiste : Sylvette Allart) Zaho de Sagazan : La symphonie des éclairs, Orchestral Odyssey, (2025, ondiste : Thomas Bloch)

Musiques populaires

Chilly Gonzales (ondiste : Christine Ott)

Musiques de films La Fin du monde (1931), film d'Abel Gance (ondiste : M. Martenot) Le Chant des ondes : Sur la piste de Maurice Martenot en 2012 (ondistes : Suzanne Binet-Audet, Jean Laurendeau, Jean-Louis Martenot, Geneviève Grenier, Ensemble d'ondes de Montréal) Karakoram, réalisé par Marcel Ichac en 1936 (et aussi version de 1986). Mad Max (ondiste : Jeanne Loriod) Yes, musique de Tom Waits (ondiste : Thomas Bloch) Animatrix Mars Attacks! Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (ondiste : Christine Ott) La Marche de l'Empereur, musique de Emilie Simon (ondiste : Thomas Bloch) La Leçon de tango (ondiste : Thomas Bloch) L'Homme invisible (première version de 1933) Being Human : La Confrérie de l'étrange, série de la BBC, musique de Richard Wells (ondiste : Thomas Bloch) Deep Water, musique de Jóhann Jóhannsson (ondiste : Thomas Bloch) La Fin du silence (musique du Christine Ott Quartet, ondiste : Christine Ott) Métal hurlant SOS Fantômes Taram et le chaudron magique Wendell and Wild, musique de Bruno Coulais (ondiste : Thomas Bloch) Tabarly (ondiste : Christine Ott) Danger, planète inconnue (1969), un film de Robert Parrish, musique de Barry Gray. La Course du lièvre à travers les champs, (1972), musique de Francis Lai (ondiste : Sylvette Allart) Enter the Void, musique de Thomas Bangalter (Daft Punk) (ondiste : Thomas Bloch) Ryan's Daughter, musique de Maurice Jarre Docteur Jivago, musique de Maurice Jarre Rêves d'androïde (パルムの樹, ondiste : Harada Takashi) Prisoners, musique de Jóhann Jóhannsson (ondiste : Thomas Bloch) The Mercy, musique de Jóhann Jóhannsson (ondiste : Thomas Bloch) Le sommet des dieux, musique de Amine Bouhafa (ondiste : Thomas Bloch) There Will Be Blood, musique de Jonny Greenwood Manta Ray, musique de Christine Ott et Mathieu Gabry (Snowdrops). Borderland, musique de Max de Wardener (ondiste : Thomas Bloch) L'Odyssée, musique de Alexandre Desplat (ondiste : Thomas Bloch) Earwig, musique d'Augustin Viard (ondiste: Augustin Viard). Saint-Ex, musique de Christophe Julien (ondiste: Christine Ott).

Indicatifs de radio et de télévision Les Maîtres du mystère, composé par André Popp, série de polars radiophoniques diffusés sur Paris Inter, Europe 1 et France inter, entre 1957 et 1974. Ce soir sur FR3, reprise de La Course du lièvre à travers les champs (ondiste : Sylvette Allart) Le piège d'Emmanuel Bove, musique de Manuel Peskine (ondiste : Nathalie Forget) Habillage sonore de France Culture, jingles (ondiste : Thomas Bloch) Habillage sonore de France Musique, jingles, musique de Clément Ducol (ondiste : Thomas Bloch) Habillage sonore de la matinale de France Inter, jingles, musique de Loïk Dury et Christophe Minck (ondiste : Thomas Bloch)

Jeux vidéo Siren: New Translation (PS3) Dark Void, musique de Bear McCreary

Création pour ciné-concerts Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau, musiques improvisées avec Jean-François Zygel et divers musiciens (ondiste : Thomas Bloch) Tabou de Friedrich Wilhelm Murnau, musique composée par Christine Ott.. Première au Festival La Rochelle Cinéma 2013.. Contes et légendes par Lotte Reiniger, musique composée par Christine Ott, avec Anne-Irène Kempf. Première au Festival Augenblick en Novembre 2014. La chute de la Maison Usher de Jean Epstein, musique composée par Augustin Viard. Le Miracle des Fleurs par Max Reichmann (1926), musique composée par Christine Ott et Mathieu Gabry (Snowdrops). Première à la Maison européenne de la photographie en novembre 2024. La Charrette fantôme (film, 1921) par Victor Sjöström, musique composée par Christine Ott et Mathieu Gabry (Snowdrops). Première au Festival Travelling de Rennes en février 2025.

Instrumentistes

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean Laurendeau, Maurice Martenot, luthier de l'électronique, éd. Beauchesne, Paris, 2017. Rodolphe Hernandez, How not to disappear completely. Contribution au traitement des dessins techniques des archives Martenot'' (musée de la Musique de la Philharmonie de Paris). Variations patrimoniales. Le carnet de l’INP.

Articles connexes Thérémine Trautonium

Liens externes Présentation détaillée des Ondes Martenot et de l’Ondéa, diffuseurs, modes de jeu, extraits audio et vidéo par l’ondiste Claude-Samuel Lévine Présentation par Nadia Ratsimandresy